Project Gutenberg's L'Illustration No. 3732, 5 Sept 1914, by Various

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Title: L'Illustration No. 3732, 5 Sept 1914

Author: Various

Release Date: October 7, 2009 [EBook #30195]

Language: French

Character set encoding: ISO-8859-1

*** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK L'ILLUSTRATION NO. 3732 ***




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                             L'ILLUSTRATION

_Prix du Numro: Un Franc._ SAMEDI 5 SEPTEMBRE 1914 _72e Anne.--No 3732._

[Illustration: UN SOUVERAIN HROQUE: ALBERT, ROI DES BELGES]

L'histoire nous dit que le devoir d'affirmer et de maintenir le grand
principe qui est, aprs tout, la source du progrs et de la civilisation
a incomb parfois,  des moments critiques du pass,  des Etats
relativement petits comme superficie et comme population, mais grands en
courage et en ressources,-- Athnes et  Sparte,  la nation suisse, et
non moins glorieusement, il y a trois sicles, aux Pays-Bas.

Jamais, je puis le dire, ce devoir n'a t reconnu plus clairement et
plus bravement, jamais il n'a t accompli plus durement et plus
hroquement qu'au cours de ces dernires semaines par le roi des Belges
et le peuple belge. Ils ont fait face sans faiblir et contre des
difficults incalculables: les horreurs de l'invasion, de la
dvastation, de la spoliation et de l'outrage...

            _Motion prsente par M. Asquith  la Chambre des communes._


Il y a eu des combats incessants autour d'Anvers au cours de la semaine
dernire. Les troupes belges marchent au combat avec une ardeur
indescriptible. Le roi Albert a contribu  maintenir cette ardeur parmi
ses soldats; il se multiplie et se trouve toujours  l'endroit le plus
dangereux.

C'est ainsi que, quand la garnison fit une nouvelle tentative pour
dloger les Allemands de Malines, le roi se trouvait en pril grave.
Dans son automobile, il courait tout le long de la ligne de feu,
encourageant les hommes par sa prsence et ses paroles. Les shrapnells
clataient autour de lui et l'un d'eux explosa  20 mtres. Quand son
aide de camp lui demanda de se retirer, le roi refusa et rpondit: Je
ne veux pas que mes soldats puissent dire que leur chef se retire du
danger pendant qu'il envoie les hommes faire face aux balles de
l'ennemi.
                           _Dpche d'Ostende au New-York Herald._




                            LES DEUX FANTOMES

            _Chaque arme a sur elle un fantme qui plane,
            Un grand fantme ail, muet et diaphane;
            Mme alors qu'il chappe au rayon visuel
            Il est l cependant, formidable,--et rel!_

                                   *
                                  * *

            _Sur eux plane un fantme aux yeux d'inquitude,
            Autour de qui la haine a fait la solitude...
            Il ment s'il se prtend champion des penseurs:
            Il n'est que le dmon des peuples agresseurs,
            Qui depuis dix mille ans incite  la cure
            Les peuples perdus doutant de leur dure!
            C'est le blme claireur des peuples conqurants,
            Qui leur suggre: Tue! et qui leur souffle: Prends!
            C'est la Furie affreuse et la Bellone antique
            De la horde pillarde ou du roi fanatique!
            Au service  prsent d'un empereur uhlan,
            C'est le fantme noir qui suivait Tamerlan!
            C'est le mme fantme, entendez-vous, le mme!
            Claquant des dents dj de l'norme anathme,
            Et de voir de l-haut, resserrant l'horizon,
            Les peuples justiciers commencer sa prison!
            Fantme pouvant des effroyables causes,
            Des succs sans lauriers, et des retours sans roses,
            C'est le mme fantme auquel un Attila
            Reprochait dans ses nuits d'avoir os cela!_

                                   *
                                  * *

            _Le fantme qui plane sur vous, invisible,
            Peuples coaliss, est un Titan paisible...
            Il a gliss la foi dans chaque combattant,
            Et, dominant le champ de bataille, il attend!
            Il est tranquille, tant la force imprescriptible,
            La base et le fronton du Temple indestructible,
            Le principe profond, la rgle, l'Entit
            Qui combat le moment avec l'Eternit!
            En dpit des forfaits, des crimes de l'Histoire,
            Fatalement, quand mme, il va vers la victoire!
            Malgr tous les retards et les rpits, il faut
            Qu'il ait le dernier geste avec le dernier mot!
            Car ce fantme qui vous couvre de son ombre,
            Bien plus fort que la Force et plus grand que le nombre,
            Prs de qui tout est faible, insuffisant, troit,
            Ce fantme qui plane sur vous, c'est le Droit!_

                                          MIGUEL ZAMACOS.



[Illustration: Le premier dcor de la guerre de 1914: le lieutenant
Bruyant. A mis en fuite trente uhlans, aprs avoir abattu l'officier qui
les commandait.]



                               A NOS ABONNS

                                   ____

Quelles que puissent tre les alternatives de la lutte o la France,
avec le monde civilis derrire elle, est engage, _L'Illustration_,
confiante, comme le pays tout entier, dans le triomphe final, est
rsolue  ne pas interrompre sa publication.

Mais nos lecteurs ne peuvent se faire une ide de la multiplicit des
rouages qu'exige la fabrication d'un journal comme _L'Illustration_. Les
difficults dont nous avions triomph il y a un mois sont devenues
presque insurmontables. La mobilisation gnrale, dpeuplant en quelques
heures des ateliers qui occupaient cinq cents personnes, nous avait
privs de la grande majorit du personnel d'lite qui nous apportait sa
collaboration. L'appel jusqu'aux rserves de l'arme territoriale a
achev de vider nos ateliers des spcialistes dont le concours nous est
absolument indispensable.

D'autre part, la suppression totale des envois hors Paris, sauf sur
rquisition militaire, nous isole absolument du reste de la France.

Nous nous voyons donc dans la ncessit de suspendre pendant une
semaine--- mais une semaine seulement--la publication de nos numros, le
temps de reconstituer notre personnel  Paris et d'tablir  Bordeaux,
devenu le sige du gouvernement et des administrations publiques, une
sorte de succursale de notre maison, qui nous permettra de remdier  la
prcarit des communications entre Paris et la province.

Nous avons le regret de ne pouvoir y transfrer les 115.000 fiches de
nos abonnements. Ces fiches, graves sur mtal, font partie intgrante
d'un mcanisme trs compliqu, intransportable dans les conditions
actuelles. Par un renversement des choses, le nombre de nos abonns, le
perfectionnement de notre machinerie sont pour la premire fois un
obstacle  la vie de notre trop grand journal!

Mais ceux qui nous ont fait confiance peuvent tre convaincus que leurs
intrts ne seront pas lss. Les documents, dessins, croquis,
photographies, notes vcues, qui vont s'amasser, ne seront pas perdues
pour nos abonns.

Si, jusqu'au rtablissement des services postaux, nous ne pouvons rester
en relations hebdomadaires avec eux, nous nous engageons  leur donner
le plus tt possible tous les numros auxquels ils ont droit. Nous ne
leur demandons qu'un dlai, et le succs certain de nos armes le fera
aussi bref que possible.

