Project Gutenberg's L'Illustration, No. 3253, 1er Juillet 1905, by Various

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Title: L'Illustration, No. 3253, 1er Juillet 1905

Author: Various

Release Date: February 26, 2011 [EBook #35406]

Language: French

Character set encoding: ISO-8859-1

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L'ILLUSTRATION, NO. 3253, 1ER JUILLET 1905 ***




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L'Illustration, No. 3252, 1er Juillet 1905

Avec ce Numro:
_1 SUPPLEMENT MUSICAL_
2 un hors texte en couleurs:
_LOQUENCE_, par A. GUILLAUME


LA REVUE COMIQUE, par Henriot.


_Supplments de ce numro:
1 Une gravure en couleurs_, LOQUENCE OFFICIELLE, _par Albert
Guillaume._
_2 Musique:_ PICE BRVE, _par Gabriel Faur;_ L'AME DES FLEURS, _par
Massenet;_ POME LANGUIDE, _par A. Scriabine._

[Illustration: L'ILLUSTRATION
_Prix du Numro: 75 Centimes._
SAMEDI 1er JUILLET 1905
_63 Anne--N 3253_]

[Illustration: LES TAMBOURS dont le comit de l'infanterie propose la
suppression. _Voir le_ Courrier de Paris _ la page suivante._]



COURRIER DE PARIS

JOURNAL D'UNE TRANGRE

Je ne connaissais pas M. Dujardin-Beaumetz. Je l'ai vu ces jours-ci pour
la premire fois. C'tait au Cours-la-Reine. Il inaugurait l'Exposition
de l'Enfance et, bien que l'installation n'en ft pas encore tout  fait
acheve, il semblait s'y amuser beaucoup. On lui fit voir des poupes et
des jouets dont la vue excita sa joie; il visita une chvrerie, sourit
aux chvres et promit que leur lait serait bon. Comme il passait devant
un jeu de balanoires immobiles, il admira l'alignement des siges et
des poutrelles colories auxquelles ces siges taient suspendus et dit:
Voyez comme, avec peu de chose, on peut faire de la beaut. Ceci mme
est joli. Ces bois peints, ces cordages lgers, ces cuivres, ont une
grce gomtrique qui amuse l'oeil. On dirait une estampe du
dix-huitime... Correctement gant, le torse pais sangl sous la
redingote noire, il avanait  pas tranquilles, appuy sur sa canne. Il
serrait des mains, flicitait. Je regardais sa figure. Elle est ronde et
colore, s'encadre de boucles grisonnantes qui frisent sous le bord du
chapeau et d'une courte barbe tale en ventail autour du menton. Des
yeux doux et profonds, sous la barre noire des sourcils, clairent cette
face de brave homme d'un air de bont satisfaite. On le mena au buffet.
On lui prsenta une coupe de Champagne qu'il prit en souriant et vida
sans dplaisir. Une musique militaire joua devant lui le prlude de
_Messidor_ et, comme il avait aperu l'auteur, Alfred Bruneau, parmi la
foule qui l'entourait, il lui fit signe, de s'approcher, lui prit les
mains, le nomma aux musiciens, le remercia. Des journalistes,  ct de
moi, changeaient leurs impressions. L'un d'eux dit: Dujardin-Beaumetz
est heureux... Il inaugure. Il n'y a que cela qui l'amuse.

C'est vrai. M. Dujardin-Beaumetz a beaucoup inaugur depuis qu'il dirige
les Beaux-Arts; et ce zle attire sur lui, je crois, quelques
railleries. Comme il a raison, cependant, de ne point faire fi de ce
qu'il y a de meilleur dans son tat! C'est charmant, une inauguration.
C'est charmant, parce que c'est le commencement de quelque chose
d'utile, de bon, de joli, et qu'autour de ces commencements-l il n'y a,
pour un spectateur dou d'un peu de dilettantisme et de finesse, que de
la joie  recueillir.

J'ai connu un vieux garon, pauvre et trs seul dans la vie, dont la
principale rcration tait d'assister de temps  autre  une messe de
mariage, de se mler aux groupes bavards de la sacristie, de frler
d'lgantes toilettes, d'en humer le parfum et, au besoin, d'embrasser
la marie quand elle tait gentille. J'imagine que c'est un genre de
volupt analogue que M. Dujardin-Beaumetz vient chercher dans les
expositions qu'il inaugure. Une exposition qui s'ouvre, c'est de
l'lgance, des toilettes, des fleurs, du dcor, une amusante vision
d'indit et de _tout neuf_, et, autour de cela, les figures
ncessairement souriantes de gens que rendent heureux le sentiment
d'avoir bien travaille et l'espoir d'en tirer quelque rcompense... M.
Dujardin-Beaumetz est un artiste et, dit-on, un homme d'esprit. Je ne
comprendrais pas qu'investi par ses fonctions du droit de s'offrir,
plusieurs fois par semaine, le rgal de spectacles si dlicieux, il les
mprist...


Une habitude tout  fait fcheuse rgne aujourd'hui dans Paris: on y
fait aux vieilles rues leur procs; on se proccupe et l'on s'indigne,
au besoin, de ce que leurs noms signifient: il y a sur ces pauvres
petites plaques bleues des allusions qui choquent, des vocations de
souvenirs contre quoi protestent le puritanisme politique des uns, la
pudeur des autres. Voil bien du travail pour les conseils municipaux de
demain! Il y a quelques semaines, c'taient les habitants de la rue
Brda qui s'avouaient honteux de demeurer rue Brda; aujourd'hui, ce
sont ceux de la rue des Vertus qui se plaignent. On se moque de nous,
disent-ils, et nous sommes en butte  toutes sortes de commentaires
ironiques dont notre patience,  la fin, se lasse. Et ils demandent que
le nom de leur rue soit chang.

Il me parat  craindre, si l'on fait droit  la requte de ces
Parisiens susceptibles, que leur succs n'encourage  se produire bien
des rclamations. Car, s'il est ridicule d'habiter la rue des Vertus,
l'est-il beaucoup moins de demeurer rue des Innocents, ou rue de la
Fidlit? Il y a des gens qui ont la coquetterie de leur bonne sant;
n'en verrons-nous pas quelques-uns protester  leur tour et se plaindre
d'avoir pour adresse le boulevard des Invalides?

Paris, qui est une ville d'irrligion, porte sur les plaques de ses rues
de nombreuses traces de son pass religieux. Bossuet, Fnelon,
Bourdaloue, Lamennais, Flchier, Lacordaire, Massillon, ont donn leurs
noms  des voies publiques. Je feuillette un dictionnaire des rues de
Paris et j'y trouve une rue des Moines, une rue des Abbesses, une rue
des Terres-au-Cur, une rue de l'vangile, une rue de la Madone; deux
impasses: de l'glise et de l'Enfant-Jsus; une place de la Nativit. Le
jour o la revision des plaques municipales sera commence, certains
hommes farouches ne seront-ils pas tents de purger Paris de tant de
souvenirs offensants? Tolreront-ils seulement qu'il continue d'y avoir
une rue Dieu?

Je voudrais qu'on respectt les noms des vieilles rues comme on respecte
les spultures (est-ce que les chemins o nos pres ont construit leurs
maisons ne sont pas un peu les tombeaux de notre histoire?) et plus il y
a de navet, de mystre, de drlerie en ces appellations, plus je
souhaiterais qu'on s'interdt d'y toucher. La rue Brise-Miche et la rue
du Chat-qui-Pche, la rue des Cinq-Diamants, la rue du Pas-de-la-Mule et
la rue de l'pe-de-Bois, la rue au Lard, l'impasse des Trois-Visages,
les rues Gt-le-Coeur, du Moulin-au-Beurre et du Pont-aux-Choux, la rue
des Petits-Carreaux, la rue Vide-Gousset, n'voquent assurment nul
souvenir d'pope, ce ne sont point des noms glorieux. Mais ce sont de
vieux noms; ce sont des parcelles de notre autrefois; cela a le charme
et l'intrt d'un trs vieux bibelot quelconque, d'un objet sans beaut,
mais qu'auraient us pendant deux ou trois cents ans les mains de nos
grand'mres.

Encore une vieillerie que les novateurs ont condamne: il est question
de supprimer, dans l'arme, les tambours [1].

[Note 1: Le comit d'infanterie vient, en effet, de se prononcer de
nouveau pour la suppression des tambours. Le gnral Farre, ministre de
la guerre il y a vingt-cinq ans, les avait dj supprims: ils furent
rtablis peu de temps aprs.]

Je n'ai aucune comptence en ces questions et j'ignore s'il est vrai que
le tambour soit un meuble inutile. On affirme qu'il l'est; et on lui
trouve, en outre, toutes sortes de dfauts ou d'inconvnients graves
dont nos pres ne s'taient point aviss: le tambour est encombrant; le
tambour est  la merci du choc qui le dfonce ou de l'averse qui le rend
aphone, en distendant sa peau; et, comme un soldat ne peut combattre en
mme temps qu'il bat du tambour, voil une arme (on s'en aperoit
aujourd'hui seulement) prive, nous dit-on, par l'emploi du tambour, des
bras de 10.000 combattants.

Mais le tambour ne pourrait-il tre un instrument de paix qu'on
n'emporte point  la guerre? Nos orchestres militaires sont munis aussi
d'engins fort encombrants et tout le monde s'accorde  penser que la
grosse caisse, le trombone, l'ophiclide et la contrebasse ne sont point
des meubles qu'il convienne de pousser  l'assaut d'une place forte ou
de promener le long d'une ligne de tirailleurs. On les relgue au
dpt ds que le canon tonne; qu'est-ce qui empcherait qu'on y laisst
les tambours?

Le tambour, c'est de la musique (il parat que le pote Jean Richepin,
dans sa jeunesse, en jouait suprieurement); le tambour est aussi le
plus admirable des mtronomes; il n'excelle pas seulement  bien rythmer
la marche du troupier, il la soutient, il la ranime, il l'entrane. Il
m'est arriv quelquefois de suivre un rgiment qui passait; les
tambours, en avant, ronflaient... et je me laissais prendre  ce rythme
comme  celui d'une valse qui vous soulve et vous force  danser.

