Project Gutenberg's Les technologies et le livre pour tous, by Marie Lebert

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Title: Les technologies et le livre pour tous

Author: Marie Lebert

Release Date: October 26, 2008 [EBook #27047]

Language: French

Character set encoding: ISO-8859-1

*** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK LES TECHNOLOGIES ***




Produced by Al Haines









LES TECHNOLOGIES ET LE LIVRE POUR TOUS


MARIE LEBERT


NEF, University of Toronto, 2008

Copyright  2008 Marie Lebert

Merci aux personnes qui ont patiemment rpondu  mes questions au fil des ans,
et qui sont cites dans les lignes qui suivent. Certains passages de ce dossier
sont issus de mes travaux prcdents. Une version anglaise (diffrente) est
aussi disponible: Technology and Books for All.


TABLE

Introduction

Chronologie

1968: Le code ASCII

1971: Le Projet Gutenberg

1974: L'internet

1977: L'UNIMARC

1984: Le copyleft

1990: Le web

1991: L'Unicode

1993: L'Online Books Page

1993: Le format PDF

1994: Premier site de bibliothque

1994: Des titres gratuits / payants

1995: Amazon.com

1995: La presse en ligne

1996: L'Internet Archive

1996: Une nouvelle manire d'enseigner

1996: Le Palm Pilot

1996: @folio, tablette de lecture

1997: Gallica

1997: La publication numrique

1997: Dictionnaires en ligne

1997: La convergence multimdia

1998: Vers un web multilingue

1998: Bibliothcaires numriques

1999: Auteurs numriques

1999: yourDictionary.com

1999: Le format Open eBook

2000: La Bible de Gutenberg en ligne

2000: Distributed Proofreaders

2000: Le Grand dictionnaire terminologique

2000: Mobipocket

2000: La Public Library of Science

2000: Handicapzro

2001: Wikipedia

2002: Cours du MIT gratuits

2004: La licence Creative Commons

2004: Le Projet Gutenberg Europe

2004: Google Print / Livres

2005: L'Open Content Alliance

2006: WorldCat devient gratuit

2007: Citizendium, encyclopdie citoyenne

2007: Une base terminologique europenne

2007: L'Encyclopedia of Life


INTRODUCTION


Les technologies et le livre pour tous. Vaste programme. En 2008, trois termes
paraissent essentiels: stockage, organisation et diffusion. Dans un proche
avenir, on devrait disposer de l'ensemble du patrimoine mondial stock sous
forme numrique, d'une organisation effective de l'information et du rseau
internet adapt pour y accder.

Au milieu des annes 1990, le texte est omniprsent sur le web, par dfaut
peut-tre,  cause des problmes de bande passante. Il est ensuite mis de ct
au profit de l'image et du son. Dix ans aprs, le texte revient en force, avec
le livre numrique dans son sillage. On n'a jamais tant crit, y compris dans
les wikis et les blogs. Confidentiel en 2000, puis parent pauvre des fichiers
musicaux et vido, le livre numrique est dsormais en bonne place  ct de la
musique et des films. Signe des temps, en 2005, il devient un objet convoit par
les gants de l'internet pour la constitution de leurs bibliothques
plantaires.

Le futur sera-t-il le cyberespace dcrit par Timothy Leary, philosophe, dans son
livre Chaos et cyberculture (ditions du Lzard, 1998)? "Toute l'information du
monde est  l'intrieur (de gigantesques bases de donnes, ndlr). Et grce au
cyberespace, tout le monde peut y avoir accs. Tous les signaux humains contenus
jusque-l dans les livres ont t numriss. Ils sont enregistrs et disponibles
dans ces banques de donnes, sans compter tous les tableaux, tous les films,
toutes les missions de tl, tout, absolument tout."

On n'en est pas encore l. Mais, en quelques annes seulement, on ne court plus
dsesprment aprs l'information dont on a besoin. Cette information est 
notre porte, disponible  l'cran, et souvent en accs libre. Un million de
livres est disponible sur le web en janvier 2006, et 2,5 millions de livres en
mai 2007, en ne comptant que les livres lisibles et tlchargeables gratuitement
sans restriction aucune. Il existerait au moins 25 millions de livres
appartenant au domaine public, toutes ditions confondues. Il reste donc
beaucoup  faire.

Si le livre imprim a cinq sicles et demi, le livre numrique a tout juste 37
ans. Il est n avec le Projet Gutenberg, cr en juillet 1971 par Michael Hart
pour diffuser gratuitement sous forme lectronique les oeuvres littraires du
domaine public. Site pionnier  tous gards, le Projet Gutenberg est  la fois
le premier site d'information sur un rseau encore embryonnaire et la premire
bibliothque numrique. Longtemps considr par ses dtracteurs comme totalement
irraliste, le Projet Gutenberg compte 25.00 titres en avril 2008, avec des
dizaines de milliers de tlchargements quotidiens. A ce jour, personne n'a fait
mieux pour mettre les classiques de la littrature mondiale  la disposition de
tous, ni pour crer  moindres frais un immense rseau de volontaires de par le
monde, sans gchis de comptences ni d'nergie.

Michael Hart prcise souvent dans ses crits que, si Gutenberg a permis  chacun
d'avoir ses propres livres, jusque-l rservs  une lite, le Projet Gutenberg
permet  chacun d'avoir une bibliothque complte, jusque-l rserve  la
collectivit, sur un support qu'on peut glisser dans sa poche, le support
optimal actuel tant la cl USB.

Apparue en 2000, la premire cl USB a une capacit de 32 mgaoctets, et elle
est toujours disponible au prix de 5 dollars US. En 2006, une cl USB de 4
gigaoctets - le standard  un prix abordable - permet de stocker 10.000 livres
zipps.  Apparue en 2006, la cl USB de 32 gigaoctets devrait devenir le
standard d'ici 2010. En dcembre 2006, la capacit maximale d'une cl USB est de
64 gigaoctets. On devrait disposer en 2020 d'une cl USB de 32 traoctets
permettant de stocker l'intgralit du patrimoine crit de l'humanit.

"La chance qu'on a tous est de vivre l, ici et maintenant cette transformation
fantastique", crit en janvier 2007 Pierre Schweitzer, inventeur du projet
@folio, une tablette numrique de lecture nomade. "Quand je suis n en 1963, les
ordinateurs avaient comme mmoire quelques pages de caractres  peine.
Aujourd'hui, mon baladeur de musique pourrait contenir des milliards de pages,
une vraie bibliothque de quartier. Demain, par l'effet conjugu de la loi de
Moore et de l'omniprsence des rseaux, l'accs instantan aux oeuvres et aux
savoirs sera de mise. Le support de stockage lui-mme n'aura plus beaucoup
d'intrt. Seules importeront les commodits fonctionnelles d'usage et la
potique de ces objets."

[Ce dossier tant destin  une large diffusion, on offre souvent une version
courte, moyenne et longue pour chaque tape de la chronologie. Libre  chacun
d'utiliser la version qu'il veut.]


CHRONOLOGIE


1968: Le code ASCII est le premier systme d'encodage informatique.

1971: Le Projet Gutenberg est la premire bibliothque numrique.

1974: L'internet prend son envol.

1977: L'UNIMARC est cr en tant que format bibliographique commun.

1984: Le copyleft est institu pour offrir une alternative au copyright.

1990: Le web fait ses dbuts.

1991: L'Unicode est institu en tant que systme d'encodage universel.

1993: L'Online Books Page est le premier rpertoire de livres gratuits.

1993: Le format PDF est lanc par Adobe.

1994: Le premier site de bibliothque est mis en ligne.

1994: Les diteurs utilisent le web comme outil de marketing.

1995: Amazon.com est la premire grande librairie en ligne.

1995: La grande presse se met en ligne.

1996: L'Internet Archive est cre pour archiver le web.

1996: De nouvelles mthodes d'enseignement sont  l'tude.

1996: Le Palm Pilot est le premier assistant personnel.

1996: @folio est la premire tablette de lecture "ouverte".

1997: Gallica est la bibliothque numrique de la Bibliothque nationale de
France.

1997: L'dition en ligne commence  se gnraliser.

1997: Le Logos Dictionary est mis en ligne gratuitement.

1997: La convergence multimdia est le sujet d'un colloque.

1998: Le web devient multilingue.

1999: Les bibliothcaires numriques font carrire.

1999: Certains auteurs se mettent au numrique.

1999: yourDictionary.com est cr en tant que portail pour les langues.

1999: L'Open eBook (OeB) devient le format standard des livres numriques.

2000: La Bible de Gutenberg est mise en ligne.

2000: Distributed Proofreaders oeuvre pour le Projet Gutenberg.

2000: Le Grand dictionnaire terminologique (GDT) franais-anglais est mis en
ligne.

2000: Mobipocket promeut la lecture sur assistant personnel.

2000: La Public Library of Science (PLoS) lance des revues scientifiques
gratuites.

2000: Le site Handicapzro est destin aux personnes ayant un problme visuel.

2001: Wikipedia est la premire grande encyclopdie collaborative.

2003: Le MIT OpenCourseWare met les cours du MIT  la disposition de tous.

2004: La licence Creative Commons rnove le droit d'auteur sur le web.

2004: Le Projet Gutenberg Europe dbute une bibliothque multilingue.

2004: Google Print laisse ensuite la place  Google Book Search / Google Livres.

2005: L'Open Content Alliance (OCA) lance une bibliothque en ligne universelle.

2006: Le catalogue collectif WorldCat devient gratuit.

2006: Live Search Books est la bibliothque mondiale de Microsoft.

2007: Citizendium promeut une encyclopdie collaborative acadmique.

2007: La Communaut europenne met en ligne sa nouvelle base terminologique.

2007: L'Encyclopedia of Life vise  rpertorier toutes les espces.


1968: LE CODE ASCII


[Version moyenne]

Publi par l'ANSI (American National Standards Institute) en 1968, aux dbuts de
l'informatique, avec actualisation en 1977 et en 1986, le code ASCII (American
standard code for information interchange) est un code standard de 128
caractres traduits en langage binaire sur sept bits (A est traduit par
"1000001", B est traduit par "1000010", etc.). Les 128 caractres comprennent 33
caractres de contrle (qui ne reprsentent donc pas de symbole crit) et 95
caractres imprimables: les 26 lettres sans accent en majuscules (A-Z) et
minuscules (a-z), les chiffres, les signes de ponctuation et quelques symboles,
 savoir les touches du clavier anglais ou amricain. L'ASCII permet donc
uniquement la lecture de l'anglais et du latin. Par la suite, des variantes de
l'ASCII (norme ISO-8859 ou ISO-Latin) prennent en compte les caractres
accentus de quelques langues europennes. La variante pour le franais est
dfinie par la norme ISO 8859-1 (Latin-1). A partir de 1998, l'ASCII est
concurrenc par l'Unicode, qui permet de traiter toutes les langues de la
plante, en attribuant  chaque caractre (ou idogramme) un code unique sur 16
bits. L'Unicode est utilis par exemple pour les fichiers texte des versions
rcentes de Windows, le systme d'exploitation de Microsoft (Windows NT, Windows
2000, Windows XP et versions suivantes), alors que les versions prcdentes
utilisaient l'ASCII. Toutefois l'ASCII se porte toujours bien. A ce jour,
l'ASCII sur sept bits est le seul format compatible avec 99% des machines et des
logiciels, et pouvant tre converti dans de nombreux autres formats. Le format
de fichier correspondant est le format TXT, et son extension de fichier est
".txt.".

[Version longue]

Le premier systme d'encodage informatique est l'ASCII (American standard code
for information interchange). Publi par l'American National Standards Institute
(ANSI) en 1968, avec actualisation en 1977 et 1986, l'ASCII est un code standard
de 128caractres traduits en langage binaire sur sept bits (A est traduit par
"1000001", B est traduit par "1000010", etc.). Les 128 caractres comprennent 33
caractres de contrle (qui ne reprsentent donc pas de symbole crit) et 95
caractres imprimables: les 26 lettres sans accent en majuscules (A-Z) et
minuscules (a-z), les chiffres, les signes de ponctuation et quelques symboles,
le tout correspondant aux touches du clavier anglais ou amricain.

L'ASCII permet uniquement la lecture de l'anglais et du latin. Il ne permet pas
de prendre en compte les lettres accentues prsentes dans bon nombre de langues
europennes, et  plus forte raison les systmes non alphabtiques (chinois,
japonais, coren, etc.). Ceci ne pose pas de problme majeur les premires
annes, tant que l'change de fichiers lectroniques se limite essentiellement 
l'Amrique du Nord. Mais le multilinguisme devient bientt une ncessit vitale.
Des variantes de l'ASCII (norme ISO-8859 ou ISO-Latin) prennent en compte les
caractres accentus de quelques langues europennes. La variante pour le
franais est dfinie par la norme ISO 8859-1 (Latin-1). Mais le passage de
l'ASCII original  ses diffrentes extensions devient vite un vritable
casse-tte, y compris au sein de l'Union europenne, les problmes tant entre
autres la multiplication des variantes, la corruption des donnes dans les
tapes transitoires ou encore l'incompatibilit des systmes, les pages ne
pouvant tre affiches que dans une seule langue  la fois.

Avec le dveloppement du web, l'change des donnes s'internationalise de plus
en plus. On ne peut plus se limiter  l'utilisation de l'anglais et de quelques
langues europennes, traduites par un systme d'encodage datant des annes 1960.
Publi pour la premire fois en janvier 1991, l'Unicode est un systme
d'encodage universel sur 16 bits spcifiant un nombre unique pour chaque
caractre. Ce nombre est lisible quels que soient la plateforme, le logiciel et
la langue utiliss. L'Unicode peut traiter 65.000 caractres uniques et prendre
en compte tous les systmes d'criture de la plante.

L'ASCII garde toutefois une place prpondrante. Dnomm  juste titre le plus
petit dnominateur commun, l'ASCII sur sept bits est le seul format compatible
avec 99% des machines et des logiciels, et pouvant tre converti dans d'autres
formats. Il sera toujours utilis quand d'autres formats auront disparu, 
commencer par les formats phmres lis  quelques tablettes de lecture
commercialises depuis 1999 et dj disparues du march. Il est l'assurance que
les collections ne deviendront jamais obsoltes, et survivront aux changements
technologiques des prochaines dcennies ou mme des prochains sicles. Il
n'existe pas d'autre standard aussi largement utilis pour le moment, y compris
l'Unicode.


1971: LE PROJET GUTENBERG


[Version courte]

Fond par Michael Hart en juillet 1971 alors qu'il tait tudiant  l'Universit
d'Illinois, le Projet Gutenberg a pour but de diffuser gratuitement par voie
lectronique le plus grand nombre possible d'oeuvres du domaine public. Il est
le premier site d'information sur un internet encore embryonnaire, qui dbute
vritablement en 1974 et prend son essor en 1983. Vient ensuite le web
(sous-ensemble de l'internet), oprationnel en 1991, puis le premier navigateur,
qui apparat en novembre 1993. Lorsque l'utilisation du web se gnralise, le
Projet Gutenberg trouve un second souffle et un rayonnement international. Au
fil des ans, des centaines d'oeuvres sont patiemment numrises en mode texte
par des milliers de volontaires. D'abord essentiellement anglophones, les
collections deviennent peu  peu multilingues. Le Projet Gutenberg Europe dbute
en janvier 2004. Le Projet Gutenberg franchit la barre des 20.000 titres en
dcembre 2006 et celle des 25.000 titres en avril 2008.

[Version moyenne]

En juillet 1971, Michael Hart cre le Projet Gutenberg pour diffuser
gratuitement sous forme lectronique les oeuvres littraires du domaine public.
Un projet longtemps considr par ses dtracteurs comme impossible  grande
chelle. Site pionnier  tous gards, le Projet Gutenberg est  la fois le
premier site d'information sur un rseau encore embryonnaire et la premire
bibliothque numrique. Les livres sont numriss en mode texte (TXT) en
utilisant le code ASCII (American standard code for information interchange).
Lorsque l'utilisation du web se gnralise, au milieu des annes 1990, le projet
trouve un second souffle et un rayonnement international. Les collections
atteignent 1.000 livres en aot 1997, 2.000 livres en mai 1999, 3.000 livres en
dcembre 2000, 4.000 livres en octobre 2001, 5.000 livres en avril 2002, 10.000
livres en octobre 2003, 15.000 livres en janvier 2005, 20.000 livres en dcembre
2006 et 25.000 livres en avril 2008, dans 55 langues, avec 340 nouveaux livres
par mois, 40 sites miroirs dans de nombreux pays et plusieurs dizaines de
milliers de tlchargements par jour. En octobre 2001, la principale source des
livres devient Distributed Proofreaders, cr par Charles Franks pour grer la
correction partage entre volontaires. D'abord essentiellement anglophones, les
collections deviennent peu  peu multilingues et le Projet Gutenberg
s'internationalise. Le Projet Gutenberg Europe est lanc en janvier 2004 par le
Projet Rastko, bas  Belgrade, en Serbie.

[Version longue]

Si le livre imprim a cinq sicles et demi, le livre numrique a tout juste 37
ans. Il est n avec le Projet Gutenberg, cr en juillet 1971 par Michael Hart
pour diffuser gratuitement sous forme lectronique les oeuvres littraires du
domaine public. Site pionnier  tous gards, le Projet Gutenberg est  la fois
le premier site d'information sur un rseau encore embryonnaire et la premire
bibliothque numrique. Longtemps considr par ses dtracteurs comme totalement
irraliste, le Projet Gutenberg compte 25.00 titres en avril 2008, avec des
dizaines de milliers de tlchargements quotidiens. A ce jour, personne n'a fait
mieux pour mettre les classiques de la littrature mondiale  la disposition de
tous, ni pour crer  moindres frais un immense rseau de volontaires de par le
monde, sans gchis de comptences ni d'nergie.

Les vingt premires annes, Michael Hart numrise lui-mme les cent premiers
livres, avec l'aide occasionnelle de telle ou telle personne. Lorsque
l'utilisation du web se gnralise au milieu des annes 1990, le projet trouve
un second souffle et un rayonnement international. Tout en continuant de
numriser des livres, Michael Hart coordonne dsormais le travail de dizaines
puis de centaines de volontaires de par le monde. Les collections atteignent
1.000 livres en aot 1997, 2.000 livres en mai 1999, 3.000 livres en dcembre
2000 et 4.000 livres en octobre 2001.

Trente ans aprs ses dbuts, le Projet Gutenberg fonctionne  plein rgime. La
barre des 5.000 livres est franchie en avril 2002, celle des 10.000 livres en
octobre 2003, celle des 15.000 livres en janvier 2005, celle des 20.000 livres
en dcembre 2006 et celle des 25.000 livres en avril 2008. Avec 340nouveaux
livres par mois, 40 sites miroirs dans de nombreux pays, plusieurs dizaines de
milliers de tlchargements par jour et des dizaines de milliers de volontaires
toutes quipes confondues.

Qu'ils aient t numriss il y a trente ans ou qu'ils soient numriss
maintenant, tous les livres sont numriss en mode texte, en utilisant l'ASCII
(American standard code for information interchange) original sur sept bits,
avec des rgles prcises pour le formatage. Grce  quoi les textes peuvent tre
lus sans problme quels que soient la machine, la plateforme et le logiciel
utiliss, y compris sur un PDA ou sur une tablette de lecture. Libre ensuite 
chacun de convertir les livres dans d'autres formats, aprs avoir vrifi que
les oeuvres sont galement du domaine public dans le pays concern.

En janvier 2004, le Projet Gutenberg essaime outre-Atlantique avec la cration
du Projet Gutenberg Europe. A la mission originelle s'ajoute le rle de
passerelle entre les langues et les cultures, avec de nombreuses sections
nationales et linguistiques. Tout en conservant la mme ligne de conduite, 
savoir la lecture pour tous  moindres frais, par le biais du texte lectronique
gratuit, indfiniment utilisable et reproductible. Et, dans un deuxime temps,
la numrisation de l'image et du son, dans le mme esprit.


1974: L'INTERNET


[Version courte]

L'internet est un vaste rseau informatique oprant  l'chelle mondiale et
reliant une multitude de sous-rseaux au moyen d'un mme protocole (IP: internet
protocol), ce protocole permettant  des ordinateurs diffrents de communiquer
entre eux. Le rseau internet regroupe les rseaux publics, rseaux privs,
rseaux commerciaux, rseaux d'enseignement, rseaux de services, etc., oprant
 l'chelle plantaire pour offrir d'normes ressources en information,
communication et diffusion. Apparu en 1974, l'internet se dveloppe rapidement 
partir de 1983. Outre le World Wide Web, plus communment appel web, lanc en
1991, l'internet inclut de nombreux services: courriel, forums, messagerie
instantane, visioconfrence, tlphonie sur IP, etc. Vinton Cerf est souvent
appel le pre de l'internet parce qu'il cre en 1974 (avec Bob Kahn) le
protocole TCP/IP (transmission control protocol / internet protocol),  la base
de tout change de donnes. En 1992, Vinton Cerf fonde l'Internet Society
(ISOC), un organisme international visant  promouvoir le dveloppement de
l'internet. Quelque trente ans aprs les dbuts de l'internet, "ses trois
pouvoirs - l'ubiquit, la varit et l'interactivit - rendent son potentiel
d'usages quasi infini" (Le Monde, 19 aot 2005). Le cap du milliard
d'internautes est franchi en 2006.

[Version longue]

Apparu en 1974, l'internet est d'abord un phnomne exprimental enthousiasmant
quelques branchs. A partir de 1983, il relie les centres de recherche et les
universits. Suite  l'apparition du web en 1990 et du premier navigateur en
1993, il envahit notre vie quotidienne. Les signes cabalistiques des adresses
web fleurissent sur les livres, les journaux, les affiches et les publicits. La
presse s'enflamme pour ce nouveau mdium. La majuscule d'origine d'Internet
s'estompe. Internet devient l'internet, avec un "i" minuscule. De nom propre il
devient nom commun, au mme titre que l'ordinateur, le tlphone, le fax et le
minitel. La mme remarque vaut pour le World Wide Web, qui deviendra tout
simplement le web.

Apparu en 1974, l'internet se dveloppe  partir de 1983 et prend son essor avec
l'avnement du web en 1990 et l'apparition du premier navigateur en 1993.
Quelque trente ans aprs les dbuts de l'internet, "ses trois pouvoirs -
l'ubiquit, la varit et l'interactivit - rendent son potentiel d'usages quasi
infini", lit-on dans le quotidien Le Monde du 19 aot 2005. Nous sommes un
milliard  utiliser l'internet  la fin 2006.

Mais comment dfinir l'internet autrement que par ses composantes techniques?
Sur le site de l'Internet Society (ISOC), organisme international coordonnant le
dveloppement du rseau, A Brief History of the Internet propose une triple
dfinition. L'internet est: a)un instrument de diffusion internationale, b)un
mcanisme de diffusion de l'information, c)un moyen de collaboration et
d'interaction entre les individus et les ordinateurs, indpendamment de leur
situation gographique.

Selon ce document, bien plus que toute autre invention (tlgraphe, tlphone,
radio, ordinateur), l'internet rvolutionne de fond en comble le monde des
communications. Il reprsente l'un des exemples les plus russis d'interaction
entre un investissement soutenu dans la recherche et le dveloppement d'une
infrastructure de l'information, dans le cadre d'un rel partenariat entre les
gouvernements, les entreprises et les universits.