[Illustration: Le thtre des oprations au Nord et au Nord-Est de
Paris.]




LA GUERRE


RSUM DE LA SITUATION AU 2 SEPTEMBRE

_ALSACE._--En l'absence de renseignements plus complets, on peut
conclure du bombardement de Saint Di, ville ouverte, effectu par les
Allemands le 26, que notre ligne de dfense se trouve assez nettement en
arrire de la crte des Vosges, dans leur partie Nord. L'offensive a
nanmoins t reprise le 27 avec succs dans la rgion de Saint-Di.

_LORRAINE._--Les combats sont ininterrompus dans la rgion entre les
Vosges et Nancy: alternatives de progrs et de recul par rapport  la
ligne de la Mortagne sur laquelle nous sommes tablis maintenant, avec
une avance de notre droite. Nous progressons sur la rive droite du
Sanon.

Longwy, dfendu par un seul bataillon, a capitul le 27 aot aprs une
dfense de 24 jours.

_SUR LA MEUSE._--Les troupes allemandes ont franchi la Meuse entre Sedan
et Mouzon. Une violente action eut lieu le 28  l'Est de Mzires, sur
la ligne Launois, Signy-l'Abbaye, Novion-Porcien. On annonce la prise
d'un drapeau par nos troupes, et ce haut fait semble pouvoir tre
attribu  celles qui se trouvent dans le dpartement des Ardennes.
L'activit de l'ennemi se ralentit.

_DANS LE NORD ET VERS PARIS._--Les armes allies reculent lentement, en
dfendant le terrain pied  pied. Les quatre corps d'arme qui barrent
la valle de l'Oise  l'ennemi ont livr, le 28, une bataille qui fut un
succs pour notre aile droite, dont la rsistance a bris l'offensive du
10e corps allemand et de la garde. Elle leur a inflig des pertes
considrables et les a rejets sur Guise. A notre gauche, nous n'avons
pas pu empcher les progrs vers La Fre des forces adverses.

L'arme anglaise, de son ct, aprs avoir soutenu un combat dans la
rgion au Nord de Saint-Quentin, avait d se replier. Elle se maintient
en liaison avec nos troupes d'aile gauche.

Des dtachements de cavalerie ennemie ont inquit la rgion
Lille-Valenciennes-Cambrai, mais sans tre suivis par leurs troupes dont
l'axe de marche est la valle de l'Oise et l'objectif Paris.

De ce ct, nous n'avons pu arrter leur progression. L'aile droite
allemande poursuit--assez tmrairement--sa course vers Paris, tandis
que le gros demeure accroch par notre rsistance. Le 1er septembre,
un corps de cavalerie ennemie a eu, dans la fort de Compigne, un
engagement avec les Anglais, qui lui ont pris 10 canons. Un autre corps
a pouss jusqu' la ligne Soissons-Anizy-le-Chteau.

L'effort de l'ennemi va se concentrer dsormais contre le camp retranch
de Paris. Le gnral Gallini, dans une proclamation o il annonce que
le gouvernement a d quitter la capitale, se dclare prt  le dfendre
jusqu'au bout.


_BELGIQUE._--Les Allemands sont entrs dans Namur le dimanche 23 aot,
aprs avoir cras deux des forts de l'enceinte. Les troupes belges de
la dfense mobile et un rgiment franais qui les appuyait ont rejoint
nos lignes. L'arme belge, abrite dans le camp retranch d'Anvers, a
pris une offensive heureuse sur Malines, bientt repris par les
Allemands. Elle retient une partie des forces adverses et soulage
d'autant notre rsistance. D'ailleurs, les troupes allemandes, en ces
deux derniers jours, ont commenc  quitter la Belgique, ramenes 
pleins trains vers l'Est, afin de tenter de rsister aux Russes.


_RUSSIE._--Aprs leur dfaite  Gumbinnen, les Allemands ont encore subi
un chec  Neidenburg, au Sud de la ville d'Allenstein, qui a elle-mme
t occupe le 28 aot par les Russes. Les dbris des troupes ennemies
sont refouls vers Osterode, au del d'Allenstein, tandis que les restes
du 1er corps sont rejets sur Koenigsberg. La place de Tilsitt,
plus au Nord, est tombe aux mains des Russes, qui y ont fait un butin
considrable. La Masovie, ou pays des Mazures, le coin le plus
germanophile de la Pologne, est occupe. On peut, en rsum, considrer
que la Prusse orientale est maintenant dbarrasse des troupes
allemandes et que les troupes russes de Pologne, n'tant plus sous la
menace d'une attaque sur leur flanc droit, peuvent manoeuvrer
hardiment dans la direction de Posen. Les dtachements allemands qui, au
dbut des oprations, s'taient avancs en Pologne, ont d se retirer,
et Lodz, la grande ville industrielle, a t roccupe par les Russes.

Les deux armes russes lances vers la Galicie l'ont envahie, l'une par
la ligne de Lublin, l'autre par Tarnopol, marchant sur Lemberg, capitale
de cette province. En une bataille de sept jours, les Russes ont mis en
droute complte les forces autrichiennes. C'est une grosse victoire.


_SERBIE._--La victoire des Serbes sur la Drina, complte par la reprise
de Chabatz le 24 aot, momentanment occup par les Autrichiens, a
dtermin l'vacuation du Sandjak de Novi-Bazar par l'arme
autrichienne. D'aprs les renseignements officiels de source serbe,
l'ennemi avait engag dans les combats de la Drina les 4e, 8e, 9e,
13e corps et deux brigades du 15e, soit 120  140.000 hommes. Les
pertes dpassent 15.000 hommes hors de combat.

Les Montngrins ont, de leur ct, remport un succs  Grahovo, au
Nord de Cattaro. Ils ont repouss aussi le 28 un assaut gnral contre
le mont Lovcen.


_SUR MER._--Le paquebot allemand _Kaiser-Wilhelm-der-Grosse_, transform
en croiseur auxiliaire, a t coul au large de Rio de Oro, au Sud du
Maroc, par le croiseur anglais _Highflyer_.

Le croiseur allemand _Magdebourg_, chou dans la baie de Finlande, a
t dtruit le 27 aot par deux croiseurs russes.

Dans la mer du Nord, le 28, au matin, la flotte anglaise a remport un
vif succs devant Heligoland. Trois croiseurs allemands ont t couls,
le _Mainz_ et le _Koln_, du mme type, de 4.350 tonnes, et l'_Ariadne_
de 2.680 tonnes, ainsi que deux contre-torpilleurs.

La flotte franco-anglaise a commenc mercredi le bombardement de
Cattaro.


_HORS D'EUROPE._--Le Japon a commenc les hostilits contre Kiao-Tcheou.

Le Togoland s'est rendu sans conditions aux forces anglo-franaises,
ainsi que Samoa (Pacifique).

[Illustration: Dans un avant-poste  la frontire d'Alsace: des espions
capturs vont tre passs par les armes.]

[Illustration: DANS LES VOSGES.--Un dtachement du 11e chasseurs alpins
occupe le point dit le Champ du Feu, au Sud de Schirmeck, et incendie
la maison forestire qui tait machine en forteresse.]