A-t-on raison de dtruire ces vieilles choses? C'est une ide qui me
hante: je me demande s'il n'est pas dangereux d'ter  l'arme ses
parures d'autrefois, ses vieux jouets; et si nos pres, en voulant qu'un
peu d'amusement et quelques ornements superflus gayassent le mtier de
soldat, n'taient point de plus senss philosophes que nous.

SONIA.



NOTRE SUPPLMENT EN COULEURS

LOQUENCE OFFICIELLE Tableau d'Albert Guillaume.

C'est un dj vieux couplet du Chat Noir, un couplet de Jacques Ferny,
qu'il faudrait rimprimer pour commenter cet amusant tableau:
Messieurs, devant cette belle statue... Et le spectacle est d'hier,
d'aujourd'hui, de demain,--car quel est le jour, en France, o l'on
n'inaugure pas un monument? Voici, sous les grands arbres du mail,
garde par les agents en gants de filoselle, la petite tribune o
s'empilent les autorits: municipalit, snateurs, dputs,--un ministre
peut-tre; derrire, au-del, tout autour, la foule presse des chers
concitoyens; au milieu la statue, toute neuve, au socle jonch de fleurs
et de palmes; la statue, dcouverte depuis cinq minutes, de l'illustre
enfant du pays qui peut-tre, comme dans la chanson, n'eut jamais, ah!
jamais de gnie--mais qui peut-tre en eut aussi, ou fut quelque
bienfaiteur dont le nom revit dans le coeur des hommes-- moins que ce
n'et t quelque politicien. Le reprsentant de l'arrondissement lui
rend hommage, et le geste loquent de sa main gante de clair, la
vhmence de sa mimique, disent assez clairement qu'il s'acquitte de la
tche avec une conviction entire.



NOTES ET IMPRESSIONS

Les Europens n'ont derrire eux que deux ou trois sicles d'art; nous
autres, Japonais, nous en avons vingt-cinq: il est tout naturel que leur
got ne soit pas aussi form que le ntre. BARON KITABATAK.

                                 *
                                * *

Ce n'est pas insulter le lion que de bafouer l'ne qui s'est affubl de
sa peau. ALEX. DUMAS FILS.

                                 *
                                * *

Il y a,  la Chambre, bien des bonnes gens; mais le diable entre en eux
ds qu'ils entrent en sance. MELCHIOR DE VOGU.

                                 *
                                * *

Chercher dans la guerre civile un remde contre les maux de la guerre
trangre, c'est proposer le suicide comme un refuge contre les dangers
d'un duel. Il y a des Gribouilles partout.

                                *
                               * *

Il est plus facile de rconcilier deux ennemis qui ont tort l'un et
l'autre que des adversaires qui ont galement raison. G.-M. VALTOUR.



[Illustration: A Dijon.--Translation des restes des soldats franais,
italiens, allemands, morts en 1870, de l'ancien au nouveau
cimetire.--Phot. Gaitet.]

HOMMAGE AUX MORTS

On vient de transfrer,  Dijon, de l'ancien au nouveau cimetire, les
restes des soldats franais, italiens et allemands, qui, le 30 aot
1870, tombrent l, sur le champ de bataille.

Cette translation a t entoure de la plus grande solennit. L'arme y
devait, naturellement, tenir la premire place. C'est sur des
corbillards dcors de trophes de drapeaux que les bires avaient t
dposes, et des soldats, l'arme sous le bras droit, encadraient le
cortge funbre  travers les rues de la vieille cit bourguignonne.



LE ROI DE SAXE EN ALSACE-LORRAINE

Le roi de Saxe Frdric-Auguste, accompagn du gnral de Hausen, son
ministre de la Guerre, s'est rendu rcemment  Metz, o, pendant son
sjour, il a t l'hte du comte Zeppelin, prsident de Lorraine. Ce
haut fonctionnaire tait venu attendre le souverain  la gare en simple
tenue de ville; il le conduisit  la prsidence dans une voiture de
louage, avec un cocher emprunt  l'administration des postes.

Le 23 juin, le roi inspecta le 12e rgiment d'artillerie saxon et passa
une revue en prsence du corps des officiers de la garnison.

Le 24, aprs avoir entendu la messe  la cathdrale, il alla, escort de
son tat-major, visiter les champs de bataille de 1870 et le hall
commmoratif de Gravelotte, inaugur par Guillaume II au mois de mai
dernier. Autour du monument lev  la mmoire du 12e corps d'arme
saxon, la colonie saxonne de Metz et les officiers du 12e d'artillerie
s'taient runis pour faire  leur souverain une ovation enthousiaste.



PROMESSES DE RFORMES EN RUSSIE

Le mardi 20 juin, l'empereur Nicolas II recevait, en audience prive, au
palais Alexandria,  Pterhof, la dputation du congrs des zemstvos
tenu  Moscou et les dlgus de la municipalit de Saint-Ptersbourg,
qui s'taient joints  eux.

La premire dlgation se composait de M. le comte P.-A. Heyden, de
Pskov, prsident; M. J.-J. Petrounkevitch, de Tver; M. N.-N. Zwow, de
Saratof; M. F.-I. Roditchef, de Tver; M. le comte G.-G. Zwow, prsident
du zemstvo de Toula; M. F.-A. Golovine, prsident du zemstvo de Moscou;
M. N.-N. Kovalevsky, de Kharkof; du comte P.-D. Dolgoroukof, de Roussk;
du comte S.-N. Troubetzko, de Moscou; de M. J.-A. Nowossiltzef, de
Temnikowsk et du comte D.-J. Chakowsky, de Yaroslav. La ville de
Saint-Ptersbourg tait reprsente par MM. le baron Korf, Nikitine et
Fedorof.

Tous ont eu la grande amabilit, au sortir de cette audience, de vouloir
bien poser spcialement pour _L'Illustration_. Cette photographie aura
du moins pour rsultat de montrer combien est grande l'illusion des gens
qui s'imaginent le parti rformateur, en Russie, dirig par des
dmagogues  tous crins, des agitateurs sans feu ni lieu.

Cette audience de Pterhof marque, videmment, une date importante dans
l'histoire de la Russie. Et ce n'est pas sans beaucoup de
tergiversations que le tsar, tiraill entre son bon vouloir et les
intrigues du parti hostile  toutes rformes, se dcida  l'accorder.

Mme, un homme, parmi ces hommes rangs qui composaient la dputation
des zemstvos, excita dans l'entourage imprial quelque dfiance. Quand
les dlgus du congrs de Moscou et de la ville de Saint-Ptersbourg,
amens dans les voitures de la cour  la ferme Alexandria, tout
enguirlande de verdure et de fleurs, furent dans le salon o on les
avait introduits en attendant qu'ils pussent tre reus, le ministre de
la cour, baron Fredericksz vint leur dclarer que, quelle que ft la
bienveillance de son matre, il lui tait toutefois difficile de
recevoir M. Petrounkevitch, qui passait pour avoir des relations
rvolutionnaires. M. Petrounkevitch, pourtant, fut reu avec ses amis et
collgues.

On avait beaucoup discut, par avance, sur les conditions dans
lesquelles Nicolas II consentirait  recevoir les dlgus. A titre
priv disait leur lettre d'audience et dit aussi le compte rendu
officiel de l'audience. En ralit, envers et contre toutes les
dfinitions protocolaires, c'est bien une dputation de son peuple qu'a
reue l'empereur, et c'est ce qui donne  cette audience toute son
importance.

A peine avait-on introduit les dlgus dans la salle o allait avoir
lieu cette dcisive entrevue que Nicolas II parut. Il ne dit pas un mot
et attendit que le porte-parole des dlgus parlt. Le comte
Troubetzko alors lut l'adresse, assez rude dans ses termes, qu'avaient
rdige les mandataires des zemstvos. M. Fedorof lui succda, parlant au
nom de la ville de Saint-Ptersbourg.

Puis l'empereur rpondit, et l'essence de sa rponse tenait dans ces
deux phrases:

Dissipez vos doutes; ma volont est volont souveraine et inbranlable,
et l'admission des lus aux travaux de l'tat sera rgulirement
accomplie; je veille chaque jour et me consacre  cette oeuvre. Vous
pouvez annoncer cela  tous vos proches, aussi bien  ceux habitant la
campagne qu' ceux des villes.

Et, conformment  ce dsir du tsar, le lendemain, les reprsentants de
la ville de Saint-Ptersbourg, devant le conseil municipal assembl  la
_douma_,  l'htel de ville, rendaient compte de l'audience de Pterhof.

M. Nikitine en retraait tous les dtails. Puis, aux applaudissements
unanimes de l'assemble, rsumait les impressions des trois dlgus de
la municipalit et disait leurs esprances,--les esprances du peuple
russe:

Soyons confiants, a-t-il dit, dans les promesses du tsar. L'assemble
sera convoque de faon normale. Il n'y aura pas de dshrits. Le tsar
veille. Le tsar nous protgera contre les attentats  la libert de
conscience, de la presse, de la parole, des personnes et du domicile.

Nous sommes  la veille d'une grande rforme. Je suis sr qu'elle se
ralisera, comme toutes les grandes rformes de la Russie, sans
cataclysme, et que la Russie en sortira rnove.



[Illustration: Le roi. Le ministre. A Metz.--Le roi Frdric-Auguste de
Saxe et son ministre de la guerre, le baron de Hausen.--Phot. W.
Jacobi.]


[Illustration: S.-S. Zwow, F.-I. Roditchef, Comte de Zwow, F.-A.
Golovine, Kovalevsky, Comte Dolgoroukof, Comte Troubetzko, de Moscou,
Nowossiltzef, Comte Chakowsky.

De Saratof de Tver, pt. de zemstvo  Toula, pt. de zemstvo  Moscou, de
Kharkof, de Roussk. qui parla au nom des dlgus, de Temnikowsk, de
Yaroslav.

Baron P.-Z. Korf, Comte Heyden, de Pskov, J.-J, Petrounkevitch, M.-P.
Fedorof, A.-N. Nikitine.

De Saint-Ptersbourg, prsident de la dlgation des zemstvos, de Tver,
de Saint-Ptersbourg, de Saint-Ptersbourg.

La dlgation du Congrs des zemstvos de Moscou et de la municipalit de
Saint-Ptersbourg, qui a t reue par le tsar  Pterhof, le 20 juin.
_Photographie Moniouchko, prise spcialement pour_ L'Illustration.]

