The Project Gutenberg EBook of Manuel des difficults de la langue
franaise adap au jeune ge et suivi d'un Recueil de locutions vicieuses, by Thomas Maguire

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Title: Manuel des difficults de la langue franaise adap au jeune ge et suivi d'un Recueil de locutions vicieuses

Author: Thomas Maguire

Release Date: February 17, 2012 [EBook #38913]

Language: French

Character set encoding: ISO-8859-1

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Qubec (http://www.banq.qc.ca/).)









Notes de transcription: Pour une plus grande cohrence de l'ouvrage, les
majuscules ont t accentues. De plus les errata incorpors entre
l'avertissement et la premire page ainsi qu'entre les pages 128 et 129
ont t corrigs dans le texte et repports  la fin de l'ouvrage. Les
primo (1), secundo (2) etc. qui figuraient sous la forme 1o, 2o... ont
t transforms par souci de lisibilit en 1, 2... Le nom de l'auteur
a t ajout dans la premire page de prsentation.

Dans cette version texte les expressions qui taient en italiques ont t
entoures de tirets bas.




            MANUEL
             DES
  DIFFICULTS LES PLUS COMMUNES
            DE LA
      LANGUE FRANAISE,
            ADAPT
         AU JEUNE GE,

         ET SUIVI D'UN

            RECUEIL
              DE
      LOCUTIONS VICIEUSES.

       PAR THOMAS MAGUIRE

            QUBEC:
IMPRIM ET PUBLI PAR FRCHETTE & Cie,
      N. 13, RUE LAMONTAGNE,
           BASSE-VILLE.

             1841.




_AVERTISSEMENT._


Le besoin d'un _Manuel Lexique_ des difficults de la langue franaise,
se fait vivement sentir dans nos coles de grammaire; et l'on a 
regretter que le commerce ne nous fournisse pas les ouvrages de ce
genre, qui se multiplient, depuis quelques annes, sur l'ancien
continent. C'est pour remedier en partie  ce dfaut, que le prsent
travail, _n de circonstances purement fortuites_, a t prpar pour la
presse: et en l'offrant au jeune ge, l'Auteur n'a garde de se prsenter
sous d'autre titre, que celui d'_humble compilateur_; titre qui doit lui
demeurer entier, malgr quelques articles de sa cration, devenus
indispensables pour signaler des erreurs de langage particulires au
Canada.

Les grammaires mises  contribution, pour la confection de ce petit
livre, sont celles de Duvivier, de Chambaud, de Lequien, de Lhomond, de
Letellier, de Galland, de Nol et Chapsal, etc. Les sources pures et
abondantes des Dictionnaires de l'Acadmie, de Trvoux, de Boiste, de
Rolland, de Gatel, de Nol et Chapsal, etc., ont t exploites dans le
mme but: et il est essentiel d'ajouter, que les articles puiss dans
ces riches trsors de la langue franaise sont reproduits textuellement,
autant que les circonstances et le cadre troit de l'ouvrage l'ont
permis.

Ayant expos les difficults les plus communes de la langue, il tait
naturel de fournir un tableau des expressions incorrectes et dnatures,
qui en altrent la beaut et les rgles: voil ce qui a donn lieu au
_Recueil de Locutions Vicieuses_, plac  la suite du _Manuel_.

L'Auteur ne s'est point fait illusion sur la difficult de sa tche: il
n'ignore pas qu'il ouvre un champ large  la critique. Heureux! si son
livre attire l'attention de quelque Aristarque consciencieux, qui daigne
en signaler les erreurs, au profit de la portion chrie de la socit 
laquelle il est destin!

Du reste, si l'Auteur a aplani au jeune ge quelques-unes des asprits
dont la langue est hrisse, son but est atteint, son voeu accompli.

Qubec, Octobre, 1841.




MANUEL

DES

DIFFICULTS LES PLUS COMMUNES

DE LA

LANGUE FRANAISE.


ABSOUDRE. _J'absous_, _tu absous_, _il absout_, _nous absolvons_, _vous
absolvez_, _ils absolvent_. _J'absolvais_; point de prtrit dfini.
_J'ai absous_, _j'absoudrai_, _j'absoudrais_, _absous_, _absolvons_,
_absolvez_, _que j'absolve;_ point d'imparfait du subj. _Absolvant_,
_absous_, _absoute_.

_Dissoudre_ se conjugue de mme.

ACADMICIEN est un membre d'une compagnie de savans: _acadmiste_, celui
qui tudie les armes, l'quitation dans une acadmie.

ACCENT CIRCONFLEXE. On l'emploie pour les voyelles longues, et on le
met,--1. sur _a_ long, _lche_, _tche_, _chteau_.--2. sur l'avant
dernier _e_ des mots en eme: _mme_, _blme_; except cependant les
adjectifs numraux ordinaux, comme _deuxime_, _troisime_, etc.--3.
sur l'_i_ des verbes en _aitre_ et _oitre_, comme _paratre, accrotre_;
dans tous les temps o _i_ est suivi de _t_; _il nat_, _il paratra_,
_nous accrotrons_.--4. sur l'_o_ qui prcde les finales _le_, _me_,
_ne_: _ple_, _rle_, _dme_, _zne_.--5. sur _le ntre_, _le vtre_,
mais non sur _notre_, _votre_.--6. on l'emploie encore  la premire et
seconde personne plurielle du prtrit dfini: _nous aimmes_, _vous
aimtes_, _nous remes_, _vous retes_.--7.  la troisime personne
singulire de l'imparfait du subjonctif: _qu'il ft_, _qu'il et_,
_qu'il aimt_.--8. on le pose aussi sur les adjectifs _sr_, (pour
signifier certain) _mr_, etc., parce qu'on crivait autrefois _seur_,
_meur_, et enfin sur _d_, participe du verbe devoir, pour le distinguer
de l'article _du_. Toutefois ce participe ne prend l'accent circonflexe,
ni au pluriel masculin, ni au fminin, tant singulier que pluriel, parce
qu'alors il ne peut tre confondu avec l'article _du_. Enfin on le met
sur _t_, participe du verbe _taire_, pour le distinguer du pronom _tu_,
et sur _cr_, participe de _crotre_, pour le distinguer de _cru_,
participe de croire.

ACCORD du verbe avec ses sujets. Quand plusieurs substantifs ou pronoms
composent les sujets, le verbe s'accorde avec le dernier substantif ou
pronom;

1. lorsque les mots formant les sujets sont synonymes: _son courage_,
_son intrpidit_ TONNE _les plus braves_. Il est essentiel que les
substantifs synonymes ne soient jamais unis par la conjonction _et_.

2. lorsque les mots formant les sujets renferment une expression qui
runit en elle tous les mots qui prcdent, comme _chacun_, _tout_,
_rien_, _personne_. _Paroles et regards_, TOUT EST _charmes en
vous_:--_le temps, les biens, la vie_, RIEN _ne nous_ <sc>appartient</sc>.

3. lorsque l'esprit s'arrte sur le dernier substantif, parce qu'il est
d'un tel intrt, qu'il fait oublier les autres:--_ce sacrifice, votre
intrt, votre honneur_, DIEU _vous le_ COMMANDE:--_mon repos, mon_
BONHEUR SEMBLAIT _tre affermi_.

Lorsqu'un verbe a deux sujets de la troisime personne unis par la
conjonction _ou_, on peut faire accorder le verbe avec les deux sujets,
ou avec le dernier, et dire galement bien--_Pierre_ ou _Paul le_ FERA,
ou, _le_ FERONT. Cependant l'accord avec le dernier sujet parait
prfrable.

Cette rgle s'applique  _l'un l'autre_, lorsqu'ils sont unis par la
conjonction _ou_:--_l'un ou l'autre vous_ CRIRA, ou _vous_ CRIRONT.

Cependant si les mots unis par _ou_ sont de diffrentes personnes,
l'usage demande que le verbe se mette au pluriel, et qu'il s'accorde
avec la personne qui a la priorit:--_c'est toi ou moi qui_ AVONS _fait
cela_,--_c'est toi ou lui qui_ AVEZ _dit cela_:--_lui ou moi nous_
SERONS _peut-tre assez heureux_, _etc._

Dans les phrases o deux substantifs, ou bien deux pronoms sont lis par
une des conjonctions, _de mme que_, _aussi bien que_, _comme_, _non
plus que_, _plutt que_, _avec_, _ainsi que_, et autres semblables,
c'est avec le premier substantif que l'accord a lieu: _la vertu_, _de
mme que le savoir_, _A son prix_. _C'est sa fille_, _plutt que son
fils_, _qu'il_ A DSHRITE.

Aprs _l'un et l'autre_ faut-il mettre le verbe au singulier, ou au
pluriel?

L'Acadmie, Vaugelas, Marmontel, &c., sont d'avis que l'on peut se
servir indiffremment du singulier ou du pluriel: mais presque tous les
grammairiens, suivant Duvivier, se sont prononcs pour le pluriel.

Si _l'un et l'autre_ tait plac aprs le verbe, le pluriel serait de
rigueur. _Ils_ VOULAIENT _l'un et l'autre se promener_.

Si les sujets sont exprims par _ni l'un ni l'autre_, ou sont lis par
_ni_ rpt, le verbe doit-il tre mis au singulier ou au pluriel?

Duvivier rpond qu'on est libre de se dcider en faveur du singulier ou
du pluriel, puisque l'Acadmie et les meilleurs auteurs ont fait usage
indiffremment du singulier et du pluriel.

Il ajoute cependant qu'il se range  l'opinion de Wailly et de Marmontel
qui veulent que quand les deux sujets concourent  l'action, l'on donne
au verbe la forme plurielle, parce qu'il y a pluralit dans l'ide, et
que l'on dise, _ni l'un ni l'autre n'_ONT FAIT _leur devoir_:--_Ni la
douceur ni la force ne_ PEUVENT _rien_.

Mais si l'un des deux sujets seulement fait, ou reoit l'action, parce
qu'alors il y a unit dans la pense, les mmes grammairiens veulent que
l'on mette le verbe au singulier, et que l'on dise, _ni l'un ni l'autre
n'_EST _mon pre_:--_Ce ne sera ni Mr. le Duc, ni Mr. le Comte qui_ SERA
NOMM _ambassadeur d'Espagne_.

Lorsque le verbe qui suit _ni_ rpt, est au pluriel, on doit le faire
accorder avec la personne qui a la priorit. _Ni vous ni moi ne_ SOMMES
_coupables_.--_Ni vous ni lui n'_AVEZ FAIT _cela_.

Doit-on aprs _un_, _une_ joint  _de_, _des_ se servir du singulier ou
du pluriel, et dire, _c'est une des plus belles actions qu'il ait
jamais_ FAIT: ou, _c'est une des plus belles actions qu'il ait jamais_
FAITES?

La phrase dont il s'agit est elliptique: c'est comme s'il y avait,
_c'est une action des plus belles actions qu'il ait jamais faites_. Pour
rsoudre la difficult, il faut examiner si le pronom relatif _que_ a
pour antcdent le substantif en ellipse, ou le substantif pluriel plac
aprs la prposition _des_. Dans le premier cas on emploie le singulier,
et dans le second le pluriel. Or dans la phrase cite ci-dessus, il est
vident que le relatif _que_ se rapporte au substantif plac aprs la
prposition; car il s'agit _d'actions faites_, et non pas _d'une action
faite_. Le participe doit donc tre mis au pluriel.

D'aprs ces principes il faudra dire au singulier, _c'est un de nos
meilleurs grammairiens qui_ A FAIT _cette faute_: et au pluriel; _votre
ami est un des hommes qui_ PRIRENT _dans la sdition_.

ACCORD d'un adjectif qui suit plusieurs substantifs.

Quand un adjectif suit plusieurs substantifs rgimes, soit rgimes d'un
verbe, soit rgimes d'une proposition, et que cet adjectif ne se
prononce pas au masculin comme au fminin, au singulier comme au
pluriel, il ne s'accorde qu'avec le dernier des substantifs: mais il est
sous-entendu aprs les prcdens. _Ce soupon..excita des plaintes, et
un mcontentement_ GNRAL.--_C'est donc en vain qu'on met la vritable
gloire dans l'honneur et la probit_ MONDAINE.

Mais un adjectif, plac aprs des substantifs rgimes, se met au
pluriel, si cet accord ne change pas la prononciation de
l'adjectif.--_Il sacrifie son repos et sa libert pour la libert et la
flicit_ PUBLIQUES.

ACQURIR. _J'acquiers_, _tu acquiers_, _il acquiert_, _nous acqurons_,
_vous acqurez_, _ils acquirent_, _j'acqurais_, _j'acquis_,
_j'acquerrai_, _j'acquerrais_, _acquiers_, _acqurons_, _acqurez_, _que
j'acquire_, _que nous acqurions_, _que j'acquisse_, _acqurant_,
_acquis_, _acquise_.

Conjuguez de mme _conqurir_, _reconqurir_, _requrir_, _s'enqurir_.

ADJECTIFS ABSOLUS, (les) _Parfait_, _universel_, _immortel_, _mortel_,
_ternel_, _essentiel_, _divin_, _suprme_, _extrme_, _excellent_, ne
peuvent tre prcds de mots qui expriment le plus ou le moins, par
cela mme qu'ils sont _absolus_, et rejettent toute comparaison. On ne
peut dire, _plus_ ou _moins ternel,--mortel_, &c.

ADJECTIF NUMRAL. Quelquefois l'adjectif de nombre cardinal remplace
celui de nombre ordinal. _Il est_ SIX _heures_;--_l'an_ MIL HUIT
CENT:--_le_ CINQ _Mars_,--GUILLAUME QUATRE.

AIDER quelqu'un, c'est l'assister de sa bourse, de ses conseils:--_aider
 quelqu'un_, c'est partager sa fatigue, sa peine:--_aider  quelque
chose_, c'est y contribuer.

AEUL est le pre du pre ou de la mre. Au pluriel on dit _aeuls_,
quand on veut dsigner prscisment le grand-pre paternel et le
grand-pre maternel. Hors del on dit _aeux_, pour signifier tous ceux
de qui l'on descend, et qui ont devanc nos _aeuls_.

AIGLE, _oiseau_, est masculin. AIGLE, _drapeau_, est fminin. _Les
Aigles Romaines_. AIGLE, _constellation_, est fminin.