[Illustration: LES FRANCISCAINES  LA MOISSON _Dessin de I. SIMONT_.

L'image que voici, en d'autres temps, et paru bien nigmatique. Que
font ces femmes, vtues de blanc, qui, la figure repose, presque
souriante sous le grand voile que la brise soulve autour de leurs
paules, travaillent aux champs? Leurs mains dlicates, peu habitues 
de tels travaux, manient avec une sorte de calme allgresse la faucille
des moissonneurs... Car elles font la moisson. Qui sont-elles? Le large
turban qui soutient leur coiffure est un peu celui de nos dames
infirmires de la Croix-Rouge, et de leurs gestes, de leur
aspect se dgage une sorte de majest religieuse. Le vieux paysan les
regarde; et l'on devine qu'il n'est pas l, lui, pour commander...

Il n'oserait pas... Ces femmes sont des religieuses, en effet. Et c'est
dans les champs qui entourent leur maison de retraite,--aux Chtelets,
prs Saint-Brieuc, dans le dpartement des Ctes-du-Nord, qu'elles ont
t vues ainsi, l'autre jour, moissonnant sous le soleil d'aot qui
chauffait la campagne bretonne. Ces franciscaines missionnaires de
Sainte-Marie, nos soldats et nos explorateurs les ont rencontres en
Chine, aux Indes,  Madagascar, au Maroc, au Congo--aptres et
patriotes--propageant leur foi, et, avec leur foi, la pense
franaise... Aujourd'hui, c'est d'une faon nouvelle, et tragiquement
inattendue, qu'elles se dvouent. Elles remplacent, dans leur Armorique,
les jeunes hommes qui sont alls dfendre la patrie. Elles
travaillaient, elles priaient nagure pour la plus grande France, pour
la France qui conquiert... Elles travaillent  prsent, elles prient
pour la France qui se dfend.]

[Illustration: Un coin du village alsacien de Badonviller, reconquis sur
les Bavarois, qui l'avaient incendi.]

[Illustration: Convoi de blesss traversant le village de Brmesnil, qui
fut galement reconquis aprs avoir t brl.]

[Illustration: Rue des Vinaigriers,  Paris, une bombe lance par un
aroplane allemand a provoqu une explosion de gaz.]

[Illustration: Dans le jardin d'une maison de la rue de Lozane, 
Anvers, une bombe lance par un zeppelin a caus des dgts plus
srieux.]




BOMBES ET INCENDIES

[Illustration: LE CONTRASTE.--Un soldat allemand bless est descendu
avec d'infinies prcautions de l'automobile qui l'a amen  Ostende.]

[Illustration: LES BLESSS GARDENT LE SOURIRE

_Phot. Ed. Jacques. Pau._

Dans cette atmosphre d'ardeur et de foi o nous vivons, il est un fait
qui a fortement contribu  nous affermir dans notre confiance: c'est
l'tat moral o nous avons vu, toujours et partout, nos blesss. Tous
ont t touchs en face. Ils en sont fiers. Et si quelques-uns
laissaient paratre sur leur visage une ombre d'inquitude ou de
crainte, ce seraient ceux qui redoutent de ne pouvoir tre guris assez
tt pour retourner au front. Le photographe peut se camper devant
n'importe lequel des trains qui les ramnent, viser le premier groupe
qui s'offre  son objectif; la formule habituelle de l'oprateur est ici
superflue: ils sourient sans qu'on le leur dise.]

[Illustration: NOTRE ADMIRABLE 75.--Une batterie changeant de
position.]

Dans la lutte acharne que livre depuis un mois notre arme, elle a eu
deux lments de succs dont la valeur a t unanimement reconnue,--mme
de l'ennemi qui a avou la crainte qu'ils lui inspirent: notre excellent
canon de 75, le long et fin canon de campagne, et nos tirailleurs
indignes.

Voici, saisi sur le vif, mticuleusement rendu, avec ce souci
d'exactitude, de vrit qui caractrise le temprament de L. Sabattier,
une batterie d'artillerie dfilant au galop. Ce n'est point
l'emportement fougueux qu'ont accoutum de nous reprsenter, en pareil
cas, les illustrateurs de l'cole classique, les chevaux cabrs, pleins
de feu et fumants des tableaux de bataille. C'est la ralit toute nue.
Et c'est de cette allure que notre bon 75 s'en va prendre ses positions,
protger l'avance de l'infanterie, reine des batailles, selon le vieux
dicton. Je verrai toujours, crivait rcemment un officier, sous le
bombardement des dernires minutes, une batterie franaise s'en aller
tranquillement, au petit trot, prendre position.

Et cent autres tmoignages attestent l'habilet de nos pointeurs ainsi
que l'efficacit terrible de nos obus  la mlinite.

[Illustration: NOS CONTINGENTS D'AFRIQUE.--Les tirailleurs indignes 
la charge.]

Et voici l'infanterie africaine,--celle qui impressionne le plus
l'ennemi, celle qui, dans les rcentes actions, a tenu un rle
prpondrant, et qui, notamment, eut cet honneur de donner, au moment
suprme, dans l'une des journes les plus importantes, contre la garde
impriale elle-mme,--et de l'enfoncer,  la baonnette, bien entendu.

Ce sont eux encore--les turcos, comme persiste  les appeler le public
en souvenir de leurs exploits anciens, et quelle que soit leur
origine--qui,  Charleroi, dans l'pique et farouche bataille pour la
possession de la ville, prise, reprise et dispute avec un acharnement
infernal, dans une rue superbe, arrtent un moment l'ennemi suprieur
en forces. Leur premire sortie avait chou: Les turcos, dit le
_Times_, avec leur bravoure lgendaire, prirent alors une autre sortie
et russirent  atteindre la batterie allemande dont ils turent tous
les servants.

Le dessin de L. Sabattier montre les braves tirailleurs dans la
prparation de l'acte dcisif, s'avanant, au signal de la charge, d'un
irrsistible lan dans le terrain mme le plus difficile, le plus
accident.

[Illustration: LES NOUVEAUX APRS-MIDI DE LA PARISIENNE.--Confection de
layettes pour les bbs des combattants.]

_Ds le premier jour de la mobilisation, un lan magnifique de charit
et de solidarit nationale emporta Paris et la France entire. On ne
songea d'abord qu' ceux qui allaient se battre; dans tous les mondes,
parfois avec un enthousiasme un peu bruyant, mais excusable, plus
souvent avec une discrtion minemment louable, nos femmes, nos filles,
nos enfants, se disputrent l'honneur de travailler pour les blesss,
s'ingniant  grouper tous les concours,  utiliser toutes les
ressources, toutes les comptences pour organiser des ambulances, selon
les derniers progrs de la science. Puis, on s'aperut qu'il y avait
d'autres oeuvres presque aussi urgentes  accomplir. Les futures
infirmires, hier encore occupes de frivolits, prparrent des
layettes pour les bbs laisss par les combattants, tandis que d'autres
se proccupaient dj de confectionner des vtements d'hiver pour les
marmots des travailleuses prives de ressources. A ces dernires,
plusieurs ouvroirs ont offert une aide prcieuse en les faisant
travailler, moyennant un modique salaire, au profit d'infortunes encore
plus grandes. Et quels que soient le quartier de l'ouvroir ou son niveau
social, on y retrouve le mme dvouement, les mmes espoirs, la mme
srnit._

[Illustration: L'APPROVISIONNEMENT DE PARIS EN BTAIL VIVANT.--Un aspect
nouveau de la pelouse de Longchamp.]