[Illustration: Sance de la douma de Saint-Ptersbourg, le 21 juin: M.
Nikitine rend compte de l'audience de Pterhof. _Dessin d'aprs nature
de M. V. Mazourovsky.--Voir l'article  la page prcdente._

PROMESSES DE RFORMES EN RUSSIE]



LES TROUBLES DE LODZ

Il y a quinze jours, tout le monde, en France, ignorait, ou  peu prs,
l'existence de la ville de Lodz, en Pologne. Les villes heureuses n'ont
pas d'histoire!

Au commencement du dix-neuvime sicle, une colonie allemande venait
s'tablir, l o est Lodz, aux bords de la Loudka. Elle y fonda un
atelier de tissage de coton.

L'administration russe l'accueillit bien, esprant trouver dans les
survenants, dans ceux qui ne pouvaient manquer de venir les rejoindre,
une sorte de noyau antipolonais. Elle combla de faveurs les immigrants.
Lodz, rapidement, prospra.

Il y vint de nouveaux Allemands et beaucoup d'Isralites, auxquels la
possession du sol et mme les travaux de la terre taient interdits en
Russie. La ville neuve les attira.

D'autres industries s'adjoignirent alors aux filatures de coton. Et Lodz
est maintenant une formidable ville industrielle, habite par 400.000
mes. Mais l'ouvrier y est trs malheureux en raison mme du pullulement
de la main-d'oeuvre. Quand la perscution antismite commena en Russie,
les patrons chrtiens ne voulurent plus employer de juifs. Les patrons
isralites les repoussrent galement. Ceux des industriels qui
consentirent  utiliser leurs services profitrent de leur situation
_d'outlaws_ pour leur offrir des salaires drisoires: la paye moyenne
d'un ouvrier,  Lodz, ne dpasse pas 60 kopecks, 1 fr. 60 environ. La
moyenne s'tablit fatalement d'aprs le tarif que les ouvriers
isralites taient obligs de subir. Croupissant dans une misre noire,
inquits, d'autre part,  cause de leur religion, par l'autorit, les
juifs de Lodz s'efforcrent de quitter cet enfer. Le sionisme en
fournit  nombre d'entre eux le moyen. Ils migrrent en masse en
Amrique. Le socialisme s'en mla, remua les ouvriers non isralites et
aussi maltraits, au point de vue du gain, que les juifs. La population
ouvrire de Lodz tout entire fermenta: on sait quel a t, ces jours
derniers, le rsultat de ce lamentable tat de choses.

Une premire bagarre eut lieu, le 18, entre ces misreux et la police.
Il y eut de nombreuses victimes. Une question confessionnelle s'tant
leve au sujet des funrailles, les socialistes s'unirent rsolument
aux juifs. Le 20, 70.000 manifestants se heurtaient  la police. On
leva des barricades. Il y eut, dans les rues, de vritables batailles
ranges. La police et la troupe furent sans piti. Pendant plusieurs
jours, ce furent d'indescriptibles boucheries.

Et voil comme Lodz est devenue tout  coup tristement clbre.

Nous avons eu la bonne fortune de dcouvrir,  Paris, un peintre qui
nous apporte sur la vie populaire dans cette malheureuse ville, des
documents d'un haut intrt et d'un ralisme trs sincre. C'est M.
Lopold Pilichowski, un exposant fidle de nos Salons. Fils d'un humble
cultivateur des environs de Lodz, M. Pilichowski a connu, au dbut de la
vie, toutes les misres des pauvres, et c'est  force d'nergie et de
persvrance qu'il parvint  poursuivre ses tudes artistiques, 
Munich, puis  Paris. Matre de son art, il a consacr le meilleur de
son talent  reprsenter les scnes de la vie juive  Lodz et dans la
rgion, son pays natal. Ses modles favoris ont t ses coreligionnaires
infortuns, et l'on peut penser qu'il a mis  les peindre le meilleur de
lui-mme. Nous connaissons admirablement, par lui, les types de ces
pauvres diables que, depuis une huitaine, on fusille en masse dans les
rues de la grande ville polonaise.


[Illustration: Halte sur la route de l'exil.]

[Illustration: Une ruelle  Lodz.]

[Illustration: Repos prcaire.]

[Illustration: Les accabls.]

LA MISRE JUIVE A LODZ

_D'aprs les tableaux du peintre polonais Lopold Pilichowski._



LE CONCOURS CENTRAL HIPPIQUE

Le Concours central hippique, qui s'est tenu la semaine dernire  la
galerie des Machines et qui, sans doute, va se renouveler tous les ans,
n'est  aucun point de vue une rptition ni une concurrence du concours
hippique traditionnel du mois d'avril. A vrai dire, il n'a avec celui-ci
rien de commun, pas mme le titre. Sa dnomination officielle et seule
exacte de Concours central des animaux reproducteurs des espces
chevaline et asine, en dtermine parfaitement la nature et le but.
Alors que le concours organis chaque anne, au palais de l'Industrie
jadis, au Grand Palais maintenant, a pour objet de faire ressortir la
qualit et le dressage des chevaux destins  la selle ou  la voiture,
l'exhibition nouvelle est rserve aux talons et aux poulinires:
encore faut-il qu'ils soient ns en France.

D'autre part, elle admet des animaux de diverses races qui ne pourraient
figurer qu'exceptionnellement dans les preuves du Grand Palais. A ct
des pur sang (anglais, arabe ou anglo-arabe), des trotteurs, des
demi-sang (anglo-arabe, normand, venden, du Centre, etc.), des
catgories spciales taient ouvertes,  la galerie des Machines, aux
races postires et aux races de gros trait (percheronne, ardennaise,
bretonne, etc.), et ce n'taient certes ni les moins nombreuses, ni les
moins intressantes. Il y avait mme une petite place pour les nes et
les mulets.

En somme, l'exposition prsentait un tableau trs fidle et trs complet
de la population chevaline de la France, sauf peut-tre en ce qui
concerne les pur sang anglais, dont la qualit comme le nombre taient
mdiocres et qui ne peuvent, en ralit, tre apprcis  leur juste
valeur que sur l'hippodrome. Elle permettait de juger de la varit et
de la richesse des ressources fournies par notre levage, ressources
encore trop peu connues de nous et sur lesquelles peut-tre les
trangers taient mieux difis. En 1900, l'Exposition de Vincennes
avait dj pu nous donner confiance. Le concours de juin 1905 aura servi
surtout  mettre en lumire nos races de trait: non seulement elles ont
conserv leurs qualits originelles, elles les ont dveloppes en y
joignant d'autres mrites, alliant  la force et  la puissance dues 
leur structure, d'apparence massive, une intensit d'nergie nerveuse et
une souplesse d'allures qui les rendent plus rsistantes que jamais  la
fatigue et leur donnent du mme coup une relle beaut.

Les types les plus divers se rencontraient la semaine dernire  la
galerie des Machines, ports presque  leur perfection, dj
admirablement appropris aux services que peuvent attendre d'eux soit le
luxe, soit l'industrie, soit--ce qui est plus essentiel encore--la
dfense nationale.

Les trois photographies que nous publions de trois des talons prims
donneront bien l'ide de cette diversit d'aspect.

Dans le cheval d'origine orientale, arabe ou anglo-arabe, se maintient
toujours cette lgance aristocratique qui attire invinciblement le
regard, qui appelle la caresse et qui, d'ailleurs, n'exclut point la
vigueur, ni la rsistance, au contraire! Notre cavalerie lgre en a
donn des preuves suffisamment nombreuses, et,  l'occasion, en
donnerait de nouvelles encore.

Mais, sous une enveloppe plus grosse, en des membres plus pais, on peut
trouver, comme nous l'avons dj dit, chez nos talons de trait, une
solidit non moins grande et une harmonie des lignes non moins
vritable. Vus par groupes surtout, ces percherons, ces bretons,
voquent bien l'ide du coup de collier irrsistible, dans lequel ils
entraneront les masses les plus lourdes.

Enfin, malgr leur aspect certes moins engageant sous leur toison
floconneuse et souille de fange, il ne faut point avoir de ddain pour
les braves baudets et nesses dont les rejetons pourront traner la
petite charrette si utile aux pauvres gens ou si rjouissante pour nos
bbs. Ils furent d'ailleurs une des grandes distractions du public.

[Illustration: Sadik, talon de pur sang arabe.]

[Illustration: Bacchis, baudet.]

[Illustration: Mogy, talon breton.]

TROIS TYPES D'TALONS PHOTOGRAPHIS AU CONCOURS CENTRAL HIPPIQUE



Le Trou de l'Agneau et le sommet du mont Margrias.

UNE PROUESSE DE CHASSEURS ALPINS

Les bataillons de chasseurs alpins ont  remplir un rle de
couverture, c'est--dire doivent prendre et garder le contact avec
l'ennemi, afin de pouvoir renseigner  tout instant le gros de l'arme.
Ceci n'est possible qu'avec une connaissance parfaite des moindres
accidents du terrain; aussi les secteurs dvolus  ces troupes d'lite
sont-ils explors par elles avec une minutie inconnue dans les autres
armes. Le service y est plus dur, mais en mme temps singulirement plus
intressant, et le moral des hommes s'en ressent de la manire la plus
heureuse.

Le 13e bataillon des chasseurs alpins, en garnison  Chambry, sous la
conduite du colonel Sauret, chef plein d'activit et d'initiative
nergique, vient de se distinguer brillamment en forant un passage
nouveau au Margrias.

Au nord-est de Chambry se trouve une grande crte rocheuse qui spare
les valles du Chtelard et d'Aillon de celle de la Leisse. Oriente du
nord au sud, elle s'tend,  vol d'oiseau, sur 12 ou 15 kilomtres de
long. Son point culminant est le mont Margrias, 1.846 mtres. Ses deux
versants sont de dclivits trs ingales. Celui de droite forme un
plateau qui descend lentement vers Aillon. Celui de gauche commence par
une muraille  pic de 200 mtres environ et continue par des pentes trs
inclines dvalant jusqu' la Leisse.