Sur le site du World Wide Web Consortium (W3C), organisme international de
normalisation du web, Bruce Sterling dcrit le dveloppement spectaculaire de
l'internet dans Short History of the Internet. L'internet se dveloppe plus vite
que les tlphones cellulaires et les tlcopieurs. En 1996, sa croissance est
de 20% par mois. Le nombre de machines ayant une connexion directe TCP/IP
(transmission control protocol / internet protocol) a doubl depuis 1988.
D'abord prsent dans l'arme et dans les instituts de recherche, l'internet
dferle dans les coles, les universits et les bibliothques, et il est
galement pris d'assaut par le secteur commercial.

Bruce Sterling s'intresse aux raisons pour lesquelles on se connecte 
l'internet. Une raison majeure lui semble tre la libert. L'internet est un
exemple d'"anarchie relle, moderne et fonctionnelle". Il n'y a pas de socit
rgissant l'internet. Il n'y a pas non plus de censeurs officiels, de patrons,
de comits de direction ou d'actionnaires. Toute personne peut parler d'gale 
gale avec une autre, du moment qu'elle se conforme aux protocoles TCP/IP, des
protocoles qui ne sont pas sociaux ni politiques mais strictement techniques.
Malgr tous les efforts des "dinosaures" politiques et commerciaux, il est
difficile  quelque organisme que ce soit de mettre la main sur l'internet.
C'est ce qui fait sa force.

On y voit aussi une relle solidarit. Christiane Jadelot, ingnieur d'tudes 
l'INaLF-Nancy (INaLF: Institut national de la langue franaise), relate en juin
1998: "J'ai commenc  utiliser vraiment l'internet en 1994, je crois, avec un
logiciel qui s'appelait Mosaic. J'ai alors dcouvert un outil prcieux pour
progresser dans ses connaissances en informatique et linguistique,
littrature... Tous les domaines sont couverts. Il y a le pire et le meilleur,
mais en consommateur averti, il faut faire le tri de ce que l'on trouve. J'ai
surtout apprci les logiciels de courrier, de transfert de fichiers, de
connexion  distance. J'avais  cette poque des problmes avec un logiciel qui
s'appelait Paradox et des polices de caractres inadaptes  ce que je voulais
faire. J'ai tent ma chance et pos la question dans un groupe de News
appropri. J'ai reu des rponses du monde entier, comme si chacun tait
soucieux de trouver une solution  mon problme!"

En janvier 1998, lors d'un entretien avec Annick Rivoire, journaliste du
quotidien Libration, Pierre Lvy, philosophe, explique que l'internet ouve la
voie  une forme d'intelligence collective: "Les rseaux permettent de mettre en
commun nos mmoires, nos comptences, nos imaginations, nos projets, nos ides,
et de faire en sorte que toutes les diffrences, les singularits se relancent
les unes les autres, entrent en complmentarit, en synergie."

D'aprs Timothy Leary, philosophe adepte du cyberespace ds ses dbuts, le 21e
sicle verrait l'mergence d'un nouvel humanisme, dont les ides-force seraient
la contestation de l'autorit, la libert de pense et la crativit
personnelle, le tout soutenu et encourag par la vulgarisation de l'ordinateur
et des technologies de la communication. Dans son livre Chaos et cyberculture
(ditions du Lzard, 1998), il crit: "Jamais l'individu n'a eu  sa porte un
tel pouvoir. Mais,  l'ge de l'information, il faut saisir les signaux.
Populariser signifie 'rendre accessible au peuple'. Aujourd'hui, le rle du
philosophe est de personnaliser, de populariser et d'humaniser les concepts
informatiques, de faon  ce que personne ne se sente exclu."

Outre ce changement radical dans la relation information-utilisateur, on assiste
 une transformation radicale de la nature mme de l'information. Vinton Cerf
co-invente avec Bob Kahn en 1974 le protocole TCP/IP,  la base de tout change
de donnes sur le rseau. Sur le site de l'Internet Society (ISOC), qu'il fonde
en 1992 pour promouvoir le dveloppement de l'internet, il explique: "Le rseau
fait deux choses (...): comme les livres, il permet d'accumuler de la
connaissance. Mais, surtout, il la prsente sous une forme qui la met en
relation avec d'autres informations. Alors que, dans un livre, l'information est
maintenue isole." De plus, l'information contenue dans les livres reste la
mme, au moins pendant une priode donne, alors que l'internet privilgie
l'information la plus rcente qui, elle, est en constante mutation.


1977: L'UNIMARC


[Version courte]

Cr en 1977 par l'IFLA (International Federation of Library Associations), le
format UNIMARC (universal machine readable cataloguing) est un format universel
permettant le stockage et l'change de notices bibliographiques au moyen d'une
codification des diffrentes parties de la notice (auteur, titre, diteur, etc.)
pour traitement informatique. Ce format permet de favoriser les changes de
donnes entre les diffrents formats MARC existants, qui correspondent chacun 
une pratique nationale de catalogage (INTERMARC en France, UKMARC au
Royaume-Uni, USMARC aux Etats-Unis, CAN/MARC au Canada, etc.). Les notices dans
le format MARC d'origine sont d'abord converties au format UNIMARC avant d'tre
converties  nouveau dans le format MARC de destination. UNIMARC peut galement
tre utilis comme "modle" pour le dveloppement de nouveaux formats MARC.

[Version moyenne]

A la fin des annes 1990, l'avenir des catalogues en rseau tient 
l'harmonisation du format MARC (machine readable cataloguing) par le biais de
l'UNIMARC (universal machine readable cataloguing). Cr en 1977 par l'IFLA
(International Federation of Library Associations), le format UNIMARC est un
format universel permettant le stockage et l'change de notices bibliographiques
au moyen d'une codification des diffrentes parties de la notice (auteur, titre,
diteur, etc.) pour traitement informatique. Ce format favorise les changes de
donnes entre la vingtaine de formats MARC existants, qui correspondent chacun 
une pratique nationale de catalogage (INTERMARC en France, UKMARC au
Royaume-Uni, USMARC aux Etats-Unis, CAN/MARC au Canada, etc.). Les notices dans
le format MARC d'origine sont d'abord converties au format UNIMARC avant d'tre
converties  nouveau dans le format MARC de destination. UNIMARC peut aussi tre
utilis comme standard pour le dveloppement de nouveaux formats MARC.

Dans le monde anglophone, la British Library (qui utilise UKMARC), la Library of
Congress (qui utilise USMARC) et la Bibliothque nationale du Canada (qui
utilise CAN/MARC) dcident d'harmoniser leurs formats MARC nationaux. Un
programme de trois ans (de dcembre 1995  dcembre 1998) permet de mettre au
point un format MARC commun aux trois bibliothques.

Paralllement, en 1996, dans le cadre de son Programme des bibliothques, la
Commission europenne promeut l'utilisation du format UNIMARC comme format
commun d'change entre tous les formats MARC utiliss dans les pays de l'Union
europenne. Le groupe de travail correspondant tudie aussi les problmes poss
par les diffrentes polices de caractres, ainsi que la manire d'harmoniser le
format bibliographique, tout comme le format du document lui-mme pour les
documents disponibles en ligne.


1984: LE COPYLEFT


[Version courte]

L'ide du copyleft est lance en 1984 par Richard Stallman, ingnieur en
informatique et dfenseur inlassable du logiciel libre au sein de la Free
Software Foundation (FSF). Conu  l'origine pour les logiciels, formalis par
la licence GPL (General public license) du Projet GNU, et tendu ensuite  toute
oeuvre de cration, le copyleft contient la dclaration normale du copyright
affirmant la proprit et l'identification de l'auteur. Son originalit est de
donner au lecteur le droit de librement redistribuer le document et de le
modifier. Le lecteur ne peut toutefois revendiquer ni la paternit du travail
original ni celle des changements effectus par d'autres. De plus, tous les
travaux drivs sont eux-mmes soumis au copyleft. Chez les auteurs et les
crateurs numriques, les adeptes du copyleft sont de plus en plus nombreux,
afin de respecter la vocation premire du web, rseau de communication et de
diffusion  l'chelon mondial. Un autre type de licence est la Creative Commons.


1990: LE WEB


[Version courte]

Nom usuel du World Wide Web, le web (avec ou sans majuscule) est conu en 1989
par Tim Berners-Lee, alors chercheur au CERN (Organisation europenne pour la
recherche nuclaire)  Genve. En 1989, il met en rseau des documents utilisant
l'hypertexte. En 1990, il met au point le premier serveur HTTP (hypertext
transfert protocol) et le premier navigateur web. En 1991, le web est
oprationnel et change radicalement l'utilisation de l'internet (qui existe
depuis 1974). Selon les termes mmes de son inventeur, le web est "un espace
commun d'information dans lequel nous communiquons en partageant cette
information". En novembre 1993, le web prend son essor grce  Mosaic, premier
navigateur  destination du grand public. En octobre 1994 est fond le
consortium W3C (World Wide Web Consortium), un consortium international charg
de dvelopper les normes et protocoles ncessaires au bon fonctionnement du web.
Le W3C est prsid par Tim Berners-Lee. Quinze ans aprs la cration du web, le
magazine Wired constate dans son numro d'aot 2005 que "moins de la moiti du
web est commercial, le reste fonctionne avec la passion".

[Citation]

Dans The World Wide Web: A Very Short Personal History, Tim Berners-Lee,
inventeur du web, crit en avril 1998: "Le rve derrire le web est un espace
d'information commun dans lequel nous communiquons en partageant l'information.
Son universalit est essentielle,  savoir le fait qu'un lien hypertexte puisse
pointer sur quoi que ce soit, quelque chose de personnel, de local ou de global,
aussi bien une bauche qu'une ralisation trs sophistique."

[Version longue]

Apparu en 1990, le web est d'abord conu comme un grand livre compos de pages
relies entre elles par des liens hypertextes et reproduisant les modles connus
de l'dition papier. Certains appellent cette tape le web 1.0.

Hberg sur un serveur web et dfini par une adresse web, appele aussi URL
(uniform service locator), un site web est constitu d'un ensemble de pages web
relies par des liens hypertextes (reliant entre eux des textes et des images)
et hypermdias (reliant des textes et des images  des graphiques, des images
animes, des bandes sonores et des vidos). Ces hyperliens sont utiliss au sein
d'une mme page web, au sein du mme site web (pour relier les pages les unes
aux autres) et vers d'autres sites web.

Le web permet au livre de se convertir. On voit apparatre les textes
lectroniques, les bibliothques numriques, les librairies en ligne, les
diteurs lectroniques, les encyclopdies en ligne, les oeuvres hypermdias, les
logiciels de lecture et les appareils de lecture ddis. Le web devient une
vaste encyclopdie.

Au dbut des annes 2000, des milliers d'oeuvres du domaine public sont en accs
libre. Les libraires et les diteurs ont pour la plupart un site web. Certains
sont ns directement sur le web, avec la totalit de leurs transactions
s'effectuant via l'internet. De plus en plus de livres et revues ne sont
disponibles qu'en version numrique, pour viter les cots d'une publication
imprime. L'internet est devenu un outil indispensable pour se documenter, avoir
accs aux documents et largir ses connaissances. Le web est devenu non
seulement une gigantesque encyclopdie mais aussi une norme bibliothque, une
immense librairie et un mdium des plus complets. De statique dans les livres
imprims, l'information est devenue fluide, avec possibilit d'actualisation
constante.

Suit en 2004 la gnration des sites interactifs connue sous le nom de web 2.0.

Le web 2.0 serait un web de 2e gnration, caractris par les notions de
communaut et de partage, avec une floppe de sites interactifs dont le contenu
est aliment par les utilisateurs, par exemple les blogs, les wikis et les sites
"sociaux". L'expression "web 2.0" mane d'ailleurs d'un diteur. Elle est
utilise pour la premire fois en 2004 par Tim O'Reilly, fondateur O'Reilly
Media, en tant que titre pour une srie de confrences. Certains parlent de
World Live Web au lieu de World Wide Web, le nom d'origine du web. Le web ne
vise plus seulement  utiliser l'information, mais aussi  collaborer en ligne,
par exemple en tenant un blog personnel ou collectif, ou encore en participant
aux encyclopdies Citizendium ou Wikipedia, cette dernire tant devenue l'un
des dix sites les plus visits du web. Certains sites sont devenus
incontournables, par exemple le site de photos Flickr, le site de vidos YouTube
ou les rseaux sociaux Facebook et MySpace.

Le web 3.0 serait le web du futur, un web de 3e gnration qui prendrait
logiquement le relais du web 2.0. Il s'agirait d'un web capable d'apporter une
rponse complte  une requte exprime en langage courant,  savoir "un web
dot d'une forme d'intelligence artificielle globale et collective" (Radar
Networks). D'aprs la socit Radar Networks, des donnes pourraient tre
rassembles sur les nombreux sites sociaux existant sur le web et les sites sur
lesquels les utilisateurs donnent leur avis. Ces donnes pourraient ensuite tre
traites automatiquement aprs avoir t structures sur la base du langage
descriptif RDF (resource description framework) dvelopp par le W3C (World Wide
Web Consortium), l'organisme international charg du dveloppement du web. Cette
dfinition du web 3.0 est d'ailleurs loin de faire l'unanimit.

Terminons par quelques chiffres, ceux de Netcraft, qui fait un dcompte des
sites web au fil des ans. Netcraft recense un million de sites en avril 1997, 10
millions de sites en fvrier 2000, 20 millions de sites en septembre 2000, 30
millions de sites en juillet 2001, 40 millions de sites en avril 2003, 50
millions de sites en mai 2004, 60 millions de sites en mars 2005, 70 millions de
sites en aot 2005, 80 millions de sites en avril 2006, 90 millions de sites en
aot 2006 et 100 millions de sites le 1er novembre 2006. La croissance rapide
observe en 2006 est due  l'explosion des sites de petites entreprises et des
blogs.


1991: L'UNICODE


[Version courte]

Cr en janvier 1991, l'Unicode est un systme d'encodage universel sur 16 bits
spcifiant un nombre unique pour chaque caractre. Ce nombre est lisible quels
que soient la plateforme, le logiciel et la langue utiliss. L'Unicode peut
traiter 65.000 caractres uniques et prendre en compte tous les systmes
d'criture de la plante. A la grande satisfaction des linguistes, il remplace
progressivement l'ASCII (American standard code for information interchange), un
systme d'encodage sur 7 bits ne pouvant traiter que 128 caractres, et donc
uniquement l'anglais, avec des extensions prenant en compte les lettres
accentues de quelques langues europennes.

[Version moyenne]

Publi pour la premire fois en janvier 1991, l'Unicode est un systme
d'encodage informatique sur 16 bits spcifiant un nombre unique pour chaque
caractre. Ce nombre est lisible quels que soient la plateforme, le logiciel et
la langue utiliss. L'Unicode peut traiter 65.000 caractres uniques et prendre
en compte tous les systmes d'criture de la plante. A la grande satisfaction
des linguistes, l'Unicode remplace progressivement l'ASCII (American standard
code for information interchange), un systme d'encodage sur sept bits (128
caractres, dont 95 caractres imprimables) ne pouvant traiter que l'anglais,
complt ensuite par des variantes pouvant traiter les caractres accentus de
quelques langues europennes. L'Unicode Consortium regroupe des socits
informatiques, des concepteurs de logiciels, des organismes de recherche et
diffrents groupes d'usagers. L'utilisation de l'Unicode commence  se
gnraliser en 1998. Les versions rcentes du systme d'exploitation Windows de
Microsoft (Windows NT, Windows 2000, Windows XP, Windows Vista) utilisent
l'Unicode pour les fichiers texte, alors que les versions prcdentes
utilisaient l'ASCII. L'Unicode dispose de plusieurs variantes en fonction des
besoins, par exemple UTF-8, UTF-16 et UTF-32 (UTF: Unicode transformation
format). L'Unicode est une composante des spcifications du W3C (World Wide Web
Consortium), l'organisme international charg du dveloppement du web.

[Version longue]

Avec l'apparition du web en 1990, l'change des donnes s'internationalise de
plus en plus. On ne peut plus se limiter  l'utilisation de l'anglais et de
quelques langues europennes, transcrites dans un systme d'encodage datant des
annes 1960.

Publi pour la premire fois en janvier 1991, l'Unicode est un systme
d'encodage universel sur 16 bits spcifiant un nombre unique pour chaque
caractre. Ce nombre est lisible quels que soient la plateforme, le logiciel et
la langue utiliss. L'Unicode peut traiter 65.000 caractres uniques et prendre
en compte tous les systmes d'criture de la plante. A la grande satisfaction
des linguistes, il remplace progressivement l'ASCII. L'Unicode dispose de
plusieurs variantes en fonction des besoins, par exemple UTF-8, UTF-16 et UTF-32
(UTF: Unicode transformation format). Il devient une composante des
spcifications du W3C (World Wide Web Consortium), l'organisme international
charg du dveloppement du web.

L'utilisation de l'Unicode se gnralise en 1998, par exemple pour les fichiers
texte sous plateforme Windows (Windows NT, Windows 2000), qui taient jusque-l
en ASCII. Mais l'Unicode ne peut rsoudre tous les problmes, comme le souligne
en juin 2000 Luc Dall'Armellina, co-auteur et webmestre d'oVosite, un espace
d'critures multimdias: "Les systmes d'exploitation se dotent peu  peu des
kits de langues et bientt peut-tre de polices de caractres Unicode  mme de
reprsenter toutes les langues du monde; reste que chaque application, du
traitement de texte au navigateur web, embote ce pas. Les difficults sont
immenses: notre clavier avec ses  250 touches avoue ses manques ds lors qu'il
faille saisir des Katakana ou Hiragana japonais, pire encore avec la langue
chinoise. La grande varit des systmes d'critures de par le monde et le
nombre de leurs signes font barrage. Mais les cueils culturels ne sont pas
moins importants, lis aux codes et modalits de reprsentation propres  chaque
culture ou ethnie."

Que prconise Olivier Gainon, crateur de CyLibris et pionnier de l'dition
littraire en ligne? "Premire tape: le respect des particularismes au niveau
technique, explique-t-il en dcembre 2000. Il faut que le rseau respecte les
lettres accentues, les lettres spcifiques, etc. Je crois trs important que
les futurs protocoles permettent une transmission parfaite de ces aspects - ce
qui n'est pas forcment simple (dans les futures volutions de l'HTML, ou des
protocoles IP, etc.). Donc, il faut que chacun puisse se sentir  l'aise avec
l'internet et que ce ne soit pas simplement rserv  des (plus ou moins)
anglophones. Il est anormal aujourd'hui que la transmission d'accents puisse
poser problme dans les courriers lectroniques. La premire dmarche me semble
donc une dmarche technique. Si on arrive  faire cela, le reste en dcoule: la
reprsentation des langues se fera en fonction du nombre de connects, et il
faudra envisager  terme des moteurs de recherche multilingues."


1993: L'ONLINE BOOKS PAGE


[Version courte]

L'Online Books Page est cre en janvier 1993 par John Mark Ockerbloom pour
rpertorier les textes lectroniques de langue anglaise en accs libre sur le
web. A cette date, John Mark Ockerbloom est doctorant  l'Universit Carnegie
Mellon (Pittsburgh, Pennsylvanie). En 1999, il rejoint l'Universit de
Pennsylvanie pour travailler  la R&D (recherche et dveloppement) de la
bibliothque numrique. A la mme poque, il y transfre l'Online Books Page,
tout en gardant la mme prsentation, trs sobre, et il poursuit son travail
d'inventaire dans le mme esprit. En 2003, ce rpertoire fte ses dix ans et
recense plus de 20.000 textes lectroniques, dont 4.000 textes publis par des
femmes,  savoir 20% de sa liste de liens. En dcembre 2006, il recense 25.000
titres, dont 6.300 titres du Projet Gutenberg. Fin 2007, il compte 30.000
titres, dont 7.000 titres du Projet Gutenberg.

[Version longue]

Si certains se donnent pour tche de numriser des oeuvres, comme le Projet
Gutenberg, d'autres dcident de rpertorier celles qui sont en accs libre sur
le web, en offrant au lecteur un point d'accs commun. C'est le cas de John Mark
Ockerbloom, doctorant  l'Universit Carnegie Mellon (Pittsburgh, Pennsylvanie),
qui cre l'Online Books Page pour recenser les oeuvres anglophones.

Cinq ans plus tard, en septembre 1998, il relate: "J'tais webmestre ici pour la
section informatique de la CMU (Carnegie Mellon University), et j'ai dbut
notre site local en 1993. Il comprenait des pages avec des liens vers des
ressources disponibles localement, et  l'origine l'Online Books Page tait
l'une de ces pages, avec des liens vers des livres mis en ligne par des
collgues de notre dpartement (par exemple Robert Stockton, qui a fait des
versions web de certains textes du Projet Gutenberg). Ensuite les gens ont
commenc  demander des liens vers des livres disponibles sur d'autres sites.
J'ai remarqu que de nombreux sites (et pas seulement le Projet Gutenberg ou
Wiretap) proposaient des livres en ligne, et qu'il serait utile d'en avoir une
liste complte qui permette de tlcharger ou de lire des livres o qu'ils
soient sur l'internet. C'est ainsi que mon index a dbut. J'ai quitt mes
fonctions de webmestre en 1996, mais j'ai gard la gestion de l'Online Books
Page, parce qu'entre temps je m'tais passionn pour l'norme potentiel qu'a
l'internet de rendre la littrature accessible au plus grand nombre. Maintenant
il y a tant de livres mis en ligne que j'ai du mal  rester  jour. Je pense
pourtant poursuivre cette activit d'une manire ou d'une autre. Je suis trs
intress par le dveloppement de l'internet en tant que mdium de communication
de masse dans les prochaines annes. J'aimerais aussi rester impliqu dans la
mise  disposition gratuite de livres sur l'internet, que ceci fasse partie
intgrante de mon activit professionnelle, ou que ceci soit une activit
bnvole mene sur mon temps libre."

Fin 1998, John Mark Ockerbloom obtient son doctorat en informatique. En 1999, il
rejoint l'Universit de Pennsylvanie, o il travaille  la R&D (recherche et
dveloppement) de la bibliothque numrique de l'universit. A la mme poque,
il y transfre l'Online Books Page, tout en gardant la mme prsentation, trs
sobre, et il poursuit son travail d'inventaire dans le mme esprit. Ce
rpertoire recense 20.000 livres en septembre 2003, 25.000 livres en dcembre
2006 et 30.000 livres en dcembre 2007.


1993: LE FORMAT PDF


[Version moyenne]

Le format PDF (portable document format) est conu en 1992 et lanc en juin 1993
par la socit Adobe, en mme temps que le logiciel Acrobat Reader. Dfini par
l'extension de fichier ".pdf", ce format conserve la prsentation, les polices,
les couleurs et les images du document source, quelle que soit la plateforme
utilise (Macintosh, Windows, Unix) pour le crer et pour le lire. Lisible 
l'aide de l'Acrobat Reader - logiciel de lecture tlchargeable gratuitement -
ce format devient au fil des ans la norme internationale de diffusion des
documents dont la prsentation originale doit tre conserve. Tout document peut
tre converti en PDF  l'aide du logiciel Adobe Acrobat, disponible dans de
nombreuses langues et pour de nombreuses plateformes. A ce jour, 10% des
documents disponibles sur l'internet sont au format PDF, et ce format est
galement le format de livre numrique le plus rpandu.