AIGUILLON. Il y a quelques mots, comme, _aiguillon_, _aiguille_,
_aiguiser_, _arguer_, _inextinguible_, et les noms propres _d'Aiguillon,
le Guide, de Guise_, dans lesquels l'_u_ se fait entendre, et que l'on
prononce, _-gu-i-glion_,--_-gu-i-lle_,--_-gu-i-z_,--_ar-gu-_,
--_inextin-gu-i-ble_,--_d'-gu-i-glion_,--_le Gu-i-de_,--_de Gu-i-se_.

AIR. On dit, _cette femme_ a l'air BON, et non pas BONNE, parce que
_bon_ se rapporte  l'_air_. Mais on dit, _cette pomme a l'air_ CUITE,
et non pas CUIT, parce que l'adjectif ne peut tre dit ici du substantif
_air_.

ALLER. On ne dit plus _je vas_, mais, _je vais_. L'impratif _va_ prend
une _s_ euphonique quand il est suivi du pronom relatif _y_: _vas y_.
Mais si aprs l'_y_ il suit un _verbe_, l'Acadmie veut que l'on
supprime l'_s_. _Va y mettre ordre._

AMOUR au singulier est masculin: au pluriel fminin, except quand il
dsigne les petits gnies de la mythologie. _Ces_ PETITS _amours sont
bien_ GROUPS.

 NEUF, DE NEUF. _Refaire un btiment_  NEUF:--_remettre un tableau_ 
NEUF, c'est les restaurer, les rparer.

_Se faire habiller_ DE NEUF, c'est se faire faire des habits neufs.

ANCTRES. _Nos anctres: nos aeux: nos pres._ Le sicle de nos _pres_
a touch au ntre: nos _aeux_ les ont devancs: nos anctres sont les
plus reculs de nous.

ANIMAUX. Leurs parties principales.

On dit le _pied_ d'un cheval, d'un boeuf, d'un cerf, d'un mouton, d'une
vache, et des autres animaux chez lesquels cette partie est de _corne_.

On dit la _patte_ d'un chien, d'un chat, d'un livre, d'un loup, d'un
ours, d'un rat, et des autres animaux chez lesquels cette partie n'est
pas de _corne_.

On dit les _ongles_ d'un lion, les _griffes_ d'un chat, d'un tigre, les
_serres_ d'un aigle, d'un pervier.

On dit la _bouche_ d'un cheval, d'un boeuf, d'un ne, et en gnral en
parlant des btes de somme.

On se sert du mot _gueule_ en parlant des poissons, des reptiles, et de
la plupart des quadrupdes. On dit la _gueule_ d'une carpe d'une truite,
d'un brochet, d'un serpent, d'un lion, d'un tigre, d'un chien, d'un
loup, d'un chat, &c.

On fait usage du mot _bec_ pour les volatiles.

Quand on parle de cette partie qui comprend la _gueule_ et le _nez_, on
dit le _groin_ d'un cochon, le _muffle_ d'un cerf, d'un boeuf, d'un lion,
d'un lopard, d'un tigre: le _museau_ d'un chien, d'un renard, &c.

On donne le nom de _dfenses_ ou _broches_ de sanglier aux deux grosses
dents crochues et effiles qui sortent de sa gueule.

On appelle _bois de cerf_ ou _tte de cerf_, le grand bois que cet
animal porte sur le devant de sa tte, et qui tombe tous les ans au
printemps.

Enfin on dit la _hure_ d'un sanglier, d'un ours, d'un saumon, d'un
brochet, pour la tte, lorsqu'elle est coupe.

ANIMAUX, leurs cris. L'abeille bourdonne, l'ne brait, le boeuf mugit ou
beugle, la brebis ble, le renard nasille, le cerf bramme, le chat
miaule, le cheval hennit, (prononcez hanit) le chien aboie ou jappe, le
cochon grogne, le corbeau croasse, la grenouille coasse, le lion rugit,
le loup hurle, le serpent siffle, l'aigle et la grue glapissent ou
trompettent, les petits chiens et les renards glapissent, les pigeons
roucoulent, la perdrix cacabe, le moineau chuchte ou ppie, le paon
braille ou criaille, le dindon glougloute, le poulet piaule, la poule
glousse, le grillon grsillonne, l'oie siffle, le rossignol gringotte,
&c.

APPELER. _J'appelle, tu appelles, il appelle, nous appelons, vous
appelez, ils appellent, j'appelais, j'appelai, j'appellerai,
j'appellerais, appelle, appelons, appelez, que j'appelle, que nous
appelions, que j'appelasse, appelant, appel, appele_.

Ce verbe comme tous ceux qui sont termins par _eler_, doublent la
lettre _l_, quand aprs cette lettre on entend un _e_ muet; c.--d.
lorsque la lettre _l_ est suivie de _e_, _es_, _ent_. _J'appelle_,--_tu
chancelles_,--_ils tincellent._

Cette rgle est applicable aussi aux verbes dont l'infinitif est en
_eter_. V. JETER.

APPLAUDIR. Comme on fait usage de ce verbe tantt  l'actif, tantt au
neutre, il est indiffrent de dire, _applaudir_ AUX _acteurs_, ou
_applaudir_ LES _acteurs_: _on_ LUI _a applaudi_, ou, _on_ L'_a
applaudi_.

Le participe pass de _s'applaudir_ s'accorde toujours. _Ils se sont_
APPLAUDIS _de leur conduite_.

ARC-EN-CIEL. Au pluriel on crit, _arcs-en-ciel_; mais on prononce,
comme au singulier, _ar-kan-ciel_.

ARTICLE. On rpte l'article et les adjectifs dterminatifs, _mon_,
_ma_, _mes_, _ton_, _ta_, _tes_, _ce_, _cette_, _un_, etc.

1. devant chaque substantif, _les officiers et_ LES _soldats_;--_son
frre et_ SA _mre_.

2. devant deux adjectifs unis par _et_, lorsqu'ils ne qualifient pas le
mme substantif: _les anciens et_ LES _nouveaux soldats_,--_vos grands
et_ VOS _petits appartemens_. Mais on dirait, _les anciens et braves
soldats_;--_vos grands et beaux appartemens_, attendu que les mmes
soldats sont _anciens et braves_, et les mmes appartemens _grands et
beaux_.

Il n'est pas toujours ais de connatre d'une manire prcise les cas o
l'on doit faire usage de l'article, et ceux o l'on ne doit pas s'en
servir. Voici un principe gnral qui sera d'un grand secours pour les
distinguer.

On doit employer l'article avant tous les noms communs pris
_dterminment_, mais non avant ceux qu'on prend _indterminment_.

Un nom est pris _dterminment_ lorsqu'il est employ pour dsigner tout
un genre, toute une espce, ou enfin un individu. LA _jeunesse est
imprvoyante_. Le mot _jeunesse_ est genre parce qu'il dsigne la
totalit des jeunes gens. LES _hommes  prtention sont
insupportables_. Le mot _hommes_ est espce, parce qu'il est restreint 
un certain nombre d'individus. LE _roi est sage_. Le mot _roi_, dans
cette phrase, dsigne un individu.

Un nom est pris _indterminment_ lorsqu'on s'en sert uniquement pour
rveiller l'ide qu'on y attache: qu'on ne dtermine rien sur l'tendue
dont elle est susceptible; en un mot qu'on ne l'emploie pas pour
dsigner ni un genre, ni une espce, ni un individu. _Les chemins sont
bords_ DE _lauriers_, DE _grenadiers_, DE _jasmins_. Les mots
_lauriers_, _grenadiers_, _jasmins_ tant indtermins, ne prennent pas
l'article.


REMARQUES.

Les noms de provinces et de royaumes peuvent tre pris _dterminment_
et _indterminment_. On dit: _je viens d'Angleterre, de France_, sans
l'article; parce qu'il suffit de regarder l'Angleterre ou la France
comme terme d'o l'on part, et qu'il est inutile de penser  l'tendue
de ces royaumes. Mais parce que les mots _limites_, _bornes_ font penser
 cette tendue, on dit; _les limites de l'Angleterre, les bornes de la
France_.

L'usage permet que l'on dise indiffremment, _les peuples de l'Asie_ ou
_les peuples d'Asie_,--_les villes de l'Angleterre_ ou _les villes
d'Angleterre_.

Mais on dit avec l'article: _les peuples de l'Asie ont toujours t
faciles  subjuguer_; parce que l'on considre ces peuples par rapport
 l'tendue du pays qu'ils habitent.

On dit plus communment: _il vient de l'Asie, de l'Europe, de
l'Afrique_. C'est une exception  la rgle donne plus haut.

Il y a des noms de royaumes et de pays qui veulent absolument l'article;
et l'on dit toujours: _les empereurs de la Chine--du Prou--du
Japon:--les habitants du Canada_.

Les locutions suivantes sont donc vicieuses: _je vais_ EN _Canada_,..EN
_Prou_:--_il demeure_ EN _Canada_,..EN _Japon_. Il faut dire: _je vais_
AU _Canada_,..AU _Prou_;--_il demeure_ AU _Canada_,..AU _Japon_.

Les noms _Mercure_, _Jupiter_, _Vnus_, _Mars_, _Saturne_, _Herschel_ ne
prennent pas l'article.

ASPECT, PERSPECTIVE, VUE. _Aspect_ dsigne des points de vue
particuliers. _Les vues de la Suisse offrent les aspects les plus
agrables._ _Perspective_ est _l'aspect_ des objets vus de loin. L'ide
de _vue_ est plus tendue que celle d'_aspect_.

ASSAILLIR. _J'assaille, tu assailles, il assaille, nous assaillons,
j'assaillais, j'assaillis, j'assaillirai, j'assaillirais, assaille,
assaillons, assaillez, que j'assaille, que j'assaillisse, assaillant,
assailli, assaillie_.

_Tressaillir_ se conjugue de mme.

ASSEOIR. _J'assieds, tu assieds, il assied, nous asseyons, vous asseyez,
ils asseient, j'asseyais, nous asseyions, vous asseyiez, ils
asseyaient, j'assis, j'assirai ou j'asseierai, j'assirais ou
j'asseierais, assieds, asseyons, asseyez, que j'asseie, que nous
asseyions, que vous asseyiez, qu'ils asseient, que j'assisse, asseyant,
assis, assise_..

_Rasseoir_ se conjugue de mme.

ASSURER veut un rgime direct de personne quand il signifie _tmoigner_:
_assurez_ LE _de mon estime_: et un rgime indirect lorsqu'il veut dire
_donner pour sr_: _assurez_ LUI _que nous sommes rconcilis_.

ATOCA. (_Oxycoccum_). Suivant Sarrasin, cit par Charlevoix, _atoca_ est
un mot indien, qui dsigne la baie de la canneberge. Cette baie, que les
anglais appellent _cranberry_, ne porte point de nom en franais.

 TRAVERS veut un rgime direct; _ travers_ LES _champs_: _au travers_
est toujours suivi de la proposition _de_: _au travers_ DU _corps_.

AUCUN se met toujours au singulier: _aucun chemin de fleurs ne conduit 
la gloire_: except quand il accompagne un substantif qui n'a pas de
singulier, comme _pleurs_, _anctres_: ou qui, au pluriel, est pris dans
un autre sens qu'au singulier, comme _troupes_, _gages_. _On n'a fait_
AUCUNES _fnrailles_,--AUCUNES _troupes ne sont mieux disciplines_.

AUSSI, AUTANT, sont deux adverbes de comparaison qui doivent tre suivis
de la conjonction _que_, et non de _comme_, autre adverbe de
comparaison. Ne dites pas: _il est aussi grand_ COMME _vous_,--_j'en ai
autant_ COMME _vous_,--dites _il est aussi grand_ QUE _vous_,--_j'en ai
autant_ QUE _vous_. On dit: _il est grand_ COMME _vous_:--_j'en ai_
COMME _vous_.

AUSSI, SI. Toutes les fois que l'on veut simplement marquer l'extension
d'une qualit, il faut prendre _si_: _il n'est pas_ SI _fin_, _qu'on ne
le puisse tromper_. Mais quand on veut faire comparaison entre deux
adjectifs, ou deux adverbes, il faut se servir d'_aussi_ dans les
phrases affirmatives: _il est_ AUSSI _poli qu'il est brave_: mais si la
phrase est ngative il faut employer _si_: _personne ne vous a servi_ SI
_utilement que lui_. Cependant il est bien des personnes qui emploient
alors presque indiffremment _si_ ou _aussi_, et disent, _il ne sera
pas_ AUSSI _constant qu'il le dit_,--ou,--_il ne sera pas_ SI _constant
qu'il le dit_.

AUSSI BIEN QUE. Lorsque deux sujets sont unis par _aussi bien que_, le
verbe s'accorde avec le premier sujet: _le roi, aussi bien que ses
ministres_, VEUT _la paix_.

AUTOMNE, d'aprs l'usage le plus commun, est masculin quand l'adjectif
prcde: UN _bel automne_: et fminin quand l'adjectif suit: UNE
_automne froide_.

AUTOUR, ALENTOUR. Suivant les crivains modernes _autour_ est une
proposition, qui a par consquent un rgime, et _alentour_ un adverbe
qui n'en a point. Il faut donc dire, _la reine avait toutes ses filles_
AUTOUR _d'elle_; et non pas, ALENTOUR _d'elle_:--_le roi tait l, et
ses gardes taient_ ALENTOUR, et non pas, AUTOUR.

AUTRE QUE, TOUT AUTRE QUE, AUTREMENT QUE, marquant la comparaison,
veulent _ne_ devant le verbe suivant: _il est tout autre que je_ NE
_pensais_:--_il parle autrement qu'il_ N'_agit_: except quand le
premier verbe est ngatif: _il_ NE _parle pas autrement qu'il agit_.

AUXILIAIRES. Il y a deux auxiliaires _avoir_ et _tre_: _avoir_ marque
l'action, et _tre_ l'tat. Dans les verbes neutres qui prennent les
deux auxiliaires, comme, _accourir_, _disparatre_, _dchoir_, _passer_,
_dcider_, _prir_, _crotre_, _clore_, _demeurer_, _rester_, _cesser_,
_chapper_, _monter_, _descendre_, _entrer_ etc., on emploie _avoir_, si
c'est l'action que le verbe nonce que l'on a en vue: et _tre_ si c'est
l'tat que l'on veut exprimer. Ce sont les circonstances dont le verbe
est accompagn qui indiquent lequel de ces deux points de vue on
envisage: ainsi pour exprimer l'action, l'on dira avec _avoir_: _elle_ A
_disparu subitement_;--_la fivre_ A _cess hier_;--_la rivire_ A
_mont rapidement_;--_le baromtre_ A _descendu en peu d'heures_: et
pour exprimer l'tat qui suit l'action, l'on dira avec _tre_; _elle_
EST _disparue depuis un an_:--_la fivre_ EST _passe depuis quelque
temps_;--_il_ EST _mont_--_il_ EST _descendu depuis une heure_. Il faut
excepter de cette rgle les verbes neutres _aller_, _arriver_, _choir_,
_dcder_, _mourir_, _natre_, _tomber_, _venir_, et les composs de ce
dernier, comme _devenir, intervenir, parvenir, revenir, survenir_,
lesquels prennent le seul auxiliaire _tre_, quoique chacun d'eux
exprime une action: c'est l'usage qui en a dcid ainsi; _elles_ SONT
_alles_,--_nous_ TIONS _arrivs_,--_il_ SERA _venu_.