Au lieu de contourner toujours cette longue crte par le nord ou par le
sud, le colonel Sauret se proposa de l'attaquer en plein milieu, sous le
sommet, l o se dessine une lgre faille. Le projet tait hardi. La
lgende voulait qu'un agneau, une fois, s'y tant inconsidrment lanc,
avait russi  en sortir sain et sauf; mais, de mmoire d'homme,
personne n'avait jamais pass par l et aucun chef ne l'avait suppos
possible. Ce qui est ais pour un touriste dlivr de tout
_impedimentum_ peut devenir terrible pour une troupe en armes; et la
chose n'est en outre intressante, au point de vue militaire, que si
elle peut s'effectuer dans un certain laps de temps assez court.

Le lieutenant Royer [2] et deux chasseurs ayant effectu une
reconnaissance prliminaire, l'expdition est dcide et,  2 heures du
matin, six compagnies quittent la caserne de Joppet pour remonter la
valle de la Leisse.

Jusqu'au Chalet-aux-Cares (1.380 m.), atteint  6 h. 30, c'est une
simple promenade; c'est tout plaisir, mais voici venir la lutte et la
fatigue. C'est d'abord 200  300 mtres d'un pierrier assez raide. Puis,
 7 h. 55, nous nous trouvons au pied mme de la grande muraille du
Margrias.

[Note 2: Enlev rcemment  l'affection de tous par une courte
maladie.]

Nous avons  franchir une paroi scabreuse, raye d'un couloir  peine
indiqu, o les pierres tiennent mal. Le fusil est horriblement gnant,
le sac tire d'une manire terrible, les hommes ont toutes les peines du
monde  grimper, mais ils sont pleins d'entrain et les officiers pleins
de sollicitude; le capitaine, Arbey et le lieutenant Fine (6e
compagnie), se sont arrts aux deux plus mauvais pas de cette escalade,
et, sans se lasser, prennent les fusils que chacun leur tend,  tour de
rle. A mi-hauteur, aprs un petit replat, la roche surplombe, et nous
nous trouvons avec surprise  l'entre d'une grande caverne noire, dont
le sol accident est encore capitonn de neige.

Le noyau plutonique des Alpes est ceintur par un pais anneau de roches
sdimentaires, constitu en majeure partie de calcaire compact, mais
feuillet et fissur. Tel est le Margrias. L'eau de pluie, et plus
encore l'eau de neige, plus riche en acide carbonique, corrode le
calcaire et y pratique  la longue d'incroyables refouillements.

Notre caverne n'est que l'orifice infrieur du Trou de l'Agneau, boyau
tortueux, coup de brusques ressauts et qui finit par dboucher juste au
sommet. La gymnastique heurte  laquelle il faut nous livrer dans le
sein de la roche,  la lumire tremblante de quelques lanternes, est
curieuse et inoubliable.

Enfin, voici le jour. A 8 h. 25 nous mergeons en plein soleil, au haut
de la montagne,  1.850 mtres. Le passage est forc avec un plein
succs. La musique nous joue ses airs les plus rconfortants pour nous
remettre de nos violents efforts.

Le retour (dpart  11 heures) et t fort agrable sans un soleil
torride et les lourdes charges qui nous appesantissaient! Mais chacun
tait fier du bel exploit accompli et c'est avec bonne humeur que nous
nous prparons  enlever l'tape qui nous spare encore de la grande
halte.

La crte de la montagne est suivie vers le sud pendant 4  5 kilomtres,
au bout desquels le col d'Averne (1.518 m., 11 h. 40), permet de
redescendre dans la valle de la Leisse. Un pierrier prouvant et un
versant rapide nous amnent enfin,  1 heure,  Pougne: il y a onze
heures que nous n'avons rien mang et nous avons fait preuve d'une belle
endurance.

Tout  fait gaillards, nous nous levons deux heures plus tard pour
rentrer  Joppet, en excellente forme,  5 h. 30.

EDOUARD MONOD-HERZEN.

[Illustration: ... Nous avons  franchir une paroi, raye d'un couloir
 peine indiqu...]



[Illustration: Le roi Frdric-Auguste. LE 12e RGIMENT D'ARTILLERIE
SAXON DFILE AU PAS DE PARADE DEVANT LE ROI DE SAXE, SUR L'ESPLANADE DE
METZ, LE 23 JUIN _Voir l'article, page 3._]



[Illustration: Petit jouet en ivoire sculpt.]

[Illustration: Machines  compter ou jouets  combinaison de chiffres.]

[Illustration: Laie en ivoire sculpt.]

UNE NOUVELLE SALLE AU MUSE DU LOUVRE

LES TRSORS RAPPORTS DE SUSIANE PAR LA MISSION DE MORGAN
_(Photographies de M. G. Pissarro.)_

Il y avait une fois, dans un pays lointain, une reine qui s'appelait la
reine Napir Asou. Elle avait pous le roi Ountach Gal, qui tait un
fort bel homme et trs galant.

Le roi Ountach Gal voulut un jour honorer son pouse. Il prescrivit  un
artiste de choix de faire la statue de la reine et commanda qu'elle ft
en bronze, adorne du mieux possible, faute de quoi le sculpteur aurait
la tte tranche ou serait simplement empal, suivant ce qu'il aimerait
le mieux. Si ce n'est vrai, c'est du moins vraisemblable.

Cela se passait, il y a trois mille cinq cents ans,  Suse en Susiane ou
pays d'Elam, non loin du Tigre et de l'Euphrate,  deux pas du golfe
Persique. Aujourd'hui, le chah de Perse, ami de la France et de
Contrexville, rgne sur cette contre, bnie peut-tre, mais,  coup
sr, mal habite. Des nomades y abondent, qui ne reconnaissent d'autre
puissance que celle d'Allah et se soucient fort peu de celle du chah.

Depuis 1897, nous entretenons en Susiane une mission dite de la
Dlgation en Perse. Le ministre de l'instruction publique lui octroie
gnreusement 130.000 francs par an, et M. de Morgan, prcdemment
directeur gnral des antiquits de l'gypte, en est l'admirable chef.
Elle combat sur le champ de bataille de l'archologie et fait,
indistinctement, le coup de pelle, le coup de pioche et le coup de feu.
Elle s'occupe de doter la France de tout ce qu'elle dcouvre de propre 
enrichir le trsor scientifique de l'humanit et ne ddaigne ni la
flore, ni la faune,  la grande joie de notre Musum d'histoire
naturelle. Ses principales trouvailles sont  prsent au Louvre. Une
nouvelle salle--trop petite--proche de celle du Mastaba, leur est
rserve. MM. Bienvenu-Martin et Dujardin-Beaumetz l'ont inaugure cette
semaine. On y remarquera des peintures vocatrices, faites par le
peintre Bondoux en Susiane. Leurs fraches couleurs voisinent avec les
pierres, les poteries et les bronzes vnrables dont le R. P. Scheil a
dchiffr les inscriptions millnaires. La reine Napir Asou doit
beaucoup de reconnaissance  cet illustre et modeste rudit.

[Illustration: Koudourou, ou titre de proprit, portant le sirou
symbolique, ou serpent sacr.]

La belle statue dont lui fit prsent le roi son poux dormait ensevelie,
 20 mtres de profondeur, dans les ruines de l'ancienne acropole de
Suse. L'an pass, quelques-uns des 800 ouvriers qui ont dblay 280.000
mtres cubes de 1897  1905, sur les 1.220.000 que reprsente le tell de
l'Acropole (il faudra vingt-cinq ans pour en venir  bout) mirent  jour
l'effigie de Sa Majest. L'oeuvre d'art tait intacte,  la tte prs,
qui manquait. Elle manque toujours. Mais M. Lampre, le dvou secrtaire
de la Dlgation, espre la trouver, et sa zle collaboratrice, Mme
Lampre, qui partage les joies et les peines de la mission, en restant
modestement vtue du costume de son sexe, a la mme confiance. Cette
tte, il nous la faut; on l'aura. Elle ne peut tre que fort belle, car
les femmes qui perdent la tte sont ordinairement jolies.

Napir Asou l'tait. Le savant M. Van Branteghem s'en est port garant
dans _Saturday Review_. Dirons-nous, d'aprs lui, que la reine faisait
fort bien la rvrence? Le mouvement de la statue semble l'indiquer.
Quel malheur que, lors du sac de Suse par quelque roi de Ninive ou
d'ailleurs, elle ait t dcapite! Heureusement, on respecta sa robe.
Elle tait dj  la mode actuelle: la jupe est plisse-soleil. Mais,
sur ce point, les savants discutent. Une seule chose est certaine:
l'inscription qui est au bas de la statue. Le R. P. Scheil l'a traduite
et voil pourquoi, au pays des ombres, la reine Napir Asou lui est
reconnaissante. Cette inscription numre les noms, titres et grces de
Sa Majest. Derrire elle veillent deux lions d'argile maill, qui
virent le feu du four deux mille ans au moins avant Jsus-Christ. Plus
loin, voici le code d'Hanimourabi, stle de granit qu'un roi de Suse dut
prendre en Babylonie  titre de trophe. C'est un monument d'une
inapprciable valeur et qui nous donne le code civil des Chaldens vingt
sicles avant notre re.

Nous avons eu, par la mission Dieulafoy, la rvlation des splendeurs
des Achmnides. Xerxs et Darius nous sont apparus dans l'clat de
leurs palais. Mais, avant eux, d'autres grands rois rgnaient entre la
mer Caspienne et le golfe Persique. La mission Dieulafoy effleura le sol
o ils ont disparu; la Dlgation de Perse, reprenant tout  pied
d'oeuvre, va jusqu'au trfonds des ruines, et l'antique Elam sort du
tombeau. Voici des koudourous, ou titres de proprit gravs sur
pierre, qui ont cinq mille ans; voici un vase de bronze, magnifiquement
cisel cinquante sicles avant l're chrtienne. M. de Morgan et le R.
P. Scheil savent dj presque toute l'histoire de la Susiane et de la
Chalde depuis le lendemain du prhistorique. Un monde insouponn sort,
grce  eux, de la nuit du pass.

H. DE N.

[Illustration: Vase en bronze (vieux d'environ 7.000 ans).]

[Illustration: La salle d'exposition des objets rapports par la mission
de Morgan. Au premier plan, la reine Napir Asou.]