Tous les Parisiens ont constat qu'aprs une gne fort lgre pendant
les premiers jours de la mobilisation, le ravitaillement de la capitale
a repris son cours normal; on peut mme affirmer que, si les prix de la
viande se sont bien maintenus, ceux des autres denres furent rarement
aussi bas. Paris peut-il tre compltement investi? Cette ventualit
semble peu probable, tant donn l'tat de nos armes et l'tendue du
primtre jalonn par les forts dtachs. Mais, si le fait se
produisait, la population parisienne serait assure de pouvoir supporter
un long sige, sans avoir  redouter des jours de disette ou de famine.
La mobilisation  peine dcrte, on s'est, en effet, proccup de
parer  tout. Les divers champs de courses ont t rquisitionns et
convertis en parcs  bestiaux. Longchamp contiendra bientt 7.000
boeufs; l'hippodrome d'Auteuil, le Polo, la pelouse de Bagatelle,
reoivent galement un fort contingent; l'enclos du Tir aux pigeons est
rserv pour les moutons. Des montagnes de fourrages se dressent dans
les clairires du Bois, svrement gardes par la troupe. Et ces
opulents troupeaux assembls devant les tribunes du pesage, pour parer
aux tristesses de la guerre, donnent plutt l'impression de richesse
pacifique que l'on rencontre en tant de points des belles plaines de
France.

[Illustration: Un des dpts de fourrages qui se constituent au Bois de
Boulogne.]

[Illustration: La foule,  travers les grilles, s'efforce d'effleurer
les pieds du pontife avec des rosaires ou des mdailles.]

[Illustration: Le cercueil est descendu dans la crypte de la Confession
pour tre dpos dans un caveau provisoire.]

A Saint-Pierre de Rome: l'exposition du corps de Pie X dans la chapelle
du Saint-Sacrement est le dernier acte des funrailles.




LE CONCLAVE


En dpit des vnements tragiques qui dsolent l'Europe, le conclave
s'est ouvert le lundi 31 aot, c'est--dire dans le dlai traditionnel
de dix jours suivant la mort du pape. Le gouvernement italien, avec un
tact parfait, a garanti aux cardinaux la plus complte libert et,
suivant l'usage, des carabiniers  cheval montent la garde autour du
Vatican o le Sacr-Collge se trouve emprisonn pour quelques jours.

Sauf la grande entre, dont seuls possdent les clefs le cardinal
camerlingue et le marchal du conclave, toutes les portes ont t
mures; en outre, on a masqu avec des auvents toutes les fentres par
o s'clairent les cellules des cardinaux et les logements de leur
suite. Car les princes de l'Eglise ne sont pas seuls; avec eux sont
enferms leurs secrtaires ou conclavistes, les gardes nobles chargs du
service intrieur du Palais, les prlats attachs  divers offices et
tous les gens de service. Ces emmurs n'ont de communication avec le
dehors que par quatre tours, utiliss pour leur faire passer leur
correspondance, et, depuis le dernier conclave, leurs journaux.

[Illustration: La chapelle Sixtine amnage pour le conclave.--_Phot.
Ch. Abeniacar._]

C'est dans la chapelle Sixtine, spcialement amnage, que se tiennent
les sances de vote, suivant un crmonial plusieurs fois sculaire dont
nous rappelons les grandes lignes. Au-dessus de l'autel, garni
de draperies rouges, un baldaquin de velours violet rehauss d'or abrite
une tapisserie dite du Saint-Esprit qui se dtache sur la fresque du
Jugement dernier. Au pourtour de la chapelle, les cardinaux sont assis
sous de petits dais, chacun ayant devant lui une table avec ce qu'il
faut pour crire et une bougie allume pour cacheter son bulletin.

[Illustration: Un bulletin de vote au conclave.]

Ce bulletin est double, de faon  pouvoir servir galement pour le
scrutin normal, et pour l'_accession_  laquelle on recourt quand
l'lection trane en longueur. Dans ce cas, chaque cardinal dclare ou
bien n'accder  personne, ou bien se rallier  un candidat diffrent de
celui pour lequel il a vot d'abord et qui a obtenu prcdemment un
certain nombre de suffrages. On additionne les voix ainsi recueillies
avec celles du scrutin ordinaire, et, si un cardinal en a les deux
tiers, il est proclam pape. Le nom du candidat est inscrit au milieu du
bulletin, entre le nom du votant et une devise (_signa_) personnelle, et
le papier est dpos dans un calice aprs avoir t pli de faon que la
bande mdiane reste seule visible.

[Illustration: LES TRAINS SANITAIRES POUR LE TRANSPORT DES BLESSS

En haut, l'office et la cuisine.--Au centre, l'ensemble du train.--En
bas,  gauche, la chambre du mdecin-major et du pharmacien-major; 
droite, une des voitures pour huit blesss.--_Voir l'article  la page
suivante._]




DOCUMENTS et INFORMATIONS

TRAINS SANITAIRES PERMANENTS.


Les transports d'vacuation des blesss de guerre se font au moyen de
trains sanitaires permanents ou improviss, pour les grands blesss dont
le transport ncessite beaucoup de soins et de mnagements, et de trains
ordinaires pour les malades dont l'tat moins grave permet la station
assise.

Les trains sanitaires permanents, les seuls qui nous occupent
aujourd'hui, sont organiss ds le temps de paix. Leur installation a
fait l'objet d'tudes nombreuses et approfondies de la part du service
de sant de l'arme, ce qui permet l'vacuation des grands blesss dans
les meilleures conditions d'hygine et de confort.

Ces trains constituent de vritables hpitaux roulants. Chacun comprend
vingt-trois wagons. Un wagon est spcialement rserv  la chirurgie
(instruments, objets de pansement, appareils  fractures, etc.),  la
pharmacie et  la lingerie. Seize wagons sont consacrs aux blesss,
avec 8 lits par wagon, soit au total 128 blesss par train. Un wagon est
rserv aux officiers, au nombre de quatre: un mdecin major, mdecin
chef du train; un mdecin aide-major, un pharmacien major, un officier
d'administration affect au train comme gestionnaire. Un autre wagon est
destin aux infirmiers (28 y compris les grads). Trois voitures sont
rserves  la cuisine,  la dpense et aux provisions; ces voitures
sont particulirement bien amnages, rien n'a t nglig pour que la
prparation des aliments puisse tre aussi parfaite qu'il est possible
pour des hommes blesss et malades; un cuisinier de mtier, assist de
deux aides, tous trois prvus dans le personnel, sont prposs  cet
office. Mieux que toutes les descriptions, nos photographies montrent
quel soin a t apport  l'installation et au bon fonctionnement de ces
services importants. Le vingt-troisime wagon sert pour mettre les
dbarras et le combustible. Tous les wagons communiquent entre eux par
des plates-formes qui permettent au personnel de circuler d'un bout 
l'autre du train.