En 2001, Adobe lance un Acrobat Reader pour assistant personnel (PDA),
utilisable sur le Palm Pilot (en mai 2001) puis sur le Pocket PC (en dcembre
2001). En janvier 2001, Adobe lance aussi deux nouveaux produits. L'Acrobat
eBook Reader, gratuit, est un logiciel de lecture pour les livres numriques
sous droits, avec gestion des droits par l'Adobe Content Server. L'Adobe Content
Server, payant, est un systme de DRM (digital rights management) destin aux
diteurs et distributeurs pour la gestion des droits numriques,  savoir le
conditionnement, la protection, la distribution et la vente scurise des livres
numriques au format PDF. En mai 2003, l'Acrobat eBook Reader fusionne avec
l'Acrobat Reader pour devenir l'Adobe Reader. L'Adobe Reader (qui dbute  la
version 6) permet de lire aussi bien PDF non scuriss (en accs libre) que les
PDF scuriss (soumis  des droits numriques).

[Version longue]

Lanc en juin 1993 par la socit Adobe et diffus gratuitement, le premier
logiciel de lecture du march est l'Acrobat Reader, qui permet de lire des
documents au format PDF (portable document format). Ce format permet de figer
les documents numriques dans une prsentation donne, pour conserver les
polices, les couleurs et les images du document source, quelle que soit la
plateforme utilise pour le crer et pour le lire. Vendu en parallle, le
logiciel Adobe Acrobat permet de convertir n'importe quel document au format
PDF.

Au fil des ans, le format PDF devient la norme internationale de diffusion des
documents lectroniques, pour impression ou pour transfert d'une plateforme 
l'autre. Des millions de documents PDF sont prsents sur le web pour lecture ou
tlchargement, ou bien transitent par courriel. L'Acrobat Reader pour
ordinateur est progressivement disponible dans plusieurs langues et pour
diverses plateformes (Windows, Mac, Unix, Linux). En 2001, Adobe lance galement
un Acrobat Reader pour assistant personnel (PDA), utilisable sur le Palm Pilot
(en mai 2001) puis sur le Pocket PC (en dcembre 2001).

Face  la concurrence reprsente par le Microsoft Reader (lanc en avril 2000),
Adobe annonce en aot 2000 l'acquisition de la socit Glassbook, spcialise
dans les logiciels de distribution de livres numriques  destination des
diteurs, libraires, distributeurs et bibliothques. Adobe passe aussi un
partenariat avec Amazon.com et Barnes & Noble.com afin de proposer des titres
lisibles sur l'Acrobat Reader et le Glassbook Reader.

En janvier 2001, Adobe lance deux nouveaux logiciels. Le premier logiciel,
gratuit, est l'Acrobat eBook Reader. Il permet de lire les fichiers PDF de
livres numriques sous droits, avec gestion des droits par l'Adobe Content
Server. Il permet aussi d'ajouter des notes et des signets, de choisir
l'orientation de lecture des livres (paysage ou portrait), ou encore de
visualiser leur couverture dans une bibliothque personnelle. Il utilise la
technique d'affichage CoolType et comporte un dictionnaire intgr. Le deuxime
logiciel, payant, est l'Adobe Content Server, destin aux diteurs et
distributeurs. Il s'agit d'un logiciel serveur de contenu assurant le
conditionnement, la protection, la distribution et la vente scurise de livres
numriques au format PDF. Ce systme de gestion des droits numriques (DRM)
permet de contrler l'accs aux livres numriques sous droits, et donc de grer
les droits d'un livre selon les consignes donnes par le gestionnaire des
droits, par exemple en autorisant ou non l'impression ou le prt. En avril 2001,
Adobe conclut un partenariat avec la grande librairie en ligne Amazon, qui met
en vente 2.000 livres numriques lisibles sur l'Acrobat eBook Reader: titres de
grands diteurs, guides de voyages, livres pour enfants, etc.

En dix ans, entre 1993 et 2003, l'Acrobat Reader aurait t tlcharg 500
millions de fois. Ce logiciel gratuit est dsormais disponible dans de
nombreuses langues et pour de nombreuses plateformes (Windows, Mac, Linux, Unix,
Palm OS, Pocket PC, Symbian OS, etc.). En mai 2003, l'Acrobat Reader (5e
version) fusionne avec l'Acrobat eBook Reader (2e version) pour devenir l'Adobe
Reader (dbutant  la version 6), qui permet de lire aussi bien les fichiers PDF
standard que les fichiers PDF scuriss.

Fin 2003, Adobe ouvre sa librairie en ligne, dnomme Digital Media Store, avec
les titres au format PDF de grands diteurs (HarperCollins Publishers, Random
House, Simon & Schuster, etc.) et des versions lectroniques de journaux et
magazines (The New York Times, Popular Science, etc.). Adobe lance aussi Adobe
eBooks Central, un service permettant de lire, publier, vendre et prter des
livres numriques, et l'Adobe eBook Library, qui se veut un prototype de
bibliothque de livres numriques. Trs complet, le site Planet PDF permet de
suivre l'actualit du PDF. En novembre 2004, l'Adobe Content Server est remplac
par l'Adobe LiveCycle Policy Server. Les versions rcentes d'Adobe Acrobat
permettent de crer des PDF compatibles avec le standard Open eBook (OeB).


1994: PREMIER SITE DE BIBLIOTHEQUE


[Version longue]

La premire bibliothque prsente sur le web est la Bibliothque municipale
d'Helsinki (Finlande), qui inaugure son site en fvrier 1994. Puis nombre de
bibliothques dveloppent une bibliothque numrique  ct de leurs collections
traditionnelles.

Qu'elles soient des bibliothques de textes, des bibliothques d'images fixes ou
animes ou des bibliothques sonores, ou qu'elles associent les trois supports,
ces bibliothques numriques cres par les bibliothques traditionnelles pour
faire connatre leurs collections se dveloppent trs rapidement. Elles
permettent  un large public d'avoir accs  des documents jusque-l
pratiquement impossibles  consulter parce qu'appartenant  des fonds anciens,
des fonds locaux et rgionaux, ou des fonds spcialiss. Ces fonds taient
souvent difficilement accessibles pour des raisons diverses: souci de
conservation des documents rares et fragiles, heures d'ouverture rduites,
nombreux formulaires  remplir, dlais significatifs de communication, pnurie
de personnel, qui taient autant de barrires  franchir et qui demandaient
souvent au chercheur une patience  toute preuve et une dtermination hors du
commun pour arriver jusqu'au document.

Grce  sa "cyberbibliothque", la bibliothque peut enfin rendre comptatibles
deux objectifs qui jusque-l ne l'taient gure,  savoir la conservation des
documents et la communication de ceux-ci. D'une part le document ne quitte son
rayonnage qu'une seule fois pour tre scann, d'autre part le grand public y a
enfin accs. Une fois numriss, tous ces fonds qui dormaient sur les rayonnages
peuvent tre utiliss sans le parcours du combattant qu'on vient d'voquer.
Assis sur sa chaise ou dans son fauteuil, le lecteur peut consulter ces oeuvres
en cliquant de l'une  l'autre, au gr de son humeur, de ses centres d'intrt
ou d'une curiosit passagre, de manire plus pratique qu'en se promenant dans
les rayonnages, et surtout de manire beaucoup plus exhaustive puisque, dans les
bibliothques, une bonne partie des collections se trouve range dans des
magasins et n'est donc pas accessible au lecteur qui chine. Si le lecteur veut
ensuite consulter le document lui-mme - dans certains cas, la consultation 
l'cran ne peut remplacer le contact direct avec l'oeuvre - il pourra ensuite se
lancer dans le parcours parfois laborieux qu'implique une consultation
traditionnelle, mais ceci en connaissance de cause, aprs que le "feuilletage" 
l'cran lui ait permis de slectionner les documents en question afin de ne
demander que ceux qui l'intressent vraiment.

Cre en 1994 et hberge sur le site de l'Universit de Genve, Athena est
l'oeuvre de Pierre Perroud, qui y consacre trente heures par semaine, en plus de
son activit de professeur au collge Voltaire (Genve). Pierre-Louis Chantre,
journaliste, raconte dans L'Hebdo n7 du 13 fvrier 1997: "Il numrise des
livres, met en page des textes que des correspondants inconnus lui envoient,
cre des liens lectroniques avec des livres disponibles ailleurs, tout en
essayant de rpondre le mieux possible aux centaines de lettres lectroniques
qu'il reoit (mille personnes consultent Athena chaque jour). Un travail
artisanal qu'il accomplit seul, sans grande rmunration. Malgr des demandes
rptes, le Dpartement de l'instruction publique de Genve ne lui paie que
deux heures par semaine."

En 1997, le site bilingue franais-anglais donne accs  3.500 textes
lectroniques dans des domaines aussi varis que la philosophie, les sciences,
la priode classique, la littrature, l'histoire, l'conomie, etc. En dcembre
1998, les collections comprennent 8.000 textes. Un des objectifs d'Athena est de
mettre en ligne des textes franais. Une section spcifique (Swiss Authors and
Texts) regroupe les auteurs et textes suisses. On y trouve aussi un rpertoire
mondial des ressources littraires en ligne (Athena Literature Resources). Par
ailleurs, Athena propose une table de minralogie qui est l'oeuvre de Pierre
Perroud et qui est consulte dans le monde entier.

Dans un article publi en fvrier 1997 dans la revue Informatique-Informations,
Pierre Perroud insiste sur la complmentarit du texte lectronique et du livre
imprim. Selon lui, "les textes lectroniques reprsentent un encouragement  la
lecture et une participation conviviale  la diffusion de la culture", notamment
pour l'tude et la recherche textuelle. Ces textes "sont un bon complment du
livre imprim - celui-ci restant irremplaable lorsqu'il s'agit de lire". S'il
est persuad de l'utilit du texte lectronique, le livre imprim reste "un
compagnon mystrieusement sacr vers lequel convergent de profonds symboles: on
le serre dans la main, on le porte contre soi, on le regarde avec admiration; sa
petitesse nous rassure autant que son contenu nous impressionne; sa fragilit
renferme une densit qui nous fascine; comme l'homme il craint l'eau et le feu,
mais il a le pouvoir de mettre la pense de celui-l  l'abri du Temps."

Cre en mars 1995 par l'Universit du Michigan (Etats-Unis) dans le cadre de la
School of Information and Library Studies, l'Internet Public Library (IPL) se
dfinit comme la premire bibliothque publique de l'internet sur l'internet, 
savoir une bibliothque slectionnant, organisant et cataloguant les ressources
disponibles sur l'internet, et n'existant elle-mme que sur celui-ci. Cette
bibliothque publique d'un genre nouveau devient vite une rfrence. L'IPL
recense de manire pratiquement exhaustive les livres (Online Texts), les
journaux (Newspapers) et les magazines (Magazines) disponibles sur le web. Les
livres sont essentiellement des oeuvres du domaine public, avec 22.500 titres en
2006, dont le quart provient du Projet Gutenberg.


1994: DES TITRES GRATUITS / PAYANTS


[Version moyenne]

La publication en ligne d'un livre  titre gratuit nuit-elle aux ventes de la
version imprime ou non? La National Academy Press (NAP) est la premire 
prendre un tel risque, ds 1994, avec un pari gagn. La mme exprience est
mene ensuite par la MIT Press (MIT: Massachusetts Institute of Technology).

"A premire vue, cela parat illogique", crit Beth Berselli, journaliste au
Washington Post, dans un article repris par Le Courrier international de
novembre 1997. "Un diteur de Washington, la National Academy Press (NAP), qui a
publi sur internet 700titres de son catalogue actuel, permettant ainsi  tout
un chacun de lire gratuitement ses livres, a vu ses ventes augmenter de 17%
l'anne suivante. Qui a dit que personne n'achterait la vache si on pouvait
avoir le lait gratuitement?"

Une politique atypique porte donc ses fruits. Editeur universitaire, la NAP
(National Academy Press, qui devient ensuite la National Academies Press) publie
environ 200livres par an, essentiellement des livres scientifiques et
techniques et des ouvrages mdicaux. En 1994, l'diteur choisit de mettre en
accs libre sur le web le texte intgral de plusieurs centaines de livres, afin
que les lecteurs puissent les "feuilleter"  l'cran, comme ils l'auraient fait
dans une librairie, avant de les acheter ensuite si utile. La NAP est le premier
diteur  se lancer dans un tel pari, une initiative salue par les autres
maisons d'dition, qui hsitent cependant  se lancer elles aussi dans
l'aventure, et ce pour trois raisons: le cot excessif qu'entrane la mise en
ligne de milliers de pages, les problmes lis au droit d'auteur, et enfin une
concurrence qu'ils estiment nuisible  la vente.

Dans le cas de la NAP, ce sont les auteurs eux-mmes qui, se faire mieux
connatre, demandent  ce que leurs livres soient mis en ligne sur le site. Pour
l'diteur, le web est un nouvel outil de marketing face aux 50.000 ouvrages
publis chaque anne aux Etats-Unis. Une rduction de 20% est accorde pour
toute commande effectue en ligne. La prsence de ces livres sur le web entrane
aussi une augmentation des ventes par tlphone. Le mouvement va en s'amplifiant
puisque, en 1998, le site de la NAP propose le texte intgral d'un millier de
titres. La solution choisie par la NAP est galement adopte par la MIT Press,
qui voit rapidement ses ventes doubler pour les livres disponibles en version
intgrale sur le web.


1995: AMAZON.COM


[Version moyenne]

En juillet 1995, Jeff Bezos fonde  Seattle (Etat de Washington, Etats-Unis) la
librairie en ligne Amazon.com, futur gant du commerce lectronique. Suite  une
tude de march dmontrant que les livres sont les meilleurs "produits"  vendre
sur l'internet, Amazon.com dbute avec dix salaris et trois millions
d'articles. Pionnier d'un nouveau modle conomique, Amazon.com (souvent appel
Amazon) devient vite un gant du commerce lectronique. Cinq ans plus tard, en
novembre 2000, la socit compte 7.500 salaris, 28 millions d'articles, 23
millions de clients et quatre filiales au Royaume-Uni (filiale ouverte en
octobre 1998), en Allemagne (filiale ouverte  la mme date), en France (filiale
ouverte en aot 2000) et au Japon (filiale ouverte en octobre 2000). En novembre
2000, Amazon ouvre une librairie numrique,  savoir une librairie vendant des
livres numriques. En 2001, les 29 millions de clients d'Amazon gnrent un
chiffre d'affaires de 4 milliards de dollars US. Une cinquime filiale est
ouverte au Canada (en juin 2002), suivie d'une sixime filiale, Joyo, en Chine
(en septembre 2004). Au 3e trimestre 2003, la socit devient bnficiaire pour
la premire fois de son histoire. En octobre 2003, Amazon lance un service de
recherche plein texte (Search Inside the Book) qui scanne le texte intgral de
120.000 titres, un nombre promis  une croissance rapide. Amazon lance aussi son
propre moteur de recherche A9.com. Prsent dans sept pays (Etats-Unis, Canada,
Royaume-Uni, France, Allemagne, Chine et Japon) et devenu la rfrence mondiale
du commerce en ligne (avec eBay), Amazon fte ses dix ans d'existence en juillet
2005, avec 9.000 salaris et 41 millions de clients actifs, attirs par des
produits (culturels, high-tech et autres) aux prix attractifs et une livraison
en 48 heures maximum (dans les pays hbergeant une plateforme Amazon).

[Version longue]

Fond par Jeff Bezos, Amazon.com (devenue Amazon dans le langage courant) voit
le jour en juillet 1995  Seattle, dans l'Etat de Washington, sur la cte ouest
des Etats-Unis. Quinze mois auparavant, au printemps 1994, Jeff Bezos fait une
tude de march pour dcider du meilleur produit de consommation  vendre sur
l'internet. Dans sa liste de vingt produits marchands, qui comprennent entre
autres les vtements et les instruments de jardinage, les cinq premiers du
classement se trouvent tre les livres, les CD, les vidos, les logiciels et le
matriel informatique.

"J'ai utilis tout un ensemble de critres pour valuer le potentiel de chaque
produit, relate Jeff Bezos dans le kit de presse d'Amazon. Le premier critre a
t la taille des marchs existants. J'ai vu que la vente des livres
reprsentait un march mondial de 82milliards de dollars US. Le deuxime
critre a t la question du prix. Je voulais un produit bon march. Mon
raisonnement tait le suivant: puisque c'tait le premier achat que les gens
allaient faire en ligne, il fallait que la somme  payer soit modique. Le
troisime critre a t la varit dans le choix: il y avait trois millions de
titres de livres alors qu'il n'y avait que 300.000 titres pour les CD, par
exemple."

La vente de livres en ligne dbute en juillet 1995, avec dix salaris et un
stock quatorze fois suprieur  celui des hypermarchs. Le catalogue en ligne
permet de rechercher les livres par titre, auteur, sujet ou rubrique. On y
trouve aussi des CD, des DVD, des jeux informatiques, etc. Trs attractif, le
contenu ditorial du site change quotidiennement et forme un vritable magazine
littraire proposant des extraits de livres, des entretiens avec des auteurs et
des conseils de lecture. Amazon devient le pionnier d'un nouveau modle
conomique. Son volution rapide est suivie de prs par des analystes de tous
bords.

En 1998, avec 1,5 million de clients dans 160 pays et une trs bonne image de
marque, Amazon est rgulirement cit comme un symbole de russite dans le
cybercommerce. Si la librairie en ligne est toujours dficitaire, sa cotation
boursire est excellente, suite  une introduction  la Bourse de New York en
mai 1997.

En novembre 2000, la socit compte 7.500 salaris, 28 millions d'articles, 23
millions de clients et quatre filiales (Royaume-Uni, Allemagne, France, Japon),
auxquelles s'ajoute en juin 2002 une cinquime filiale au Canada. La maison mre
diversifie ses activits. Elle vend non seulement des livres, des vidos, des CD
et des logiciels, mais aussi des produits de sant, des jouets, des appareils
lectroniques, des ustensiles de cuisine, des outils de jardinage, etc. En
novembre 2001, la vente des livres, disques et vidos ne reprsente plus que 58%
du chiffre d'affaires global. Admir par certains, le modle conomique d'Amazon
est contest par d'autres, notamment en matire de gestion du personnel, avec
des contrats de travail prcaires et de bas salaires.

Tout comme la grande librairie en ligne britannique Internet Bookshop, Amazon
offre une part des bnfices  ses "associs" en ligne. Depuis le printemps
1997, tous les possesseurs d'un site web peuvent vendre des livres appartenant
au catalogue de la librairie et toucher un pourcentage de 15% sur les ventes.
Ces associs font une slection dans les titres du catalogue et rdigent leurs
propres rsums. Amazon reoit les commandes par leur intermdiaire, expdie les
livres et rdige les factures. Les associs reoivent un rapport hebdomadaire
d'activit. Au printemps 1998, la librairie en ligne compte plus de 30.000 sites
affilis.

La prsence europenne d'Amazon dbute en octobre 1998. Les deux premires
filiales sont implantes en Allemagne et au Royaume-Uni. En aot 2000, avec 1,8
million de clients en Grande-Bretagne, 1,2 million de clients en Allemagne et
quelques centaines de milliers de clients en France, la librairie ralise 23% de
ses ventes hors des Etats-Unis. A la mme date, elle ouvre sa filiale franaise.
Une filiale japonaise est ouverte en octobre 2000. En novembre 2000, Amazon
ouvre un secteur eBooks,  savoir un secteur vendant des livres numriques. En
2001, les 29 millions de clients d'Amazon gnrent un chiffre d'affaires de 4
milliards de dollars US. En juin 2002, une cinquime filiale est ouverte au
Canada. Au 3e trimestre 2003, la socit devient bnficiaire pour la premire
fois de son histoire. En octobre 2003, Amazon lance un service de recherche
plein texte (Search Inside the Book) qui scanne le texte intgral de 120.000
titres, un nombre promis  une croissance rapide. Amazon lance aussi son propre
moteur de recherche A9.com mais, contrairement aux autres initiatives, le succs
n'est pas au rendez-vous. Une sixime filiale est ouverte en Chine sous le nom
de Joyo en septembre 2004.

En 2004, le bnfice net d'Amazon est de 588 millions de dollars US, dont 45%
gnr par ses filiales, avec un chiffre d'affaires de 6,9 milliards de dollars.
Prsent dans sept pays (Etats-Unis, Canada, Royaume-Uni, Allemagne, France,
Japon, Chine) et devenu une rfrence mondiale du commerce en ligne, Amazon fte
ses dix ans d'existence en juillet 2005, avec 9.000 salaris et 41 millions de
clients actifs, attirs par des produits culturels, high-tech et autres aux prix
attractifs et une livraison en 48 heures maximum dans les pays hbergeant une
plateforme Amazon.


1995: LA PRESSE SE MET EN LIGNE


[Version longue]

Au dbut des annes 1990, les premires ditions lectroniques de journaux sont
disponibles par le biais de services commerciaux tels que America Online ou
CompuServe. Suite  l'apparition du premier navigateur fin 1993 et  la
croissance rapide du web qui s'ensuit, les organes de presse crent leurs
propres sites. Au Royaume-Uni, le Times et le Sunday Times font web commun sur
un site dnomm Times Online, avec possibilit de crer une dition
personnalise. Aux Etats-Unis, la version en ligne du Wall Street Journal est
payante, avec 100.000 abonns en 1998. Celle du New York Times est disponible
sur abonnement gratuit. Le Washington Post propose l'actualit quotidienne en
ligne et de nombreux articles archivs, le tout avec images, sons et vidos.
Pathfinder (rebaptis ensuite Time) est le site web du groupe Time-Warner,
diteur de Time Magazine, Sports Illustrated, Fortune, People, Southern Living,
Money, Sunset, etc. On peut y lire les articles "maison" et les rechercher par
date ou par sujet. Lanc en 1992 en Californie, Wired, premier magazine imprim
entirement consacr  la culture cyber, est bien videmment prsent sur le web.

Mis en ligne en fvrier 1995, le site web du mensuel Le Monde diplomatique est
le premier site d'un priodique imprim franais. Mont dans le cadre d'un
projet exprimental avec l'Institut national de l'audiovisuel (INA), ce site est
inaugur lors du forum des images Imagina. Il donne accs  l'ensemble des
articles depuis janvier 1994, par date, par sujet et par pays. L'intgralit du
mensuel en cours est consultable gratuitement pendant deux semaines suivant sa
parution. Un forum de discussion permet au journal de discuter avec ses
lecteurs. En juin 1998, Philippe Rivire, responsable du site, prcise que,
trois ans aprs sa mise en ligne, celui-ci a "bien grandi, autour des mmes
services de base: archives et annonce de sommaire". Grce  l'internet, "le
travail journalistique s'enrichit de sources faciles d'accs, aisment
disponibles. Le travail ditorial est facilit par l'change de courriers
lectroniques; par contre, une charge de travail supplmentaire due aux messages
reus commence  peser fortement."

Fin 1995, le quotidien Libration met en ligne son site web, peu aprs le
lancement du Cahier Multimdia, un cahier imprim hebdomadaire inclus dans
l'dition du jeudi. Le site propose la Une du quotidien, la rubrique Multimdia,
qui regroupe les articles du Cahier Multimdia et les archives des cahiers
prcdents, le Cahier Livres complt par Chapitre Un ( savoir les premiers
chapitres des nouveauts), et bien d'autres rubriques. La rubrique Multimdia
est ensuite rebaptise Numriques.

Le site du quotidien Le Monde est lanc en 1996. On y trouve des dossiers en
ligne, la Une en version graphique  partir de 13 h, l'intgralit du journal
avant 17 h, l'actualit en liaison avec l'AFP (Agence France-Presse), et des
rubriques sur la bourse, les livres, le multimdia et les sports. En 1998, le
journal complet en ligne cote 5 FF (0,76 euros) alors que l'dition papier
cote 7,50 FF (1,15 euros). S'ils concernent le multimdia, les articles du
supplment imprim hebdomadaire Tlvision-Radio-Multimdia sont disponibles
gratuitement en ligne dans la rubrique Multimdia, rebaptise ensuite Nouvelles
technologies.