[Illustrations: 1. Un groupe de dentellires.--2. La Muse de
l'alimentation, marchande de fleurs et de primeurs.--3. Le buffet.]

Il s'est fond rcemment, sous le haut patronage de Mme la duchesse
d'Uzs, avec le concours de femmes du monde, une institution fort
intressante destine  encourager en France la trs ancienne et trs
artistique industrie de la dentelle  la main, qu'il serait si
regrettable de laisser pricliter; le but immdiat de cette oeuvre du
Travail au foyer est de procurer aux ouvrires de la partie,
dissmines dans nos campagnes, une besogne  domicile, suffisamment
rmunratrice.

Un comit, dont le vice-prsident, M. de Marande, prodigue son zle de
la faon la plus active, avait organis, le 21 juin, au jardin des
Tuileries, une grande fte au profit de l'oeuvre. Rien ne manquait au
programme pour en assurer le succs: ni l'agrment du cadre de verdure,
ni la varit des attractions, ni la prcieuse collaboration du soleil.
Pendant toute une journe, une foule o souriaient toutes les lgances,
o figuraient les plus beaux noms de l'aristocratie franaise, se pressa
sur la terrasse des Feuillants, devant l'exposition des dentelles, les
groupes de dentellires, les boutiques des vendeuses titres, et le luxe
paya un large tribut  la bienfaisance.

[Illustration: M. Arthur Meyer.]

[Illustration: En cercle autour de la duchesse d'Uzs.]

[Illustration: Breton et Parisienne.]

LA FTE DE L'LGANCE ET DE LA DENTELLE AU JARDIN DES TUILERIES



[Illustration: Intrieur de la forteresse de Sadia, enleve au
prtendant par les troupes du Maghzen.]

[Illustration: La frontire algro-marocaine prs de Sadia (au fond, la
Mditerrane).]

UNE FORTERESSE DU PRTENDANT MAROCAIN

Tandis qu'en Europe,  propos du Maroc, on se chamaille, on ngocie 
coups de conversations diplomatiques et de notes, au Maroc mme on
continue d'changer des coups de fusil. Le prtendant Moulay M'hamed
rsiste nergiquement aux troupes du Maghzen.

La forteresse de Sadia, au bord mme de la Mditerrane, avec une
dfense naturelle de collines assez peu leves, mais propres toujours
aux embuscades, avec une bonne muraille crnele, tait une de ses
positions principales. Elle vient de tomber aux mains des soldats du
sultan, qui n'est pas autrement fch, dans toute cette interminable
campagne, de trouver quelquefois l'appui des canons franais.



Sur les marches du palais lgislatif d'Athnes: passants et curieux
regardant les taches de sang  l'endroit o M. Delyannis fut assassin.

LA MORT DE M. DELYANNIS

La profonde motion cause en Grce par l'assassinat de M. Delyannis,
prsident du Conseil, ne s'est pas borne au monde politique. A la suite
du tragique vnement, ce fut, pendant plusieurs jours, un plerinage
populaire vers le palais lgislatif au seuil duquel, le 13 juin, le
vnrable homme d'tat avait t mortellement frapp: on voulait voir la
place mme o il tait tomb, et il semblait  cette foule expansive
qu'elle manifestait mieux ainsi sa rprobation contre le meurtrier et sa
sympathie pour la victime.



[Illustration: Un lphant du royaume de Lilliput.]

L'EXPOSITION COLONIALE DE NOGENT

Le jardin colonial de Nogent, que dirige avec tant de soins
l'explorateur Jean Dybowski, est en ce moment le thtre d'une
Exposition coloniale fort intressante, varie, et qui attire dans ces
parages assez lointains, mais fort agrables, un public nombreux.

Cette Exposition a t inaugure trs brillamment, il y a une huitaine,
par M. Clmentel, ministre des Colonies. En dehors de son ct srieux
(apiculture et botanique coloniales, beaux-arts), elle prsente quelques
attractions pittoresques. Elle a ses ngres, avec leurs pirogues, dans
de jolis paysages de bambous aux fins feuillages, sa faune exotique,
dont le clou est un petit lphant de bote de jeu, mais bien vivant,
espigle, haut d'un mtre  peu prs, fantaisiste et tout  fait
amusant.

[Illustration: M. Clmentel, M. Dybowski et M. le maire de Nogent
inaugurant l'Exposition coloniale.]



LES BAGAGES DU KRONPRINZ

[Illustration: En gare de Stettin: les bagages du kronprinz d'Allemagne
partant, aprs son mariage avec la princesse Ccile de
Mecklembourg-Schwerin, pour le chteau d'Hubertusstock.]

Aprs la clbration de leur mariage, le 6 juin, le prince imprial
d'Allemagne et la princesse Ccile sont partis pour le chteau
d'Hubertusstock, o ils vont passer leur lune de miel. Pour un pareil
dplacement, les bagages ne furent pas, comme bien on pense, chose de
minime importance, et ceux du kronprinz,  eux seuls, considrables par
leur quantit et par leur poids, devaient fournir,  la bascule, ce
qu'on appelle un joli excdent. Une photographie nous les montre
runis sous le hall de la gare de Stettin: colis de toutes formes et de
toutes dimensions, y compris un monumental tui  chapeau, timbr d'un
chiffre couronn; un facteur du chemin de fer, prpos  leur garde,
partage la consigne avec un chien bull, gravement assis sur une norme
malle et prt  rprimer, de ses crocs redoutables, le moindre attentat
 la proprit princire. C'est le cas d'appliquer le vieil adage:
cave canem!



[Illustration: Un coin du jardin colonial.]

A L'EXPOSITION COLONIALE DE NOGENT-SUR-MARNE



NOS TRANSPORTS DE MOBILISATION EN 1870 ET EN 1905

Si _L'Illustration_, qui a publi en 1903, dans son numro du 16 mai, un
tableau de la mobilisation allemande, s'occupe aujourd'hui de la
mobilisation franaise, ce n'est assurment pas avec l'intention de
laisser entendre  ses lecteurs que cette mobilisation puisse tre une
ventualit proche. Rien ne permet de supposer que nous soyons  la
veille, ou mme  l'avant-veille, d'un conflit arm.

Il importe cependant que le public franais ne croie pas que des
complications, quelles qu'elles fussent, nous surprendraient au
dpourvu, ou dans un tat d'infriorit. Et les deux schmas que nous
reproduisons ici sont,  cet gard, du plus haut intrt. Ils montrent,
de la faon la plus frappante, quels progrs la France a raliss,
depuis trente-cinq ans, dans l'organisation essentielle de ses
transports de mobilisation.

Voil o nous en tions en 1870... Voici o nous en sommes en 1905... Il
est bon que tous les Franais, et aussi tous les Allemands, puissent
comparer d'un coup d'oeil _ceci_  _cela_.

Htons-nous d'ajouter que ces schmas ne sont pas emprunts au plan de
mobilisation de notre tat-major gnral. Aucune divulgation criminelle
ne les a mis entre nos mains et nous ne compromettons, en les publiant,
aucun intrt national. Nous les avons trouvs dans une brochure
allemande.

C'est une de ces brochures semi-confidentielles que publient,  un petit
nombre d'exemplaires, les officiers allemands des grandes villes de
garnison lorsque, en prsence de leurs camarades, ils ont fait une
confrence remarque, mritant les honneurs de l'impression et de
l'envoi au grand tat-major de Berlin.

Celle-ci, intitule _Der noechste Krieg gegen Frankreich (la Prochaine
Guerre contre la France)_, est l'oeuvre du major saxon von S...

Dans un premier tableau, l'auteur a rsum la faon dont s'effectua le
transport des troupes franaises en 1870. On voit que trois lignes
ferres seulement, dont l'une tait  double voie et les deux autres 
voie simple, servirent  transporter l'arme du Rhin et que, toutes les
lignes ferres aboutissant  Paris, toute l'arme franaise mobilise
dut passer par Paris pour se rendre  la frontire. Il en rsulta une
lenteur, une irrgularit et un encombrement indescriptibles.

Il est facile de comprendre qu'une rapide concentration des armes  la
frontire exige les conditions essentielles suivantes:

1 Chaque corps d'arme doit possder, pour son transport  la
frontire, une ligne ferre indpendante;

2 Le transport sera plus rapide si la ligne est  plusieurs voies, si
elle est choisie la plus courte possible, mais en mme temps la mieux
approprie  une circulation intensive des trains, c'est--dire si elle
ne comporte pas de rampes trop fortes pour les grands convois et des
courbes  trop petit rayon.

En 1905, suivant le second tableau dress par l'officier allemand, les
conditions d'un transport de troupes franaises  la frontire de l'est
sont merveilleusement remplies. Treize lignes  double voie (une de plus
qu'en Allemagne) amneraient 13 corps franais, directement et dans le
plus court temps possible,  la frontire. Ces 13 corps, s'ajoutant aux
3 corps de couverture (6e, 7e et 20e), formeraient quatre armes: sur
l'Argonne,  la troue de la Moselle, prs de Nancy et sur les Vosges.

Le major von S... calcule ainsi le temps ncessaire  la mobilisation,
au transport et  la concentration des armes franaises en 1905:

1 Envoi de l'ordre de mobilisation.......................... 1er jour.

2 Arrive des rservistes, habillement; rquisitionnement des chevaux
et voitures, termins le...................................... 5e jour.

3 Embarquement des troupes et du matriel de chaque corps d'arme,
termin le. 8e jour 4 Transport  la frontire (2 jours), termin
le........................................................... 10e jour.

Repos de deux jours, termin le.............................. 12e jour.

Concentration, termine le................................... 13e jour.

Marche en avant, le.......................................... 14e jour.

En rsum, prs de 700.000 hommes (y compris les troupes de couverture)
seraient prts  marcher en avant le 14e jour, contre 200.000 seulement,
en 1870, dans le mme laps de temps.

J. DELAPORTE.

[Illustration: LA MOBILISATION TELLE QU'ELLE S'EFFECTUA EN 1870 Une
ligne  voie double et deux  voie simple partant de Paris pour aboutir
 la frontire allemande.