On le voit par ce court rsum, le service de sant de notre arme a
assur dans les meilleures conditions l'vacuation des blesss.

            PRISONNIER DE MARQUE.

Cent ans aprs Waterloo, le descendant direct du gnralissime prussien,
Leberecht von Blcher, prince de Wahlstadt, a trouv le moyen de se
faire prendre par les gendarmes anglais dans des circonstances fort peu
dramatiques.

Le prince de Blcher avait achet, voici quelque dix ans, un des lots
de l'archipel anglo-normand, Herm, entre Guernesey et Sercq. Il y avait
fait construire un somptueux chteau. Avec une morgue bien prussienne,
il ne manquait jamais une occasion d'insulter, et mme d'outrager les
touristes qui dbarquaient sur les rivages de _son_ le, qu'ils fussent
Franais ou Anglais.

Les autorits militaires de Guernesey l'avaient donc  l'oeil.
Jusqu'au dernier moment, l'hritier du vainqueur de Waterloo avait
conserv l'espoir que l'Angleterre, l'ancienne allie de la Prusse,
contemplerait en spectatrice le terrible conflit que l'Allemagne voulait
et prparait. Il ne se dcida  boucler ses malles qu'au reu d'un
tlgramme de Berlin. Mais il tait trop tard.

La nuit de la dclaration de guerre, soit une heure aprs l'expiration
du dlai impos  l'Allemagne pour l'vacuation de la Belgique, des
agents de police de Guernesey dbarquaient  Herm, envahissaient le
chteau et arrtaient le prince au saut du lit. Triste aventure pour le
descendant d'un hros national!

Herm, notons-le en passant, est le seul coin d'Europe o vivent en
libert des marsupiaux. L'le appartenait prcdemment  un riche
Australien qui y acclimata deux couples de kangourous, dont la
progniture s'est multiplie.

            L'abb WETTERL.

Parmi les nombreux Alsaciens qui, en dpit des tracasseries et des
menaces allemandes, ne cessrent d'employer tout leur nergie 
maintenir l'ide franaise aux pays annexs, il n'en fut gure de plus
cout, de plus influent peut-tre, que l'abb Wetterl, dput
d'Alsace-Lorraine au Reichstag et directeur,  Colmar, du _Nouvelliste
d'Alsace-Lorraine_.

[Illustration: L'abb Wetterl (en costume civil) arrivant 
Pontarlier.]

Tous les Franais ont t heureux d'apprendre que l'abb Wetterl a
russi  chapper  la vindicte allemande. Il quitta Colmar le 25
juillet, et atteignit Ble le lendemain, passant inaperu devant les
autorits prussiennes, grce au costume civil qu'il avait chang contre
l'habit ecclsiastique, et sous lequel le reprsente notre gravure, 
son arrive sur le sol franais,  Pontarlier.


Comment Fonctionnent Les Services De L'intendance Militaire.

La mobilisation des vivres prcde, accompagne et suit la mobilisation
des hommes. C'est une organisation formidable et admirable; il faut sans
-coup assurer quotidiennement la subsistance de 2 millions 1/2 de
bouches. Toutes nos rgions ne sont pas galement riches; la production,
la concentration du vivre doivent donc s'oprer selon des plans aussi
prcis que la formation et la concentration des troupes. Ce service est
assur par trois groupes d'officiers parfaitement distincts: les
officiers d'administration, les intendants, et les contrleurs d'armes.

Les officiers d'administration, vritables fourmis de l'arme, qui
portent au col et au kpi la petite toile d'or, amassent et
entretiennent l'approvisionnement colossal o, quotidiennement, puisent
les convois bien clos et bien gards qui vont ravitailler nos armes. A
chaque courrier arrivent des ordres dont l'excution est immdiate; on
expdie, le jour mme, les centaines de mille de rations de pain, les
innombrables caisses de conserves, les fourrages et le btail demands.
Les officiers aux petites toiles sont en mme temps chargs des
rquisitions et de la fabrication, rquisition de farine, de btail,
fabrication du pain, des conserves, etc. Depuis le dbut de la guerre
ces rquisitions se font avec une facilit mouvante: le paysan donne
tout ce qu'il a pour l'arme, il ne discute plus. On doit en thorie
tablir avec lui une estimation  l'amiable, mais il s'en rapporte
entirement aux officiers: Vous savez mieux que moi, dit-il, ce que
vous dciderez sera bien. Et c'est partout ainsi.

Les intendants forment, dans l'arme, une lite intellectuelle. Leur
recrutement est trs svre. Le plus grand nombre est pass par l'Ecole
polytechnique ou par l'Ecole d'tat-major. Certains, et non les moins
apprcis, sortent du corps mme des officiers d'administration.
Docteurs en droit presque tous, ils sont, aprs un concours spcial trs
ardu, devenus les fonctionnaires galonns d'argent, qui dcident.
C'est sous leurs ordres que les officiers aux toiles excutent, la
dcision demeurant spare de l'excution. En gnral, les
intendants--commandants, colonels, gnraux--sont les officiers de
l'arme les plus jeunes de leurs grades. La plupart, actuellement, sont
aux frontires avec tout un tat-major d'officiers d'administration.
Quelques-uns seulement sont demeurs dans leurs rgions respectives et
sur ces derniers psent les plus gros fardeaux et les plus lourdes
responsabilits.

Au-dessus des intendants il y a les hommes noirs, les contrleurs de
l'arme, personnages tout-puissants qui, dans cette grande agitation,
continuent d'examiner avec le calme le plus parfait et la plus lucide
minutie toutes les comptabilits. Parfois mme, quand c'est ncessaire,
ils supplent les intendants...

C'est grce  cette organisation d'lite qu'il y a partout, dans notre
arme, abondance de vivres. Les hommes, depuis le front jusqu'aux dpts
les plus loigns, sont confortablement nourris aprs avoir t
solidement vtus de neuf.


Balles explosives et balles dum-dum.

Une question qui a toujours soulev dans les guerres du pass
d'interminables controverses est celle des balles explosives. Ces balles
avaient t jadis cres pour faire sauter les caissons de munitions
d'infanterie ou d'artillerie, charges en poudre noire, et l'arme
bavaroise notamment en fit usage jusque vers 1870. On fut, par la suite,
amen  employer ces balles contre les troupes, parce que l'on esprait
arrter ainsi plus facilement des assaillants dtermins en leur causant
des blessures plus graves. Mais l'exprience a montr depuis longtemps
que l'usage des balles explosives constituait une cruaut parfaitement
inutile et, par la convention de Genve, toutes les nations civilises
se sont mises d'accord pour en interdire l'emploi en temps de guerre.
Ces balles sont, du reste, devenues incapables de faire sauter les
munitions charges avec la poudre sans fume. Aussi,  l'heure actuelle,
ne se sert-on plus des balles de ce genre que pour abattre les grands
fauves  courte distance (balles Pertuiset pour la chasse  l'lphant,
 l'hippopotame, au lion, etc.).