L'Humanit est le premier quotidien franais  proposer la version intgrale du
journal en accs libre. Classs par rubriques, les articles sont disponibles
entre 10 h et 11 h du matin,  l'exception de L'Humanit du samedi, disponible
en ligne le lundi suivant. Tous les articles sont archivs sur le site.

Jacques Coubard, responsable du site web, explique en juillet 1998: "Le site de
L'Humanit a t lanc en septembre 1996  l'occasion de la Fte annuelle du
journal. Nous y avons ajout depuis un forum, un site consacr  la rcente
Coupe du monde de football (avec d'autres partenaires), et des donnes sur la
Fte et sur le meeting d'athltisme, parrain par L'Humanit. Nous esprons
pouvoir dvelopper ce site  l'occasion du lancement d'une nouvelle formule du
quotidien qui devrait intervenir  la fin de l'anne ou au dbut de l'an
prochain. Nous esprons galement mettre sur le web L'Humanit Hebdo, dans les
mmes dlais. Jusqu' prsent on ne peut pas dire que l'arrive d'internet ait
boulevers la vie des journalistes, faute de moyens et de formation (ce qui va
ensemble). Les rubriques sont peu  peu quipes avec des postes ddis, mais
une minorit de journalistes exploite ce gisement de donnes. Certains s'en
servent pour transmettre leurs articles, leurs reportages. Il y a sans doute
encore une 'peur' culturelle  plonger dans l'univers du net. Normal, en face de
l'inconnu. L'avenir devrait donc permettre par une formation (peu complique) de
combler ce handicap. On peut rver  un enrichissement par une sorte d'dition
lectronique, mais nous sommes svrement brids par le manque de moyens
financiers."

L'internet permet une information en profondeur qu'aucun organe de presse ne
pouvait donner jusqu'ici: rapidit de propagation des informations, accs
immdiat  de nombreux sites d'information, liens vers des articles et sources
connexes, normes capacits documentaires allant du gnral au spcialis et
rciproquement (cartes gographiques, notices biographiques, textes officiels,
informations d'ordre politique, conomique, social, culturel, etc.), grande
varit d'illustrations (photos, graphiques, tableaux, vidos, etc.),
possibilit d'archivage avec moteur de recherche, etc.

Les premiers titres purement lectroniques sont rpertoris dans l'E-zine-list,
une liste cre en t 1993 par John Labovitz. Abrg de fanzine ou magazine, un
zine est gnralement l'oeuvre d'une personne ou d'un petit groupe. Quant au
e-zine, il est uniquement diffus par courriel ou sur un site web. Le plus
souvent, il ne contient pas de publicit, ne vise pas un profit commercial et
n'est pas dirig vers une audience de masse.

Comment l'E-zine-list dbute-t-elle? Dans l'historique prsent sur le site, John
Labovitz relate qu' l'origine son intention est de faire connatre Crash, un
zine imprim pour lequel il souhaite crer une version lectronique. A la
recherche de rpertoires, il ne trouve que le groupe de discussion Alt.zines, et
des archives comme le The Well et The Etext Archives. Lui vient alors l'ide
d'un rpertoire organis. Il commence avec douze titres classs manuellement sur
un traitement de texte. Puis il crit sa propre base de donnes. En quatre ans,
de 1993  1997, les quelques dizaines de e-zines deviennent plusieurs centaines,
et la signification mme d'e-zine s'largit pour recouvrir tout type de
publication publie par voie lectronique, y compris commerciale, mme s'"il
subsiste toujours un groupe original et indpendant dsormais minoritaire qui
continue de publier suivant son coeur ou de repousser les frontires de ce que
nous appelons un e-zine". En t 1998, l'E-zine-list comprend 3.000 titres. Elle
sera poursuivie jusqu'en novembre 2001.


1996: L'INTERNET ARCHIVE


[Version moyenne]

Qu'est-ce exactement que l'Internet Archive? Fonde en avril 1996 par Brewster
Kahle  San Francisco, l'Internet Archive a pour but premier de constituer,
stocker, prserver et grer une "bibliothque" de l'internet, en archivant
rgulirement la totalit du web, afin d'offrir un outil de travail aux
universitaires, chercheurs et historiens, et de prserver un historique de
l'internet pour les gnrations futures. En octobre 2001, l'Internet Archive met
ses archives en accs libre sur le web grce  la Wayback Machine, qui permet 
tout un chacun de consulter l'historique d'un site web,  savoir le contenu et
la prsentation d'un site web  diffrentes dates, thoriquement tous les deux
mois,  partir de 1996. Toutes ces collections sont en consultation libre sur le
web. Les archives du web reprsentent 300 traoctets (To) de donnes en 2004,
avec une croissance de 12 traoctets par mois. Ces archives reprsentent 30
millions de pages web en 1996, 65 milliards de pages web (provenant de 50
millions de sites web) en dcembre 2006 et 85 milliards de pages web en mai
2007.

Depuis la fin 1999, l'Internet Archive constitue aussi des collections
numriques spcifiques, par exemple les sites relatifs au 11 septembre 2001, les
sites relatifs aux lections de 2000 (prsidentielles) et 2002 (lections du
Congrs et des gouverneurs des Etats), les sites des pionniers du web, le
Million Book Project (10.520 livres en avril 2005), des archives de films de la
priode 1903-1973, des archives de concerts "live" rcents, des archives de
logiciels, etc. Toutes ces collections sont en consultation libre sur le web, y
compris la grande bibliothque numrique (Text Archive) en cours de
constitution. Dbut 2005, l'Internet Archive s'associe  Yahoo! pour fonder
l'Open Content Alliance (OCA), une initiative visant  crer un rpertoire libre
et multilingue de livres numriss et de documents multimdia pour consultation
et tlchargement sur n'importe quel moteur de recherche.


1996: UNE NOUVELLE MANIERE D'ENSEIGNER


[Version longue]

Dans un premier temps, Vinton Cerf co-invente en 1974 avec Bob Kahn le protocole
TCP/IP,  la base de tout change de donnes sur le rseau. Sur le site de
l'Internet Society (ISOC), qu'il fonde en 1992 pour promouvoir le dveloppement
de l'internet, Vinton Cerf explique: "Le rseau fait deux choses (...): comme
les livres, il permet d'accumuler de la connaissance. Mais, surtout, il la
prsente sous une forme qui la met en relation avec d'autres informations. Alors
que, dans un livre, l'information est maintenue isole."

En outre, l'information contenue dans les livres reste la mme, au moins pendant
une priode donne, alors que l'internet privilgie l'information la plus
rcente qui, elle, est en constante mutation. Il s'ensuit un changement dans la
manire d'enseigner. Ds septembre 1996, dans Creativity and the Computer
Education Industry, une communication de la 14e confrence mondiale de
l'International Federation of Information Processing (IFIP), Dale Spender,
professeur  l'Universit de Queensland (Australie), tente d'analyser ce
changement. Voici son argumentation rsume en deux paragraphes.

Depuis plus de cinq sicles, l'enseignement est essentiellement bas sur
l'information procure par les livres. Or les habitudes lies  l'imprim ne
peuvent tre transfres dans l'univers numrique. L'enseignement en ligne offre
des possibilits tellement nouvelles qu'il n'est gure possible d'effectuer les
distinctions traditionnelles entre enseignant et enseign. Le passage de la
culture imprime  la culture numrique exige donc d'entirement repenser le
processus d'acquisition du savoir, puisqu'on a maintenant l'opportunit sans
prcdent de pouvoir influer sur le type d'enseignement qu'on souhaite recevoir.

Dans la culture imprime, l'information contenue dans les livres reste la mme
pendant un certain temps, ce qui encourage  penser que l'information est
stable. La nature mme de l'imprim est lie  la notion de vrit, stable elle
aussi. Cette stabilit et l'ordre qu'elle engendre sont un des fondements de
l'ge industriel et de l're des sciences et techniques. Les notions de vrit,
de loi, d'objectivit et de preuve sont le fondement de nos croyances et de nos
cultures. Mais l'avnement du numrique change tout ceci. Soudain l'information
en ligne supplante l'information imprime pour devenir la plus fiable et la plus
utile, et l'usager est prt  la payer en consquence. Cette transformation
radicale de la nature mme de l'information doit tre au coeur du dbat sur les
nouvelles mthodes d'enseignement.

En juillet 1998, Patrick Rebollar, professeur de franais et d'informatique dans
des universits japonaises, analyse l'impact de l'internet sur sa vie
professionnelle: "Mon travail de recherche est diffrent, mon travail
d'enseignant est diffrent, mon image en tant qu'enseignant-chercheur de langue
et de littrature est totalement lie  l'ordinateur, ce qui a ses bons et ses
mauvais cts (surtout vers le haut de la hirarchie universitaire, plutt
constitue de gens gs et technologiquement rcalcitrants). J'ai cess de
m'intresser  certains collgues proches gographiquement mais qui n'ont rien
de commun avec mes ides, pour entrer en contact avec des personnes inconnues et
rparties dans diffrents pays (et que je rencontre parfois,  Paris ou  Tokyo,
selon les vacances ou les colloques des uns ou des autres). La diffrence est
d'abord un gain de temps, pour tout, puis un changement de mthode de
documentation, puis de mthode d'enseignement privilgiant l'acquisition des
mthodes de recherche par mes tudiants, au dtriment des contenus (mais cela
dpend des cours). Progressivement, le paradigme rticulaire l'emporte sur le
paradigme hirarchique - et je sais que certains enseignants m'en veulent  mort
d'enseigner a, et de le dire d'une faon aussi crue. Cependant ils sont obligs
de s'y mettre..."

Professeur au dpartement d'tudes franaises de l'Universit de Toronto, Russon
Wooldridge relate en mai 2001: "Mes activits de recherche, autrefois menes
dans une tour d'ivoire, se font maintenant presque uniquement par des
collaborations locales ou  distance. (...) Tout mon enseignement exploite au
maximum les ressources d'internet (le web et le courriel): les deux lieux
communs d'un cours sont la salle de classe et le site du cours, sur lequel je
mets tous les matriaux des cours. Je mets toutes les donnes de mes recherches
des vingt dernires annes sur le web (rdition de livres, articles, textes
intgraux de dictionnaires anciens en bases de donnes interactives, de traits
du 16e sicle, etc.). Je publie des actes de colloques, j'dite un journal, je
collabore avec des collgues franais, mettant en ligne  Toronto ce qu'ils ne
peuvent pas publier en ligne chez eux."


1996: LE PALM PILOT


[Version courte]

Base en Californie, la socit Palm lance en mars 1996 le premier PDA (personal
digital assistant), dnomm Palm Pilot, qui utilise le systme d'exploitation
Palm OS. 23 millions de Palm Pilot sont vendus entre 1996 et 2002. En mars 2001,
on peut utiliser son Palm Pilot pour lire des livres numriques sur les
logiciels de lecture Palm Reader et Mobipocket Reader. En 2002, malgr la
concurrence, Palm est toujours le leader du march (36,8% des machines vendues),
suivi par Hewlett-Packard (13,5%), Sony (11%), Handspring (5,8%), Toshiba (3,7%)
et Casio (3,3%). Les systmes d'exploitation utiliss sont essentiellement le
Palm OS (pour 55% des machines) et le Pocket PC de Microsoft (pour 25,7% des
machines). La division PalmSource est plus prcisment en charge des logiciels,
notamment le logiciel de lecture Palm Reader, utilisable sur assistant personnel
en mars 2001 puis sur ordinateur en juillet 2002. En 2003, 10.000 titres dans
plusieurs langues sont lisibles sur le Palm Pilot et ses successeurs.

[Version longue]

La socit Palm lance le premier Palm Pilot en mars 1996 et vend 23 millions de
machines entre 1996 et 2002. Son systme d'exploitation est le Palm OS et son
logiciel de lecture le Palm Reader. En mars 2001, les modles Palm permettent
aussi la lecture de livres numriques sur le Mobipocket Reader.

A la mme date, la socit Palm fait l'acquisition de Peanutpress.com, diteur
et distributeur de livres numriques pour PDA. Le Peanut Reader devient le Palm
Reader, utilisable aussi bien sur le Palm Pilot que sur le Pocket PC
(l'assistant personnel de Microsoft), et les 2.000 titres de Peanutpress.com
sont transfrs dans la librairie numrique de Palm (Palm Digital Media).
Dvelopp par PalmSource, une division de Palm, le Palm Reader permet de lire
des livres numriques au format PDB (Palm database). D'abord utilisable
uniquement sur les gammes Palm et Pocket PC, le Palm Reader est utilisable sur
ordinateur en juillet 2002. A la mme date, Palm Digital Media distribue 5.500
titres dans plusieurs langues. En 2003, le catalogue approche les 10.000 titres,
tlchargeables  partir de la librairie Palm Digital Media, qui devient ensuite
le Palm eBook Store.

Le Palm DRM System (DRM: digital rights management) est un serveur payant
destin aux diteurs et distributeurs pour grer le conditionnement, la
protection, la distribution et la vente scurise de livres numriques au format
PDB (Palm database), le format des fichiers lus par le Palm Reader. Ce systme
de DRM permet de contrler l'accs aux livres numriques sous droits, et donc de
grer les droits d'un livre en fonction des consignes donnes par le
gestionnaire des droits, par exemple en autorisant ou non l'impression ou le
prt.

Dvelopp par PalmSource, une division de Palm, le Palm OS (OS: operating
system) est le systme d'exploitation du Palm Pilot, qui est d'abord un PDA
unique avant de devenir une gamme de PDA. Le Palm OS quipe 55% des PDA vendus
en 2002. L'autre "grand" systme d'exploitation est le Pocket PC de Microsoft,
qui quipe pour sa part 25,7% des machines.

Commercialis par Microsoft en avril 2000 pour concurrencer le Palm Pilot,
l'assistant personnel Pocket PC utilise un systme d'exploitation spcifique,
Windows CE, qui intgre le nouveau logiciel de lecture Microsoft Reader. En
octobre 2001, Windows CE est remplac par Pocket PC 2002, qui permet entre
autres de lire des livres numriques sous droits. Ces livres sont protgs par
un systme de gestion des droits numriques dnomm Microsoft DAS Server (DAS:
digital asset server). En 2002, le Pocket PC permet la lecture sur trois
logiciels: le Microsoft Reader bien sr, le Mobipocket Reader et le Palm Reader.

D'aprs Seybold Reports.com, en avril 2001, on compte 100.000 tablettes de
lecture pour 17 millions d'assistants personnels (PDA). Deux ans plus tard, en
juin 2003, plus aucune tablette n'est commercialise. De nouveaux modles
apparaissent ensuite, mais on se demande s'ils peuvent vraiment russir 
s'imposer face  l'assistant personnel, qui offre aussi d'autres
fonctionnalits.  On se demande aussi s'il existe une clientle spcifique pour
les deux machines, la lecture sur assistant personnel tant destine au grand
public, et la lecture sur tablette lectronique tant rserve aux gros
consommateurs de documents que sont les lycens, les tudiants, les professeurs,
les chercheurs ou les juristes. Le dbat reste toujours d'actualit dans les
annes qui suivent.


1996: @FOLIO, TABLETTE DE LECTURE


[Version courte]

Architecte designer, Pierre Schweitzer cre en octobre 1996 le concept d'@folio
(qui se prononce "a-folio") dans le cadre d'un projet de design dpos  l'Ecole
d'architecture de Strasbourg. Dfini comme un baladeur de textes ou encore comme
un support de lecture nomade, @folio permet de lire des textes glans sur
l'internet. De petite taille, ce baladeur cherche  mimer, sous forme
lectronique, le dispositif technique du livre, afin de proposer une mmoire de
fac-simils relis en hypertexte pour tre facilement "feuillets". @folio est
compatible avec tout format de livre et d'image. "Mon projet de design est 
l'origine du concept, crit Pierre Schweitzer en janvier 2001. Aujourd'hui, je
participe avec d'autres  sa formalisation, les prototypes, design, logiciels,
industrialisation, environnement technique et culturel, etc., pour transformer
ce concept en un objet grand public pertinent. Nous dveloppons aussi Mot@mot,
une passerelle entre @folio et les fonds numriss en mode image, chez les
diteurs numriques ou dans les bibliothques numriques comme Gallica." En
juillet 2002, Pierre Schweitzer fonde la start-up iCodex pour promouvoir @folio.

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Conu ds octobre 1996 par Pierre Schweitzer, architecte designer  Strasbourg,
@folio (qui se prononce "a-folio") est un support de lecture nomade permettant
de lire des textes glans sur l'internet. Il cherche  mimer, sous forme
lectronique, le dispositif technique du livre, afin de proposer une mmoire de
fac-simils relis en hypertexte pour faciliter le feuilletage.

"J'hsite  parler de livre lectronique, crit Pierre Schweitzer en janvier
2001, car le mot 'livre' dsigne aussi bien le contenu ditorial (quand on dit
qu'untel a crit un livre) que l'objet en papier, gnial, qui permet sa
diffusion. La lecture est une activit intime et itinrante par nature. @folio
est un baladeur de textes, simple, lger, autonome, que le lecteur remplit selon
ses dsirs  partir du web, pour aller lire n'importe o. Il peut aussi y
imprimer des documents personnels ou professionnels provenant d'un CD-Rom. Les
textes sont mmoriss en faisant: 'imprimer', mais c'est beaucoup plus rapide
qu'une imprimante, a ne consomme ni encre ni papier. Les liens hypertextes sont
maintenus au niveau d'une reliure tactile. (...) Le projet est n  l'atelier
Design de l'Ecole d'architecture de Strasbourg o j'tais tudiant. Il est
dvelopp  l'Ecole nationale suprieure des arts et industries de Strasbourg
avec le soutien de l'ANVAR-Alsace. Aujourd'hui, je participe avec d'autres  sa
formalisation, les prototypes, design, logiciels, industrialisation,
environnement technique et culturel, etc., pour transformer ce concept en un
objet grand public pertinent." Pour ce faire, la start-up iCodex est fonde en
juillet 2002.

Quelques annes aprs, l'optique de Pierre Schweitzer reste toujours la mme.
"Il ne s'agit pas de transformer le support papier des livres existants, c'est
absurde, crit-il en janvier 2007. Il s'agit plutt d'offrir un support de
lecture efficace aux textes qui n'en ont pas, ceux qui sont accessibles sur le
web. Avec @folio, je reste persuad qu'un support de lecture transportable qui
serait  la fois simple et lger, annotable et effaable,  bas cot,
respectueux de la page et de nos traditions typographiques, pourrait apporter un
supplment de confort apprciable  tous les usagers du texte numrique. Une
ardoise dont on pourrait feuilleter l'hypertexte  main nue, en lieu et place de
l'imprimante..."

Pierre Schweitzer explique aussi en aot 2007: "La technologie d'@folio est trs
diffrente de celle des autres 'ebooks', actuels ou passs: elle est inspire du
fax et du classeur  onglets. La mmoire flash est imprime comme Gutenberg
imprimait ses livres. Ce mode facsimil ne ncessite aucun format propritaire,
il est directement lisible  l'oeil nu. Le facsimil est un mode de
reprsentation de l'information robuste, prenne, adaptable  tout type de
contenu (de la musique imprime aux formules de mathmatique ou de chimie) sans
aucune adaptation ncessaire. C'est un mode de reprsentation totalement ouvert
et accessible  tous: il supporte l'criture manuscrite, la calligraphie, les
critures non alphabtiques, et le dessin  main leve, toutes choses qui sont
trs difficiles  faire  l'aide d'un seul outil sur un ordinateur ou un ebook
classique. Cette conception technique nouvelle et trs simplifie permet de
recueillir une grande varit de contenus et surtout, elle permet un prix de
vente trs raisonnable (100 euros pour le modle de base) dans diffrentes
combinaisons de formats (tailles d'cran) et de mmoire (nombre de pages)
adaptes aux diffrentes pratiques de lecture."

Outre cette technologie novatrice, quel est l'avantage de la lecture sur @folio
par rapport  la lecture sur ordinateur portable? "La simplicit d'usage,
l'autonomie, le poids, le prix. Quoi d'autre? La finesse n'est pas ngligeable,
pour pouvoir tre gliss presque n'importe o. Et l'accs immdiat aux documents
- pas de temps d'attente comme quand on 'allume' son ordinateur portable: @folio
ne s'allume jamais et ne s'teint pas, la dernire page lue reste affiche et
une simple pression sur le bord de l'cran permet de remonter instantanment au
sommaire du document ou aux onglets de classement."


1997: GALLICA


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Mise en ligne en octobre 1997, Gallica est la bibliothque numrique de la
Bibliothque nationale de France (BnF). En accs libre, elle devient rapidement
l'une des plus importantes bibliothques numriques du rseau. On y trouve les
documents libres de droits du fonds numris de la BnF,  savoir, en fvrier
2005, 76.000 ouvrages et 80.000 images du Moyen-Age au dbut du 20e sicle, avec
un million de consultations par mois. Pour des raisons de cot, les documents
sont essentiellement numriss en mode image. Une petite collection de livres
(1.117 titres en fvrier 2004) est numrise en mode texte. En fvrier 2005,
Gallica annonce la mise en ligne prochaine (entre 2006 et 2009) de la presse
franaise parue entre 1826 et 1944,  savoir 22 titres reprsentant 3,5 millions
de pages. Dbut 2006, les premiers journaux disponibles en ligne sont Le Figaro
(naissance en 1826), La Croix (naissance en 1883), L'Humanit (naissance en
1904) et Le Temps (naissance en 1861 et disparition en 1942). En dcembre 2006,
les collections comprennent 90.000 ouvrages numriss (fascicules de presse
compris), 80.000 images et des dizaines d'heures de ressources sonores. En 2007,
Gallica dbute la conversion en mode texte des livres numriss en mode image
pour favoriser l'accs  leur contenu.

[Version longue]

Secteur numrique de la Bibliothque nationale de France (BnF), Gallica est
inaugur en 1997 avec des images et textes du 19e sicle francophone, le 19e
sicle tant le "sicle de l'dition et de la presse moderne, sicle du roman
mais aussi des grandes synthses historiques et philosophiques, sicle
scientifique et technique". A l'poque, le serveur stocke 2.500livres numriss
en mode image complts par les 250 volumes numriss en mode texte de la base
Frantext de l'INaLF (Institut national de la langue franaise). Classes par
discipline, ces ressources sont compltes par une chronologie du 19esicle et
des synthses sur les grands courants en histoire, sciences politiques, droit,
conomie, littrature, philosophie, sciences et histoire des sciences. Le site
propose aussi un chantillon de la future iconothque numrique,  savoir le
fonds du photographe Eugne Atget, une slection de documents sur l'crivain
Pierre Loti, une collection d'images de l'Ecole nationale des ponts et chausses
sur les grands travaux lis  la rvolution industrielle en France, et enfin un
choix de livres illustrs de la Bibliothque du Muse de l'Homme.

Gallica se considre moins comme une banque de donnes numrises que comme un
"laboratoire dont l'objet est d'valuer les conditions d'accs et de
consultation  distance des documents numriques", lit-on sur le site web  la
fin de 1997. Le but est d'exprimenter la navigation dans ces collections, en
permettant aussi bien le libre parcours du chercheur ou du curieux que des
recherches textuelles pointues.