_En 1870, aucune voie ferre de mobilisation ne runissait directement
l'intrieur de la France  la frontire d'Allemagne. Toute l'arme du
Rhin dut passer par Paris, ce qui causa un encombrement norme. La
Compagnie de l'Est russit cependant  transporter 196.000 hommes en dix
jours par les trois lignes ferres indiques ci-dessus. La ligne  voie
double Paris-Strasbourg supporta 48 trains par jour (24  l'aller et 24
au retour); les deux lignes Paris-Thionville et Paris-Mulhouse,  voie
simple, supportrent seulement 36 trains quotidiens (18  l'aller, 18 au
retour)._]

[Illustration: Dessin spcialement pour l'Illustration par G. Lepage
sous la direction de M. Delaporte.

LA MOBILISATION TELLE QU'ELLE POURRAIT S'EFFECTUER EN 1905

Treize lignes ferres  double voie, aboutissant pour le 1er corps 
Longwy, le 2e  Apremont, le 3e  Liart, le 10e  Verdun, le 4e 
Sainte-Menehould, le 11e  Chlons-sur-Marne, le 9e  Lrouville, le 12e
 Commercy, le 5e  Pagny-sur-Meuse, le 8e  Toul (encore  voie simple
entre Clamecy et Avallon), le 13e  Epinal, le 16e  Belfort, le 19e 
Belfort.

_Le 18e corps peut se rendre jusqu' Chartres par une ligne indpendante
 voie double, le 17e jusqu' Limoges, les 15e et 14e corps jusqu'
Bellegarde, mais le retard de ces quatre corps d'arme n'a pas
d'importance, ces corps tant prvus en rserve provisoire. Ajoutons que
les 6e, 20e et 7e corps se rendent  pied  leur poste de combat. Enfin
une 14e ligne  voie double (de Paris  Lrouville par Meaux,
Chteau-Thierry, Epernay) servirait exclusivement au transport des
approvisionnements. Le transport d'un seul corps d'arme exigeant 120
trains, les treize corps d'arme amens immdiatement  la frontire
exigeraient donc (13 x 120) 1.560 trains  l'aller et autant au retour,
soit une circulation de plus de 3.000 trains (60.000 wagons).
L'Illustration a donn, dans son numro du 16 mai 1903, un tableau de la
mobilisation allemande._]

[Illustration: La comtesse Mathieu de Noailles, dont le nouveau roman:
_la Domination_, vient de paratre.--_Phot. Dornac._]



MOUVEMENT LITTRAIRE

_L'Impossible Sincrit,_ par la baronne Hlne de Zuylen (Calmann-Lvy,
3 fr. 50).--_La Domination_, par la comtesse de Noailles (Calmann-Lvy,
3 fr. 50).--_L'Illusion sentimentale_, par Paul Flat (Fontemoing, 3 fr.
50).--_La Nice de M. Jacob Gaspard_, par Gaston Rouvier, (Fasquelle, 3
fr. 50).--_La Couronne des jours_, par Ernest Raynaud (Mercure de
France, 3 fr. 50).

L'Impossible Sincrit.

Une jeune Anglaise, Bryl, est adore d'un jeune Hongrois, Gyula Zk,
un compatriote passionn de Ptofi. Elle lui rend tous ses sentiments;
mais, comme la jeune fille aime avant tout la loyaut, elle arracherait
son coeur plutt que d'y laisser quelque amour pour un menteur. On a beau
lui dire que, dans la passion, les hommes mentent toujours un peu, elle
croit  la sincrit de Gyula. Celui-ci se rend en Hongrie, pour
obtenir, dit-il, le consentement de ses parents  son mariage avec
Bryl.

Cependant la jeune Anglaise a des soupons. Elle apprend fortuitement
que le Hongrois est mari et pre de deux enfants. Ce qu'il cherche 
obtenir, c'est le divorce, afin d'pouser Bryl. Mais, comme il l'a
trompe pour la possder, elle rompt avec lui et le chasse de sa
prsence, ce qui amne le fianc  se loger une balle mortelle dans la
tte. Dsespre, Bryl est conduite elle-mme par la fivre au bord du
tombeau, puis voyage, mais sans retrouver la tranquillit. A ses yeux se
prsente un de ses cousins, de mme race qu'elle, aussi froid en amour
que le Hongrois tait dmonstratif. Celui-l ne ment pas, ou ment,
dit-il, aussi peu que possible. Finira-t-elle par l'pouser? Peut-tre.
A Venise, o l'on coudoie tant d'trangers, elle aperoit souvent  la
mme place deux enfants vtus de deuil auxquels elle demande leur nom.
Ce sont les enfants de Gyula.

Aujourd'hui, Bryl savait que, parmi les vocations du pass, ce sont
les souvenirs navrs qui obsdent avec le plus tenace parfum, telle est
la morale du roman que la baronne Hlne de Zuylen a intitul:
_l'Impossible Sincrit._

Ce n'est plus seulement comme romancires que les femmes nous dpassent.
Avec Mme de Zuylen, elles montrent dans la musique de la phrase, dans la
disposition des couleurs, dans la recherche prcieuse du mot, la science
la plus raffine.

La Domination.

O la domination dans le roman de Mme de Noailles? Je vois bien un jeune
crivain, Antoine Arnault, possd de la fureur d'tre au premier rang.
On sent dans ce personnage un petit lettr fort rempli de son moi, mais
dont l'esprit manque de vigueur et de savoir. Rien ne surpasse en vanit
cet Antoine Arnault, qui essaye de se faire une place dans les salles 
manger d'un monde aristocratique et hautain. Evidemment, Mme de Noailles
a peint ici d'aprs nature. Successivement, Antoine aime plusieurs
femmes, entre autres la comtesse Albi, dont le nom flatte ses puriles
prtentions. Il gote  plusieurs beauts sans trop s'y attarder et en
dilettante, jusqu' ce qu'enfin il pouse bourgeoisement une jeune fille
pourvue d'une assez belle dot. Ne se met-il pas  adorer la soeur de sa
femme? Avec une absence totale de scrupule, tous les deux, Antoine et sa
belle-soeur, installent sous le toit familial leur amour
semi-incestueux. Mme de Noailles nous a fort bien reprsent le petit
lettr sans vergogne qui aspire  la domination littraire et fminine
et qui ne sait pas se dominer lui-mme. Avec un art subtil elle nous a
pareillement indiqu les endroits accessibles de la femme en gnral, la
cible qu'elle offre aux flches d'ros.

Dans ce roman, Mme de Noailles dcrit aussi les lieux qu'avec ses amies
traverse Antoine Arnault et, surtout, pose devant nous, en une vivante
vocation, cette superbe veuve qui s'appelle Venise. Il y a l, malgr
la modernit des types, je ne sais quoi, partout, de sensuellement
paen, d'un paganisme semi-oriental et dcadent.

L'Illusion sentimentale.

M. Paul Flat, lui, ne rpand la couleur que suffisamment pour qu'on le
croie capable de la verser  flot, s'il le voulait. Charles Hrial, son
hros, a rencontr un jeune homme, Lucien d'Entraygues, avec lequel il
s'est li d'une vive amiti. Ensemble, ils ont communi dans les mmes
matres et dans les mmes ides; ils se sont enivrs de Wagner; ils ont
pareillement bu ensemble aux sources plus pures peut-tre et plus
harmonieuses, mais moins capiteuses de l'art italien. Les mmes paysages
les ont enthousiasms et, le soir, leur ont apport les mmes
mlancolies. Mais l'apparition d'une jeune fille les troubla dans leur
amiti. Lucien d'Entraygues aimait cette jeune fille. Charles Hrial,
lui prtant tous les charmes de l'esprit et du corps; l'pousa. Il fut
tromp par l'illusion sentimentale. Aprs quelques mois de mariage, le
voile tombant, la ralit apparut. Sa femme n'avait pas toute la finesse
d'esprit, tout le jugement qu'il lui avait supposs. Aussi, aprs s'tre
dtach d'elle, retourna-t-il vers l'ami et reprirent-ils les communions
anciennes. L'oeuvre de M. Flat, serre, abondante en fines dissections,
sera gote de tous les gens lettrs.

La Nice de M. Jacob Gaspard

C'est un article entier que mriterait le roman de M. Gaston Rouvier...
Une petite ville suisse en temps d'lections communales, avec ses
intrigues et ses commrages, nous est reprsente. Ne ressemble-t-elle
pas un peu  un bourg franais? M. Jacob Gaspard, usurier mrite, est
candidat  la prsidence ou mairie. Mais l'amour lui trouble l'me. Il
veut pouser sa nice, laquelle est prise d'un jeune Franais et
n'prouve que dgot pour le vieil oncle. Celui-ci est tu dans une
mle ouvrire. Rien de sublime comme l'image de Mathilde, la mre de la
jeune fille, que tire de sa fange et que transfigure l'amour maternel.

La Couronne des jours.

De la prose harmonieuse de Mme de Zuylen et de Noailles, nous allons,
sans changer d'univers, aux pomes de M. Ernest Raynaud. Le pote des
_Vitraux_ a un jour accol au nom de M. Raynaud l'adjectif _grand_. Dans
tous les cas, c'est un artiste riche, habile, que l'auteur des _Cornes
du faune_, de la _Tour d'ivoire_ et de la _Couronne des jours_. Combien
de pierres prcieuses rutilantes et finement serties dans les pages de
M. Raynaud! Peut-tre sa phrase s'accommode-t-elle mieux des sujets
levs, des peintures antiques, que des dtails de la vie familire.
Je recommande en particulier aux amateurs d'art, dans le dernier volume
du pote: _la Nouvelle Arcadie._

E. LEDRAIN.



M. ERNEST DAUDET

M. Ernest Daudet, frre du clbre romancier, a, on le sait, conquis
depuis longtemps sa place parmi nos crivains les plus distingus. Il a
publi lui-mme des romans qui auraient suffi  lui assurer une
notorit personnelle; mais c'est surtout  des tudes historiques qu'il
a, pendant vingt-cinq ans, consacr le meilleur de son labeur, fouillant
les archives avec une patience de bndictin, y faisant d'importantes
dcouvertes documentaires, clairant d'une vive lumire des points
curieux demeurs obscurs, puis--et ceci n'est pas le moindre de ses
mrites--pratiquant l'art difficile de communiquer  ses lecteurs
l'intrt passionna que le chercheur a pris  ses investigations et
jusqu' l'motion qu'il a ressentie au contact du pass.