Elles ont d'ailleurs l'inconvnient d'exiger l'emploi d'armes  feu de
trs gros calibre; elles sont assez dangereuses pour le tireur qui les
utilise et leur prcision est plutt alatoire ds que la distance se
rapproche d'une centaine de mtres. En fait, elles ont compltement
disparu de l'armement de tous les pays qui ont seulement conserv les
_grenades_  main.

[Illustration: Une cartouche  balle dum-dum.]

La balle dum-dum n'a rien de commun avec la balle explosive.

Jusqu'en 1890, la seule balle employe a t la balle en plomb pur ou en
plomb durci, de forme cylindro-ogivale, et sans enveloppe mtallique.
Cette balle, d'un calibre gnralement voisin de 11 millimtres, avait
une puissance vulnrante et surtout une puissance d'arrt
(_stopping-power_) trs largement suffisantes. Son expansion dans le
corps de l'homme atteint produisait d'ailleurs trs souvent des effets
analogues  ceux des balles explosives.

Mais  partir de 1890 environ, lorsque toutes les armes du monde eurent
adopt une arme  feu de petit calibre (8 millimtres) tirant une balle
de plomb durci avec enveloppe de maillechort ou d'acier, on s'aperut
que la puissance vulnrante des nouvelles balles avait singulirement
diminu. A l'heure actuelle, un bless qui a eu le poumon, ou l'abdomen,
travers par une balle de 8 m/m (et surtout par une balle de 6 m/m-5
comme la balle italienne ou la balle japonaise) gurit trs
souvent avec une facilit dconcertante, d'o le nom de balle
_humanitaire_ donn  ce projectile vers 1895. En outre la _puissance
d'arrt_ des nouvelles balles est devenue tout  fait insuffisante dans
le combat rapproch contre des adversaires fanatiss; on a constat 
mainte reprise dans l'Inde, en Afrique, aux Philippines, qu'un indigne
travers par une balle conservait souvent assez de force pour venir
_zigouiller_, avant de mourir, l'Europen qui l'avait bless.

C'est cette constatation, faite pour la premire fois par les Anglais,
au Tchitral qui a amen ceux-ci  fabriquer les balles dites balles
_dum-dum_, du nom de la fabrique hindoue o on les confectionnait.

Les premires balles _dum-dum_, car il existe un grand nombre de modles
diffrents de ces projectiles, possdaient leur enveloppe en maillechort
fendue en croix  la partie avant, ce qui permettait au noyau de plomb
intrieur de s'panouir dans la blessure, comme le faisaient en 1866 ou
en 1870 les balles en plomb nu de 18 m/m ou de 11 m/m alors en usage.
Mais ces balles se dformant dans le canon ou dans l'air tiraient fort
mal. On leur substitua bientt des balles analogues  la balle _express_
invente aux Etats-Unis pour la chasse aux grands animaux.

La nouvelle balle _dum-dum_ prsentait  l'avant un trou cylindrique
borgne qui avait pour effet de produire une sorte d'clatement du
projectile au moment o il rencontrait le but. Les cipayes anglais de
l'Inde emportrent en Chine pendant la campagne de 1900 des munitions de
ce modle. Cette balle ne tire pas trs bien; il faut, pour lui rendre
sa prcision, boucher le trou qu'elle prsente  l'avant soit avec de la
cire, soit avec une petite capsule de cuivre mince.

Enfin, on a employ des balles de plomb de petit calibre avec enveloppe
mtallique interrompue  l'avant. L'arme suisse a eu longtemps des
balles de ce genre et la Socit franaise des munitions fabrique, pour
les socits de tir, une balle analogue, dite balle de _stand_ qui
prsente une trs grande prcision.

On a bientt reconnu, toutefois, que, dans les guerres _europennes_,
l'emploi des balles _dum-dum_ tait assez peu justifi et ne constituait
gure qu'une cruaut inutile, comme jadis celui des balles explosives.

Par un article spcial de la convention de La Haye, toutes les
puissances du monde se sont interdit l'emploi dans les guerres
rgulires, de toutes les balles  enveloppe fendue ou interrompue.

Il n'est pas bien certain, toutefois, que certaines puissances n'aient
point continu  se servir de ces projectiles dans les oprations
coloniales o l'on se bat le plus souvent  courte distance et o il est
indispensable de pouvoir arrter net l'adversaire fanatis qui vous
menace. C'est l une prcaution parfaitement lgitime; aussi la balle
_express_ est-elle d'un usage courant avec les revolvers ou les
pistolets automatiques, armes de dfense rapproche. L'usage de cette
balle est non moins lgitime contre les apaches et l'on trouve un peu
partout des cartouches de revolver ou de pistolet automatique munies de
balles _express_, c'est--dire de balles _dum-dum_; ces munitions sont
presque toujours d'origine amricaine ou anglaise.

L'usage n'en est pas moins svrement interdit dans la guerre actuelle
par une convention  laquelle ont adhr toutes les puissances.

[Illustration: Le paquebot _Cristobal_, baptis du prnom de Christophe
Colomb, s'engage dans la fameuse perce de la Culebra, qui dfia pendant
vingt ans l'activit d'une arme d'ouvriers.]




LE CANAL DE PANAMA EST OUVERT


Le gouvernement amricain avait prpar une fte internationale pour
clbrer l'inauguration du canal interocanique. Les vnements d'Europe
ont rduit le brillant programme aux proportions d'une crmonie
purement locale, selon l'expression du communiqu. Le 16 aot, un
navire du ministre de la Guerre des Etats-Unis, l'_Ancon_, a franchi
les cluses de Gatun en l'espace de soixante-dix minutes; plusieurs
navires de commerce les franchirent derrire lui. Le canal tait
dsormais ouvert officiellement au commerce.

Quelques jours auparavant, le 3 aot, le paquebot _Cristobal_ avait
inaugur officieusement la nouvelle voie maritime en passant des eaux
de l'Atlantique dans celles du Pacifique. Nos deux photographies
reprsentent cette inauguration avant la lettre.

Il est rconfortant,  l'heure o la France a t amene  faire
oeuvre de guerre, de constater que toute la presse amricaine vient de
rendre ardemment hommage, en cette occasion, au gnie franais,
initiateur de cette gigantesque oeuvre de paix.

[Illustration: Le _Cristobal_ vient de franchir l'cluse suprieure pour
pntrer, hal par une locomotrice, dans le lac artificiel de Gatun.]

[Illustration: Carte figurant le relief du sol dans la rgion Est et
Nord-Est du bassin de Paris.]




LES RELIEFS DU SOL ET LE MOUVEMENT DES ARMES


Les mouvements des armes se trouvent en quelque sorte dtermins par
les formes du terrain o elles oprent, et les lignes de dfense, comme
les points d'attaque, sont pour ainsi dire marques d'avance par les
reliefs et les dpressions du sol. Il nous parat donc utile de
prsenter  nos lecteurs un tableau sommaire des lignes topographiques
directrices du thtre de la guerre. Cette esquisse leur permettra de
saisir la raison des directions prises par les armes, et d'apprcier la
valeur des diverses positions qui auront t occupes.