Dbut 1998, Gallica annonce 100.000 volumes et 300.000 images pour la fin 1999,
avec un accroissement rapide des collections ensuite. Ces collections numriques
pourront aussi tre consultes sur place  la BnF au moyen de 3.000 postes
multimdias, dont quelques centaines fonctionnent dj (au dbut de 1998). Sur
les 100.000 volumes prvus, qui reprsenteront 30 millions de pages numrises,
plus du tiers concerne le 19e sicle. Quant aux 300.000 images fixes, la moiti
appartient aux dpartements spcialiss de la BnF (Estampes et photographie,
Manuscrits, Arts du spectacle, Monnaies et mdailles, etc.). L'autre moiti
provient de collections d'tablissements publics (muses et bibliothques,
Documentation franaise, Ecole nationale des ponts et chausses, Institut
Pasteur, Observatoire de Paris, etc.) ou privs (agences de presse dont Magnum,
l'Agence France-Presse, Sygma, Rapho, etc.).

Par ailleurs,  la mme date, le site bilingue franais-anglais de la BnF est 
la fois solidement ancr dans le pass et rsolument ouvert sur l'avenir, comme
en tmoigne le menu principal de la page d'accueil avec ses neuf rubriques:
nouveau ( savoir les nouvelles manifestations culturelles), connatre la BnF,
les actualits culturelles, les expositions virtuelles (quatre expositions en
septembre 1998: les splendeurs persanes, le roi Charles V et son temps,
naissance de la culture franaise, tous les savoirs du monde), des informations
pratiques, l'accs aux catalogues de la BnF, l'information professionnelle
(conservation, dpt lgal, produits bibliographiques, etc.), la bibliothque en
rseau (Francophonie, coopration nationale, coopration internationale, etc.),
et les autres serveurs (bibliothques nationales, bibliothques franaises,
universits, etc.). Enfin, bien en vue sur la page d'accueil, un logo permet
d'accder  Gallica.

En mai 1998, la BnF revoit ses esprances  la baisse et modifie quelque peu ses
orientations premires. Dans un article du quotidien Le Figaro du 3 juin 1998,
Jrme Strazzulla, journaliste, crit que la BnF est "passe d'une esprance
universaliste, encyclopdique,  la ncessit de choix ditoriaux pointus". Dans
le mme article, il interviewe le prsident de la BnF, Jean-Pierre Angremy, qui
rapporte la dcision du comit ditorial de Gallica: "Nous avons dcid
d'abandonner l'ide d'un vaste corpus encyclopdique de cent mille livres,
auquel on pourrait sans cesse reprocher des trous. Nous nous orientons
aujourd'hui vers des corpus thmatiques, aussi complets que possibles, mais plus
restreints. (...) Nous cherchons  rpondre, en priorit, aux demandes des
chercheurs et des lecteurs." Le premier corpus aurait trait aux voyages en
France, avec mise en ligne prvue en 2000. Ce corpus rassemblerait des textes,
estampes et photographies du 16e sicle  1920. Les corpus envisags ensuite
sont: Paris, les voyages en Afrique des origines  1920, les utopies, et les
mmoires des Acadmies des sciences de province.

En 2003, Gallica donne accs  tous les documents libres de droit du fonds
numris de la BnF,  savoir 70.000 ouvrages et 80.000 images allant du
Moyen-Age au dbut du 20e sicle. Mais, de l'avis de nombreux usagers, les
fichiers sont trs lourds puisque les livres sont numriss en mode image, et
l'accs en est trs long. Chose tout aussi problmatique, la numrisation en
mode image n'autorise pas la recherche textuelle alors que Gallica se trouve
tre la plus grande bibliothque numrique francophone en nombre de titres
disponibles en ligne. Seule une petite collection de livres (1.117 titres en
fvrier 2004) est numrise en mode texte.

En fvrier 2005, Gallica compte 76.000 ouvrages. A la mme date, la BnF annonce
la mise en ligne prochaine (entre 2006 et 2009) de la presse franaise parue
entre 1826 et 1944,  savoir 22 titres reprsentant 3,5 millions de pages. Dbut
2006, les premiers journaux disponibles en ligne sont Le Figaro (fond en 1826),
La Croix (fonde en 1883), L'Humanit (fonde en 1904) et Le Temps (fond en
1861 et disparu en 1942). En dcembre 2006, les collections comprennent 90.000
ouvrages numriss (fascicules de presse compris), 80.000 images et des dizaines
d'heures de ressources sonores. Gallica dbute aussi la conversion en mode texte
des livres numriss en mode image pour pour favoriser l'accs  leur contenu.


1997: LA PUBLICATION NUMERIQUE


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Depuis les annes 1970, la chane traditionnelle de l'dition est soumise  de
nombreux bouleversements. Le march de l'imprimerie traditionnelle avait d'abord
t branl par l'apparition des machines de photocomposition. Le cot de
l'impression a ensuite continu de baisser avec les procds d'impression
assiste par ordinateur, les photocopieurs, les photocopieurs couleur et le
matriel d'impression numrique. L'impression est dsormais souvent assure 
bas prix par des ateliers de PAO (publication assiste par ordinateur) et des
entreprises d'arts graphiques. La numrisation a galement acclr le processus
de rdaction, puisque le rdacteur, le concepteur artistique et le personnel
charg de la mise en page peuvent travailler simultanment sur le mme ouvrage.

Pour la publication d'ouvrages et de priodiques ducatifs et scientifiques,
dans lesquels l'information la plus rcente est primordiale, la numrisation
conduit  repenser compltement la signification mme de publication, et 
s'orienter vers une diffusion en ligne qui rend beaucoup plus facile les
ractualisations rgulires. Certaines universits diffusent par exemple des
manuels "sur mesure" composs de quelques chapitres slectionns dans une trs
importante base de donnes, un choix complt par des articles et par les
commentaires des professeurs. Pour un sminaire, un trs petit tirage peut tre
effectu  la demande pour quelques textes transmis par voie lectronique  un
imprimeur.

L'interaction entre document imprim et document lectronique devient
omniprsente, et elle s'accentuera encore dans les prochaines annes,  tel
point qu'il deviendra probablement ridicule d'tablir une distinction entre
document lectronique et document imprim. Dj,  l'heure actuelle,
pratiquement tous les documents imprims rcents sont issus d'une version
lectronique sur traitement de texte, tableur ou base de donnes. De plus en
plus de documents n'existent dsormais qu'en version lectronique, et de plus en
plus de documents imprims sont numriss.

Outre sa facilit d'accs et son faible cot, le document lectronique peut tre
rgulirement actualis, si bien que le lecteur dispose toujours de la version
la plus rcente. Point n'est besoin d'attendre une nouvelle dition imprime
soumise aux contraintes commerciales et aux exigences de l'diteur. C'est le cas
par exemple pour la diffusion en ligne d'ouvrages et de priodiques ducatifs et
scientifiques, dans lesquels l'information la plus rcente est primordiale.
L'dition lectronique apparat donc comme une bonne solution pour rsoudre les
problmes budgtaires des presses universitaires et des diteurs axs sur la
publication d'ouvrages de recherche.


1997: DICTIONNAIRES EN LIGNE


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Fond en 1979  Modne (Italie) par Rodrigo Vergara, Logos est une socit de
traduction offrant des services dans 35 langues en 1997, avec 300 traducteurs
travaillant sur place et un rseau de 2.500 traducteurs dans le monde. Logos
traduit en moyenne 200 textes par jour.

Initiative peu courante  l'poque, Logos dcide de mettre tous ses outils
professionnels en accs libre sur le web. Dans un entretien publi dans le
quotidien Le Monde du 7 dcembre 1997, Rodrigo Vergara relate: "Nous voulions
que nos traducteurs aient tous accs aux mmes outils de traduction. Nous les
avons donc mis  leur disposition sur internet, et tant qu' faire nous avons
ouvert le site au public. Cela nous a rendus trs populaires, nous a fait
beaucoup de publicit. L'opration a drain vers nous de nombreux clients, mais
aussi nous a permis d'toffer notre rseau de traducteurs grce aux contacts
tablis  la suite de cette initiative."

Les outils de traduction disponibles sur le web comprennent un dictionnaire
multilingue de 7,5 millions d'entres (Logos Dictionary), une base de donnes de
553 glossaires (Linguistic Resources), des tables de conjugaison en 17 langues
(Conjugation of Verbs), et enfin la Wordtheque, une base de donnes multilingue
de 328 millions de termes issus de traductions de romans et documents
techniques. La recherche dans la Wordtheque est possible par langue, mot, auteur
ou titre. En 2007, la Wordtheque, devenue la Logos Library, comprend 710
millions de termes. Conjugation of Verbs, devenu l'Universal Conjugator, propose
des tableaux de conjugaison dans 36 langues. Linguistic Resources offre un point
d'accs unique pour 1.215 glossaires.

Quand Logos met ses outils en accs libre en 1997, il ouvre la voie  d'autres
initiatives.

Un des premiers dictionnaires en accs libre est le Dictionnaire universel
francophone en ligne, qui rpertorie 45.000 mots et 116.000 dfinitions tout en
prsentant "sur un pied d'galit, le franais dit 'standard' et les mots et
expressions en franais tel qu'on le parle sur les cinq continents". Issu de la
collaboration entre Hachette et l'AUPELF-UREF (devenu depuis l'AUF - Agence
universitaire de la Francophonie), il correspond  la partie "noms communs" du
dictionnaire imprim disponible chez Hachette. L'quivalent pour la langue
anglaise est le site Merriam-Webster OnLine, qui donne librement accs au
Collegiate Dictionary et au Collegiate Thesaurus.

En dcembre 1999 apparaissent sur le web plusieurs encyclopdies de renom,
paralllement  leur version imprime ou leur version CD-Rom. La premire
encyclopdie francophone en accs libre est WebEncyclo, publie par les ditions
Atlas. La recherche est possible par mots-cls, thmes, mdias (cartes, liens
internet, photos, illustrations) et ides. Un appel  contribution incite les
spcialistes d'un sujet donn  envoyer des articles, qui sont regroups dans la
section WebEncyclo contributif. Aprs avoir t libre, l'accs est ensuite
soumis  une inscription pralable gratuite.

Mis en ligne  la mme date, Britannica.com propose en accs libre l'quivalent
numrique des 32 volumes de la 15e dition de l'Encyclopaedia Britannica,
paralllement  la version imprime et  la version CD-Rom, toutes deux
payantes. Le site web offre une slection d'articles issus de 70 magazines, un
guide des meilleurs sites, un choix de livres, etc., le tout tant accessible 
partir d'un moteur de recherche unique. En septembre 2000, le site fait partie
des cent sites les plus visits au monde. En juillet 2001, la consultation
devient payante sur la base d'un abonnement mensuel ou annuel.

Dcembre 1999 est aussi la date de mise en ligne de l'Encyclopaedia Universalis,
avec 28.000 articles signs par 4.000 auteurs. Si la consultation est payante
sur la base d'un abonnement annuel, de nombreux articles sont en accs libre.

La mise en ligne d'encyclopdies de renom se poursuit en 2000 et 2001.

En mars 2000, les 20 volumes de l'Oxford English Dictionary sont mis en ligne
par l'Oxford University Press (OUP). La consultation du site est payante. Le
dictionnaire bnficie d'une mise  jour trimestrielle d'environ 1.000 entres
nouvelles ou rvises. Deux ans aprs cette premire exprience, en mars 2002,
l'OUP met en ligne l'Oxford Reference Online, une vaste encyclopdie conue
directement pour le web et consultable elle aussi sur abonnement payant. Avec
60.000 pages et un million d'entres, elle reprsente l'quivalent d'une
centaine d'ouvrages de rfrence.

A la mme date, le Quid, encyclopdie en un volume actualise une fois par an
depuis 1963, dcide de mettre une partie de son contenu en accs libre sur le
web. En septembre 2000, aprs avoir t payante, la consultation de
l'encyclopdie Encarta de Microsoft devient libre.


1997: LA CONVERGENCE MULTIMEDIA


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La numrisation permet de crer, d'enregistrer, de combiner, de stocker, de
rechercher et de transmettre des textes, des sons et des images par des moyens
simples et rapides. Des procds similaires permettent le traitement de
l'criture, de la musique et du cinma alors que, par le pass, ce traitement
tait assur par des procds diffrents sur des supports diffrents (papier
pour l'criture, bande magntique pour la musique, cellulod pour le cinma). De
plus, des secteurs distincts comme l'dition (qui produit des livres) et
l'industrie musicale (qui produit des disques) travaillent de concert pour
produire des CD-Rom.

La numrisation acclre considrablement le processus matriel de production.
Dans la presse, alors qu'auparavant le personnel de production devait
dactylographier les textes du personnel de rdaction, les journalistes envoient
dsormais directement leurs textes pour mise en page. Dans l'dition, le
rdacteur, le concepteur artistique et l'infographiste travaillent souvent
simultanment sur le mme ouvrage. On assiste progressivement  la convergence
de tous les secteurs lis  l'information: imprimerie, dition, presse,
conception graphique, enregistrements sonores, films, radiodiffusion, etc. C'est
ce qu'on appelle la convergence multimdia. On peut aussi la dfinir comme la
convergence de l'informatique, du tlphone, de la radio et de la tlvision
dans une industrie de la communication et de la distribution utilisant les mmes
inforoutes.

Si certains secteurs voient l'apparition de nouveaux emplois, par exemple ceux
lis  la production audio-visuelle, d'autres secteurs sont soumis 
d'inquitantes restructurations. La convergence multimdia a de nombreux revers,
 savoir des contrats occasionnels et prcaires pour les salaris, l'absence de
syndicats pour les tltravailleurs, le droit d'auteur souvent mis  mal pour
les auteurs, etc. Et,  l'exception du droit d'auteur, vu l'enjeu financier
qu'il reprsente, il est rare que ces problmes fassent la Une des journaux.

La convergence multimdia amne-t-elle des emplois nouveaux, comme l'assurent
les employeurs, ou bien est-elle source de chmage, comme l'affirment les
syndicats? Ce sujet est dbattu ds janvier 1997 lors du Colloque sur la
convergence multimdia organis par le Bureau international du travail (BIT) 
Genve.

Si elle acclre le processus de production, l'automatisation des mthodes de
travail entrane une diminution de l'intervention humaine et donc un
accroissement du chmage. Dans la presse comme dans l'dition, la mise en page
automatique permet de combiner rdaction et composition. Dans les services
publicitaires aussi, la conception graphique et les tches commerciales sont
maintenant intgres. L'informatique permet  certains professionnels de
s'installer  leur compte, une solution choisie par 30% des salaris ayant perdu
leur emploi.

Au Royaume-Uni, les fonctions de correction d'preuves et de rdaction
s'effectuent dsormais  domicile, le plus souvent par des travailleurs qui ont
pris le statut d'indpendants par suite de fusions d'entreprises,
dlocalisations ou licenciements. "Or cette forme d'emploi tient plus du travail
prcaire que du travail indpendant, car ces personnes n'ont que peu d'autonomie
et sont gnralement tributaires d'une seule maison d'dition", analyse Peter
Leisink, professeur associ d'tudes sociales  l'Universit d'Utrecht
(Pays-Bas).

A part quelques cas particuliers mis en avant par les organisations
d'employeurs, la convergence multimdia entrane des suppressions massives
d'emplois. Selon Michel Muller, secrtaire gnral de la FILPAC (Fdration des
industries du livre, du papier et de la communication), les industries
graphiques franaises perdent 20.000 emplois en dix ans. Entre 1987 et 1996, les
effectifs passent de de 110.000  90.000 salaris. Les entreprises doivent
mettre sur pied des plans sociaux coteux pour favoriser le reclassement des
personnes licencies, en crant des emplois souvent artificiels, alors qu'il
aurait t prfrable de financer des tudes fiables sur la manire d'quilibrer
crations et suppressions d'emplois lorsqu'il tait encore temps.

Partout dans le monde, de nombreux postes  faible qualification technique sont
remplacs par des postes exigeant des qualifications techniques leves. Les
personnes peu qualifies sont licencies. D'autres suivent une formation
professionnelle complmentaire, parfois auto-finance et prise sur leur temps
libre, et cette formation professionnelle ne garantit pas pour autant le
remploi.

Directeur de AT&T, gant des tlcommunications aux Etats-Unis, Walter Durling
insiste sur le fait que les nouvelles technologies ne changeront pas
fondamentalement la situation des salaris au sein de l'entreprise. L'invention
du film n'a pas tu le thtre et celle de la tlvision n'a pas fait
disparatre le cinma. Les entreprises devraient crer des emplois lis aux
nouvelles technologies et les proposer  ceux qui sont obligs de quitter
d'autres postes devenus obsoltes. Des arguments bien thoriques alors que le
problme est plutt celui du pourcentage. Combien de crations de postes pour
combien de licenciements?

De leur ct, les syndicats prconisent la cration d'emplois par
l'investissement, l'innovation, la formation professionnelle aux nouvelles
technologies, la reconversion des travailleurs dont les emplois sont supprims,
des conditions quitables pour les contrats et les conventions collectives, la
dfense du droit d'auteur, une meilleure protection des travailleurs dans le
secteur artistique et enfin la dfense des tltravailleurs en tant que
travailleurs  part entire.

Malgr tous les efforts des syndicats, la situation deviendra-elle aussi
dramatique que celle dcrite dans le rapport de ce colloque, demandant si "les
individus seront forcs de lutter pour survivre dans une jungle lectronique
avec les mcanismes de survie qui ont t mis au point au cours des prcdentes
dcennies?"


1998: VERS UN WEB MULTILINGUE


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De pratiquement anglophone  ses dbuts, le web devient multilingue.

Consultant en marketing internet de produits et services de traduction, Randy
Hobler crit en septembre 1998: "Comme l'internet n'a pas de frontires
nationales, les internautes s'organisent selon d'autres critres propres au
mdium. En termes de multilinguisme, vous avez des communauts virtuelles, par
exemple ce que j'appelle les 'nations des langues', tous ces internautes qu'on
peut regrouper selon leur langue maternelle quel que soit leur lieu
gographique. Ainsi la nation de la langue espagnole inclut non seulement les
internautes d'Espagne et d'Amrique latine, mais aussi tous les Hispanophones
vivant aux Etats-Unis, ou encore ceux qui parlent espagnol au Maroc."

Bruno Didier, webmestre de la Bibliothque de l'Institut Pasteur, crit en aot
1999: "Internet n'est une proprit ni nationale, ni linguistique. C'est un
vecteur de culture, et le premier support de la culture, c'est la langue. Plus
il y a de langues reprsentes dans leur diversit, plus il y aura de cultures
sur internet. Je ne pense pas qu'il faille justement cder  la tentation
systmatique de traduire ses pages dans une langue plus ou moins universelle.
Les changes culturels passent par la volont de se mettre  la porte de celui
vers qui on souhaite aller. Et cet effort passe par l'apprhension de sa langue.
Bien entendu c'est trs utopique comme propos. Concrtement, lorsque je fais de
la veille, je peste ds que je rencontre des sites norvgiens ou brsiliens sans
un minimum d'anglais."

L'anglais reste en effet prpondrant et ceci n'est pas prs de disparatre.
Comme indiqu en janvier 1999 par Marcel Grangier, responsable de la section
franaise des services linguistiques centraux de l'Administration fdrale
suisse, "cette suprmatie n'est pas un mal en soi, dans la mesure o elle
rsulte de ralits essentiellement statistiques (plus de PC par habitant, plus
de locuteurs de cette langue, etc.). La riposte n'est pas de 'lutter contre
l'anglais' et encore moins de s'en tenir  des jrmiades, mais de multiplier
les sites en d'autres langues. Notons qu'en qualit de service de traduction,
nous prconisons galement le multilinguisme des sites eux-mmes. La
multiplication des langues prsentes sur internet est invitable, et ne peut que
bnficier aux changes multiculturels."

Professeur en technologies de la communication  la Webster University de
Genve, Henri Slettenhaar insiste lui aussi sur la ncessit de sites bilingues,
dans la langue originale et en anglais. "Les communauts locales prsentes sur
le web devraient en tout premier lieu utiliser leur langue pour diffuser des
informations, crit-il en dcembre 1998. Si elles veulent galement prsenter
ces informations  la communaut mondiale, celles-ci doivent tre aussi
disponibles en anglais. Je pense qu'il existe un rel besoin de sites bilingues.
(...) Mais je suis enchant qu'il existe maintenant tant de documents
disponibles dans leur langue originale. Je prfre de beaucoup lire l'original
avec difficult plutt qu'une traduction mdiocre."

En aot 1999, il ajoute: "A mon avis, il existe deux types de recherches sur le
web. La premire est la recherche globale dans le domaine des affaires et de
l'information. Pour cela, la langue est d'abord l'anglais, avec des versions
locales si ncessaire. La seconde, ce sont les informations locales de tous
ordres dans les endroits les plus reculs. Si l'information est  destination
d'une ethnie ou d'un groupe linguistique, elle doit d'abord tre dans la langue
de l'ethnie ou du groupe, avec peut-tre un rsum en anglais."

L'internet tant une source d'information  vocation mondiale, il semble
indispensable de favoriser les activits de traduction. Auteur des Chroniques de
Cybrie, une chronique hebdomadaire des actualits du rseau, Jean-Pierre
Cloutier dplore en aot 1999 "qu'il se fasse trs peu de traductions des textes
et essais importants qui sont publis sur le web, tant de l'anglais vers
d'autres langues que l'inverse. (...) La nouveaut d'internet dans les rgions
o il se dploie prsentement y suscite des rflexions qu'il nous serait utile
de lire.  quand la traduction des penseurs hispanophones et autres de la
communication?"

En t 2000, les usagers non anglophones dpassent la barre des 50%. Ce
pourcentage continue ensuite d'augmenter, comme le montrent les statistiques de
la socit Global Reach, mises  jour  intervalles rguliers. Le nombre
d'usagers non anglophones est de 52,5% en t 2001, 57% en dcembre 2001, 59,8%
en avril 2002, 64,4% en septembre 2003 (dont 34,9% d'Europens non anglophones
et 29,4% d'Asiatiques) et 64,2% en mars 2004 (dont 37,9% d'Europens non
anglophones et 33% d'Asiatiques).


1998: BIBLIOTHECAIRES NUMERIQUES


[Version longue]

Voici deux expriences, celles de Peter Raggett et Bruno Didier.

= Peter Raggett

Peter Raggett est directeur du centre de documentation et d'information (CDI) de
l'OCDE. Situe  Paris, l'OCDE (Organisation de coopration et de dveloppement
conomiques) regroupe trente pays membres. Au noyau d'origine, constitu des
pays d'Europe de l'Ouest et d'Amrique du Nord, viennent s'ajouter le Japon,
l'Australie, la Nouvelle-Zlande, la Finlande, le Mexique, la Rpublique
tchque, la Hongrie, la Pologne et la Core. Rserv aux fonctionnaires de
l'organisation, le centre de documentation permet la consultation de quelque
60.000 monographies et 2.500 priodiques imprims. En ligne depuis 1996, les
pages intranet du CDI deviennent une source d'information essentielle pour le
personnel.

"Je dois filtrer l'information pour les usagers de la bibliothque, ce qui
signifie que je dois bien connatre les sites et les liens qu'ils proposent,
explique Peter Raggett en juin 1998. J'ai slectionn plusieurs centaines de
sites pour en favoriser l'accs  partir de l'intranet de l'OCDE. Cette
slection fait partie du bureau de rfrence virtuel propos par la bibliothque
 l'ensemble du personnel. Outre de nombreux liens, ce bureau de rfrence
contient des pages recensant les articles, monographies et sites web
correspondant aux diffrents projets de recherche en cours  l'OCDE, l'accs en
rseau aux CD-Rom et une liste mensuelle des nouveaux titres."