Remarque. _Convenir_, _contrevenir_, _subvenir_, quoique forms du verbe
_venir_, donnent lieu aux observations suivantes.

_Convenir_ demande tantt l'auxiliaire _avoir_, et tantt l'auxiliaire
_tre_. Dans le sens d'tre convenable, il prend _avoir_: et _tre_ dans
le sens de demeurer d'accord. _Cette maison m'_A _convenu, et je_ SUIS
_convenu du prix_.

_Contrevenir_ est employ par le plus grand nombre des crivains avec
_avoir_.

_Subvenir_ prend toujours l'auxiliaire _avoir_.

AVANT veut un rgime, _auparavant_ n'en veut aucun. Ne dites pas,
_auparavant de partir_, mais, _avant de partir_.

AVANT, DEVANT. _Avant_ est pour l'ordre des temps; _devant_ pour l'ordre
des places. Le premier est oppos  _aprs_, le second  _derrire_.

Plusieurs auteurs font aussi usage d'_avant_ pour l'ordre des places.

AVANT QUE rejette le _ne_. Dites, _avant qu'il parte_, et non, _avant
qu'il_ NE _parte_.

AVANT QUE DE, AVANT DE, sont employs indiffremment par les crivains
modernes: les prosateurs prfrent mme _avant de_.

AVOIR _affaire  quelqu'un_, suppose infriorit, dpendance de celui
qui a affaire. Un plaideur _a affaire_  ses juges, et non AVEC ses
juges.

_Avoir affaire avec quelqu'un_, c'est avoir  traiter avec lui: _il faut
viter d'avoir affaire_ AVEC _les fripons_.

_Avoir affaire de_ signifie avoir besoin de: _il a affaire_
D'_argent_,--_j'ai affaire_ DE _vous, ne sortez pas_.


BARBARISME, (le) est l'emploi de mots inusits, ou pris dans un mauvais
sens, ou mal associs: c'est aussi l'emploi de locutions insolites. Le
_solcisme_ est une faute grossire contre la syntaxe.

BTISSE, BTIMENT. _Btiment_ est l'difice entier: _btisse_ n'en est
que la partie comprenant la maonnerie. Dites: _la btisse de cette
construction a cout fort cher_: mais ne dites pas: _je veux assurer
cette_ BATISSE; _je veux vendre cette_ BATISSE, pour signifier, _je veux
assurer cette maison, je veux vendre cette maison_.

BEAUCOUP. _Il s'en faut beaucoup_ marque diffrence de qualit: _il s'en
faut de beaucoup_ la diffrence de quantit: _il s'en faut beaucoup
qu'il soit aussi prudent que vous_:--_il s'en faut_ DE _beaucoup qu'il
ait autant de connaissances que son cousin_.

BARN, ancienne province de France; prononcez, _Bar_.

BNIT, TE, signifie consacr par l'glise: _pain bnit_, _eau bnite_.
_Bni--e_, a les autres significations de son verbe;--BNIS _sont les
rois qui chrissent leurs peuples_.

BIFTECK ou BIFSTECK de l'anglais, _beef-steak_, signifie tranche de boeuf
saisie dans le beurre.

BLEU. L'adjectif _bleu_ est invariable quand il est modifi par un autre
adjectif, tant alors substantif. _Des toffes_ BLEU FON, c.--d.
_d'un bleu fonc_. Il en est ainsi de plusieurs autres adjectifs qui
dsignent les couleurs: _des cheveux_ BLOND FON;--_des robes_ ROSE
TENDRE;--_des draps_ VERT FONC:--_des cheveux_ CHATAIN CLAIR, etc.

BOSSER, BOSSUER. _Bosser_ est un terme de marine. _Bossuer_ signifie
_faire des bosses_: dites _j'ai_ BOSSU _mon goblet_, et non pas, _j'ai_
BOSS _mon goblet_.

BOUILLIR. _Je bous_, _tu bous_, _il bout_, _nous bouillons_, _vous
bouillez_, _ils bouillent_, _je bouillais_, _je bouillis_, _je
bouillirai_, _je bouillirais_, _bous_, _bouillons_, _bouillez_, _que je
bouillisse_, _bouillant_, _bouilli_, _bouillie_.

BRAIRE n'est usit qu'aux temps et aux personnes qui suivent: _braire_,
_il brait_, _ils braient_, _il braira_, _ils brairont_, _il brairait_,
_ils brairaient_.

BRUIRE, n'est gure usit qu' l'infinitif, aux troisimes personnes de
l'imparfait de l'indicatif, _il bruyait_, _ils bruyaient_, et au
participe prsent, _bruyant_. _On entend_ BRUIRE _les vagues_:--_le
vent_ BRUYAIT _dans la fort_.

BUREAU. Lieu o l'on expdie des affaires, o l'on travaille, o l'on
dlibre. Mais en parlant d'avocat, de notaire, il faut employer le
terme _tude_, et dire, l'TUDE _de tel avocat_, _l'_TUDE _de tel
notaire_.

_Office_ pour signifier _bureau_ est un barbarisme.


C ne se prononce pas  la fin des mots, _estomac_, _broc_, _croc_,
_accroc_, _marc_, _checs_, (jeu), _tabac_, _jonc_, _lacs_, (filets),
_arsenic_, _escroc_, _tronc_, _clerc_, _cric_, _porc_, etc.

CALCHE est un carosse lger et dcouvert, dont le train porte sur
quatre roues. _Cabriolet_ est une voiture lgre et suspendue, monte
sur deux roues.

_Calche_ n'est donc pas synonyme de _cabriolet_; et c'est par
consquent une faute de l'employer comme tel.

D'un autre ct, l'on se sert souvent du mot _cabriolet_, pour dsigner
la petite charrette sans soupentes, dont l'usage est si commun: c'est
encore, comme l'on voit, une faute  viter.

CAMPAGNE. _ la campagne_ exprime le sjour que l'on fait hors de la
ville. _Vivre  la campagne pour sa sant_. _En campagne_ signifie que
l'on est en mouvement pour ces affaires, _les troupes sont_ EN
_campagne_;--_il s'est mis_ EN _campagne pour dcouvrir ce qu'il
cherche_.

CARRIOLE est une voiture  roues, et c'est abusivement que l'on applique
ce terme  une de nos voitures d'hiver  patins. _Traneau_ est le mot
propre. _Traneau_ signifie voiture sans roues pour faire des courses
sur les neiges, sur les glaces.

_Traneau_ dsigne aussi la voiture sans roues destine au transport
galement sur les neiges, de faix, de charges, etc. Le mot _trane_,
pris dans ce dernier sens, est un barbarisme.

_Traneau_ est encore un assemblage de pices de bois, pour traner sur
la terre des fardeaux lourds, des marchandises, etc.

Au mot _traneau_ quelques personnes substituent le terme
anglo-amricain _sleigh_. C'est une absurdit.

CARTOUCHE est _fminin_ quand il signifie charge en rouleau d'une arme 
feu: mais il est _masculin_ lorsqu'il signifie ornement de sculpture, de
peinture ou de gravure autour des inscriptions, des chiffres, des
armoiries. LE _cartouche d'une carte gographique_.

CENT au pluriel prend une _s_, _deux cents chevaux_: except lorsqu'il
est suivi d'un autre adjectif de nombre: _deux cent cinquante chevaux_.

Quand il s'agit de la date, _cent est_ toujours invariable; _l'an mille
huit cent_.

CHARLES V, Empereur d'Allemagne, se prononce, et mme s'crit
quelquefois, CHARLES-QUINT.

CUEILLIR. _Je cueille, tu cueilles, il cueille, nous cueillons, vous
cueillez, ils cueillent; je cueillais, je cueillis, je cueillerai, je
cueillerais, cueille, cueillons, que je cueille, que je cueillisse,
cueillant, cueilli, cueillie_.

Conjuguez de mme _recueillir_, _accueillir_.

CH. Le _ch_ dans plusieurs mots qui viennent du grec, ou de quelque
langue orientale, se prononce comme _k_; tels sont: archologie,
archologue, catchumne, Chersonse, Chalcdoine, chalden, chaos,
chirographaire, chiragre, chirologie, chiromancie, Melchior,
Melchisdech, Ochosius, Jchonias, Achaas, Archimlech, Ezchias,
Ezchiel, exarchat, archipiscopal, Michel-Ange, Achlos, archtype,
etc.

Cette rgle souffre quelques exceptions, comme, _archevque_,
_archidiacre_, _archiprtre_, _architecte_, etc., dont le _ch_ prend la
prononciation franaise.

CHACUN, prcd d'un pluriel, prend aprs lui _son_, _sa_, _ses_, quand
le rgime direct est avant, ou que le verbe n'a pas de rgime de cette
nature: _ils ont apport leurs offrandes_, _chacun selon_ SES
_moyens_;--_ils se sont retirs_, _chacun dans_ SA _chambre_:--_ils ont
opin_, _chacun _ SON _tour_.

Il prend _leur_, _leurs_ lorsqu'il est suivi du rgime direct: _ils ont
dit chacun_ LEUR _avis_: _ils ont apport chacun_ LEURS _offrandes_.

_Un chacun dit, un quelqu'un a pens_ sont des locutions vicieuses:
dites, _chacun dit, quelqu'un a pens_.

CHAIR. Considr comme aliment le mot chair se dit plus ordinairement
des animaux terrestres et des oiseaux: CHAIR _de boeuf_:--CHAIR _de
mouton_:--CHAIR _de perdrix_: et c'est en ce sens que l'on dit, _on ne
mange point de_ CHAIR _en carme_.

_Chair_ se dit aussi quelquefois des poissons et des fruits: _la_ CHAIR
_du brochet_:--_la_ CHAIR _du melon_. V. VIANDE.

CHANTRE se dit pour le chant de l'glise, et _chanteur_ et _chanteuse_
pour le chant profane. _Cantatrice_ est une chanteuse de profession.

CHAQUE veut toujours un substantif aprs lui. Ainsi ne dites pas, _ces
livres me coutent quatre francs_ CHAQUE: dites, _quatre francs_ CHACUN.

CHOIR est usit seulement  l'infinitif. _Un astrologue un jour se
laissa_ CHOIR.

CHOISIR. Ce verbe ne rgit pas les substantifs quand ils sont sans
article, ou sans prposition: on ne dit pas, _il a t choisi prsident
du comit_, mais, _il a t choisi_ POUR _prsident du comit_.

CLORRE ou CLORE est usit  tous les temps composs, et de plus aux
temps simples suivans; _je clos_, _tu clos_, _il clt_, sans pluriel:
_je clorai_, etc., _je clorais_, etc.: _clos_ sans pluriel, _clos_,
_close_.

_Enclorre_ se conjugue de mme.

CLUB, mot anglais, adopt depuis la rvolution franaise, que l'on
prononce _klobe_.

COLLECTIF. Il y a deux sortes de noms collectifs, le _gnral_ qui
reprsente une collection entire, et le _partitif_ qui reprsente une
collection partielle.

Tout verbe qui a pour sujet un collectif, s'accorde avec ce collectif,
s'il est _gnral_: _l'infinit des perfections de Dieu m'accable_:--_la
totalit des enfans sacrifie l'avenir au prsent_; et avec le substantif
qui suit le collectif, si celui-ci est _partitif_: _une multitude
d'hommes l'environnaient_;--_une troupe de barbares dsolrent le pays_.

On distingue le collectif partitif au mot, _un_, _une_, dont il est
presque toujours prcd, UNE _quantit_, UNE _foule_.

Remarque. Avec _la plupart_, employ absolument, le verbe se met
toujours au pluriel. _Le snat fut partag_; _la plupart_ VOULAIENT
_que_, etc.

COLORER _une estampe_ est une faute. Dites COLORIER _une estampe_.
_Colorer_ c'est donner la couleur; ainsi le saffran _colore_ l'eau.
_Colorier_ c'est appliquer les couleurs: _une estampe_ COLORIE.

COMMANDER. On emploie souvent, mais improprement, le mot _recommander_
au lieu de _commander_, pour signifier la charge que l'on donne de faire
quelque chose. Ainsi l'on dit, _j'ai_ RECOMMAND _un habit_,--_une paire
de souliers_, au lieu de, _j'ai_ COMMAND _un habit_,--_une paire de
soulliers_.

COMME. Lorsque deux sujets sont unis par _comme_, _ainsi que_, le verbe
s'accorde avec le premier sujet: _l'enfer comme le ciel_ PROUVE _un Dieu
juste et bon_:--_la vertu ainsi que le savoir_ A _son prix_.

_Comme_ ne doit pas remplacer _que_ pour unir les deux termes d'une
comparaison. Ne dites pas: _Csar tait aussi loquent_ COMME _brave_:
dites, _aussi loquent_ QUE _brave_:--_il est aussi grand_ COMME _moi_:
dites, QUE _moi_.

COMMENCER. _Commencer _, dsigne une action qui aura du progrs, de
l'accroissement: _cet enfant commence_  _parler_. _Commencer de_,
exprime une action complte, qui aura de la dure: _il commena_ DE
_parler  deux heures, et ne finit qu' six_.

COMPLU est toujours invariable, n'ayant pas de rgime direct. _Elle
s'est_ COMPLU _dans ses enfans_.

COMPRIS. Le participe _compris_, employ sans auxiliaire, est
invariable, quand il prcde le mot auquel il se rapporte: _y_ COMPRIS
_cette somme_; mais lorsqu'il le suit, il doit s'accorder avec lui:
_cette somme y_ COMPRISE.

CONCORDANCE des temps de l'indicatif entre eux dans certains cas.