[Illustration: M. Ernest Daudet.--Phot. Caulin et Berger.]

Entre tant de travaux remarquables, il convient de mentionner
particulirement _l'Histoire de l'migration_, pour laquelle l'Acadmie
franaise vient de dcerner  M. Ernest Daudet le grand prix Gobert, la
plus haute distinction dont elle dispose en faveur des historiens. Avant
lui, MM. Albert Sorel, Albert Vandal, Thureau-Dangin, Hanotaux,
acadmiciens aujourd'hui, avaient obtenu tour  tour ce prix, qui compta
Augustin Thierry au nombre de ses illustres titulaires; de tels noms en
disent assez la valeur honorifique.



L'EXPOSITION COLONIALE DE MARSEILLE

POSE DE LA PREMIRE PIERRE DU PALAIS DE MADAGASCAR.

Le comit d'organisation de l'Exposition nationale coloniale, qui doit
s'ouvrir  Marseille en avril 1906, a profit de l'arrive  Marseille
du gnral Gallieni pour l'inviter  poser la premire pierre du palais
que la colonie de Madagascar va difier, selon les plans de M. Jully,
sur le vaste emplacement qui lui a t rserv sur les terrains de
l'Exposition. Entour de M. Charles Roux, commissaire gnral; de MM.
Morel, directeur; Giry et Delborbe, directeurs adjoints, et de toutes
les notabilits prsentes au banquet qui lui avait t offert quelques
instants avant par la Socit de gographie de Marseille, le gnral
Gallieni a scell lui-mme les premires assises de la trs belle
construction que sera le palais de Madagascar, et la trs curieuse
photographie que nous reproduisons reprsente le gnral au moment mme
o, une pelle  la main, il jette le mortier sur les fondations.



[Illustration: Avant. Arrire. Le vaisseau anglais  trois ponts
_Royal-Adlade_ en dmolition dans le port de Dunkerque.--_Phot.
Falciny._]

DOCUMENTS et INFORMATIONS

UN VAISSEAU VNRABLE.

Depuis quelque temps, on peut voir dans le port de Dunkerque un btiment
plus que centenaire, ayant appartenu  la marine britannique et
rcemment vendu en France pour dmolition, par l'Amiraut, qui l'avait
transform en ponton-caserne. Cet norme vaisseau  trois ponts, arm
jadis de 120 canons, dplace environ 4.500 tonnes; il mesure 80 mtres
de longueur, 18 m. 25 de largeur et 14 mtres de hauteur au-dessus de
l'eau; l'avant s'effile gracieusement; l'arrire, d'une structure
quasi-monumentale, rappelle, avec ses quatre balcons ouvrags, la faade
d'une maison. Lanc au commencement du sicle dernier, le
_Royal-Adlade_ prit part, en 1805,  la bataille de Trafalgar; c'est
un des plus beaux spcimens des anciennes constructions navales.



EDUCATION SPARTIATE OFFICIELLE.

L'hygine, si fort en honneur dans nos socits civilises, serait-elle
 la veille de subir une raction, insparable de tous les engouements,
et, aprs le dix-neuvime sicle, qui a proclam la toute-puissance
sociale de l'hygine, le vingtime sicle va-t-il dcrter que celle-ci
ne sert qu' conserver les faibles et  peupler la terre de malingres,
au dtriment des forts dont ils prennent les places? Il ne semblait pas
qu'un tel revirement ft  la veille de se produire.

Or, en Prusse, la Chambre des dputs vient d'adopter un projet de loi
portant cration d'un office spcial dnomm: _Office pour le bien
public_.

Ce titre ne dit pas grand'chose; mais le ministre de l'intrieur a
dclar,  ce sujet, qu'il s'agit de ne plus s'occuper seulement
d'assister les malades, les faibles, les indigents, mais bien de ne pas
ngliger les personnes en bonne sant. L'avenir de notre pays, a-t-il
dit, consiste  crer une population forte au point de vue physique,
apte  endurer les rigueurs de la nature, capable de fournir un travail
effectif, et non point un peuple amolli et affaibli par l'application
des mesures d'hygine.

Il n'y a pas  s'y tromper: c'est bien la premire bombe envoye dans le
camp des hyginistes. C'est bien la proclamation du retour  l'ducation
Spartiate, c'est--dire aux mthodes d'endurcissement qui tuent les
faibles et ne laissent subsister que les forts. Dans cette voie on peut
aller trs loin, mais dans un sens tout oppos  celui o se sont
engages les sciences mdicales modernes.



ENCORE LE TRAITEMENT DU MAL DE MER.

Ayant signal  nos lecteurs la mthode que conseille le docteur M.-A.
Legrand pour le traitement du mal de mer, nous croyons qu'il sera
intressant pour eux de savoir quels rsultats a donns cette mthode
dans des essais tout rcents. Ces essais ont t faits  bord d'un
cuirass et d'un aviso-cole, par grosse mer, sur douze marins sujets au
mal de mer, dont deux taient malades mme par beau temps. Ces douze
marins ont subi l'immobilisation prventive de tout le ventre, depuis le
pli des cuisses jusqu'au-dessous des mamelons,  l'aide d'une bande de
forte toile de 5 mtres de long sur 25 centimtres de large. Or, dans
tous les cas, sauf un seul, le rsultat a t fort bon. Voici du reste
les observations faites:

1. Matelot.--A eu seulement quelques malaises au dbut, mais a t
immobilis tardivement.

2. Matelot.--N'a absolument rien ressenti.

3. Matelot.--Lger tat de faiblesse. Sujet trs nerveux. N'a rien
ressenti.

4. Officier.--Se protge toujours de cette faon au moyen d'une trs
large ceinture et s'en trouve toujours trs bien.

5. Distributeur.--A pu parfaitement faire son service au poste  l'avant
et n'a rien ressenti.

6. Elve-mcanicien.--A pu faire son service dans la machine sans rien
ressentir, sauf un lger mal de tte.

7. Elve-mcanicien.--A fait son service aussi sans rien prouver.

8. Elve-mcanicien.--Rsultat mdiocre: le sujet a eu un vomissement.
Pourtant il y a amlioration vidente.

9. Matre infirmier.--A t lgrement indispos  l'arrive au
mouillage, mais seulement aprs avoir desserr la bande; est d'habitude
trs malade.

10. Mcanicien.--Lgrement indispos aussi, mais aprs avoir desserr
la bande.

11. Quartier-matre fourrier.--Se porte bien, sauf lgre perte
d'apptit; mais a le mal de mer ds que, peu avant le mouillage, il
enlve la bande.

12. Le mme.--Cette fois, garde la bande jusqu'au bout, et tout le temps
se trouve aussi bien qu' terre, lui qui tait invariablement malade.

Aucun de ces sujets n'tait entran  l'immobilisation du ventre et
tous taient des victimes rgulires du mal de mer. Grce 
l'immobilisation, ils ont tous fait leur service malgr le mauvais temps
et sans tre incommods.



[Illustration: A Marseille.--Le gnral Gallieni scellant la premire
pierre du palais de Madagascar dans l'enceinte de l'Exposition coloniale
de 1906._--Phot. Brion_]



NOTRE SUPPLMENT MUSICAL

_Pice Brve (pour piano)_, par Gabriel Faur.--_L'Illustration_ a salu
la nomination de M. Gabriel Faur au poste envi de directeur du
Conservatoire de musique. Nos lecteurs et lectrices pourront apprcier,
par cette _Pice Brve_, que nous publions, combien l'inspiration du
matre est originale.

Ce qui caractriserait cette oeuvre exquise, ce serait l'imprcision du
titre et la coloration prcise de la pense musicale. Il semblerait que,
si _Pice Brve_ avait t un morceau de piano et chant au lieu d'tre
uniquement pour piano, l'auteur aurait crit sa musique d'abord, puis
ses paroles seulement aprs la musique.

Un chant s'lve,  la fois ample et gai, puis les broderies soulignent
une phrase trs musicale et, par une modulation trs trouve, le chant
initial suit  nouveau son dveloppement. Oserai-je dire que, malgr les
accords de la fin, _Pice Brve_ ne finit pas. Il semble qu'il y a l
une porte ouverte sur l'infini. On rve, on rve encore, alors que
l'inspiration du matre s'est tue. C'est le plus bel loge que l'on
puisse faire de cette page de M. Gabriel Faur.

_L'Ame des Fleurs_ (mlodie), par Massenet.--S'il est un compositeur
dont le talent est souple et divers, c'est bien M. Massenet. Qu'il
s'agisse, par contre, d'un opra ou d'une simple mlodie, M. Massenet
sait imprimer  l'un ou  l'autre sa griffe magistrale; et l'on peut
dire que _l'Ame des Fleurs_ est le sonnet sans dfaut qui vaut seul un
long pome, ainsi que le souhaitait Boileau.

Faut-il louer la distinction de la phrase mlodique, la justesse de
l'expression, le piquant et l'imprvu des sonorits de cette page toute
parfume de posie? Chez M. Massenet, la langue musicale a une loquence
telle que, mme quand il se sert du piano, on devine un dessin
orchestral dans ce qu'il a voulu dcrire. Ainsi, dans l'envole lyrique
de ce passage de _l'Ame des Fleurs:_ Oh! respectons la relique des
roses! on entend un unisson d'instruments  cordes qui charme
l'oreille. C'est prcisment le secret des matres d'voquer tant de
choses avec les moyens les plus simples, et M. Massenet s'y entend.

_Pome languide_, par A. Scriabine.

A. Scriabine est n  Moscou en 1870. Sa 3e symphonie vient d'tre joue
 Paris sous la direction du clbre chef d'orchestre Nikisch, dirigeant
l'orchestre Colonne. Il est donc d'actualit.

Scriabine est lve de Saponov et Tanief. Entr comme professeur au
Conservatoire de Moscou, il en sort presque aussitt pour se consacrer
exclusivement  la composition. Son bagage musical est dj assez
considrable: oeuvres pour piano, sonates, trois symphonies; la
dernire, le _Divin Pome_, qui vient d'tre excute ici, exprime en
partie les ides philosophiques qui, de tout temps, le proccupaient.
Ces ides n'atteindront leur complet dveloppement et leur parfaite
expression que dans son oeuvre suivante dj presque termine.