Si l'on examine une carte de l'Europe centrale et occidentale, au Nord
des Alpes, on remarque deux zones parallles, absolument distinctes.
C'est d'abord, une longue trane de larges lots montagneux: les monts
de Bohme; le vaste complexe de reliefs et de plateaux que coupe le
Rhin, de Ble  Coblenz, et qui comprend, sur la rive gauche du fleuve,
les Vosges, l'Hunsrck et l'Eifel que prolonge l'Ardenne; enfin, en
France, notre massif central. Au Nord et  l'Ouest de ces reliefs, le
sol s'abaisse et c'est une suite de vastes plaines: l'Allemagne du Nord,
la Hollande, le bassin de Bruxelles et, en France, le bassin de Paris.

Sous ce dernier nom, les gographes et les gologues dsignent non pas
les environs immdiats de Paris, ni mme l'ensemble des rgions draines
par la Seine et ses affluents, mais toute la rgion relativement
dprime comprise entre l'Ardenne, les Vosges, le versant Nord du
Plateau central et le massif armoricain. Ce vaste territoire, qui
renferme en quelque sorte le coeur de la France, n'est ouvert ni vers
le Nord-Est, ni vers l'Est, du ct de la frontire allemande, comme on
l'affirme trop souvent. Au contraire, les pisodes gologiques qui ont
affect cette partie de la France y ont cr, du ct de l'Allemagne,
trois lignes de dfense naturelle. Dans la rgion orientale du bassin de
Paris les affleurements des assises de diffrents ges plongent vers
l'intrieur de la dpression en formant comme une srie de cuvettes
embotes les unes dans les autres. Les bords extrieurs de ces cuvettes
s'tant trouvs soumis  de puissantes rosions dans le cours des ges
gologiques, il en est rsult une srie de falaises tournes vers
l'Est, et le Nord-Est, des auroles, pour employer le vocabulaire
gologique.

C'est ainsi que les affleurements jurassiques engendrent une premire
ligne de hauteurs: plateaux et collines de Langres, de Bassigny, du
Barrois, ctes de Meuse et Wovre. En arrire de ce redan, l'aurole
crtace dessine au-dessus de la Champagne humide, de
Vitry-le-Franois jusqu' Chaumont-Porcien, une
seconde falaise, flanque en avant par le massif de
l'Argonne dont le nom voque les glorieux souvenirs de 1792.
Enfin,  l'Ouest de cette enceinte naturelle, les dpts tertiaires de
la Champagne pouilleuse forment une troisime ligne de dfense, avec la
falaise de l'Ile de France et la montagne de Reims.

L'importance militaire de ces auroles gologiques est atteste par
l'emplacement de nos places fortes. Verdun, Toul et Langres sont assis
sur l'aurole jurassique; les forts de Reims sur l'aurole tertiaire.
Flanques  l'Est par les Vosges, et au Nord par l'Ardenne, renforces
par de nombreuses fortifications et garnies de nombreuses troupes
pleines d'ardeur, ces trois lignes de dfense naturelle prsentent 
l'adversaire un front solide; aussi les Allemands ont tent de le
tourner par le Nord. De ce dernier ct, en effet, les lignes de
circonvolution du bassin de Paris prsentent deux brches dangereuses.

La premire, relativement troite, est produite par une extension de
l'aurole jurassique  travers le Luxembourg, au milieu de l'Ardenne. La
valle de la Chiers, affluent de droite de la Meuse, Longwy et Stenay en
dterminent la situation. Par cette brche, il est possible de tourner
les ctes de la Meuse et l'Argonne, puis de dboucher dans la valle
de l'Aisne. C'est la route suivie par les Prussiens en 1792. De nouveau,
en 1914, ils ont voulu utiliser cette troue, et dans ce dessein ils ont
envahi le Luxembourg. Une fois matres de la capitale du Grand-Duch,
ils ont tent de s'infiltrer par la valle de la Chiers.

Beaucoup plus large est la seconde brche. Au pied des versants
Nord-Ouest et Ouest de l'Ardenne s'ouvre un long et profond sillon,
occup d'abord par la Meuse, puis par la Sambre, et qui aboutit dans la
haute valle de l'Oise. Etrangle, de Lige jusqu'en amont de Charleroi,
cette dpression s'largit  mesure que l'on avance vers le Sud-Ouest et
conduit finalement dans la Thirache et dans les plaines du Nord de la
France. De ce ct, pas le moindre obstacle naturel. Tout au contraire,
un terrain facile, se prtant au dploiement des armes, et leur offrant
d'abondantes ressources. Aussi bien, dsesprant de pouvoir forcer nos
lignes de dfense de l'Est, l'tat-major allemand a choisi cette troue
comme ligne d'invasion. Elle tait, il est vrai, protge par la
neutralit de la Belgique, mais les barbares tudesques ne sont pas gens
 se laisser arrter par de vains scrupules et ils acheminrent leurs
colonnes  travers l'Ardenne belge pour gagner le plus rapidement
possible la large porte ouverte vers l'Oise et vers Paris. Alors que le
grand tat major de Berlin avait simplement prvu une promenade
militaire, il a rencontr devant lui d'admirables troupes qui ont
inflig  l'aigle prussienne un premier chec et lui ont impos un arrt
devant les forts de Lige. Mais alors, l'ennemi, fidle  ses principes
stratgiques, s'est efforc de dborder l'arme belge en lanant des
masses de cavalerie sur la rive gauche de la Meuse,  travers le
Luxembourg et le Brabant.

Aujourd'hui le thtre des oprations s'tend sur quatre rgions
naturelles diffrentes. A l'extrme gauche, sur la rive gauche de la
Meuse, c'est le Brabant, le Limbourg et l'Hesbaye, pays de plaines
accidentes de vallonnements; puis vient l'Ardenne, un bloc de plateaux
doucement inclin vers le Nord-Ouest, relev au contraire du ct de la
France, pays de forts et de marais; plus loin, en avant de Nancy, le
plateau de Lorraine, rgion de plaines boises, sillonne de rivires et
d'tangs; s'appuyant au Donon, enfin, la crte des Vosges sur laquelle
nous nous maintenons et d'o nous pourrons redescendre en Alsace.

            CHARLES RABOT.




LES VOLONTAIRES TRANGERS


Parmi tant de spectacles rconfortants auxquels nous assistons depuis un
mois, il en est un qui semble les rsumer tous: c'est l'empressement des
volontaires de toutes nationalits  s'enrler sous notre drapeau. Cet
empressement atteste  la fois la justice de notre cause, la sympathie
qu'elle impose, l'espoir qu'elle inspire. A Paris, seulement, prs de
30.000 trangers ont demand  servir la France. On a choisi d'abord les
plus valides et on en a form plusieurs groupes, sans distinction de
nationalit, qui, une fois habills et quips, seront exercs au mtier
militaire, puis dirigs sur le front. Notre photographie reprsente le
dpart d'un train o sont runis des Belges, des Suisses, des Italiens,
des Hongrois, des Polonais, des Russes, des Serbes, prts  combattre
pour un mme idal.

[Illustration: Un embarquement de volontaires trangers aux environs de
Paris.]

[Illustration: LE THATRE DES OPRATIONS EN GALICIE, EN POLOGNE ET DANS
LA PRUSSE ORIENTALE]

[Illustration: LES CROQUIS DE LA SEMAINE, par Henriot.]