Lorsque deux verbes sont unis par la conjonction _que_, l'on met le
second verbe au prsent de l'indicatif, si ce second verbe exprime une
vrit constante, ou une action qui se fait ou peut se faire dans tous
les temps. _J'ai toujours cru qu'il_ EXISTAIT _un Dieu rnumrateur et
vengeur_. Il faut dire... qu'il EXISTE. _J'ai toujours cru que quatre et
cinq_ FESAIENT _neuf_. Il faut dire, FONT _neuf_. _Je vous ai dit qu'il
n'y_ AVAIT _rien de stable dans ce monde_. Dites, _qu'il n'y_ A _rien de
stable_.

On se servira galement du prsent, s'il s'agit de quelque chose qui
existe au moment que l'on parle, et l'on dira: _je savais bien que vous_
TES _mari_;--_nous avons su que vous_ AVEZ _achet une mtairie_:--_on
m'a rapport que notre mre_ A T _quelque temps malade_; et non pas:
_je savais bien que vous_ TIEZ _mari_;--_nous avons su que vous_
AVIEZ _achet une mtairie_:--_on m'a rapport que votre mre_ AVAIT T
_quelque temps malade_. Au lieu du futur on se sert abusivement du
conditionnel prsent: _on nous a dit que vous_ CONSENTIRIEZ _ cette
dmarche_:--_votre frre m'a assur que vous_ IRIEZ _ la campagne au
printemps prochain_;--_le bruit a couru que je_ QUITTERAIS _ce pays
incessamment_: il faut dire _que vous_ CONSENTIREZ; _que vous_ IREZ:
_que je_ QUITTERAI, attendu qu'il s'agit ici seulement d'exprimer que
les actions de _consentir_, d'_aller_, de _quitter_, s'excuteront dans
un temps o l'on n'est pas encore.

Le conditionnel pass ne doit pas s'employer pour le conditionnel simple
ou prsent: _j'aurais pari que vous m'_AURIEZ RPONDU: dites, _que vous
me_ RPONDRIEZ.

CONCORDANCE des temps du subjonctif avec ceux de l'indicatif et du
conditionnel.

Quand le verbe de la proposition principale est  l'imparfait, aux
prtrits, au plus-que-parfait, ou  l'un des conditionnels, l'on met le
second verbe  l'imparfait du subjonctif. Par consquent au lieu des
phrases sottement ridicules; _il dsirait que je_ CHANTE;--_je voudrais
qu'il_ SORTE;--_le mdecin a ordonn que vous_ PRENIEZ _un bain_; il
faut dire: _il dsirait que je_ CHANTASSE:--_je voudrais qu'il_
SORTIT:--_le mdecin a ordonn que vous_ PRISSIEZ _un bain_.

Cependant avec le prtrit indfini l'on peut mettre le second verbe au
prsent du subjonctif, quand il exprime une action qui se fait dans tous
les temps. _Dieu nous a crs pour que nous l'_AIMIONS.

CONFIRE. _Je confis_, _tu confis_, _il confit_, _nous confisons_, _vous
confisez_, _ils confisent_; _je confisais_, _je confis_, _je confirai_,
_je confirais_, _confis_, _confisons_, _confisez_, _que je confisse_,
point d'imparf. du subj. _confisant_, _confit_, _confite_.

CONNEXIT dnote un simple rapport qui est dans la nature des choses:
_connexion_ nonce une liaison tablie entre les choses.

CONSOMMER, CONSUMER. _Consommer se dit_ de tout ce qui est susceptible
d'tre accompli ou perfectionn: _un homme_ CONSOMM _dans les
sciences_: et _consumer_ du tout ce qui ont susceptible d'tre dvor ou
ananti: _il a_ CONSUM _son temps et son argent_.

CONSONNES. D'aprs l'ancienne appellation les consonnes, _b, c, d, f, g,
h, j, k, l, m, n, p, q, r, s, t, v, x, z,_ se prononcent, _b, c, d,
effe, g, ache, ji, ka, elle, emme, enne, p, qu, erre, esse, t, v,
ixe, zde_.

D'aprs la nouvelle appellation, elles se prononcent, _be, ce, de, fe,
ghe, he, je, ke, le, me, ne, pe, que, re, se, te, ve, xe, ze_.

Cette nouvelle mthode fut propose, par MM. du Port-Royal, et
quoiqu'elle ait de grands avantages sur l'ancienne, elle resta long
temps dans l'oubli, par cela seul quelle tait contraire  la pratique
gnrale. _Mais enfin_, dit Duvivier, _l'empire du prjug commence 
s'affaiblir, et dans peu elle sera selon toute probabilit, la seule en
usage_.

Suivant cette nouvelle appellation, toutes les lettres de l'alphabet
sont _masculines_; suivant l'ancienne, il y en a qui sont _fminines_ et
d'autres qui sont _masculines_. Les _fminines_, sont _f, h, l, m, n, r,
s_: les _masculines_, _a, b, c, d, e, g, i, j, k, o, p, q, t, u, v, x,
y, z_.

CONSTABLE. On sait que les devoirs de l'_Officier de Paix_ en France,
sont analogues  ceux du _constable_ en Angleterre. Il est donc vident
que l'on doit rejetter le mot anglais _constable_, puisque nous avons en
franais son quivalent.

Quant au mot franais _connetable_, c'est une grave faute que de
l'employer dans le sens d'_Officer de Paix_.

CONTINUATION est pour la dure: _continuit_ pour l'tendue.

CONTINUER  se dit d'une chose que l'on fait sans interruption:
_continuez_  _bien vivre_: _continuer de_ d'une chose o il y 
interruption: _continuez_ DE _vous former le style_.

CONTRAINDRE prend __ ou _de_ devant l'infinitif: c'est l'oreille et le
got qui en dcident: _contraindre quelqu'un_  _travailler_, ou DE
_travailler_.

Il en est ainsi des verbes _demander_, _s'empresser_, et _forcer_.

COPIE n'est pas synonyme d'_exemplaire_, et c'est une faute de dire,
_j'ai achet quelques_ COPIES _de tel ouvrage_: dites, _quelques_
EXEMPLAIRES.

COUDRE. _Je couds, tu couds, il coud, nous cousons, vous cousez, ils
cousent, je cousais, je cousis, je coudrai, je coudrais, couds, cousons,
cousez, que je couse, que je cousisse, cousant, cousu, cousue_.

COULEUR et COLORIS, en parlant d'un tableau, ont des significations bien
diffrentes. _Couleur_ est l'impression que fait sur l'oeil la lumire
rflchie par chaque partie du tableau. _Coloris_ est l'effet qui
rsulte de l'ensemble, et de l'assortiment des _couleurs_.

COULEUR est toujours fminin, except dans les mots composs, _couleur
de feu_, _couleur de rose_, etc. Ainsi l'on dit; LE _couleur de feu est_
MA _couleur favorite_: _cette toffe est d'_UN _couleur de rose
charmant_. On dit adjectivement, _un ruban couleur de feu_.

Un habit de couleur, une robe de couleur, sont un habit et une robe de
toute autre couleur que le blanc et le noir.

COUPLE est fminin quand il dsigne deux choses qui ne vont pas ensemble
ncessairement: _une couple de serviteurs_,--_de poulets_,--_d'oeufs_.
Ils est masculin quand il dsigne deux personnes unies par le mariage,
ou qu'il se dit d'un mle ou d'une femelle qu'on a appareills ensemble:
_un couple d'poux_,--_un couple de pigeons_.

COURIR prend deux _r_ au futur simple, _je_ COURRAI et au prsent du
conditionnel _je_ _cou_RR_ais_.

Il en est ainsi des verbes _concourir_, _discourir_, _encourir_,
_parcourir_, _secourir_, _mourir_, _accourir_.

COUVERCLE est ce qui ferme en couvrant: ainsi on dit, COUVERCLE _d'un
chaudron_,--_d'un pot_,--_d'une cuelle_,--_d'une soupire_, etc. On
doit se garder d'employer dans ce sens le mot _couvert_ qui a une toute
autre signification.

CRAINTE, PLAINTE. Autrefois l'on rejetait les participes fminins
_crainte_ et _plainte_; aujourd'hui on les emploie, et l'on dit: _la
chose que j'ai crainte_,--_la personne que j'ai plainte_.

CRAINTE DE prcde toujours un substantif: dites, _crainte de_ PIS, et
non pas DE _crainte de_ PIS. _De crainte de_ se met devant un infinitif:
dites, DE _crainte de_ TOMBER, et non pas, _crainte de_ TOMBER.

CROIRE _quelque chose_, c'est l'estimer vritable; _je crois la
religion_. _Croire  quelque chose_, c'est s'y fier, y avoir confiance:
_je crois_  _son innocence_. _Croire quelqu'un_, c'est ajouter foi  ce
qu'il dit: _c'est un menteur, on ne_ LE _croit plus_. _Croire 
quelqu'un_, c'est croire  son existence: _il croit_ AUX _revenans_. On
dit aussi dans ce sens, _croire  la magie_.

CULOTTE, vtement d'homme de la ceinture aux genoux. On ne doit pas
confondre _culotte_ avec _pantalon_ qui est un vtement de la ceinture
aux pieds.


D final sonne dans les noms propres _David_, _Obed_, _Joad_, etc.: et
dans _Sud_ (le midi).

En gnral le d final se fait sentir devant une voyelle, ou une _h_ non
aspire. Cette rgle nanmoins souffre beaucoup d'exceptions, surtout
dans la conversation: ainsi dans ces phrases, _chaud accablant_,--_bord
escarp_,--_froid pouvantable_, le _d_ est nul en prononciation.

On doit  cet gard consulter l'oreille, interroger l'usage.

DAME est un titre d'honneur qui s'tend aujourd'hui  toutes les femmes
d'une condition un peu honnte. Mais c'est une erreur grossire de
l'employer comme synonyme de _femme marie_. Ainsi ne dites pas, _la_
DAME _de Monsieur un tel_; ni, _votre_ DAME; dites; _la_ FEMME _de
Monsieur un tel_: _votre_ FEMME. Cette dernire locution, quoique
correcte, doit tre vite nanmoins dans la bonne socit: au lieu
donc de dire, _votre femme_, dites _Madame_, en y ajoutant le nom du
mari.

Une dame ne dit, _mon mari_, que dans l'intimit; en toute autre
circonstance elle le nomme par son nom en l'appelant _Monsieur_. Mais il
n'en est pas ainsi du mari; il serait ridicule qu'il dit en socit,
_mon pouse_ ou _Madame_ N: il doit dire tout simplement, _ma femme_.

_Madame votre femme_, _Madame votre pouse_ sont des expressions de
mauvais ton; moins ridicules nanmoins que, _Monsieur mon pre_: _Madame
ma mre_.

Une dame ne doit pas dire, _quand j'tais fille_, mais, _quand j'tais
demoiselle_.

DANS, EN. _Dans_ a un sens prcis et dtermin: _il est_ DANS _la
ville_: _en_ a un sens vague et indtermin: _il est_ EN _ville_. _Dans_
marque le temps o l'on excute les choses; _il viendra_ DANS _un mois_:
et _en_, celui qu'on emploie  les excuter: _il a fait le voyage_ EN
_un mois_.

DE entre deux noms. Si le second nom ne sert qu' spcifier la nature du
premier nom, et par consquent s'il n'est employ que dans un sens
indfini, dans un sens gnral, qui ne prsente  l'esprit qu'une ide
vague et confuse, l'ide de pluralit disparat, et le second nom se met
au singulier: _des queues de cheval_;--_de l'huile d'olive_;--_des gens
de plume_.

Mais le second nom se place au pluriel, s'il dsigne une chose qui se
compte; _une mesure de haricots_;--_un bouquet de roses_,--_un marchand
de plumes_ ( crire).

DCHOIR. _Je dchois_, _tu dchois_, _il dchoit_, _nous dchoyons_,
_vous dchoyez_, _ils dchoient_, point d'imparfait, _je dchus_, _je
dcherrai_, _je dcherrais_, _dchois_, _dchoyons_, _dchoyez_, _que je
dchoie_, _que tu dchoies_, _qu'il dchoie_, _que nous dchoyions_,
_que vous dchoyiez_, _qu'ils dchoient_, _que je dchusse_, point de
participe prsent, _dchu_, _dchue_.

DEDANS ne veut point de rgime: dites, _dans la ville_, et non, DEDANS
_la ville_;  moins que _dedans_ ne soit prcd d'une prposition; PAR
_dedans la ville_; ou employ en opposition avec un des adverbes
_dehors_, _dessus_, _dissous_: _il y  des animaux_ DEDANS _et_ DESSUS
_la terre_.

DE FACON QUE. _De faon que_, _de manire que_, _de sorte que_,
demandent le subjonctif, quand l'ide tient du doute, de l'avenir:
_conduisez-vous de manire que vous_ MRITIEZ _l'estime des gens de
bien_: et l'indicatif lorsqu'elle est positive, et qu'elle a rapport au
prsent, ou pass: _il s'est conduit de faon qu'il_ A MRIT _l'estime
des gens de bien_.

DEHORS ne veut point de rgime: dites, _hors de la ville_;  moins que
_dehors_ ne soit prcd d'une prposition: _passer_ PAR _dehors la
ville_; ou employ en opposition avec un des adverbes _dedans_,
_dessus_, _dessous_: _j'en voyais et_ DEDANS _et_ DEHORS _nos
murailles_.

DJEUNER, DNER, SOUPER. Ces trois verbes veulent la prposition _avec_
devant un nom de personne: et la prposition de devant le nom de la
chose que l'on mange, _j'ai djen_--_dn_--_soup_ AVEC _mon ami_:
_j'ai djen_ DE _caf_: _j'ai dn_ D'_un bon pt_.

On dit, DE _quoi avez-vous djen_--_dn_--_soup_? et non pas, AVEC
quoi avez-vous djen? etc.

DLICE au singulier est masculin; au pluriel fminin: _mon plus_ GRAND
_dlice_,--_mes plus_ CHRES _dlices_.

DLIVRER dans le sens de _livrer_ ne peut avoir deux rgimes de
personnes. Ainsi on dit bien, _dlivrer des marchandises  quelqu'un_:
mais on ne doit pas dire, _dlivrer un prisonnier  quelqu'un_.

DEMAIN. On dit, _demain matin_, _demain soir_ de prfrence  _demain_
AU _matin_, _demain_ AU _soir_.

DEMEURER prend _avoir_ pour exprimer que le sujet n'est plus au lieu,
dans l'tat dont il est question: _il_ A _demeur six mois en
Italie_:--_il_ A _demeur longtemps captif_.