Comment voit-il l'avenir de la profession? "L'internet offre aux chercheurs un
stock d'informations considrable. Le problme pour eux est de trouver ce qu'ils
cherchent. Jamais auparavant on n'avait senti une telle surcharge
d'informations, comme on la sent maintenant quand on tente de trouver un
renseignement sur un sujet prcis en utilisant les moteurs de recherche
disponibles sur l'internet. A mon avis, les bibliothcaires auront un rle
important  jouer pour amliorer la recherche et l'organisation de l'information
sur le rseau. Je prvois aussi une forte expansion de l'internet pour
l'enseignement et la recherche. Les bibliothques seront amenes  crer des
bibliothques numriques permettant  un tudiant de suivre un cours propos par
une institution  l'autre bout du monde. La tche du bibliothcaire sera de
filtrer les informations pour le public. Personnellement, je me vois de plus en
plus devenir un bibliothcaire virtuel. Je n'aurai pas l'occasion de rencontrer
les usagers, ils me contacteront plutt par courriel, par tlphone ou par fax,
j'effectuerai la recherche et je leur enverrai les rsultats par voie
lectronique."

= Bruno Didier

En 1999, Bruno Didier est bibliothcaire  l'Institut Pasteur (Paris), une
fondation prive dont le but est la prvention et le traitement des maladies
infectieuses par la recherche, l'enseignement et des actions de sant publique.
Sduit par les perspectives qu'offre le rseau pour la recherche documentaire,
Bruno Didier cre le site web de la bibliothque en 1996 et devient son
webmestre.

"Le site web de la bibliothque a pour vocation principale de servir la
communaut pasteurienne, relate-t-il en aot 1999. Il est le support
d'applications devenues indispensables  la fonction documentaire dans un
organisme de cette taille: bases de donnes bibliographiques, catalogue,
commande de documents et bien entendu accs  des priodiques en ligne. C'est
galement une vitrine pour nos diffrents services, en interne mais aussi dans
toute la France et  l'tranger. Il tient notamment une place importante dans la
coopration documentaire avec les instituts du rseau Pasteur  travers le
monde. Enfin j'essaie d'en faire une passerelle adapte  nos besoins pour la
dcouverte et l'utilisation d'internet. (...) Je dveloppe et maintiens les
pages du serveur, ce qui s'accompagne d'une activit de veille rgulire. Par
ailleurs je suis responsable de la formation des usagers, ce qui se ressent dans
mes pages. Le web est un excellent support pour la formation, et la plupart des
rflexions actuelles sur la formation des usagers intgrent cet outil."

Son activit professionnelle a chang de manire radicale, tout comme celle de
ses collgues. "C'est  la fois dans nos rapports avec l'information et avec les
usagers que les changements ont eu lieu, explique-t-il. Nous devenons de plus en
plus des mdiateurs, et peut-tre un peu moins des conservateurs. Mon activit
actuelle est typique de cette nouvelle situation: d'une part dgager des chemins
d'accs rapides  l'information et mettre en place des moyens de communication
efficaces, d'autre part former les utilisateurs  ces nouveaux outils. Je crois
que l'avenir de notre mtier passe par la coopration et l'exploitation des
ressources communes. C'est un vieux projet certainement, mais finalement c'est
la premire fois qu'on dispose enfin des moyens de le mettre en place."


1999: AUTEURS NUMERIQUES


[Version longue]

Voici trois expriences, celles de Murray Suid, Jean-Paul et Jean-Pierre Balpe.

= Murray Suid

Murray Suid vit  Palo Alto, dans la Silicon Valley, en Californie. Il est
l'auteur de livres pdagogiques, de livres pour enfants, d'oeuvres multimdias
et de scnarios. Ds septembre 1998, il prconise une solution choisie depuis
par de nombreux auteurs. "Un livre peut avoir un prolongement sur le web - et
donc vivre en partie dans le cyberespace, explique-t-il. L'auteur peut ainsi
aisment l'actualiser et le corriger, alors qu'auparavant il devait attendre
longtemps, jusqu' l'dition suivante, quand il y en avait une. (...) Je ne sais
pas si je publierai des livres sur le web, au lieu de les publier en version
imprime. J'utiliserai peut-tre ce nouveau support si les livres deviennent
multimdias. Pour le moment, je participe au dveloppement de matriel
pdagogique multimdia. C'est un nouveau type de matriel qui me plat beaucoup
et qui permet l'interactivit entre des textes, des films, des bandes sonores et
des graphiques qui sont tous relis les uns aux autres."

Un an aprs, en aot 1999, il ajoute: "En plus des livres complts par un site
web, je suis en train d'adopter la mme formule pour mes oeuvres multimdias -
qui sont sur CD-Rom - afin de les actualiser et d'enrichir leur contenu."
Quelques mois plus tard, l'intgralit de ses oeuvres multimdias est sur le
rseau. Le matriel pdagogique auquel il contribue est conu non plus pour
diffusion sur CD-Rom, mais pour diffusion sur le web. D'entreprise multimdia,
la socit de logiciels ducatifs qui l'emploie devient une entreprise internet.

= Jean-Paul

Jean-Paul, auteur hypermdia, est le webmestre du site cotres.net, qui raconte
des histoires en 3D. Il relate en aot 1999: "L'internet va me permettre de me
passer des intermdiaires: compagnies de disques, diteurs, distributeurs... Il
va surtout me permettre de formaliser ce que j'ai dans la tte (et ailleurs) et
dont l'imprim (la micro-dition, en fait) ne me permettait de donner qu'une
approximation. Puis les intermdiaires prendront tout le pouvoir. Il faudra
alors chercher ailleurs, l o l'herbe est plus verte..."

En juin 2000, il se penche sur les apports de l'hyperlien dans son travail: "La
navigation par hyperliens se fait en rayon (j'ai un centre d'intrt et je
clique mthodiquement sur tous les liens qui s'y rapportent) ou en louvoiements
(de clic en clic,  mesure qu'ils apparaissent, au risque de perdre de vue mon
sujet). Bien sr, les deux sont possibles avec l'imprim. Mais la diffrence
saute aux yeux: feuilleter n'est pas cliquer. L'internet n'a donc pas chang ma
vie, mais mon rapport  l'criture. On n'crit pas de la mme manire pour un
site que pour un scnario, une pice de thtre, etc. (...) Depuis, j'cris
(compose, mets en page, en scne) directement  l'cran. L'tat 'imprim' de mon
travail n'est pas le stade final, le but; mais une forme parmi d'autres, qui
privilgie la linarit et l'image, et qui exclut le son et les images animes.
(...)

C'est finalement dans la publication en ligne (l'entoilage?) que j'ai trouv la
mobilit, la fluidit que je cherchais. Le matre mot y est 'chantier en cours',
sans palissades. Accouchement permanent,  vue, comme le monde sous nos yeux.
Provisoire, comme la vie qui ttonne, se cherche, se dprend, se reprend. Avec
videmment le risque soulign par les gutenbergs, les orphelins de la
civilisation du livre: plus rien n'est sr. Il n'y a plus de source fiable,
elles sont trop nombreuses, et il devient difficile de distinguer un clerc d'un
gourou. Mais c'est un problme qui concerne le contrle de l'information. Pas la
transmission des motions."

= Jean-Pierre Balpe

Jean-Pierre Balpe est directeur du dpartement hypermdias de l'Universit Paris
8, chercheur et crivain. Il lance le premier mail-roman francophone en 2001.
Pendant trs exactement cent jours, entre le 11 avril et le 19 juillet 2001, il
diffuse quotidiennement un chapitre de Rien n'est sans dire auprs de cinq cents
personnes - sa famille, ses amis, ses collgues, etc. - en y intgrant les
rponses et les ractions des lecteurs. Raconte par un narrateur, l'histoire
est celle de Stanislas et Zita, qui vivent une passion tragique dchire par une
sombre histoire politique. "Cette ide d'un mail-roman m'est venue tout
naturellement, raconte l'auteur en fvrier 2002. D'une part en me demandant
depuis quelque temps dj ce qu'internet peut apporter sur le plan de la forme 
la littrature (...) et d'autre part en lisant de la littrature 'pistolaire'
du 18e sicle, ces fameux 'romans par lettres'. Il suffit alors de transposer:
que peut tre le 'roman par lettres' aujourd'hui?"

Jean-Pierre Balpe tire plusieurs conclusions de cette exprience: "D'abord c'est
un 'genre': depuis, plusieurs personnes m'ont dit lancer aussi un mail-roman.
Ensuite j'ai aperu quantit de possibilits que je n'ai pas exploites et que
je me rserve pour un ventuel travail ultrieur. La contrainte du temps est
ainsi trs intressante  exploiter: le temps de l'criture bien sr, mais aussi
celui de la lecture: ce n'est pas rien de mettre quelqu'un devant la ncessit
de lire, chaque jour, une page de roman. Ce 'pacte' a quelque chose de
diabolique. Et enfin le renforcement de ma conviction que les technologies
numriques sont une chance extraordinaire du renouvellement du littraire."

En effet. De nombreux genres voient le jour: sites d'criture hypermdia,
oeuvres de fiction hypertexte, romans multimdias, hyper-romans, mail-romans,
etc. Le texte fusionne aussi avec l'image et le son en intgrant dessins,
graphiques, photos, chansons, musique ou vidos.


1999: YOURDICTIONARY.COM


[Version courte]

Rput pour sa qualit, yourDictionary.com est co-fond par Robert Beard en
1999, dans le prolongement de son ancien site, A Web of Online Dictionaries,
cr ds 1995. En septembre 2003, yourDictionary.com, devenu un portail de
rfrence, rpertorie plus de 1.800 dictionnaires dans 250 langues, ainsi que de
nombreux outils linguistiques: vocabulaires, grammaires, glossaires, mthodes de
langues, etc. En avril 2007, le rpertoire comprend 2.500 dictionnaires et
grammaires dans 300 langues. Soucieux de servir toutes les langues sans
exception, le site propose une section spcifique (Endangered Language
Repository) consacre aux langues menaces d'extinction.

[+]

Robert Beard crit en janvier 2000: "Les langues menaces sont essentiellement
des langues non crites. Un tiers seulement des quelque 6.000 langues existant
dans le monde sont  la fois crites et parles. Je ne pense pourtant pas que le
web va contribuer  la perte de l'identit des langues et j'ai mme le sentiment
que,  long terme, il va renforcer cette identit. Par exemple, de plus en plus
d'Indiens d'Amrique contactent des linguistes pour leur demander d'crire la
grammaire de leur langue et les aider  laborer des dictionnaires. Pour eux, le
web est un instrument  la fois accessible et trs prcieux d'expression
culturelle."

Caoimhn  Donnale indique pour sa part en mai 2001: "En ce qui concerne
l'avenir des langues menaces, l'internet acclre les choses dans les deux
sens. Si les gens ne se soucient pas de prserver les langues, l'internet et la
mondialisation qui l'accompagne acclreront considrablement la disparition de
ces langues. Si les gens se soucient vraiment de les prserver, l'internet
constituera une aide irremplaable."

Caoimhn  Donnale est professeur d'informatique  l'Institut Sabhal Mr
Ostaig, situ sur l'le de Skye, en Ecosse. Il dispense ses cours en galique
cossais. Il est aussi le webmestre du site de l'institut, bilingue
anglais-galique, qui se trouve tre la principale source d'information mondiale
sur le galique cossais. Sur ce site, il tient  jour European Minority
Languages, une liste de langues minoritaires elle aussi bilingue, avec
classement par ordre alphabtique de langues et par famille linguistique.
Interview en mai 2001, il raconte: "Nos tudiants utilisent un correcteur
d'orthographe en galique et une base terminologique en ligne en galique. (...)
Il est maintenant possible d'couter la radio en galique (cossais et
irlandais) en continu sur l'internet partout dans le monde. Une ralisation
particulirement importante a t la traduction en galique du logiciel de
navigation Opera. C'est la premire fois qu'un logiciel de cette taille est
disponible en galique."

Publie par SIL International (SIL: Summer Institute of Linguistics),
l'encyclopdie Ethnologue: Languages of the World existe  la fois en version
web (gratuite), sur CD-Rom (payant) et en version imprime (payante). Barbara
Grimes, sa directrice de publication entre 1971 et 2000 (8e-14e ditions),
relate en janvier 2000: "Il s'agit d'un catalogue des langues dans le monde,
avec des informations sur les endroits o elles sont parles, une estimation du
nombre de personnes qui les parlent, la famille linguistique  laquelle elles
appartiennent, les autres termes utiliss pour ces langues, les noms de
dialectes, d'autres informations socio-linguistiques et dmographiques, les
dates des Bibles publies, un index des noms de langues, un index des familles
linguistiques et des cartes gographiques relatives aux langues." En avril 2007,
cette encyclopdie rpertorie 6.912 langues selon plusieurs critres (pays, nom
de la langue, code de la langue attribu par le SIL, famille de langues), avec
moteur de recherche.


1999: LE FORMAT OPEN EBOOK


[Version courte]

Cr en septembre 1999, l'OeB (open ebook) est un standard de livre numrique
bas sur le langage XML (extensible markup language) pour normaliser le contenu,
la structure et la prsentation des livres numriques. Le format OeB est dfini
par l'OeBPS (open ebook publication structure), dveloppe par l'Open eBook
Forum (OeBF), un consortium industriel international fond en janvier 2000 pour
regrouper constructeurs, concepteurs de logiciels, diteurs, libraires et
spcialistes du numrique (85 participants en 2002). En avril 2005, l'Open eBook
Forum change de nom pour devenir l'International Digital Publishing Forum
(IDPF). Tlchargeable gratuitement, l'OeB dispose aussi d'une version "ouverte"
appartenant au domaine public. Destin aux professionnels de la publication, le
format original doit tre associ  une technologie normalise de gestion des
droits numriques, et donc  un systme de DRM (digital rights management), qui
permet de contrler l'accs des livres numriques sous droits. La dernire
version de l'OeBPS date de dcembre 2006.

[Version moyenne]

Les annes 1998 et 1999 sont marques par la prolifration des formats, dans le
cadre d'un march naissant promis  une expansion rapide. Aux formats classiques
- format texte, Word, HTML (hypertext markup language), XML (extensible markup
language) et PDF (portable document format) - s'ajoutent des formats
propritaires crs par plusieurs socits pour une lecture sur leurs propres
logiciels: Glassbook Reader, Rocket eBook Reader, Peanut Reader, Franklin
Reader, logiciel de lecture Cytale, Gemstar eBook Reader, Palm Reader, etc., ces
logiciels correspondant le plus souvent  un appareil donn: Rocket eBook,
eBookMan (Franklin), Cybook (Cytale), Gemstar eBook, Palm Pilot, etc.

Inquiets pour l'avenir du livre numrique qui,  peine n, propose presque
autant de formats que de titres, certains insistent sur l'intrt, sinon la
ncessit, d'un format unique. A l'instigation du NIST (National Institute of
Standards and Technology, Etats-Unis) nat en juin 1998 l'Open eBook Initiative,
qui constitue un groupe de travail de 25personnes (Open eBook Authoring Group).
Ce groupe labore l'OeB (open ebook), un format bas sur le langage XML pour
normaliser le contenu, la structure et la prsentation des livres numriques. Le
format OeB est dfini par l'OeBPS (open ebook publication structure), dont la
version 1.0 est disponible en septembre 1999. L'OeB dispose d'une version
ouverte et gratuite appartenant au domaine public. Le format original est
utilis uniquement par les professionnels de la publication, puisqu'il doit tre
associ  un systme de gestion des droits numriques (DRM).

Fond en janvier 2000  la suite de l'Open eBook Initiative, l'OeBF (Open eBook
Forum) est un consortium industriel international regroupant constructeurs,
concepteurs de logiciels, diteurs, libraires et spcialistes du numrique (85
participants en 2002) pour dvelopper le format OeB (open ebook) et l'OeBPS
(open ebook publication structure). En avril 2005, l'OeBF change de nom pour
devenir l'IDPF (International Digital Publishing Forum).

Le standard OeB est utilis pour de nombreux formats: LIT (Microsoft Reader),
PRC (Mobipocket Reader), etc. Blackmask Online, par exemple, puise dans les
collections du Projet Gutenberg pour proposer des milliers de livres gratuits
dans huit formats diffrents, tous issus du format Open eBook (OeB).


2000: LA BIBLE DE GUTENBERG EN LIGNE


[Version courte]

En novembre 2000, la version numrique de la Bible de Gutenberg est mise en
ligne sur le site de la British Library. Date de 1454 ou 1455, cette Bible est
le premier ouvrage imprim par Gutenberg dans son atelier de Mayence, en
Allemagne. Sur les 180exemplaires d'origine, 48 exemplaires, dont certains
incomplets, existeraient toujours. La British Library en possde deux versions
compltes et une partielle. En mars 2000, dix chercheurs et experts techniques
de l'Universit Keio de Tokyo et de NTT (Nippon Telegraph and Telephone
Communications) viennent travailler sur place pendant deux semaines pour
numriser les deux versions compltes, lgrement diffrentes.


2000: DISTRIBUTED PROOFREADERS


[Version moyenne]

Conu en octobre 2000 par Charles Franks pour contribuer  la numrisation des
livres du domaine public, Distributed Proofreaders (DP) est mis en ligne en mars
2001. Le concept est de permettre la correction partage en fragmentant les
livres en pages pouvant tre relues par des correcteurs diffrents. Destin 
intensifier la production de livres pour le Projet Gutenberg, grande
bibliothque numrique mondiale au format texte, Distributed Proofreaders en
devient rapidement la principale source. Il est officiellement affili au Projet
Gutenberg en 2002. La progression est rapide. En 2003, une moyenne de 250  300
relecteurs travaillant quotidiennement permet de produire entre 2.500 et 3.000
pages par jour, ce qui reprsente deux pages par minute. En 2004, la moyenne
tait de 300  400 relecteurs quotidiens produisant entre 4.000 et 7.000 pages
par jour,  savoir quatre pages par minute. Distributed Proofreaders
comptabilise un total de 3.000 livres en fvrier 2004, 5.000 livres en octobre
2004, 7.000 livres en mai 2005, 8.000 livres en fvrier 2006 et 10.000 livres en
mars 2007. 700 volontaires se connectent chaque jour et 3.000 volontaires se
connectent chaque mois. Les volontaires n'ont aucun quota  respecter. A titre
indicatif, il est suggr de relire une page par jour. Cela semble peu, mais une
page multiplie par des milliers de volontaires reprsente un chiffre
considrable.

En janvier 2004 est lanc en parallle Distributed Proofreaders Europe (DP
Europe) pour alimenter le site du Projet Gutenberg Europe (PG Europe). Lanc 
l'initiative du Projet Rastko, bas  Belgrade, en Serbie, DP Europe est calqu
sur le site original de Distributed Proofreaders, pour grer la relecture
partage de PG Europe. Ds ses dbuts, DP Europe est un site multilingue, qui
prend en compte les principales langues nationales. En avril 2004, grce  des
traducteurs volontaires, le site de DP Europe est disponible en douze langues.
L'objectif  moyen terme est soixante langues, et donc soixante quipes
linguistiques, avec prise en compte de toutes les langues europennes. DP Europe
comptabilise 100 livres numriss en mai 2005, et 400 livres numriss en
dcembre 2006.

[Version longue]

La croissance rapide des collections depuis 2001 est due  l'activit de
Distributed Proofreaders, site lanc en octobre 2000 par Charles Franks pour
grer la correction partage entre les volontaires. A l'origine, il s'agit
seulement d'intensifier la production de livres du Projet Gutenberg. Mais le
succs est tel que le site devient la principale source des collections. En
2002, Distributed Proofreaders est officiellement affili au Projet Gutenberg.
En mai 2006, Distributed Proofreaders devient une entit indpendante tout en
poursuivant une collaboration troite avec le Projet Gutenberg.

Les volontaires n'ont aucun quota  respecter. A titre indicatif, il est suggr
de relire une page par jour, si possible. Cela semble peu, mais une page
multiplie par des centaines de volontaires reprsente un chiffre considrable.
La progression est rapide. En 2003, une moyenne de 250  300 relecteurs
quotidiens permet de produire entre 2.500 et 3.000 pages par jour, ce qui
reprsente deux pages par minute. En 2004, la moyenne est de 300  400
relecteurs quotidiens produisant entre 4.000 et 7.000 pages par jour,  savoir
quatre pages par minute. Distributed Proofreaders comptabilise un total de 3.000
livres en fvrier 2004, 5.000 livres en octobre 2004, 7.000 livres en mai 2005,
8.000 livres en fvrier 2006 et 10.000 livres en mars 2007, avec une production
de cinq livres par jour et 52.000 volontaires en dcembre 2007.

Le 3 aot 2005, le site recense 7.639 livres verss dans le Projet Gutenberg,
1.250 livres prts  y tre verss (en cours de dernire relecture et
assemblage) et 831 livres en cours de correction. Le 1er mai 2008, le site
recense 13.039 livres verss dans le Projet Gutenberg, 1.840 livres prts  y
tre verss (en cours de dernire relecture et assemblage) et 1.000 livres en
cours de correction.

Le site a pour but de permettre  plusieurs correcteurs de travailler
simultanment au mme livre, sur des pages diffrentes. Le volontaire commence
par s'inscrire. Il reoit des directives dtailles. Ces directives concernent
par exemple les parties en gras, en italique et soulignes, ou les notes, qui
sont toutes traites de la mme manire. Un forum permet de poser des questions
et de demander de l'aide si ncessaire. Quand le volontaire se connecte au site,
il slectionne le livre de son choix  partir d'une liste donne. Une page du
livre choisi apparat simultanment en deux versions: d'une part l'image
scanne, d'autre part le texte issu de cette image, produit par un logiciel OCR.
Le relecteur compare les deux versions et corrige les diffrences. Un logiciel
OCR tant fiable  99%, ceci reprsente une moyenne de dix erreurs  corriger
par page. La page est ensuite sauvegarde. Le relecteur peut soit cesser le
travail, soit opter pour la correction d'une autre page. Tous les livres sont
relus et corrigs deux fois de suite et, la deuxime fois, uniquement par des
correcteurs expriments. Les pages corriges sont ensuite formates selon des
rgles prcises et assembles par d'autres volontaires pour obtenir un livre
numrique. Durant tout le processus, un livre donn est suivi par un responsable
(project manager) qui s'assure du bon droulement des oprations. Aprs la mise
en forme suit la mise en ligne, avec indexation (titre, sous-titre, numro de
l'ebook et format) puis catalogage (dates de naissance et de dcs de l'auteur,
classification de la Library of Congress, etc.).

Les volontaires peuvent aussi travailler de manire indpendante, en s'adressant
directement au Projet Gutenberg. Ils peuvent saisir leur livre prfr de bout
en bout sur le traitement de texte de leur choix. Ils peuvent aussi scanner
eux-mmes un livre, le convertir en texte par le biais d'un logiciel OCR et
faire les corrections ncessaires en comparant le rsultat  l'original. Dans
les deux cas, une deuxime relecture est faite par une autre personne. Toute
participation est bienvenue, quelle que soit la mthode adopte. Il est tout 
fait possible d'envoyer des fichiers dans d'autres formats en complment du
fichier ASCII.