C'est un musicien curieux, raffin... pourtant un peu compliqu.



[Illustration: LE JARDIN DU TROCADRO ET LES QUARTIERS NORD-OUEST DE
PARIS PENDANT LA NUIT DU SOLSTICE D'T (20-21 juin). _Photographie
prise,  2 heures du matin, de la deuxime plate-forme de la tour
Eiffel._]

[Illustration: Le gagnant du prix de France et son entraneur.]

[Illustration: Le coureur amricain Kramer, gagnant du Grand Prix
cycliste de la Ville de Paris.]

LE PRIX DE FRANCE

Le prix de France est le grand prix des gentlemen-riders: le cavalier
gagnant ce steeple-chase a dsormais son droit d'entre  vie sur
l'hippodrome d'Auteuil. L'heureux vainqueur du prix de France de 1905,
couru  Auteuil dimanche dernier, est un officier, M. Petit. Il montait
_Valmajour_, appartenant  M. Arthur Veil-Picard et entran par M. J.
d'Okhuysen. Celui-ci mrite une mention spciale. C'est bien le type de
l'entraneur moderne, tout  fait diffrent de l'entraneur anglais
classique, ancien jockey devenu trop lourd, bon serviteur, presque
toujours fidle, des aristocratiques propritaires d'curies de courses.
M. d'Okhuysen, hollandais d'origine, fit ses tudes au lyce de Nice,
suivit les cours de l'cole d'Alfort, passa par le journalisme sportif,
s'avisa enfin d'appliquer  l'entranement ses connaissances
vtrinaires et son esprit novateur. Il eut d'abord deux chevaux d'ordre
modeste, dont il fit deux gagnants de modestes preuves. Il a eu pour la
premire fois cette anne des cracks sous sa direction et il a remport
successivement le grand prix de Nice avec _Brat_, le grand prix de
Bruxelles, le prix du Jockey-Club et le Grand Prix de Paris avec
_Finasseur_,  M. Michel Ephrussi. M. Arthur Veil-Picard, possdant
seulement des chevaux d'obstacles, ne pouvait aspirer qu'au Grand
Steeple et au prix de France: il a manqu le grand-steeple que
Frosdorphe n'a pu disputer; mais l'allocation du prix de France a d
tre pour lui une apprciable compensation.

[Illustration: Concours de tourisme en montagne: une des quarante-trois
voitures concurrentes sur la route de Pleintanais.]

[Illustration: La formation de la trombe.]

[Illustration: La trombe s'abattant sur le lac.]

UNE TROMBE SUR LE LAC DE ZUG (SUISSE).

_Clichs pris je 19 juin,  4 heures aprs midi, par M. Lopold
Woelffling, ex-archiduc d'Autriche._

[Illustration: Mdaille grave par Louis Oury, dont un exemplaire sera
dcern  chaque concurrent class dans la Coupe des Pyrnes.]

[Illustration: LA COUPE DES PYRNES. Oeuvre en argent du sculpteur
Ducuing, qui sera offerte au vainqueur de la course organise par le
journal _la Dpche_, de Toulouse  Toulouse par les Pyrnes: Bziers,
Perpignan, Foix, Bayonne, Pau, Tarbes (20-27 aot 1905).]

[Illustration: Sur le lac du Bourget: le garage des canots de course
automobiles.]

LA SAISON SPORTIVE A AIX-LES-BAINS



[Illustration: L'AUTOMOBILE PLIANTE, par Henriot.]



_NOUVELLES INVENTIONS_

(Tous les articles compris sous cette rubrique sont entirement
gratuits.)

SUPPORT ARTICUL POUR BIBERON

Les mres de famille s'intresseront assurment  l'utile et commode
support de biberon dcrit dans les lignes qui suivent, en raison des
avantages rels qu'il est appel  leur rendre. Comme on peut le voir
sur la figure ci-jointe, le support articul soutient le biberon  la
porte de la bouche de l'enfant et lui permet de tter tout seul quand
il est dans son berceau; grce  une disposition ingnieuse, donnant la
mme souplesse qu'un mcanisme  la cardan, le biberon suit tous les
mouvements de la tte de l'enfant; la ttine en caoutchouc est toujours
maintenue au niveau de sa bouche; il la lche et la reprend  volont.

Cet appareil trs simple et d'un maniement trs facile est indispensable
surtout la nuit; la mre n'est plus oblige de se priver de sommeil pour
soutenir le biberon du bb pendant le temps de la tte; elle n'est
plus tente de prendre l'enfant dans son lit pour lui donner  boire.
Dans la journe, enfin, la mre peut vaquer  ses occupations pendant
que l'enfant boit. Cet appareil procure, en un mot, la commodit
cherche autrefois dans l'usage des biberons  longs tubes, difficiles 
nettoyer et dangereux en raison de leur manque d'asepsie. Il a t cr
pour faciliter l'emploi des bouteilles coiffes de ttines  soupapes,
reconnues seules hyginiques par les mdecins.

Ces avantages trs rels du support articul pour biberon le feront
apprcier de toutes les mres de famille, surtout de celles qui sont
obliges de gagner leur vie en travaillant chez elles, tout en soignant
leurs enfants.

L'appareil se place sur tous les berceaux et lits d'enfants. On fixe
d'abord le support sur le berceau en allongeant les planchettes  la
largeur du lit; on place ensuite la bouteille en passant le col dans
l'anneau en mtal et l'on relve le caoutchouc dessus pour la maintenir;
il suffit d'incliner ensuite la bouteille  la hauteur de la bouche du
bb et de la fixer par la vis de serrage; la bouteille pourra tourner 
droite ou  gauche, suivant les mouvements de la tte de l'enfant.

[Illustration: _Fig. 1.--Support articul pour biberon._]

L'appareil se fait en bois, cuivre et cuivre nickel; les prix
respectifs tant de 5 francs, 9 francs et 10 fr. 50; joindre 0 fr. 85
pour le port.

_S'adresser  M. Jules Mallat, 12, rue Buisson, Saint-Etienne (Loire)._


Note du transcripteur: Ces supplments ne nous ont pas t fournis.





End of the Project Gutenberg EBook of L'Illustration, No. 3253, 1er Juillet
1905, by Various

*** END OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK
L'ILLUSTRATION, NO. 3253, 1ER JUILLET 1905 ***

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with this agreement, and any volunteers associated with the production,
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that arise directly or indirectly from any of the following which you do
or cause to occur: (a) distribution of this or any Project Gutenberg-tm
work, (b) alteration, modification, or additions or deletions to any
Project Gutenberg-tm work, and (c) any Defect you cause.


Section  2.  Information about the Mission of Project Gutenberg-tm

Project Gutenberg-tm is synonymous with the free distribution of
electronic works in formats readable by the widest variety of computers
including obsolete, old, middle-aged and new computers.  It exists
because of the efforts of hundreds of volunteers and donations from
people in all walks of life.

Volunteers and financial support to provide volunteers with the
assistance they need, are critical to reaching Project Gutenberg-tm's
goals and ensuring that the Project Gutenberg-tm collection will
remain freely available for generations to come.  In 2001, the Project
Gutenberg Literary Archive Foundation was created to provide a secure
and permanent future for Project Gutenberg-tm and future generations.
To learn more about the Project Gutenberg Literary Archive Foundation
and how your efforts and donations can help, see Sections 3 and 4
and the Foundation web page at http://www.pglaf.org.


Section 3.  Information about the Project Gutenberg Literary Archive
Foundation

The Project Gutenberg Literary Archive Foundation is a non profit
501(c)(3) educational corporation organized under the laws of the
state of Mississippi and granted tax exempt status by the Internal
Revenue Service.  The Foundation's EIN or federal tax identification
number is 64-6221541.  Its 501(c)(3) letter is posted at
http://pglaf.org/fundraising.  Contributions to the Project Gutenberg
Literary Archive Foundation are tax deductible to the full extent
permitted by U.S. federal laws and your state's laws.

The Foundation's principal office is located at 4557 Melan Dr. S.
Fairbanks, AK, 99712., but its volunteers and employees are scattered
throughout numerous locations.  Its business office is located at
809 North 1500 West, Salt Lake City, UT 84116, (801) 596-1887, email
business@pglaf.org.  Email contact links and up to date contact
information can be found at the Foundation's web site and official
page at http://pglaf.org

For additional contact information:
     Dr. Gregory B. Newby
     Chief Executive and Director
     gbnewby@pglaf.org


Section 4.  Information about Donations to the Project Gutenberg
Literary Archive Foundation

Project Gutenberg-tm depends upon and cannot survive without wide
spread public support and donations to carry out its mission of
increasing the number of public domain and licensed works that can be
freely distributed in machine readable form accessible by the widest
array of equipment including outdated equipment.  Many small donations
($1 to $5,000) are particularly important to maintaining tax exempt
status with the IRS.

The Foundation is committed to complying with the laws regulating
charities and charitable donations in all 50 states of the United
States.  Compliance requirements are not uniform and it takes a
considerable effort, much paperwork and many fees to meet and keep up
with these requirements.  We do not solicit donations in locations
where we have not received written confirmation of compliance.  To
SEND DONATIONS or determine the status of compliance for any
particular state visit http://pglaf.org

While we cannot and do not solicit contributions from states where we
have not met the solicitation requirements, we know of no prohibition
against accepting unsolicited donations from donors in such states who
approach us with offers to donate.

International donations are gratefully accepted, but we cannot make
any statements concerning tax treatment of donations received from
outside the United States.  U.S. laws alone swamp our small staff.

Please check the Project Gutenberg Web pages for current donation
methods and addresses.  Donations are accepted in a number of other
ways including checks, online payments and credit card donations.
To donate, please visit: http://pglaf.org/donate


Section 5.  General Information About Project Gutenberg-tm electronic
works.

Professor Michael S. Hart is the originator of the Project Gutenberg-tm
concept of a library of electronic works that could be freely shared
with anyone.  For thirty years, he produced and distributed Project
Gutenberg-tm eBooks with only a loose network of volunteer support.


Project Gutenberg-tm eBooks are often created from several printed
editions, all of which are confirmed as Public Domain in the U.S.
unless a copyright notice is included.  Thus, we do not necessarily
keep eBooks in compliance with any particular paper edition.


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