Il prend _tre_ pour marquer que le sujet n'a pas chang de lieu,
d'tat: _deux cens hommes_ SONT _demeurs sur le champ de
bataille_:--_il a reu une blessure, et_ EST _demeur infirme_.

DEMI reste invariable quand il prcde le substantif: _une_
DEMI_-heure_: _une_ DEMI_-verge_: et s'accorde en genre seulement
lorsqu'il suit le substantif: _deux heures et_ DEMIE.

DPLU. Le participe _dplu_ est toujours invariable: _ces Messieurs se
sont_ DPLU _ la campagne_:--_ces Dames se sont_ DPLU.

DE QUI, DONT, DUQUEL. _De qui_ ne se dit que des personnes, ou des
choses personnifies. _Dont_ et _duquel_ se disent des personnes et des
choses; mais en gnral _dont_ est prfrable: _un arbre_ DONT _le fruit
est excellent_, et non pas, _un arbre_ DUQUEL, etc. Cependant _duquel_
doit tre prfr  _dont_;

1 pour viter une quivoque; _la bont du Seigneur_ DE LAQUELLE _nous
ressentons les effets_.

2 lorsque le mot auquel se rapporte ce pronom relatif est suivi d'une
prposition: _l'homme  la rputation_ DUQUEL _vous voulez nuire_; et
non pas, _l'homme  la rputation_ DONT, etc.

DSESPRER QUE, tant accompagn d'une ngation, veut _ne_ devant le
verbe qui suit: _je ne dsespre pas qu'il_ NE _vienne_.

DSHONNTE, MALHONNTE. Il ne faut pas confondre ces deux mots. Le
premier est contraire  la puret: le second  la civilit,  la
droiture.

DESSUS, DESSOUS ne veulent pas de rgime: ne dites donc pas, DESSUS _la
table_, DESSOUS _le lit_: _dites_ SUR _la table_, SOUS _le lit_:  moins
que ces adverbes ne soient prcds d'une prposition: PAR DESSUS _les
murs_, PAR DESSOUS _la jambe_: ou employs en opposition: _il y a des
livres dessus et dessous_ LA TABLE.

DIRE. De tous les composs de _dire_, il n'y a que le verbe _redire_ qui
se conjugue absolument comme _dire_: _redire_ fait donc au prsent de
l'indicatif, _vous redites_, et  l'impratif _redites_.

 l'gard des verbes _ddire_, _contredire_, _interdire_, _mdire_,
_prdire_, on dit au prsent de l'indicatif, _vous ddisez_, _vous
contredisez_, _vous interdisez_, _vous mdisez_, _vous prdisez_, et 
l'impratif, _ddisez_, _contredisez_, _interdisez_, _mdisez_,
_prdisez_.

DISCONVENIR. Lorsque _disconvenir_ est accompagn d'une ngation, il
veut _ne_ devant le verbe suivant; _je ne disconviens pas qu'il_ NE
_soit habile_.

DISPUTER. Lorsque _disputer_ signifie, _prtendre concurremment _, il
prend le pronom personnel, et alors il est suivi d'un rgime direct:
_on_ SE DISPUTE _la prminence_,--_un rang_,--_un hritage_. Employ
dans un sens absolu, signifiant _avoir contestation_, il ne prend pas ce
pronom: ainsi ne dites pas, _vous avez tort de_ VOUS DISPUTER,--_ils_ SE
_se sont longtemps_ DISPUTS: dites, _vous avez tort de_ DISPUTER: _ils_
ONT _longtemps_ DISPUT.

DISTINGUER DE se dit des choses analogues; _distinguer la bienfaisance_
DE _la charit_; _distinguer d'avec_, se dit d'objets diffrens:
_distinguer l'or d'_AVEC _l'argent_.

DONC se prononce _donk_ devant une voyelle, et au commencement d'une
phrase, ou d'un membre de phrase; et aussi quand la phrase indique
l'indignation, la colre, etc.

DOUTER accompagn d'une ngative veut _ne_ devant le verbe suivant: _je
ne doute pas que vous_ NE _russissiez_. Le participe pass de _se
douter_ s'accorde toujours avec le second pronom; _il se sont_ DOUTS
_de cela_.

DRESSER. Dites, _les cheveux me dressent_  _la tte_, et non SUR _la
tte_.

DROIT. On dit, _Mademoiselle marchez_ DROIT, et _Mademoiselle marchez_
DROITE. Le premier veut dire, _marchez en ligne droite_: _droit_ est un
adverbe, et se rapporte au verbe _marchez_: le second signifie
_tenez-vous droite en marchant_.

DU, DE LA, DES sont employs devant les substantifs communs, pris dans
un sens partitif; c.--d., pour dsigner une _partie_, une _portion_
des personnes ou des choses dont on parle: _il a_ DU _papier_; c.--d.,
_quelque papier_:--vous avez DE L'_encre_; c.--d., _quelque
encre_:--_nous avons achet_ DES _plumes_; c.--d., _quelques plumes_:
except quand le substantif dans un sens partitif, est prcd d'un
adjectif; alors on emploie simplement _de_; _il a_ DE _bon
papier_:--_vous avez_ DE _bonne encre_:--_nous avons achet_
D'_excellentes plumes_.

On ne doit donc pas dire; _j'ai mang_ DE LA _bonne viande_:--_j'ai bu_
DU _bon vin_:--_voil_ DU _beau papier_: dites, _j'ai mang_ DE _bonne
viande_:--_j'ai bu_ DE _bon vin_:--_voil_ DE _bon papier_.

DU GUESCLIN. On ne fait point sonner l'_s_ de ce nom d'homme.

DURANT. Cette prposition se met quelquefois aprs son rgime; _sa vie_
DURANT.

_Durant_ exprime une dure continue; _pendant_ marque un moment, une
poque.

_Durant que_, n'est plus usit.


CHOIR, n'est gure d'usage au prsent de l'indicatif qu' la troisime
personne du singulier, _il choit_, qu'on prononce et qu'on crit
quelquefois _il chet_: point d'imparfait de l'indicatif, _j'chus_,
_j'cherrai_, _j'cherrais_, point d'impratif, _qu'il che_, _qu'ils
chent_, _que j'chusse_, _chant_, _chu_, _chue_.

_choir_ construit avec les adverbes _bien_ et _mal_, se dit des
personnes; _vous ne sauriez que_ BIEN _choir_;--_je suis_ MAL _chu_.

Nol veut qu'aux temps composs _choir_ prenne _avoir_ et _tre_.
Duvivier prtend au contraire que le participe du verbe _choir_ se
construit avec le seul auxiliaire _tre_.

CLAIRER. Lorsqu'on donne ordre de porter une lumire  quelqu'un qui
passe par un endroit obscur, il faut dire, _clairez_  _Monsieur_, et
non pas, _clairez Monsieur_.

CLORE, _il clt_, _ils closent_, _il clora_, _ils cloront_, _il
clorait_, _ils cloraient_, _qu'il close_, _qu'ils closent_, _clos_,
_close_. Il n'est usit qu'aux temps et aux personnes ci-dessus, et de
plus  la troisime personne du singulier et du pluriel des temps
composs.

EFFORCER . (s') _S'efforcer _, a rapport aux forces physiques;
_s'efforcer_  _courir_:--_s'efforcer_  _porter un fardeau_.
_S'efforcer de_, a rapport aux facults intellectuelles: _s'efforcer_
D'_tre plaisant_:--_s'efforcer_ DE _paratre calme_.

ELLE, EUX, ELLES, prcds d'une prposition, ainsi que les prnoms,
_lui_, _leur_, ne se disent que des personnes, ou des choses
personnifies: il ne faut donc pas dire, _cette maison menace ruine,
n'approchez pas_ _d'_ELLE:--_ce cheval est mchant_, ne LUI _touchez
pas_. Dans ces cas on se sert des pronoms _en_ et _y_; _n'_EN _approchez
pas_;--_n'_Y _touchez pas_: ou bien on donne une autre tournure  la
phrase si les pronoms _en_ et _y_ ne peuvent y entrer.

Placs aprs le verbe _tre_ les pronoms _lui_, _elle_, _eux_, _elles_
ne se disent que des personnes: _est-ce Monsieur votre pre?_--_c'est_
LUI;--_est-ce votre soeur qui a crit?_--_c'est_ ELLE;--_sont-ce l vos
cousins?_--_ce sont_ EUX.

Mais aux questions suivantes, o il s'agit de _choses_ et non de
_personnes_: _est-ce l votre chapeau?_--_est-ce l votre
pe?_--_sont-ce l vos livres?_--_sont-ce l vos plumes?_--il ne faut
pas _rpondre_, _oui, c'est_ LUI,--_c'est_ ELLE,--_ce sont_ EUX,--_ce
sont_ ELLES: il faut rpondre _ce_ L'_est_ aux deux premires questions,
et _ce_ LES _sont_ aux deux dernires.

EMPIERRER et EMPIERREMENT. (Dict. de Boiste) _Empierrer_ c'est mettre un
lit de pierres sous l'aire du gravier pour le consolider. _Empierrement_
signifie le lit de pierres, ou l'action de les poser. V. FERRER.

EMPCHER QUE, veut toujours _ne_ devant le verbe suivant: _j'empcherai
qu'il_ NE _vienne_.

EN. Lorsqu'il est question de choses, on se sert du pronom relatif _en_,
au lieu du pronom possessif, ainsi il faut dire; _ce livre me plat, la
reliure_ EN _est belle_, et non pas, SA _reliure est belle_:--_cette
statue est belle, mais la tte_ EN _est trop petit_, et non pas SA _tte
est trop petite_.

Au jeu de cartes on dit, _jouer_ EN _pique_--EN _coeur_, etc., et non
pas, DU _pique_,--DU _coeur_. V. SON, SA.

ENGAGER prend __ ou _de_ devant l'infinitif: _il s'engagea_  _payer_,
ou DE _payer_.

ENNOBLIR (prononcer _an-noblir_,) c'est donner de l'clat, du lustre:
_les beaux arts_ ENNOBLISSENT _une langue_.

_Anoblir_ c'est donner des lettres de noblesse: _la Reine Victoire l'a_
ANOBLI.

ENNUYANT marque l'action, et _ennuyeux_ l'tat. Un homme _ennuyant
ennuie_ actuellement par ses discours, ou de quelqu'autre manire: un
homme _ennuyeux_ est celui qui par sa simplicit, par l'habitude de
bavarder, etc., a tout ce qu'il faut pour ennuyer. _Ennuyeux_ se dit des
personnes et des choses: _ennuyant_ des personnes seulement.

ENTRE. L'_e_ final d'_entre_ s'lide seulement dans les verbes
rflchis, dont le simple commence par une voyelle: _s'entr'aider_,
_s'entr'ouvrir_: et de plus dans _entr'acte_, _entr'autres_, et
quelquefois devant _eux_, _elles_: c'est  volont: _entr'eux_,
_entr'elles_, ou _entre eux_, _entre elles_.

ENTRE-NUIRE. (s') Le participe pass de _s'entre-nuire_ est toujours
invariable: _ils se sont_ ENTRE-NUI.

ENVIRON ne doit pas tre suivi de la conjonction _ou_: ne dites pas;
_une somme d'_ENVIRON _quatre_ OU _cinq cens livres sterling_: dites;
_une somme de quatre_ OU _cinq cens livres sterling_: ou bien,
_d'environ quatre_  _cinq cens livres sterling_. La raison en est
qu'_environ_ et _ou_ expriment chacun quelque chose de vague: leur
runion forme un plonasme vicieux.

_Environ_ ne doit pas tre suivi de _de_: dites, _il tait environ deux
heures_, et non, _environ_ DE _deux heures_.

ESPRER QUE portant  l'esprit une ide de _futur_, ne doit pas tre
suivi d'un verbe au _prsent_ ou au _pass_: _j'espre que vous vous_
PORTEZ _bien_:--_j'espre que vous_ AVEZ RUSSI. Dites: _je me_ FLATTE
_que vous vous portez bien_;--_je_ PENSE _que vous avez russi_.

C'est une faute grossire de dire; ESPREZ _un moment_, pour ATTENDEZ
_un moment_.

ESSAYER prend __ ou _de_ devant l'infinitif qui suit: _essayer_  ou DE
_combattre_: c'est le got qui en dcide.

ET. La conjonction _et_ donne lieu  plusieurs remarques.

1. Elle ne doit pas unir les mots synonymes; ainsi ne dites pas, _une
douceur_ ET _une amnit admirable_;--_il est rudit_ ET _savant_;
dites, _une douceur_, _une amnit admirable_:--_il est rudit_,
_savant_.

2. Elle ne doit pas non plus unir deux membres de phrases commenant
chacun par une des conjonctions, _plus_, _moins_, _autant_. Dire, _plus
on tudie_, ET _plus on aime l'tude_, serait une faute: dites: _plus
en tudie_, _plus on aime l'tude_.

3. Elle ne peut unir que des mots de mme nature, c.--d., un
substantif  un substantif, un verbe  un verbe, etc.: d'o il suit que
l'on ne doit pas dire, _il aime le jeu et_  TUDIER, mais, _il aime le
jeu et l'_TUDE.

ET CTERA. Quand il est question de _choses_, l'on dit, _et ctera_;
quand il s'agit de _personnes_, il faut dire, _et autres_, ou, _et
d'autres_, ou, _et les autres_.

TRE. Le verbe _tre_ prcd de _ce_ se met au pluriel, lorsqu'il est
suivi de la troisime personne du pluriel: _ce_ SONT _les
Romains_;--_ce_ SONT _eux_;--_c'_TAIENT _nos amis_;--_ce_ SERONT _nos
ennemis_, _qui_..

Mais on dirait avec le verbe _tre_ au singulier, _c'_EST _le travail et
l'application_;--_c'_EST _nous_;--_c'_EST _vous_;--_c'_TAIT
_nous_;--_ce_ SERA _vous_; aucun de ces mots ne formant la troisime
personne du pluriel.

_Remarque._ Quelques auteurs emploient le singulier, quoique le verbe
soit suivi de la troisime personne du pluriel. Racine dit, _ce n'_EST
_pas les Troyens_: l'Acadmie crit, EST-_ce les Anglais_?

Le temps du verbe _tre_ prcd de _ce_ est dtermin par le verbe
suivant: ainsi il faut dire: _ce_ SERA _nous qui rpondrons_; et non
pas, _c'_EST _nous qui rpondrons_;--_ce_ FUT _Cicron qui sauva la
rpublique_; et non pas, _c'_EST _Cicron qui sauva la rpublique_.