Aussi bien pour Distributed Proofreaders (DP) que pour Distributed Proofreaders
Europe (DP Europe), de nouveaux volontaires sont bienvenus, y compris pour les
livres en franais. La tche est immense. Comme indiqu sur les deux sites, "DP
ne s'attend pas  un engagement inconditionnel de votre part. Corrigez des
textes aussi souvent que vous le voulez, et le nombre de pages que vous voulez.
Nous encourageons les gens  corriger une page par jour, mais vous tes tout 
fait libre de faire ce qui vous plat. Nous esprons que vous vous joindrez 
notre mission de prserver 'la littrature mondiale dans un format gratuit et
disponible pour tous'."


2000: LE GRAND DICTIONNAIRE TERMINOLOGIQUE


[Version courte]

L'Office qubcois de la langue franaise (OQLF) lance d'abord Le Signet, qui
propose 10.000fiches bilingues franais-anglais dans le domaine des
technologies de l'information. Le Signet est disponible gratuitement en ligne.
L'OQLF lance ensuite le Grand dictionnaire terminologique (GDT), mis en ligne en
septembre 2000. Le GDT comprend 3 millions de termes franais et anglais du
vocabulaire industriel, scientifique et commercial, dans 200 domaines
d'activit. Il reprsente l'quivalent de 3.000 ouvrages de rfrence imprims.
Cette mise en ligne est le rsultat d'un partenariat entre l'Office qubcois de
la langue franaise (OQLF), auteur du dictionnaire, et Semantix, socit
spcialise dans les solutions logicielles linguistiques. Evnement clbr par
de trs nombreux linguistes, cette mise en ligne est un succs sans prcdent
pour un dictionnaire. Ds le premier mois, le GDT est consult par 1,3 million
de personnes, avec des pointes de 60.000 requtes quotidiennes. La gestion de la
base est ensuite assure par Convera Canada. En fvrier 2003, les requtes sont
au nombre de 3,5 millions par mois. Une nouvelle version du GDT est mise en
ligne en mars 2003. Sa gestion est dsormais assure par l'OQLF lui-mme, et non
plus par une socit prestataire.


2000: MOBIPOCKET


[Version courte]

Cre en mars 2000 par Thierry Brethes et Nathalie Ting, la socit Mobipocket,
base  Paris, est spcialise dans la lecture et la distribution scurise de
livres numriques sur assistant personnel (PDA). Son logiciel de lecture, le
Mobipocket Reader, est "universel", c'est--dire utilisable sur tout assistant
personnel (Palm Pilot, Pocket PC, eBookMan, Psion, etc.). En avril 2002, la
socit lance un Mobipocket Reader pour ordinateur. Au printemps 2003, le
Mobipocket Reader quipe les premiers smartphones de Nokia et Sony Ericsson. A
la mme date, le nombre de livres lisibles sur le Mobipocket Reader est de 6.000
titres dans plusieurs langues (franais, anglais, allemand, espagnol),
distribus soit sur le site de Mobipocket soit dans les librairies partenaires.
Le systme de gestion des droits numriques est le Mobipocket DRM System (DRM:
digital rights management). En avril 2005, Mobipocket est rachet par la grande
librairie en ligne Amazon.com.

[Version longue]

Face  Adobe et Microsoft, un nouvel acteur s'impose rapidement, sur un crneau
bien spcifique, la lecture sur assistant personnel (PDA). Cre  Paris en mars
2000 par Thierry Brethes et Nathalie Ting, la socit Mobipocket est finance en
partie par Viventures, une branche de la multinationale Vivendi. Mobipocket
conoit le logiciel de lecture Mobipocket Reader, qui permet la lecture de
fichiers au format PRC (Palm resource). Gratuit et disponible en plusieurs
langues (franais, anglais, allemand, espagnol, italien), il est "universel",
c'est--dire utilisable sur tout assistant personnel. En octobre 2001, le
Mobipocket Reader reoit l'eBook Technology Award de la Foire internationale du
livre de Francfort. A la mme date, Franklin passe un partenariat avec
Mobipocket pour l'installation du Mobipocket Reader sur l'eBookMan, l'assistant
personnel multimdia de Franklin, au lieu du partenariat prvu  l'origine entre
Franklin et Microsoft pour l'installation du Microsoft Reader.

Si le Mobipocket Reader est gratuit, d'autres logiciels Mobipocket sont payants.
Le Mobipocket Web Companion est un logiciel d'extraction automatique de contenu
auprs des sites de presse partenaires. Le Mobipocket Publisher permet aux
particuliers (choix entre version prive gratuite et version standard payante)
et aux diteurs (version professionnelle payante) de crer des livres numriques
scuriss utilisant la technologie Mobipocket DRM, afin de contrler l'accs aux
livres numriques sous droits. Dans un souci d'ouverture aux autres formats, le
Mobipocket Publisher permet de crer des livres numriques non seulement au
format PRC, lu par le Mobipocket Reader, mais aussi au format LIT, lu par le
Microsoft Reader.

En avril 2002, Mobipocket lance une version du Mobipocket Reader pour ordinateur
personnel. Au printemps 2003, le Mobipocket Reader quipe tous les assistants
personnels du march,  savoir les gammes Palm Pilot, Pocket PC, eBookMan et
Psion, et les smartphones de Nokia et Sony Ericsson. A la mme date, le nombre
de livres lisibles sur le Mobipocket Reader se chiffre  6.000 titres dans
plusieurs langues (franais, anglais, allemand, espagnol), distribus soit sur
le site de Mobipocket soit dans les librairies partenaires.


2000: LA PUBLIC LIBRARY OF SCIENCE


[Version moyenne]

Fonde en octobre 2000 par un groupe de chercheurs des universits de Stanford
et de Berkeley (Californie) pour contrer les publications spcialises aux prix
prohibitifs, la Public Library of Science (PLoS) propose de regrouper tous les
articles scientifiques et mdicaux au sein d'archives en ligne en accs libre.
Au lieu d'une information dissmine dans des millions de rapports et des
milliers de priodiques en ligne ayant chacun des conditions d'accs
diffrentes, un point d'accs unique permettrait de lire le contenu intgral de
ces articles avec moteur de recherche multicritres et systme d'hyperliens
entre les articles. Mais la rponse des diteurs concerns n'est gure
enthousiaste, et ce projet n'aboutit pas.

Dbut 2003, la Public Library of Science devient un diteur non commercial de
priodiques scientifiques et mdicaux en ligne, grce  une subvention de 9
millions de dollars US attribue par la Moore Foundation. Une quipe ditoriale
de haut niveau est constitue pour lancer des priodiques de qualit selon un
nouveau modle d'dition en ligne bas sur la diffusion libre du savoir. Le
premier numro de PLoS Biology sort en octobre 2003. PLoS Medicine est lanc en
octobre 2004. Ces priodiques se classent rapidement parmi les meilleurs de leur
spcialit. Trois nouveaux titres voient le jour en 2005: PLoS Genetics, PLoS
Computational Biology et PLoS Pathogens. PLoS Clinical Trials est lanc en mai
2006. PLoS Neglected Tropical Diseases est lanc en octobre 2007.

Tous les articles sont librement accessibles en ligne. Ils sont galement
disponibles aussitt dans PubMed Central, le service d'archives en ligne public
et gratuit de la National Library of Medicine (Etats-Unis), avec moteur de
recherches multicritres. Ces articles peuvent tre librement diffuss et
rutiliss ailleurs, y compris pour des traductions, selon les termes de la
licence Creative Commons, la seule contrainte tant la mention des auteurs et de
la source.

[Version longue]

A l'heure de l'internet, il parat assez scandaleux que le rsultat de travaux
de recherche - travaux originaux et demandant de longues annes d'efforts - soit
dtourn par des diteurs spcialiss s'appropriant ce travail et le monnayant 
prix fort. L'activit des chercheurs est souvent finance par les deniers
publics, et de manire substantielle en Amrique du Nord. Il semblerait donc
normal que la communaut scientifique et le grand public puissent bnficier
librement du rsultat de ces recherches.

Dans le domaine scientifique et mdical par exemple, 1.000 nouveaux articles
sont publis chaque jour, en ne comptant que les articles rviss par les pairs.
Se basant sur ce constat, la Public Library of Science (PLoS) est fonde en
octobre 2000  San Francisco  l'initiative de Harold Varmus, Patrick Brown et
Michael Eisen, groupe de chercheurs des Universits de Stanford et de Berkeley.
Le but est de contrer les pratiques de l'dition spcialise en regroupant tous
les articles scientifiques et mdicaux au sein d'archives en ligne en accs
libre. Au lieu d'une information dissmine dans des millions de rapports et des
milliers de priodiques en ligne ayant chacun des conditions d'accs
diffrentes, un point d'accs unique permettrait de lire le contenu intgral de
ces articles, avec moteur de recherche multicritres et systme d'hyperliens
entre les articles.

Pour ce faire, PLoS fait circuler une lettre ouverte demandant que les articles
publis par les diteurs spcialiss soient distribus librement dans un service
d'archives en ligne, et incitant les signataires de cette lettre  promouvoir
les diteurs prts  soutenir ce projet. La rponse de la communaut
scientifique internationale est remarquable. Au cours des deux annes suivantes,
la lettre ouverte est signe par 30.000 chercheurs de 180 pays diffrents. Bien
que la rponse des diteurs soit nettement moins enthousiaste, plusieurs
diteurs donnent galement leur accord pour une distribution immdiate des
articles publis par leurs soins, ou alors une distribution dans un dlai de six
mois. Mais, dans la pratique, mme les diteurs ayant donn leur accord
formulent nombre d'objections au nouveau modle propos, si bien que le projet
d'archives en ligne ne voit finalement pas le jour.

Un autre objectif de la Public Library of Science est de devenir elle-mme
diteur. PLoS fonde donc une maison d'dition scientifique non commerciale qui
reoit en dcembre 2002 une subvention de 9 millions de dollars US de la part de
la Moore Foundation. Une quipe ditoriale de haut niveau est constitue en
janvier 2003 pour lancer des priodiques de qualit selon un nouveau modle
d'dition en ligne bas sur la diffusion libre du savoir. Le premier numro de
PLoS Biology sort en octobre 2003, avec une version en ligne gratuite et une
version imprime au prix cotant (couvrant uniquement les frais de fabrication
et de distribution). PLoS Medicine est lanc en octobre 2004. Trois nouveaux
titres voient le jour en 2005: PLoS Genetics, PLoS Computational Biology et PLoS
Pathogens. PLoS Clinical Trials voit le jour en 2006. PloS Neglected Tropical
Diseases est lanc en octobre 2007 en tant que premire publication scientifique
consacre aux maladies tropicales ngliges. Ces maladies affectent les
populations pauvres des zones rurales ou urbaines.

Tous les articles de ces priodiques sont librement accessibles en ligne, sur le
site de PLoS et dans PubMed Central, le service d'archives en ligne public et
gratuit de la National Library of Medicine (Etats-Unis), avec moteur de
recherches multicritres. Les versions imprimes sont abandonnes en 2006 pour
laisser place  un service d'impression  la demande propos par la socit
Odyssey Press. Ces articles peuvent tre librement diffuss et rutiliss
ailleurs, y compris pour des traductions, selon les termes de la licence
Creative Commons, la seule contrainte tant la mention des auteurs et de la
source. PLoS lance aussi PLoS ONE, un forum en ligne destin  la publication
d'articles sur tout sujet scientifique et mdical.

Le succs est total. Trois ans aprs les dbuts de PLoS en tant qu'diteur, PLoS
Biology et PLos Medicine ont la mme rputation d'excellence que les grandes
revues Nature, Science ou The New England Journal of Medicine. PLoS reoit le
soutien financier de plusieurs fondations tout en mettant sur pied un modle
conomique viable, avec des revenus provenant des frais de publication pays par
les auteurs, et provenant aussi de la publicit, de sponsors et d'activits
destines aux membres de l'association. PLoS souhaite que ce modle conomique
d'un genre nouveau inspire d'autres diteurs pour crer des revues du mme type
ou pour mettre les revues existantes en accs libre.


2000: HANDICAPZERO


[Version courte]

Mis en ligne en septembre 2000 par l'association du mme nom, Handicapzro
devient en fvrier 2003 un portail gnraliste offrant un accs adapt 
l'information (actualits, programmes de tlvision, mto, services divers pour
la sant, l'emploi, la consommation, les loisirs, les sports, la tlphonie,
etc.) pour tous les Francophones ayant un problme visuel,  savoir plus de 10%
de la population. Les personnes aveugles peuvent accder au site au moyen d'une
plage braille ou d'une synthse vocale. Les personnes malvoyantes peuvent
paramtrer sur la page d'accueil la taille et la police des caractres ainsi que
la couleur du fond d'cran pour une navigation confortable. Les personnes
voyantes peuvent correspondre en braille avec des aveugles par le biais du site.
En octobre 2006, le portail enrichit encore son contenu et se dote de nouvelles
fonctionnalits.

[Version moyenne]

Mis en ligne en septembre 2000, le site web de l'association Handicapzro est
destin aux personnes ayant un problme visuel, soit plus de 10% de la
population francophone. Il devient rapidement le site adapt le plus visit,
avec 10.000 requtes mensuelles. En fvrier 2003, l'association lance un portail
offrant en accs libre l'information nationale et internationale en temps rel
(en partenariat avec l'Agence France-Presse), l'actualit sportive (avec le
journal L'Equipe), les programmes de tlvision (avec le magazine Tlrama), la
mto (avec Mto France) et un moteur de recherche (avec Google). Le portail
propose aussi toute une gamme de services dans les domaines de la sant, de
l'emploi, de la consommation, des loisirs, des sports et de la tlphonie. Les
personnes aveugles peuvent accder au site au moyen d'une plage braille et d'une
synthse vocale. Les personnes malvoyantes peuvent utiliser la page "confort de
lecture" pour paramtrer la taille et la police des caractres ainsi que la
couleur du fond d'cran pour une navigation confortable. Les personnes voyantes
peuvent correspondre en braille avec des personnes aveugles par le biais du
site. Handicapzro assure gratuitement la transcription et l'impression braille
des courriers ainsi que leur expdition par voie postale dans les pays de
l'Union europenne. L'association dmontre ainsi "que, sous rserve du respect
de certaines rgles lmentaires, l'internet peut devenir enfin un espace de
libert pour tous". En 2005, 80.000 documents sont dits en braille et en
caractres agrandis. En octobre 2006, le portail adopte une nouvelle
prsentation pour proposer davantage d'informations, une navigation plus
intuitive, des raccourcis clavier, etc. 2 millions de visiteurs utilisent les
services du portail au cours de l'anne 2006.

[Version longue]

Dans la Francophonie, l'association Handicapzro a pour but d'amliorer
l'autonomie des personnes handicapes visuelles,  savoir 10% de la population
francophone. L'association est cre en 1987  partir du constat suivant:
l'information visuelle est omniprsente, mais les personnes aveugles et
malvoyantes n'y ont pas accs. En France par exemple, une personne sur mille est
aveugle, une personne sur cent est malvoyante et une personne sur deux a des
problmes de vue. Selon le Programme de prvention de la ccit publi par
l'Organisation mondiale de la sant (OMS) en 2001, on dnombre 1,5 million de
dficients visuels, dont 112.000 personnes aveugles et 250.000 personnes dont
l'acuit visuelle est en dessous de 4 diximes.

Mis en ligne en septembre 2000, le site web de l'association devient rapidement
le site adapt le plus visit, avec 10.000 requtes mensuelles. Suite  cette
premire exprience russie, l'association lance en fvrier 2003 un portail
gnraliste offrant en accs libre l'information nationale et internationale en
temps rel (en partenariat avec l'Agence France-Presse), l'actualit sportive
(avec le journal L'Equipe), les programmes de tlvision (avec le magazine
Tlrama), la mto (avec Mto France) et un moteur de recherche (avec Google),
ainsi que toute une gamme de services dans les domaines de la sant, de
l'emploi, de la consommation, des loisirs, des sports et de la tlphonie.

Les personnes aveugles peuvent accder au site au moyen d'une plage braille ou
d'une synthse vocale. Les personnes malvoyantes peuvent paramtrer leur propre
"confort de lecture",  savoir la taille et la police des caractres ainsi que
la couleur du fond d'cran pour une navigation confortable, en crant puis en
modifiant leur profil selon leur potentiel visuel. Ce profil est utilisable pour
la lecture de n'importe quel texte situ sur le web, en faisant un copier-coller
dans la fentre prvue  cet effet. Les personnes voyantes peuvent correspondre
en braille avec des aveugles par le biais du site, l'association assurant
gratuitement la transcription et l'impression braille des courriers (4.000
caractres maximum) ainsi que leur expdition par voie postale dans les pays de
l'Union europenne. Handicapzro entend ainsi dmontrer "que, sous rserve du
respect de certaines rgles lmentaires, l'internet peut devenir enfin un
espace de libert pour tous".

L'association permet aussi  toute personne de recevoir directement  son
domicile un document adapt  ses besoins, soit en braille, soit en caractres
agrandis, soit en audio. 80.000 documents sont dits en braille et en
caractres agrandis en 2005, et 90.000 documents en 2006, avec un champ d'action
dans 15 pays. Par le biais du site ou  partir du numro vert de l'association,
20.000 personnes en 2005 et 25.000 personnes en 2006 bnficient gratuitement
des services de plus de 200 collectivits et entreprises partenaires. Le site
reoit la visite de 200.000 visiteurs par mois. En octobre 2006, le portail
adopte une nouvelle prsentation en enrichissant encore son contenu, en adoptant
une navigation plus intuitive pour la page d'accueil, en proposant des
raccourcis de clavier, en offrant un service amlior pour l'affichage "confort
de lecture", etc. 2 millions de visiteurs utilisent les services du portail au
cours de l'anne 2006.


2001: WIKIPEDIA


[Version courte]

Cre en janvier 2001  l'initiative de Jimmy Wales et Larry Sanger, Wikipedia
est une encyclopdie gratuite crite collectivement et dont le contenu est
librement rutilisable. Elle est immdiatement trs populaire. Sans publicit,
et finance par des dons, cette encyclopdie cooprative est rdige par des
milliers de volontaires (appels Wikipdiens), avec possibilit de corriger et
de complter les articles. Les articles restent la proprit de leurs auteurs,
et leur libre utilisation est rgie par la licence GFDL (GNU free documentation
license). En dcembre 2004, Wikipedia compte 1,3 million d'articles rdigs par
13.000 contributeurs dans 100 langues. Deux ans aprs, en dcembre 2006, elle
compte 6 millions d'articles dans 250 langues, et elle est l'un de dix sites les
plus visits du web. En avril 2007, Wikipedia publie pour la premire fois un CD
payant avec une slection de 2.000 articles en anglais. En mai 2007, la version
francophone fte ses 500.000 articles (un CD est envisag). A la mme date,
Wikipedia compte 7 millions d'articles dans 192 langues, dont 1,8 million en
anglais, 589.000 en allemand, 260.000 en portugais et 236.000 en espagnol.

[Version longue]

Cre en janvier 2001  l'initiative de Jimmy Wales et Larry Sanger, Wikipedia
est une encyclopdie gratuite crite collectivement et dont le contenu est
librement rutilisable.

Wikipedia est non seulement une encyclopdie mais aussi un wiki. Un wiki - terme
hawaen signifiant: vite, rapide - est un site web permettant  plusieurs
utilisateurs de collaborer en ligne sur un mme texte. A tout moment, ces
utilisateurs peuvent contribuer  la rdaction du contenu, modifier ce contenu
et l'enrichir en permanence. Le wiki est utilis par exemple pour crer et grer
des dictionnaires, des encyclopdies ou encore des sites d'information sur un
sujet donn. Le programme prsent derrire l'interface d'un wiki est plus ou
moins labor. Un programme simple gre du texte et des hyperliens. Un programme
labor permet d'inclure des images, des graphiques, des tableaux, etc.

Wikipedia est immdiatement trs populaire. Sans publicit et finance par des
dons, cette encyclopdie cooprative est rdige par des milliers de volontaires
(appels Wikipdiens), avec possibilit de corriger ou complter les articles.
Les articles restent la proprit de leurs auteurs, et leur libre utilisation
est rgie par la licence GFDL (GNU free documentation license). En dcembre
2004, Wikipedia compte 1,3million d'articles rdigs par 13.000 contributeurs
dans 100 langues. En dcembre 2006, elle compte 6 millions d'articles dans 250
langues, et elle est l'un de dix sites les plus visits du web. En avril 2007,
Wikipedia publie pour la premire fois un CD payant avec une slection de 2.000
articles en anglais. En mai 2007, la version francophone fte ses 500.000
articles (un CD est prvu). A la mme date, Wikipedia compte 7 millions
d'articles dans 192 langues, dont 1,8 million en anglais, 589.000 en allemand,
260.000 en portugais et 236.000 en espagnol.

Fonde en juin 2003, la Wikimedia Foundation gre non seulement Wikipedia mais
aussi Wiktionary, dictionnaire et thsaurus multilingue lanc en dcembre 2002,
puis Wikibooks (livres et manuels en cours de rdaction) lanc en juin 2003,
auxquels s'ajoutent ensuite Wikiquote (rpertoire de citations), Wikisource
(textes appartenant au domaine public), Wikimedia Commons (sources multimdias),
Wikispecies (rpertoire d'espces animales et vgtales), Wikinews (site
d'actualits) et enfin Wikiversity (matriel d'enseignement), lanc en aot
2006. La fin 2007 voit le lancement d'un moteur de recherche dnomm Wiki
Search, qui utilise le rseau de contributeurs de Wikipedia pour classer les
sites en fonction de leur qualit.


2002: COURS DU MIT GRATUITS


[Version courte]

Le MIT (Massachusetts Institute of Technology) dcide de publier ses cours en
ligne, avec accs libre et gratuit, pour les mettre  la disposition de tous,
enseignants, tudiants et autodidactes. L'initiative est mene avec le soutien
de la Hewlett Foundation et de la Mellon Foundation. Mise en ligne en septembre
2002, la version pilote du MIT OpenCourseWare (MIT OCW) offre en accs libre le
matriel d'enseignement de 32 cours reprsentatifs des cinq facults du MIT. Ce
matriel d'enseignement comprend les textes des confrences, les travaux
pratiques, les exercices et corrigs, les bibliographies, les documents audio et
vido, etc. Le lancement officiel du site a lieu en septembre 2003, avec accs 
quelques centaines de cours. En mars 2004 sont disponibles 500 cours manant de
33 dpartements, avec actualisation rgulire. En mai 2006, 1.400 cours manent
de 34 dpartements appartenant aux cinq facults du MIT. La totalit des cours
dispenss par le MIT, soit 1.800 cours, est disponible en 2008. Paralllement,
certains cours sont traduits en espagnol, en portugais et en chinois avec l'aide
d'autres organismes. En dcembre 2005, le MIT lance aussi l'OpenCourseWare
Consortium (OCW Consortium), qui propose sur le mme modle le matriel
d'enseignement de nombreuses universits.

[Version longue]

Bas comme son nom l'indique dans le Massachusetts, un Etat des Etats-Unis, le
MIT (Massachusetts Institute of Technology) a toujours t  la pointe de la
recherche dans de nombreux domaines, y compris celui du livre. Voici trois
exemples. En avril 1997, des chercheurs du Media Lab du MIT crent la socit E
Ink pour dvelopper une technologie d'encre lectronique (elle aussi appele E
Ink). En septembre 2003, le MIT lance le MIT OpenCourseWare (MIT OCW), avec une
version pilote ds septembre 2002, pour offrir en accs libre les principaux
cours du MIT. En dcembre 2005, le MIT est  l'initiative de l'OpenCourseWare
Consortium (OCW Consortium), qui rassemble le matriel d'enseignement de
nombreuses universits.