Le jeune engag:

--Et dpchez-vous, caporal, de m'apprendre l'exercice... je veux
arriver l-bas avant que ce soit fini.

--C'est chic, ma croix sur ma capote de mobilis...

--Oui, mais on va maintenant la gagner  la bataille.

[Texte manquant.]

Le mot d'ordre des Anglais:

--Celui du Duc de Fer: mes enfants... tenir jusqu'au dernier...

--Tu as bien compris la consigne...--Oui, caporal...--Rpte un peu.
--Tenir ici jusqu' ce que les Russes arrivent...

--Il y a trois semaines, je me fchais contre les gardes-barrires qui
n'ouvraient pas assez vite pour laisser passer mon auto...

--Aujourd'hui, garde-barrire moi-mme...

--Il y a un officier allemand prisonnier qui demande s'il y a du
champagne et  quel prix la bouteille.

--Cinq milliards...

Lonidas revenant s'engager dans l'arme belge:

--Bravo!... les Thermopyles, je connais a... mais vous m'avez dpass
en hrosme!

--Qu'est-ce qu'il a, le gosse?

--Il est trs ennuy... Ce n'est pas sa faute... Nous l'avions fait
baptiser sous le nom de Guillaume... il veut qu'on l'appelle Albert!

Le Livre et la Tortue:

--On a pris votre auto? ben, mon vieux, vous vous moquiez de moi quand
vous faisiez du 80  l'heure... et, aujourd'hui je fais les transports
rapides dans la commune...



Le Directeur: REN BASCHET.

Imprimerie de _L'Illustration_, 13, rue Saint-Georges, Paris
(9e).--L'Imprimeur-Grant: A. CHATENE.








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both the Project Gutenberg Literary Archive Foundation and Michael
Hart, the owner of the Project Gutenberg-tm trademark.  Contact the
Foundation as set forth in Section 3 below.

1.F.

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effort to identify, do copyright research on, transcribe and proofread
public domain works in creating the Project Gutenberg-tm
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works, and the medium on which they may be stored, may contain
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property infringement, a defective or damaged disk or other medium, a
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of Replacement or Refund" described in paragraph 1.F.3, the Project
Gutenberg Literary Archive Foundation, the owner of the Project
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LIABILITY, BREACH OF WARRANTY OR BREACH OF CONTRACT EXCEPT THOSE
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LIABLE TO YOU FOR ACTUAL, DIRECT, INDIRECT, CONSEQUENTIAL, PUNITIVE OR
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in paragraph 1.F.3, this work is provided to you 'AS-IS' WITH NO OTHER
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If any disclaimer or limitation set forth in this agreement violates the
law of the state applicable to this agreement, the agreement shall be
interpreted to make the maximum disclaimer or limitation permitted by
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provision of this agreement shall not void the remaining provisions.

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with this agreement, and any volunteers associated with the production,
promotion and distribution of Project Gutenberg-tm electronic works,
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that arise directly or indirectly from any of the following which you do
or cause to occur: (a) distribution of this or any Project Gutenberg-tm
work, (b) alteration, modification, or additions or deletions to any
Project Gutenberg-tm work, and (c) any Defect you cause.


Section  2.  Information about the Mission of Project Gutenberg-tm

Project Gutenberg-tm is synonymous with the free distribution of
electronic works in formats readable by the widest variety of computers
including obsolete, old, middle-aged and new computers.  It exists
because of the efforts of hundreds of volunteers and donations from
people in all walks of life.

Volunteers and financial support to provide volunteers with the
assistance they need, are critical to reaching Project Gutenberg-tm's
goals and ensuring that the Project Gutenberg-tm collection will
remain freely available for generations to come.  In 2001, the Project
Gutenberg Literary Archive Foundation was created to provide a secure
and permanent future for Project Gutenberg-tm and future generations.
To learn more about the Project Gutenberg Literary Archive Foundation
and how your efforts and donations can help, see Sections 3 and 4
and the Foundation web page at http://www.pglaf.org.


Section 3.  Information about the Project Gutenberg Literary Archive
Foundation

The Project Gutenberg Literary Archive Foundation is a non profit
501(c)(3) educational corporation organized under the laws of the
state of Mississippi and granted tax exempt status by the Internal
Revenue Service.  The Foundation's EIN or federal tax identification
number is 64-6221541.  Its 501(c)(3) letter is posted at
http://pglaf.org/fundraising.  Contributions to the Project Gutenberg
Literary Archive Foundation are tax deductible to the full extent
permitted by U.S. federal laws and your state's laws.

The Foundation's principal office is located at 4557 Melan Dr. S.
Fairbanks, AK, 99712., but its volunteers and employees are scattered
throughout numerous locations.  Its business office is located at
809 North 1500 West, Salt Lake City, UT 84116, (801) 596-1887, email
business@pglaf.org.  Email contact links and up to date contact
information can be found at the Foundation's web site and official
page at http://pglaf.org

For additional contact information:
     Dr. Gregory B. Newby
     Chief Executive and Director
     gbnewby@pglaf.org


Section 4.  Information about Donations to the Project Gutenberg
Literary Archive Foundation

Project Gutenberg-tm depends upon and cannot survive without wide
spread public support and donations to carry out its mission of
increasing the number of public domain and licensed works that can be
freely distributed in machine readable form accessible by the widest
array of equipment including outdated equipment.  Many small donations
($1 to $5,000) are particularly important to maintaining tax exempt
status with the IRS.

The Foundation is committed to complying with the laws regulating
charities and charitable donations in all 50 states of the United
States.  Compliance requirements are not uniform and it takes a
considerable effort, much paperwork and many fees to meet and keep up
with these requirements.  We do not solicit donations in locations
where we have not received written confirmation of compliance.  To
SEND DONATIONS or determine the status of compliance for any
particular state visit http://pglaf.org

While we cannot and do not solicit contributions from states where we
have not met the solicitation requirements, we know of no prohibition
against accepting unsolicited donations from donors in such states who
approach us with offers to donate.

International donations are gratefully accepted, but we cannot make
any statements concerning tax treatment of donations received from
outside the United States.  U.S. laws alone swamp our small staff.

Please check the Project Gutenberg Web pages for current donation
methods and addresses.  Donations are accepted in a number of other
ways including checks, online payments and credit card donations.
To donate, please visit: http://pglaf.org/donate


Section 5.  General Information About Project Gutenberg-tm electronic
works.

Professor Michael S. Hart is the originator of the Project Gutenberg-tm
concept of a library of electronic works that could be freely shared
with anyone.  For thirty years, he produced and distributed Project
Gutenberg-tm eBooks with only a loose network of volunteer support.


Project Gutenberg-tm eBooks are often created from several printed
editions, all of which are confirmed as Public Domain in the U.S.
unless a copyright notice is included.  Thus, we do not necessarily
keep eBooks in compliance with any particular paper edition.


Most people start at our Web site which has the main PG search facility:

     http://www.gutenberg.org

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including how to make donations to the Project Gutenberg Literary
Archive Foundation, how to help produce our new eBooks, and how to
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