Lorsque le verbe _tre_ prcd de _ce_, est suivi d'une prposition,
comme dans, _c'est  vous_; _c'tait de nous_; _ce sera pour mes
enfans_; on fait usage de la conjonction _que_: _c'est_  _vous_ QUE _je
m'adresse_;--_c'tait_ DE _nous_ QUE _vous parliez_;--_ce sera_ POUR
_mes enfans_ QUE _je travaillerai_. Si au lieu de cette conjonction, on
employait _ qui_, dans la premire phrase; _dont_ ou _de qui_ dans la
seconde; et _pour qui_ dans la troisime; l'on violerait les rgles de
la grammaire, en ce que l'on donnerait deux rgimes indirects aux
verbes, _je m'adresse_, _vous parliez_, _je travaillerai_, tandis qu'ils
n'en doivent avoir qu'un. On dit de mme, _c'est ici_ QUE _je
demeure_;--_c'est l_ QUE _je vais_: et non pas, _c'est ici_ O _je
demeure_;--_c'est l_ O _je vais_. Dans ces phrases, ce ne sont pas, il
est vrai, deux rgimes indirects qui marquent le mme rapport, mais deux
adverbes qui expriment la mme circonstance, et dont un seul suffit.

Aprs le verbe _tre_ prcd de _ce_, l'on met __ et _de_ devant
l'infinitif: _c'est  moi _,--_c'est  vous _,--_c'est  lui _,
veille une ide de tour: _c'est  moi de_,--_c'est  vous de_,--_c'est
 lui de_, exprime une ide de droit ou de devoir. Ainsi l'on dira,
_c'est  moi_  _jouer_, c.--d., c'est mon tour de jouer: _c'est  moi_
DE _commander_, c.--d., c'est mon droit, c'est mon devoir de commander.

On dit souvent _il a t_ pour _il est all_, et vice-versa. La rgle 
suivre en cela est que toutes les fois que l'on suppose le retour du
lieu, il faut dire, _il a t_, _j'ai t_: et lorsqu'il n'y a pas de
retour, _il est all_. Ainsi, _Pierre est all au sermon_, signifie que
Pierre n'est pas de retour du sermon: _Pierre a t au sermon_, veut
dire que Pierre est de retour du sermon. Les locutions, _je suis all le
voir_;--_je suis all le visiter_, sont vicieuses; il faut dans l'une et
l'autre phrase dire, _j'ai t_.

Il est essentiel de remarquer que ce n'est que dans les temps composs,
qu'on emploie le verbe tre pour le verbe _aller_; _il est all  la
messe_,--_il a t  la messe_: ne dites, pas: _il_ FUT _ la
messe_,--_il_ FUT _jusqu' Rome_: mais, _il_ ALLA _ la messe_,--_il_
ALLA _jusqu' Rome_.

EUPHONIE; terme de grammaire qui signifie prononciation agrable.
L'_euphonie_ fait changer quelquefois un mot, comme quand on dit MON
_amiti_ pour MA _amiti_; et quelquefois ajouter certaines consonnes,
comme dans ces locutions, _va_-T-_en_;--_va_s-_y_;--_si_ L'_on vous
demande_: o les lettres T, S, L, font viter le son dsagrable qui
rsulte de la rencontre de deux voyelles.

VANGILE est masculin. Ne dites pas, _la dernire vangile_,--_ la
dernire vangile_, mais, _le dernier vangile_,--_au dernier vangile_.

VEILLER, RVEILLER. _veiller_ se dit d'une cessation de sommeil
douce, ordinaire et naturelle. _Rveiller_ suppose quelque chose
d'irrgulier et de subit.

VITER ne signifie jamais _pargner_: ne dites pas, _je vous_ VITERAI
_cette peine_;--VITEZ _moi ce dsagrment_: dites, _je vous_ PARGNERAI
_cette peine_;--PARGNEZ _moi ce dsagrment_.

EXCEPT s'accorde lorsqu'il suit le substantif; _vos frres_ EXCEPTS,
et reste invariable quand il le prcde, EXCEPT _vos frres_.

EXCLURE. Participe pass _exclu_, _exclue_: ou, _exclus_, _excluse_. Ce
dernier est peu usit.

EXCUSE. _Demander excuse_ signifie _exiger des excuses_: on ne peut donc
pas dire  quelqu'un qu'on a offens, _je vous demande excuse_; il faut
dire, _je vous fais excuse_.

EXEMPLE est fminin quand il signifie modle de _dessin_, d'_criture_,
etc., que l'on copie: il est masculin dans ses autres acceptions.

C'est une faute grave de dire, IMITEZ _l'exemple de vos anctres_,
dites, SUIVEZ _l'exemple de vos anctres_.

EXHIBITION est un terme de pratique qui signifie, _reprsentation
juridique de papiers_. Gardez-vous donc d'employer ce mot en parlant de
bestiaux, de grains, et en gnral des produits de l'industrie, d'objets
d'art, offerts  la vue du public en certaines occasions. _Exposition_
est le terme propre. Ainsi dites, EXPOSITION _de tableaux_, _de
bestiaux_ etc.; et s'il y a concurrence pour des prix, employez le mot
_concours_.

Ces observations s'appliquent galement au verbe _exhiber_.

EXPIRER se conjuge avec _tre_ quand il se dit des choses; _la trve_
EST _expire_; et avec _avoir_ lorsqu'il se dit des personnes, _il_ A
_expir entre mes bras_.


F. L'_f_ finale ne se fait pas sentir dans les mots suivans: _clef_,
_clefs_, _oeuf frais_, _oeuf dur_, _oeuf pourri_, _boeuf gras_, _boeuf
sal_, _cerf_, _cerfs_: elle ne se fait pas sentir non plus dans les
mots au pluriel, _nerfs_, _boeufs_, _oeufs_; mais on l'a fait entendre
dans ces expressions, _du boeuf_, _un oeuf_, _un nerf_, dans _nerf de
boeuf_, l'on prononce seulement l'_f_ du mot _boeuf_; dans le mot _neuf_
l'_f_ se fait sentir au singulier, et elle est muette au pluriel: _habit
neuffe_, _habits neu_.

FACE. La locution _en face_ prend aprs elle la prposition de; _en
face_ DU _temple_. Cependant dans le style familier on peut omettre
cette prposition; _il demeure en face le march_. Cette rgle
s'applique  _prs_, et  _vis--vis_.

FAILLIR est usit principalement  l'infinitif; au pass dfini, _je
faillis_; et aux temps composs, _j'ai failli_, _j'avais failli_. Le
participe prsent _faillant_ s'emploie rarement.

On dit _j'ai failli tomber_ ou _de tomber_ ou _ tomber_; c'est
l'oreille qui dcide. C'est encore l'oreille qui prescrit le choix des
prpositions __ ou _de_ devant l'infinitif, qui suit les verbes
_contraindre_, _demander_, _s'empresser_, _s'engager_, _finir_,
_forcer_, et _souffrir_.

FALLOIR. _Il s'en faut_, accompagn d'une ngation, ou de quelque mot
qui ait un sens ngatif, tels que, _peu_, _gure_, _presque_, _rien_,
etc., veut la ngation devant le verbe suivant: _il ne s'en faut pas_
BEAUCOUP _qu'il_ NE _soit ruin_:--_il s'en fallait_ PEU _qu'il_ N'_et
achev_. Mais on dirait, _il s'en faut qu'on y meure de faim_, le verbe
_il s'en faut_, n'tant accompagn d'aucune prposition ngative.

FERRER un chemin, c'est le garnir de pierraille, d'aprs le systme de
McAdam. V. EMPIERRER.

FEU. L'adjectif _feu_ ne s'accorde en genre que quand il prcde
immdiatement le substantif: _la_ FEUE _reine_,--_notre_ FEUE _mre_:
mais on dit sans accord; FEU _la reine_;--FEU _notre mre_, l'adjectif
_feu_ tant spar de son substantif par les mots _la_, _notre_.

FEVE et HARICOT. Malgr beaucoup de ressemblance _la fve_ et _le
haricot_ sont des lgumes bien diffrens, et jamais les naturalistes ne
les confondent. Linne nomme la _fve_ FABA, et le _haricot_ PHASEOLUS.
Nous possdons en abondance la _fve_ et le _haricot_: mais il est 
regretter que nous les dsignions presque toujours par le seul mot
_fve_:  peine mme le terme _haricot_ nous est-il connu.

FINIR prend __ et _de_ devant l'infinitif: _il ne finit pas_ DE
_parler_; ou, _il ne finit pas_  _parler_. C'est l'oreille qui en
dcide.

FIXER ne saurait s'employer pour _regarder_: ne dites pas, _on ne peut_
FIXER _le soleil_, _sans en tre bloui_: dites, _on ne peut_ REGARDER
etc.

FLEURIR employ au figur, c.--d., en parlant des arts, des sciences,
d'un empire, fait au participe _florissant_ et  l'imparfait
_florissait_; _alors les sciences_ FLORISSANT _en gypte_:--_l'empire
romain_ FLEURISSAIT _sous Tite_.

FORTUN n'a jamais le sens de _riche_. Ne dites pas _un homme_ FORTUN:
dites _un homme qui a de la fortune_.

FOUDRE employ au propre est fminin: _tre frapp_ DE LA _foudre_:
employ au figur il est masculin: _quand le sublime rient  clater, il
renverse tout comme_ UN _foudre_:  moins qu'il ne soit accompagn d'une
pithte; alors il est des deux genres; _la foudre_ VENGEUR, OU, _la
foudre_ VENGERESSE.

FUNERAIRE n'est gure usit qu'en cette phrase: _frais funraires_.

FUR. On dit galement bien AU _fur et_  _mesure_, ou,  _fur et_ 
_mesure_.


G, est nul dans _Clugny_, _Regnaud_ et _Regnard_, (pote): dites
_Cluny_, _Reno_, _Renar_. _Gessner_ (pote) se prononce _Guesse-nre_.

GABARI est un terme de marine, et signifie modle de construction de
vaisseau, et contour vertical de la carne. Toute autre acception est
trangre  ce mot.

GARDE. Si _garde_ en composition se dit _d'une personne_, il a alors le
sens de _gardien_, substantif qui doit prendre l's au pluriel; _des
gardes-champtres_, des _gardes-marines_, des _gardes-magasins_. Mais si
_garde_ se dit d'_une chose_, ou se rapporte  _une chose_, alors il est
verbe, et par consquent invariable: des _garde-vue_, des
_garde-manger_, des _garde-robes_.

_Garde_ est masculin quand il dsigne un ou plusieurs individus tirs de
la totalit, comme UN _garde_ NATIONAL, _des gardes_ NATIONAUX. Mais il
est fminin quand il dsigne tout le corps, comme _la garde_ NATIONALE.

GENS veut au fminin tous les correspondans qui le prcdent, et au
masculin tous ceux qui le suivent: _les_ VIEILLES _gens sont_
SOUPCONNEUX.

Cependant au lieu de _toutes_ on emploie _tous_.

1. quand cet adjectif est le seul qui prcde le substantif _gens_:
TOUS _les gens d'esprit_:--TOUS _les gens qui pensent bien_.

2. quand _gens_ est prcd d'un adjectif qui n'a qu'une seule et mme
terminaison pour les deux genres, comme _aimable_, _brave_, _honnte_
etc.; TOUS _les honntes gens_,--TOUS _les habiles gens_.

GSIR n'est plus en usage que dans _il git_, _nous gisons_, _ils
gisent_, _il gisait_, _ils gisaient_.

_Ci-git_ et _ci-gisent_ sont des formules d'pitaphe.

Quoique seule entre deux voyelles dans _nous gisons_, _ils gisent_ etc.
_s_ conserve le son qui lui est propre, et l'on prononce _nous gissons_,
_ils gissent_ etc.

GRANDE. L'_e_ de l'adjectif _grande_ s'lide toujours dans _grand'mre_,
_grand'tante_; et fort souvent dans _grand'chambre_, _grand'chre_,
_grand'croix_, _grand'messe_, _grand'peine_, _grand'peur_, _grand'rue_,
_grand'piti_, _grand'salle_: cependant l'lision cesse d'avoir lieu
quand l'adjectif _grande_ est prcd de l'article, ou d'un adjectif
dterminatif, comme, _une_, _ma_, _ta_, _sa_, _cette_, etc.; _la plus_
GRANDE _peine_,--_une_ GRANDE _chambre_;--_cette_ GRANDE _messe a t
bien chante_.


HAR prend deux points sur l'__ dans toute la conjugaison, except aux
trois personnes du singulier du prsent de l'indicatif: _je hais_, _tu
hais_, _il hait_, et  l'impratif, _hais_.

HENRI. On aspire l'_h_ de ce mot dans le discours soutenu, mais on ne
l'aspire jamais dans la conversation.

L'_h_ de _Henriette_ ne s'aspire dans aucun cas.

HIER. L'usage veut qu'on dise, _hier matin_, et non, _hier_ AU _matin_:
_hier_ AU _soir_, et non, _hier soir_. V. DEMAIN.

HIVERNEMENT n'est pas franais, mais _hivernage_ l'est, et signifie le
temps qu'un navire passe en relche pendant l'hiver.

HIVERNER pour signifier, passer l'hiver en quelque lieu, n'est employ
qu'en parlant de troupes. On ne peut donc pas dire, _j'ai_ HIVERN _
trois-Rivires_;--_ Qubec_.

HOLLANDE. L'_h_ de ce mot est toujours aspir, except dans les
locutions, _toile_ D'_Hollande_;--_fromage_ D'_Hollande_.

HYMNE est toujours masculin, except quand il signifie chant d'glise.


IMAGINER. On emploie souvent _imaginer_ pour _s'imaginer_. Le premier
signifie inventer, ou se former dans l'esprit l'ide de quelque chose:
le second se persuader quelque chose sans fondement: il IMAGINE _avoir
raison_; dites, _il_ S'IMAGINE _avoir raison_.

_Immaginer_ sans pronom personnel ne peut jamais tre suivi
immdiatement d'un _que_, ni d'un _infinitif_. On dit bien, _on ne peut
rien_ IMAGINER _de plus intressant_;--_j'_IMAGINE UNE _chose_, UN
_moyen de_.. Mais on ne doit pas dire, j'_imagine_ QUE _cela est_:--_il
imagine_ TRE _un grand homme_: il faut dire: _je_ M'_imagine_ QUE _cela
est_;--_il_ s'_imagine_ TRE _un grand homme_.