Professeur  l'Universit d'Ottawa (Canada), Christian Vandendorpe salue en mai
2001 "la dcision du MIT de placer tout le contenu de ses cours sur le web d'ici
dix ans, en le mettant gratuitement  la disposition de tous. Entre les
tendances  la privatisation du savoir et celles du partage et de l'ouverture 
tous, je crois en fin de compte que c'est cette dernire qui va l'emporter." Le
MIT dcide en effet de publier ses cours en ligne, avec accs libre et gratuit,
une initiative mene avec le soutien financier de la Hewlett Foundation et de la
Mellon Foundation.

Mise en ligne en septembre 2002, la version pilote du MIT OpenCourseWare (MIT
OCW) offre en accs libre le matriel d'enseignement de 32 cours reprsentatifs
des cinq facults du MIT. Ce matriel d'enseignement comprend des textes de
confrences, des travaux pratiques, des exercices et corrigs, des
bibliographies, des documents audio et vido, etc. Le lancement officiel du site
a lieu un an plus tard, en septembre 2003, avec accs  quelques centaines de
cours. En mars 2004, 500 cours sont disponibles dans 33 disciplines diffrentes,
avec actualisation rgulire. En mai 2006, les 1.400 cours en ligne manent de
34 dpartements appartenant aux cinq facults du MIT. La totalit des 1.800
cours dispenss par le MIT est en ligne en 2008. Certains cours sont traduits en
espagnol, en portugais et en chinois, avec l'aide d'autres organismes.

Le MIT espre que cette exprience de publication lectronique - la premire du
genre - va permettre de dfinir un standard et une mthode de publication, et
inciter d'autres universits  crer un "opencourseware" pour la mise 
disposition gratuite de leurs propres cours. Un "opencourseware" peut tre
dfini comme la publication lectronique en accs libre de matriel
d'enseignement de grande qualit organis sous forme de cours. A cet effet, le
MIT lance l'OpenCourseWare Consortium (OCW Consortium) en dcembre 2005, avec
accs libre et gratuit au matriel d'enseignement de cent universits dans le
monde un an plus tard.


2004: LA LICENCE CREATIVE COMMONS


[Version moyenne]

Lance en novembre 2004 (avec un projet ds 2001) par Lawrence Lessig,
professeur de droit en Californie, la licence Creative Commons est destine 
favoriser la diffusion d'oeuvres numriques tout en protgeant le droit
d'auteur. L'organisme du mme nom propose des licences-type, qui sont des
contrats flexibles de droit d'auteur compatibles avec une diffusion sur
l'internet. Simplement rdiges, ces autorisations non exclusives permettent aux
titulaires des droits d'autoriser le public  utiliser leurs crations tout en
ayant la possibilit de restreindre les exploitations commerciales et les
oeuvres drives. L'auteur peut par exemple choisir d'autoriser ou non les
reproductions et les rediffusions de ses oeuvres. Ces contrats peuvent tre
utiliss pour tout type de cration: texte, film, photo, musique, site web, etc.
Finalise en fvrier 2007, la version 3.0 des Creative Commons instaure entre
autres une licence internationale et la compatibilit avec d'autres licences
similaires. La licence similaire la plus connue est la licence GPL (general
public license), qui rgit le copyleft.

Qui utilise la Creative Commons?

O'Reilly Media par exemple. Fond par Tim O'Reilly en 1978, O'Reilly Media est
un diteur rput de manuels informatiques et de livres sur les technologies de
pointe. O'Reilly dispose d'abord d'une formule de "copyright ouvert" pour les
auteurs qui le souhaitent ou alors pour des projets collectifs. A partir de
2003, il privilgie le Creative Commons Founders' Copyright permettant d'offrir
des contrats flexibles de droit d'auteur  ceux qui veulent galement diffuser
leurs oeuvres sur le web.

Ou encore la Public Library of Science (PLoS), prsente plus haut, dont les
articles peuvent tre librement diffuss et rutiliss ailleurs, y compris pour
des traductions, selon les termes de la licence Creative Commons, la seule
contrainte tant la mention des auteurs et de la source.


2004: LE PROJET GUTENBERG EUROPE


[Version moyenne]

Dans la ligne du Projet Gutenberg, grande bibliothque de livres du domaine
public, le Projet Gutenberg Europe est lanc en janvier 2004 par le Projet
Rastko, en mme temps que Distributed Proofreaders Europe (DP Europe), calqu
sur le site original de Distributed Proofreaders, qui opre aux Etats-Unis
depuis octobre 2000. Le concept est de permettre la correction partage en
fragmentant les livres en pages pouvant tre relues par des correcteurs
diffrents. La prsence de plusieurs langues reflte la diversit linguistique
prvalant en Europe. En juin 2005, 100 livres sont numriss. En dcembre 2006,
ce nombre s'lve  400. La norme utilise pour dfinir le domaine public est
l'quation "dcs de l'auteur + 50 ans". La prsence de plusieurs langues
reflte la diversit linguistique prvalant en Europe. Quand il aura atteint sa
vitesse de croisire, le Projet Gutenberg Europe devrait se rpartir en
plusieurs bibliothques numriques nationales et/ou linguistiques, avec respect
du copyright en vigueur dans le pays donn.

Qu'est-ce exactement que le Projet Rastko? Fond en 1997 et bas  Belgrade, en
Serbie, le Projet Rastko est une initiative non gouvernementale  vocation
culturelle et pdagogique, un de ses objectifs tant la mise en ligne de la
culture serbe. Il fait partie de la Balkans Cultural Network Initiative, un
rseau culturel rgional couvrant la pninsule des Balkans, situe au sud-est de
l'Europe.

[Version longue]

En 2004, le multilinguisme devient l'une des priorits du Projet Gutenberg, tout
comme l'internationalisation. Michael Hart prend son bton de plerin vers
l'Europe, avec des tapes  Bruxelles, Paris et Belgrade. Le 12 fvrier 2004, il
donne une confrence au sige de l'UNESCO (Organisation des Nations Unies pour
l'ducation, la science et la culture)  Paris. Le lendemain, toujours  Paris,
il anime un dbat  l'Assemble nationale. La semaine suivante, il s'adresse au
Parlement europen  Bruxelles. Puis il rend visite  l'quipe du Projet Rastko
 Belgrade (Serbie), pour soutenir la cration du Projet Gutenberg Europe et de
Distributed Proofreaders Europe.

Le lancement de Distributed Proofreaders Europe par le Projet Rastko en dcembre
2003 reprsente une tape importante. Le site est calqu sur le site original de
Distributed Proofreaders, pour grer la relecture partage du Projet Gutenberg
Europe. Ds ses dbuts, il s'agit d'un site multilingue, qui prend en compte les
principales langues nationales. Grce  des traducteurs volontaires, le site est
disponible en douze langues en avril 2004 et vingt-deux langues en mai 2008.
L'objectif  moyen terme est soixante langues - et donc soixante quipes
linguistiques - avec prise en compte de toutes les langues europennes.

Quand il aura atteint sa vitesse de croisire, Distributed Proofreaders Europe
devrait alimenter plusieurs bibliothques numriques nationales et/ou
linguistiques, par exemple le Projet Gutenberg France pour la France. Le but
tant que chaque pays ou rgion ait son propre accs rseau autoris (respectant
la lgislation en vigueur dans le pays donn), qui sera un accs local au sein
d'un rseau continental (dans le cas de la France, le rseau europen) et d'un
rseau global ( l'chelle de la plante).

Quelques mots maintenant sur le Projet Rastko, qui s'est port volontaire pour
un pari aussi fou, catalysant du mme coup les bonnes volonts europennes 
l'est comme  l'ouest. Fond en 1997, le Projet Rastko est une initiative non
gouvernementale  vocation culturelle et pdagogique. L'un de ses objectifs est
la mise en ligne de la culture serbe. Il fait partie de la Balkans Cultural
Network Initiative, un rseau culturel rgional couvrant la pninsule des
Balkans, situe au sud-est de l'Europe.

En mai 2005, Distributed Proofreaders Europe compte cent livres numriss par
ses soins, avec mise en ligne de ces cent livres le mois suivant sur le site du
Projet Gutenberg Europe. En dcembre 2006, DP Europe comptabilise 400 livres
numriss. La rgle utilise pour dfinir le domaine public est l'quation
"dcs de l'auteur + 50ans", qui correspond  la lgislation en vigueur en
Serbie. DP Europe utilise l'Unicode pour pouvoir traiter des livres dans un
grand nombre de langues. Cr en 1991 et largement rpandu  partir de 1998,
l'Unicode est un systme d'encodage qui attribue un code unique  chaque
caractre pour tre en mesure de traiter toutes les langues, contrairement 
l'ASCII qui ne peut traiter que l'anglais et quelques langues europennes.

Le 3 aot 2005, le site recense 135 livres verss dans le Projet Gutenberg
Europe, 418 livres prts  y tre verss (en cours de dernire relecture et
assemblage) et 125 livres en cours de correction. Le 10 mai 2008, le site
recense 496 livres verss dans le Projet Gutenberg Europe, 653 livres prts  y
tre verss et 91 livres en cours de correction.


2004: GOOGLE PRINT / LIVRES


[Version moyenne]

En octobre 2004, Google lance la premire partie de son programme Google Print,
tabli en partenariat avec les diteurs pour consulter  l'cran des extraits de
livres, puis commander les livres auprs d'une librairie en ligne. La version
bta de Google Print est mise en ligne en mai 2005. En dcembre 2004, Google
lance la deuxime partie de son programme Google Print, cette fois  destination
des bibliothques, le but tant de numriser 15 millions de livres,  commencer
par ceux des bibliothques de plusieurs universits (Harvard, Stanford,
Michigan, Oxford) et de la ville de New York. En aot 2005, le programme est
suspendu pour cause de conflit avec les diteurs de livres sous droits. Il
reprend en aot 2006 sous le nom de Google Book Search (Google Livres).

En aot 2006, donc, Google lance Google Livres pour remplacer le trs
controvers Google Print. Google souhaite repartir sur de nouvelles bases. La
numrisation des fonds de grandes bibliothques se poursuit, tout comme le
dveloppement de partenariats avec les diteurs qui le souhaitent. Le conflit
avec les diteurs se poursuit lui aussi, puisque Google continue de numriser
des livres sous droits sans l'autorisation pralable des diteurs en invoquant
le droit de citation pour prsenter des extraits sur le web. L'Authors Guild et
l'Association of American Publishers (AAP) invoquent pour leur part le non
respect de la lgislation relative au copyright pour attaquer Google en justice.

[Version longue]

En 2004, le moteur de recherche Google met son expertise au service du livre. En
octobre 2004, Google lance la premire partie de son programme Google Print,
tabli en partenariat avec les diteurs pour consulter  l'cran des extraits de
livres, puis commander les livres auprs d'une librairie en ligne. La version
bta de Google Print (http://print.google.com/) est mise en ligne en mai 2005.
En dcembre 2004, Google lance la deuxime partie de son programme Google Print,
cette fois-ci  destination des bibliothques. Il s'agit d'un projet de
bibliothque numrique de 15 millions de livres, qui consisterait  numriser en
quelques annes les livres de plusieurs grandes bibliothques. Les premires
bibliothques participantes sont celles des universits du Michigan (dans sa
totalit: 7 millions d'ouvrages), de Harvard, de Stanford et d'Oxford, et la New
York Public Library. Le cot estim se situe entre 150 et 200 millions de
dollars US (environ 10 dollars par livre) et la dure prvue est de dix ans. En
aot 2005, ce programme est suspendu pour un temps indtermin pour cause de
conflit avec les diteurs des livres sous droits. Le programme reprend en aot
2006 sous le nouveau nom de Google Book Search.

En aot 2006, donc, Google lance Google Book Search (Google Livres en franais)
pour remplacer le trs controvers Google Print. Le moteur permet des recherches
par date, titre ou diteur. La numrisation des fonds de grandes bibliothques
se poursuit, en tant cette fois axe sur les livres libres de droit, et sur le
dveloppement de partenariats avec les diteurs qui le souhaitent. Les livres
libres de droit sont consultables  l'cran et leur texte copiable, avec
possibilit d'impression page  page. Ils sont tlchargeables sous forme de
fichiers PDF (portable document format) et imprimables dans leur entier. Pour
les livres sous droits, Google fournit la fiche du livre et les extraits
comprenant les mots-cls recherchs, en invoquant le droit de citation. De ce
fait, le conflit avec les diteurs se poursuit lui aussi, puisque Google
continue de numriser des livres sous droits sans l'autorisation pralable des
diteurs, en invoquant ce droit de citation. L'Authors Guild et l'Association of
American Publishers (AAP) invoquent pour leur part le non respect de la
lgislation relative au copyright pour attaquer Google en justice.

A l'exception de la New York Public Library, les bibliothques participantes
sont des bibliothques universitaires (Harvard, Stanford, Michigan, Oxford,
California, Virginia, Wisconsin-Madison, Complutense de Madrid). S'y ajoutent
dbut 2007 les bibliothques des Universits de Princeton et du Texas (Austin),
ainsi que la Biblioteca de Catalunya (Catalogne, Espagne) et la Bayerische
Staatbibliothek (Bavire, Allemagne). En mai 2007, Google annonce la
participation de la premire bibliothque francophone, la bibliothque cantonale
et universitaire (BCU) de Lausanne (Suisse). Google scanne 3.000 livres par
jour, ce qui reprsenterait un million de livres par an. Paralllement, un autre
projet  vaste chelle, respectueux du copyright et sur plateforme ouverte, voit
le jour en octobre 2005 sous l'gide de l'Open Content Alliance (OCA).


2005: L'OPEN CONTENT ALLIANCE


[Version courte]

Lanc en octobre 2005  l'instigation de l'Internet Archive, l'Open Content
Alliance (OCA) est un projet public et coopratif de bibliothque numrique
mondiale. Le but est de crer un vaste rpertoire libre et multilingue de livres
numriss et de documents multimdia pour consultation et tlchargement sur
n'importe quel moteur de recherche. Un site de dmonstration, l'Open Library,
prsente le projet et montre quelques livres numriss issus des fonds de
l'Universit de Californie. L'OCA regroupe de nombreux  partenaires:
bibliothques, universits, organisations gouvernementales, associations  but
non lucratif, organismes culturels, socits informatiques (Adobe, Hewlett
Packard, Microsoft, Yahoo!, Xerox, etc.). Les premiers participants sont les
bibliothques des universits de Californie et de Toronto, l'European Archive,
les Archives nationales du Royaume-Uni, O'Reilly Media et Prelinger Archives.
L'OCA souhaite s'inspirer de l'initiative de Google en vitant ses travers, 
savoir la numrisation des livres sous droits sans l'accord pralable des
diteurs, tout comme la consultation et le tlchargement impossibles sur un
autre moteur de recherche. L'Open Content Alliance (OCA) franchit la barre des
100.000 livres numriss en dcembre 2006, avec un rythme de 12.000 nouveaux
livres par mois. Ces livres sont disponibles dans la collection Text Archive de
l'Internet Archive. A la mme date, l'Internet Archive reoit une subvention de
un million de dollars de la Sloan Foundation pour numriser cinq collections
historiques appartenant  des tablissements rputs (Metropolitan Museum of
Art, Boston Public Library, Getty Research Institute, John Hopkins University,
Universit de Californie  Berkeley). La barre des 200.000 livres numriss est
franchie en mai 2007.


2006: WORLDCAT DEVIENT GRATUIT


[Version moyenne]

Cr en 1971 par l'association OCLC (Online Computer Library Center) pour
permettre un catalogage partag entre les bibliothques universitaires de
l'Ohio, Etat des Etats-Unis, WorldCat devient au fil des ans l'un des deux
grands catalogues collectifs mondiaux, l'autre tant RedLightGreen (voir plus
bas). Disponible sur abonnement payant, WorldCat comprend en 1998 38 millions de
notices en 370 langues, avec translittration pour les caractres non romains
des langues JACKPHY. L'accroissement annuel est de 2 millions de notices.
WorldCat utilise huit formats bibliographiques correspondant aux catgories
suivantes: livres, priodiques, documents visuels, cartes et plans, documents
mixtes, enregistrements sonores, partitions, documents informatiques. En 2005,
61 millions de notices bibliographiques produites par 9.000 bibliothques et
centres de documentation sont disponibles dans 400 langues. En 2006, 73 millions
de notices provenant de 10.000 bibliothques dans 112 pays permettent de
localiser un milliard de documents. Une notice type contient non seulement la
description du document mais aussi des informations sur son contenu: table des
matires, rsum, couverture, illustrations et courte biographie de l'auteur.
WorldCat migre progressivement sur le web, tout d'abord en rendant la
consultation des notices possible par le biais de plusieurs moteurs de recherche
(Yahoo!, Google et bien d'autres), puis avec le lancement en aot 2006 de la
version web (bta) de WorldCat en accs libre. Les bibliothques membres y
proposent non seulement leur catalogue mais aussi un accs direct  leurs
documents lectroniques: livres du domaine public, articles, photos, vidos,
musique et livres audio.

Le deuxime grand catalogue collectif mondial est RedLightGreen. Lanc au
printemps 2004 par le RLG (Research Libraries Group) suite  une phase pilote
dbute  l'automne 2003, RedLightGreen est issu du RLG Union Catalog. La mise
en ligne de RedLightGreen inaugure une re nouvelle. C'est en effet la premire
fois qu'un catalogue de cette importance est mis en accs libre sur le web.
RedLightGreen est particulirement destin aux tudiants du premier cycle
universitaire (prparant  la licence). Il comprend 130 millions de notices
(livres, cartes, manuscrits, films, bandes sonores, etc.), avec des liens vers
des informations spcifiques aux bibliothques d'un campus donn (cote, version
en ligne si celle-ci existe, etc.). Apres trois ans d'activit, en novembre
2006, RedLightGreen cesse et les usagers sont invits  utiliser WorldCat, dont
la version web (bta) est en accs libre depuis aot 2006. A la mme date, le
RLG est intgr  OCLC.


2007: CITIZENDIUM, ENCYCLOPEDIE CITOYENNE


[Version courte]

Citizendium (qui se veut l'abrg de "The Citizens' Compendium") est une grande
encyclopdie collaborative en ligne conue en novembre 2006 et lance en mars
2007 (en version bta) par Larry Sanger, co-fondateur de Wikipedia en janvier
2001, mais qui quitte ensuite l'quipe de Wikipedia suite  des problmes de
qualit de contenu. Citizendium est bas sur le mme modle que Wikipedia
(collaborative et gratuite) tout en vitant ses travers (vandalisme et manque de
rigueur). Les auteurs signent les articles de leur vrai nom et les articles sont
dits par des experts ("editors") titulaires d'une licence universitaire et
gs d'au moins 25 ans. De plus, des "constables" sont chargs de la bonne
marche du projet et du respect du rglement. Le jour de son lancement (25 mars
2007), Citizendium comprend 1.100 articles (un nombre qui devrait augmenter
rapidement), 820 auteurs et 180 diteurs.


2007: UNE BASE TERMINOLOGIQUE EUROPEENNE


[Version courte]

Gr par le service de traduction de la Commission europenne, Eurodicautom est
un dictionnaire multilingue de termes conomiques, scientifiques, techniques et
juridiques, avec une moyenne de 120.000 consultations quotidiennes. Il permet de
combiner entre elles les onze langues officielles de l'Union europenne
(allemand, anglais, danois, espagnol, finnois, franais, grec, hollandais,
italien, portugais, sudois), ainsi que le latin. Fin 2003, Eurodicautom annonce
son intgration dans une base terminologique plus vaste regroupant les bases de
plusieurs institutions de l'Union europenne. Cette nouvelle base traite non
plus douze langues, mais une vingtaine, puisque l'Union europenne s'largit 
l'Est et passe de 15  25 membres en mai 2004, pour atteindre 27membres en
janvier 2007. Cette base terminologique voit le jour en mars 2007, sous le nom
de IATE (Inter-Active Terminology for Europe), avec 1,4 million d'entres dans
24 langues.


2007: L'ENCYCLOPEDIA OF LIFE


[Version moyenne]

Projet dbut en mai 2007, l'Encyclopedia of Life sera une vaste encyclopdie
collaborative en ligne rassemblant les connaissances existantes sur toutes les
espces animales et vgtales connues (1,8 million), y compris les espces en
voie d'extinction, avec l'ajout de nouvelles espces au fur et  mesure de leur
identification (il en existerait de 8  10 millions). Il s'agira d'une
encyclopdie multimdia permettant de ressembler textes, photos, cartes, bandes
sonores et vidos, avec une page web par espce, et permettant aussi d'offrir un
portail unique  des millions de documents pars en ligne et hors ligne. Outil
d'apprentissage et d'enseignement pour une meilleure connaissance de notre
plante, elle sera  destination de tous: scientifiques, enseignants, tudiants,
scolaires, mdias, dcideurs et grand public. Ce projet collaboratif est men
par plusieurs grandes institutions (Field Museum of Natural History, Harvard
University, Marine Biological Laboratory, Missouri Botanical Garden, Smithsonian
Institution, Biodiversity Heritage Library). Ce projet est estim  100 millions
de dollars US, sur une dure de dix ans, avant de pouvoir s'autofinancer. Le
financement initial est assur par la MacArthur Foundation (10 millions de
dollars) et la Sloan Foundation (2,5 millions de dollars). La ralisation des
pages web dbute courant 2007. L'encyclopdie devrait faire ses dbuts  la
mi-2008, tre oprationnelle dans trois  cinq ans et tre complte
(c'est--dire  jour) dans dix ans.

En tant que consortium des dix plus grandes bibliothques des sciences de la vie
(d'autres suivront), la Biodiversity Heritage Library a d'ores et dj dbut la
numrisation des 2 millions de publications des bibliothques partenaires. En
mai 2007, date du lancement de l'encyclopdie, on compte 1,25 million de pages
traites dans les centres de numrisation de Londres, Boston et Washington DC,
et disponibles sur le site de l'Internet Archive.

Copyright  2008 Marie Lebert







End of the Project Gutenberg EBook of Les technologies et le livre pour tous, by 
Marie Lebert

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Section  2.  Information about the Mission of Project Gutenberg-tm

Project Gutenberg-tm is synonymous with the free distribution of
electronic works in formats readable by the widest variety of computers
including obsolete, old, middle-aged and new computers.  It exists
because of the efforts of hundreds of volunteers and donations from
people in all walks of life.

Volunteers and financial support to provide volunteers with the
assistance they need, is critical to reaching Project Gutenberg-tm's
goals and ensuring that the Project Gutenberg-tm collection will
remain freely available for generations to come.  In 2001, the Project
Gutenberg Literary Archive Foundation was created to provide a secure
and permanent future for Project Gutenberg-tm and future generations.
To learn more about the Project Gutenberg Literary Archive Foundation
and how your efforts and donations can help, see Sections 3 and 4
and the Foundation web page at http://www.pglaf.org.


Section 3.  Information about the Project Gutenberg Literary Archive
Foundation

The Project Gutenberg Literary Archive Foundation is a non profit
501(c)(3) educational corporation organized under the laws of the
state of Mississippi and granted tax exempt status by the Internal
Revenue Service.  The Foundation's EIN or federal tax identification
number is 64-6221541.  Its 501(c)(3) letter is posted at
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permitted by U.S. federal laws and your state's laws.

The Foundation's principal office is located at 4557 Melan Dr. S.
Fairbanks, AK, 99712., but its volunteers and employees are scattered
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business@pglaf.org.  Email contact links and up to date contact
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page at http://pglaf.org

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Section 4.  Information about Donations to the Project Gutenberg
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