IMPARDONNABLE ne se dit que des _choses_, et non des _personnes_:
_faute_ IMPARDONNABLE. En parlant des _personnes_, on dit,
_inexcusable_: _homme inexcusable_.

La mme observation s'applique au mot _pardonnable_.

IMPATIENTER. (s') L'usage refuse au verbe _s'impatienter_ un infinitif
pour rgime. Ainsi ne dites pas, _ils s'impatientrent d'attendre_.

IMPERATIF. La seconde personne singulire de l'impratif, except pour
les quatre verbes irrguliers, _aller_, _avoir_, _tre_ et _savoir_, est
toujours semblable  la premire du prsent de l'indicatif. Ainsi l'on
dira, _travaille_, _cueille_, et non pas, _travailles_, _cueilles_, 
moins pourtant que la seconde personne de l'impratif termine par un
_e_ muet, ne soit suivie d'un _y_, ou du pronom _en_: elle prend alors
une _s_, pour la douceur de la prononciation;_travailles-y_,--_donnes-en_.

L'impratif _va_, suivi d'_y_ et d'_en_, prend aussi une _s_ euphonique:
_vas-y_,--_vas en chercher_.

IMPOSITION. Le mot anglais _imposition_ signifie quelquefois _abus de
pouvoir_, _fraude_, etc. Le mot franais _imposition_ ne comporte pas
cette acception.

INCLUS. _Ci-inclus_, _ci joint_, sont invariables quand ils prcdent un
nom, dont le sens est vague: _vous trouverez_ CI-INCLUS,--CI-JOINT
_copie de ma lettre_. Mais quand l'nonciation est prcise, comme LA
_copie_, l'accord a lieu; _vous trouverez_ CI-INCLUSE,--CI-JOINTE _la
copie de ma lettre_.

INSULTER _quelqu'un_, c'est l'injurier. _Insulter_  _quelqu'un_, c'est
manquer aux gards que rclament sa faiblesse, son malheur: _insulter_
AUX _malheureux_.

INTERJECTIONS. Duvivier dit

    que beaucoup de personnes crivent indistinctement AH! et HA!--!
    OH! et HO!--EH! et H!

et il ajoute,

     que cette diversit d'orthographe vient de la difficult de
     reprsenter nettement, par l'criture, le mouvement de l'organe
     dans l'espce de cri inarticul que nous arrache une motion
     vive.

Ce qui suit est puis dans le Dictionnaire de l'_Acadmie_.

      avec l'accent circonflexe est une interjection qui sert 
     marquer diverses passions... _ sicle!_ _ temps!_ _ le
     plaisant homme!_ _ si je pouvais!_

     O, sans accent circonflexe, dsigne l'apostrophe, _o mon
     fils!_ _o mon Dieu!_

     OH. Interjection qui marque la surprise ou l'affirmation. _Oh,
     oh, je n'y prenais pas garde_:--_Oh pour cela, non._

     HO. Interjection qui sert tantt pour appeler, tantt pour
     tmoigner de l'tonnement ou de l'indignation. _Ho! venez un
     peu ici. Ho! que me dites-vous l?_

     Quand il est interjection d'tonnement, ou d'indignation, il
     s'crit quelquefois OH!

     AH. Interjection qui sert  marquer la joie, la douleur,
     l'admiration... _Ah! que vous me faites plaisir! Ah! que vous
     me faites mal!_

     Ce n'est souvent qu'une interjection expltive, qui ne sert
     qu' rendre une locution plus anime. _Ah! Madame, gardez-vous
     de le croire._

     HA. Interjection de surprise, d'tonnement. _Ha! vous voil!
     Ha! ha!_ Il se confond souvent avec l'interjection AH!

     EH. Interjection d'admiration, de surprise. _Eh! qui airait pu
     croire que..._

     H. Interjection qui sert principalement  appeler. _H! viens
     a._

     Souvent cette interjection se confond avec EH, soit pour
     avertir de prendre garde  quelque chose, comme, _H!
     qu'allez-vous faire?_ soit pour tmoigner de la commisration,
     _H! mon Dieu..._ soit pour marquer de la douleur, _H!
     qu'ai-je fait?_


JAMAIS. Aprs _jamais_ l'on sous-entend souvent l'article devant les
substantifs communs, et alors on met ces substantifs au singulier:
_jamais mortel n'a joui d'un bonheur parfait_, et non pas, _jamais
mortels n'ont joui_, etc.

JE. Quand _je_, mis aprs un verbe, produit un son dsagrable, ce qui a
lieu le plus souvent pour les verbes qui n'ont qu'une syllabe au prsent
de l'indicatif, il faut prendre un autre tour: ainsi au lieu de
_dors-je?_ _ris-je?_ _choisis-je?_ _mang-je?_ dites, _est-ce que je
dors?_ _est-ce que je ris?_ etc.

JETER. Ce verbe et tous ceux qui sont termins en _eter_  l'infinitif,
comme _fureter_, _feuilleter_, _souffleter_, _projeter_, etc. ne
doublent la consonne _t_ que devant un _e_ muet. _Je jette, tu jettes,
il jette, nous jetons, vous jetez, ils jettent, je jetais, tu jetais, il
jetait, nous jetions, vous jetiez, ils jetaient, je jetai, tu jetas, il
jeta, nous jetmes, vous jettes, ils jetrent, je jetterai, tu
jetteras, nous jetterons, vous jetterez, ils jetteront, je jetterais,
etc., jette, jetons, jetez, que je jette, que tu jettes, qu'il jette,
que nous jetions, que vous jetiez, qu'ils jettent, que je jetasse, etc.,
jetant, jet, jete._

JOINDRE signifiant _ajouter_ demande __: _joignez cette maison_  _la
vtre_: dans le sens d'_unir_, d'_allier_, il prend indiffremment __
ou _avec_: _joindre la prudence_  ou AVEC _la bravoure_.

JOUIR se prend toujours en bonne part: ainsi ne dites pas, JOUIR _d'une
mauvaise sant_:--JOUIR _d'une mauvaise rputation_: dites, AVOIR _une
mauvaise sant_:--_une mauvaise rputation_.

JUSQUE. Au lieu de _jusque_, on peut employer _jusques_ devant une
voyelle: JUSQU'_ nous_, ou JUSQUES _ nous_: c'est l'oreille qui en
dcide.

L'_e_ de _jusque_ s'lide seulement devant __, _au_, _aux_, _ici_:
_jusqu' Paris_,--_jusqu'au Prou_,--_jusqu'ici_.

L'usage permet de dire galement, _jusqu' aujourd'hui_, et
_jusqu'aujourd'hui_.


L finale ne se prononce pas dans _baril_, _chenil_, _coutil_, _fournil_,
_fusil_, _gril_, _nombril_, _outil_, _persil_, _sol_, _sourcil_,
_gentil_ (idoltre). Mais elle sonne dans tous les autres mots.

Cependant il faut remarquer que cette lettre, dans le mot _gentil_ pour
signifier _joli_, ne sonne que devant une voyelle, et qu'alors elle se
mouille comme au feminin: _un gentil enfant_: prononcez _un gentille
enfant_: mais au pluriel l'_l_ reste muette, et on dit _genti-zan-fan_.

L finale prcde d'un _i_ prend le son mouill, dans _avril_, _babil_,
_cil_, _mil_ (petit grain), _pril_, _bail_, _travail_, _fnil_, etc.

Il faut en excepter _fil_, _Nil_, _mil_, (adjectif numral) ainsi que
les adjectifs en _il_, et de plus les mots numrs ci-dessus, o l'_l_
ne se prononce pas.

L. L'adverbe _l_ doit tre accompagn d'un trait d'union, lorsqu'il
est joint  des mots, dont le sens ne permet pas de le sparer: _cet
homme_-L,--_celui_-L,--_allez_-L,--_quel livre est-ce_-L? Mais on
dira sans trait d'union: _c'est_ L _mon opinion_,--_que dites-vous_
L?--_sont-ce_ L _vos livres_? parce que dans ces phrases l'adverbe
_l_ n'est pas indispensable: on peut le supprimer, et dire: _c'est mon
opinion_,--_que dites-vous?_--_sont-ce vos livres?_

LE. Le pronom _le_ peut reprsenter un _substantif_, ou un _adjectif_.
Quand il reprsente un substantif, ou un adjectif pris substantivement,
il s'accorde en genre et en nombre avec ce substantif, ou avec cet
adjectif pris subtantivement: _tes-vous Madame de Ste. Croix?_--_je_ LA
_suis_: _tes-vous la malade?_--_je_ LA _suis_: _tes-vous les ministres
du roi?_ _nous_ LES _sommes_: _tes-vous les maris?_ _nous_ LES
_sommes_.

Lorsque le pronom _le_ reprsente un adjectif, ou un substantif pris
adjectivement, il est invariable, l'adjectif ne pouvant lui communiquer
ni genre ni nombre: _Madame, tes-vous malade?_--_je_ LE _suis_;
_Messieurs tes-vous maris?_--_nous_ LE _sommes_.--_Madame tes-vous
mre?_ _je_ LE _suis_.

Le pronom _le_ peut aussi tenir la place d'une proposition ou d'un
verbe. Dans ce cas il est invariable parce qu'une proposition, ou un
verbe, n'a ni genre ni nombre. _Si le public a eu quelque indulgence
pour moi_, _je_ LE _dois  votre protection_;--_il faut obliger quand
on_ LE _peut_.

Aprs _aussi_, _autant_, _moins_, _mieux_, _plus_, l'on fait suivre la
conjonction _que_ du pronom _le_: _il est aussi habile que je_ LE
_croyais_:--_elle est moins douce qu'elle ne_ LE _semblait_;--_ils sont
plus savans qu'on ne_ LE _disait_. On pcherait contre la grammaire de
dire,.. _que je croyais_,.. _qu'elle ne semblait_,.. _qu'on ne disait_.

L'oreille exige qu'on dise, _donnez_ LE _moi_,--_montrez_ LA
_moi_,--_prtez_ LA _nous_, et non pas, _donnez moi_ LE,--_montrez moi_
LA,--_prtez nous_ LA.

LE DIT, LA DITE, SUSDIT, SUSDITE, sont des termes de _Palais_, dont
l'emploi, en dehors de la pratique, est interdit aux personnes qui se
piquent d'crire et de parler avec grce.

LE MIEN. Les pronoms possessifs, _le mien_, _le tien_, _le ntre_, _le
vtre_, doivent toujours se rapporter  un substantif nonc
prcdemment. Ainsi, _j'ai reu la_ VTRE _en date du_....est une phrase
dans laquelle _la vtre_ ne se rapporte  rien: dites, _j'ai reu votre
lettre en date du_....

LEQUEL. Au lieu de _qui_, _que_, l'on doit employer _lequel_, pour
viter une quivoque. Ainsi l'on ne dira pas, _c'est un effet de la
Providence divine_ QUI _excite l'admiration_.--_c'est un effet de la
Providence divine_ QUE _nous admirons_: car on ne sait si _qui_ et _que_
se rapportent  _effet_ ou  _Providence_. Il faut dire, _c'est un effet
de la Providence divine_ LEQUEL _excite notre admiration_..LEQUEL _nous
admirons_. Hors le cas d'quivoque on doit prfrer _qui_, _que_, 
_lequel_, expression prosaque et inlgante.

LETTRES MAJUSCULES. Il faut commencer par une _majuscule_ ou _grande
lettre_ chaque alina, chaque phrase, chaque vers, tous les noms
d'homme, de vaisseau, de fausse divinit, tels que _Pierre_, _Jean_, _le
Formidable_ (vaisseau) _Jupiter_: tous ceux de lieu, tels que
l'_Europe_, _Londres_, _Qubec_; tous ceux de peuples, tels que les
_Europens_, les _Romains_, les _Canadiens_: tous ceux de sectes, tels
que les _picuriens_, les _Protestans_: tous ceux de rivires, de
montagnes, de vents; le _St. Laurent_, les _Alpes_, le _Nord-Est_: tous
ceux de jour et de mois, tels que _Vendredi_, _Aot_; tous ceux de
tribunaux, de compagnies, de corps, de dignits, quand ces noms sont
employs avec application individuelle, tels que l'_glise_ du Canada,
le _Parlement_ d'_Angleterre_, l'_Acadmie_, l'_Aptre S. Paul_: enfin
tous ceux de science, d'art, de mtier, s'ils sont pris dans un sens
individuel, qui distingue la science, l'art, le mtier de toute autre
science, de tout notre art, de tout autre mtier. _La Grammaire est une
science indispensable_:--_la Musique est un art charmant_.

Les adjectifs _saint_, _grand_, et semblables, lorsqu'ils entrent dans
la composition d'un nom propre, aussi bien que les titres,
_Monseigneur_, _Monsieur_, _Madame_, etc., doivent prendre une _initiale
majuscule_: c'est l'usage.

Quelquefois on personnifie les tres moraux, et alors ils suivent la
rgle des noms d'homme. _Envie_ par ex. prend une lettre majuscule dans
ce vers de la Henriade: _Ci-gt la sombre Envie  l'oeil timide et
louche._ Le mme mot s'crit sans grande lettre ds qu'il cesse d'tre
personnifi. _L'envie s'attache aux grands talens._

Lorsque les noms de peuples et de sectes n'embrassent pas la totalit,
la majuscule cesse d'avoir lieu, _un franais_, _des anglais_, _un
calviniste_.

_Remarque._--Ces rgles sur l'emploi des lettres majuscules sont  peu
prs les plus gnralement suivies. Nanmoins il faut dire qu'il existe
 cet gard bien des contradictions entre les auteurs.

LEUR joint au verbe ne prend jamais la lettre _s_: _donnez leur 
manger_;--_je leur ai dit_: joint  un nom il prend une s au pluriel.

LIRE. On doit dire, _lire_ DANS _un journal_,--DANS _un rgistre_; et
non pas, _lire_ SUR _un journal_,--SUR _un rgistre_.

LIS. L'_s_ de ce mot se prononce toujours, except dans _fleur de lis_.

LOUIS. Plusieurs personnes confondent _lous_, pice de monnaie, avec
_livre_, monnaie de compte. C'est une erreur grave, parce que le _lous_
est une ancienne monnaie d'or de France, dont la valeur, fixe par nos
lois, est d'un peu plus de quatre piastres et demie d'Espagne; tandis
que notre livre du cours d'Halifax vaut seulement quatre piastres.

Le mot _dollar_, monnaie des tats-Unis, est reu, de mme que le mot
_pound_ pour la livre sterling. Ce dernier cependant sonne mal 
l'oreille.

L'UN et L'AUTRE, employ comme sujet, veut le verbe au pluriel: _l'un et
l'autre_ VIENDRONT. Le substantif plac aprs _l'un et l'autre_ se met
au singulier; _l'un et l'autre_ CHEVAL. Quand _l'un_ est prcd d'une
prposition, cette prposition doit tre; rpte devant _l'autre_; _je
parle_ POUR _l'un et_ POUR _l'autre_.

_Ni l'un ni l'autre_, veut galement le verbe au pluriel, except quand
un des sujets prcds de _ni_ peut seul faire l'action marque par le
verbe; _ni l'un ni l'autre n'_OBTIENDRA _le prix_:--_ni Monsieur A_, _ni
Monsieur B ne_ SERA _nomm prsident_.

_L'un et l'autre, les uns et les autres_ marquent simplement la
pluralit. _L'un l'autre_, _les uns les autres_ expriment la
rciprocit: _Racine et Boileau taient potes l'un_ ET _l'autre_; _ils
s'estimaient l'un l'autre_.


MAJEST veut au fminin l'adjectif et le participe qui suit: _Votre
Majest est_ VICTORIEUSE. Lorsqu'il est suivi d'un substantif pris
adjectivement, les avis sont partags; les uns disent; _Votre Majest
est_ MATRESSE _de ses tats_, les autres, _Votre Majest est_ MATRE
_de ses tats_. Cette dernire construction est gnralement plus
usite.

MALGR QUE employ dans le sens de _quoique_, a vieilli, et n'est plus
franais. Ainsi ne dites pas, _il sort_ MALGR QU'_on_ _le lui dfende_:
dites, QUOIQU'_on le lui dfende_.

MANOEUVRE et MANOUVRIER. Ces mots diffrent dans leur signification.
_Manoeuvre_ est un ouvrier subalterne, qui sert ceux qui font l'ouvrage.
_Manouvrier_, ouvrier qui travaille de ses mains et  la journe.

MANQUER prend __ et _de_ devant l'infinitif: __, quand il signifie ne
pas faire ce qu'on doit: _on msestime celui qui manque_  _remplir ses
devoirs_: et _de_ lorsqu'il signifie _omettre_, _oublier_, _faillir_:
_ne manquez pas_ DE _venir_,--_il a manqu_ DE _tomber_.

MASSACRANT. Ce mot ne se trouve dans aucun dictionnaire. On doit donc
viter de dire, _cet homme est aujourd'hui d'une humeur_ MASSACRANTE,
etc.

MATINAL est celui qui s'est lev matin, sans en avoir l'habitude;
_matineux_ celui qui a l'habitude de se lever matin: _vous tes bien_
MATINAL _aujourd'hui_:--_je ne suis pas_ MATINEUX.

MEILLEUR. Le comparatif _meilleur_ suivi de _que_ veut _ne_ devant le
verbe suivant: _ces fruits sont meilleurs que je_ NE _le croyais_: 
moins que le premier verbe ne soit ngatif, ou employ interrogativement:
_ces fruits ne sont pas meilleurs que je le croyais_.

MLER _avec_, c'est brouiller ensemble plusieurs choses; _mler l'eau_
AVEC _le vin_,--_mler de l'or_ AVEC _de l'argent_. _Mler _, c'est
joindre, unir: _mler la douceur_  _la svrit_:--_mler l'agrable_ 
_l'utile_.

MME est adjectif ou adverbe.

_Mme_ est adjectif,

1. quand il prcde le substantif: _vous retombez dans les_ MMES
_allarmes_.

2. quand il est plac aprs un pronom, ou un seul substantif: _les
Dieux_ EUX-MMES _devinrent furieux_,--_ces murs_ MMES _peuvent avoir
des yeux_.

_Mme_ est adverbe,

1. quand il est plac aprs deux ou plusieurs substantifs: _les
animaux, les plantes_ MME, _taient au nombre des Divinits_.

2. quand il qualifie un verbe; _exempts de maux rels les hommes s'en
forment_ MME _de chimriques_.

MI. Particule indclinable, abrviation de _demi_, signifie la moiti,
le milieu: _la_ MI-_aot_,--_la_ MI-_carme_.

_ mi_ est une locution adverbiale qui signifie,  la moiti de; _
mi-cte_,--_ mi-jambes_.

MIEUX. La syntaxe de l'adverbe _mieux_ donne lieu  plusieurs
observations.

1. suivi de deux infinitifs, _mieux_ veut _de_ avant le second
infinitif; _il vaut mieux se taire que_ DE _parler mal_.

2. _mieux_ veut _ne_ devant le verbe qui suit la conjonction que; _il
crit mieux que je_ NE _le croyais_;  moins que le verbe devant _mieux_
ne soit ngatif: _il n'crit pas mieux que je le croyais._

3. _Le mieux_, _la mieux_, _les mieux_ veulent le verbe suivant au
subjonctif: _le livre le mieux crit que nous_ AYONS LU.

MIL s'crit de trois manires.

1. _mil_, dans les supputations d'annes: _l'an mil huit cent quarante
et un_.

2. _mille_ pour exprimer dix cents: _nos troupes firent cinq_ MILLE
prisonniers.

Dans ces deux cas il rejette la marque du pluriel.

3. _mille_ avec une _s_ au pluriel, pour reprsenter une mesure de
chemin: alors il est substantif commun.

MOINDRE veut _ne_ devant le verbe qui suit la conjonction _que_: _cette
somme est moindre que vous_ NE _le dites_:  moins que le verbe plac
devant _moindre_, ne soit ngatif, ou interrogatif; _cette somme n'est
pas moindre que vous le dites._

_Le moindre_, _la moindre_, _les moindres_ veulent le verbe suivant au
subjonctif: _la moindre faute que vous puissiez commettre._

Tout ce qui est dit ici pour l'adjectif _moindre_ doit s'appliquer 
l'adverbe _moins_.

MOINS. _ moins que de_, et, _ moins de_ se disent galement devant
l'infinitif.

MON. Les adjectifs possessifs _mon_, _ma_, _mes_, _ton_, _ta_, _tes_,
_son_, _sa_, _ses_, _notre_, _nos_, _votre_, _vos_, _leur_, _leurs_ se
rptent,

1. devant chaque substantif: _mon pre et_ MA _mre_:--_mes frres et_
MES _soeurs_; et non pas, _mes pres et mre_;--_mes frres et soeurs_.

2. devant deux adjectifs unis par _et_, lorsqu'ils ne qualifient pas le
mme substantif: _mon grand et_ MON _petit appartement_;--_nos vieux et_
NOS _jeunes soldats_.

Mais on dirait sans rpter l'adjectif possessif; _mon grand et bel
appartement_:--_nos vieux et braves soldats_: attendu que le mme
appartement est _grand_ et _beau_, et que les mmes soldats sont _vieux_
et _braves_, les deux adjectifs modifiant le mme substantif.

MOUCHER n'est jamais neutre: ainsi il ne faut pas dire, _je mouche
beaucoup_, mais _je_ ME _mouche beaucoup_.

MOUDRE. _Je mouds, tu mouds, il moud, nous moulons, vous moulez, ils
moulent, je moulais, je moulus, je moudrai, je moudrais, mous, moulons,
moulez, que je moule, que tu moules, que je moulusse, moulant, moulu,
moulue._

MOUVOIR. _Je meus, tu meus, il meut, nous mouvons, vous mouvez, ils
meuvent, je mouvais, je mus, je mouvrai, je mouvrais, meus, mouvons,
mouvez, que je meuve, que tu meuves, qu'il meuve, que nous mouvions, que
vous mouviez, qu'ils meuvent, que je musse, mouvant, m, me._

Conjuguez de mme _mouvoir_, _s'mouvoir_.

MUR et MURAILLE. On dit,--_les_ MURS _d'un jardin_,--_les_ MURAILLES
_d'une ville_. Le propre du _mur_ est de sparer, de partager, de
fermer: l'ide particulire de la _muraille_ est celle de dfendre, de
fortifier.


N. Quand un mot est termin par un son nasal, c.--d., par _an_, _in_,
_on_, l'on ne fait la liaison de l'_n_ finale avec la voyelle qui
commence le mot suivant, que quand le sens n'admet aucune pause entre
ces deux mots, comme dans, _mon ami_,--_certain auteur_,--_on ignore_.
Mais on prononce sans lier la consonne _n_  la voyelle qui suit, _mon
cousin est venu_,--_vin bon  boire_,--_je demande pardon  Dieu_, parce
que l'on peut faire une lgre pause aprs les mots, _cousin_, _bon_,
_pardon_.

NE. La ngation _ne_ prcde d'un _que_ et suivie d'un _verbe_ offre
quelques difficults.

Dans les comparatifs d'ingalit caractriss par _plus_, _moins_,
_meilleur_, _mieux_, ou autres termes quivalens, si le premier membre
de la comparaison est _ngatif_, le second qui vient aprs _que_ doit
tre affirmatif, et la ngation _ne_ ne peut y paratre: _il n'est pas
plus sage qu'il tait_;--_il ne pense pas autrement qu'il parle_;--_il
n'crit pas mieux qu'il parle_.

Dans les mmes comparatifs d'ingalit, si le premier membre de la
comparaison est affirmatif, le second doit prendre _ne_: _il est plus
sage qu'il_ NE _l'tait_,--_il pense autrement qu'il_ NE _parle_,--_il
crit mieux qu'il_ NE _parle_.

Les locutions conjonctives _ moins que_, _de peur que_, _de crainte
que_, et le verbe _empcher_, veulent toujours aprs eux la ngation
_ne_; _ moins que vous_ NE _lui parliez_,--_de peur que l'on_ NE _vous
trompe_,--_les fautes d'Homre n'ont pas empch qu'il_ NE _ft
sublime_.

_Nier_, _douter_, _dsesprer_, _disconvenir_ sont suivis de NE
seulement quand ils sont accompagns d'une ngation: _je ne doute pas
que cela_ NE _soit_, etc.

Mais on dirait sans la ngation, _je nie_,--_je doute que cela soit_,
parce que les verbes _nier_, _douter_ sont employs ici affirmativement.

Les locutions conjonctives _avant que_, _sans que_, et le verbe
_dfendre_, ne sont jamais suivis de _ne_: _avant qu'il fasse
froid_,--_je dfends qu'on lui fasse mal_.

Quand deux phrases ngatives sont jointes par _ni_, ou quand _ni_ est
rpt, l'emploi de la ngation _ne_ est ncessaire: _il ne les
craignait ni_ NE _les aimait_,--_ni Pierre ni Paul_ NE _viendront_.

NGATION. La ngation se compose de _ne_, _ne pas_, _ne point_,--_je
n'ose_,--_je n'ose pas_,--_je n'ose point_; _ne_ est la plus faible des
ngations; _ne point_ est la plus forte; et _ne pas_ tient le milieu.

_Pas_ ne peut jamais tre employ avec _rien_. Ne dites pas avec Racine;
_On ne veut_ PAS RIEN _faire ici qui vous dplaise_.

NOLOGIE. L'emploi de nouveaux termes dans une langue est une
consquence qui dcoule de la nature mme des langues, qui ne peuvent
rester stationnaires. Horace l'a dit il y a prs de deux mille ans.

Mais avons-nous au Canada mission ou titre pour la cration de nouveaux
mots? Oui, sans nul doute. Mais en mme temps il est clair qu'il
n'existe chez nous aucun tribunal qui puisse connatre de nos produits
de ce genre: il est vident que l'Ocan Atlantique nous spare des seuls
juges comptens de la langue franaise, auxquels il appartient de
prononcer en dernier ressort.

Tous les lexicographes conviennent de la ncessit d'incorporer  la
langue les termes de relation qui expriment les choses et les objets qui
n'existent que dans les pays lointains, nouvellement dcouverts, ou avec
lesquels l'on a eu peu de communications. D'o il rsulte pour le Canada
le droit de crer des termes pour les objets et les choses qui lui
appartiennent exclusivement.

D'un autre ct, notre position sous le gouvernement britannique a
ncessit l'adoption de quelques constructions, de quelques termes mme
anglais.

Il rsulte de cette double circonstance, qu'un sage emploi de _nouveaux
termes_ et de mots anglais, l o la langue franaise n'en fournit pas
d'quivalens, est permis, command mme.

Mais que l'lve ne perde pas de vue que, hors les cas extrmes,
l'emploi de mots et de constructions anglaises est un vritable flau
pour la langue. Dj cet abus a envahi la portion instruite de notre
socit, et y fait des progrs allarmans; et pour comble de malheur l'on
porte quelquefois cette licence dans des crits, que d'ailleurs le gnie
ne dsavouerait pas.

Quant  l'emploi de mots purement anglais, l o il y a des termes en
franais qui leur correspondent, c'est une manie insupportable, c'est le
comble du ridicule; et cependant combien de personnes, mme d'ducation,
qui tombent dans ce dfaut! Telle Dame ne peut manger de soupe qu'au
BARLEY! Tel Monsieur vous prie _de lui passer un_ TUMBLER _pour boire
du_ BRANDY _et de l'eau_! Celui-ci vous demande, sans perdre son
srieux, si _ces_ PATATES (pommes de terre) _sont cuites au_ STEAM:
celui-l si _vous avez_ PAY _une visite  Monsieur un tel_, etc.

Qui ne voit la barbarie de ces expressions; l'impertinence de ce
langage?

NEUF, NOUVEAU, RECENT. _Neuf_ signifie qui n'a pas servi; _nouveau_ qui
n'a pas encore paru: _rcent_ qui vient d'arriver: _habit neuf_,--_mode
nouvelle_,--_fait rcent_.

NIER veut toujours au subjonctif le verbe qui suit la conjonction _que_;
_je nie qu'il_ AIT _raison_.

_Nier_ accompagn d'une ngation veut _ne_ devant le verbe suivant; _je
ne nie pas qu'il_ NE _mrite votre estime_.

NOMBRE (du) et du GENRE de certains substantifs. Les chiffres, les
lettres de l'alphabet, les notes de musique, s'crivent sans _s_ au
pluriel: _deux_ CINQ;--_trois_ B;--_quatre_ FA.

Il en est ainsi de tous les mots de la langue pris matriellement; comme
dans cette phrase, _il y a plusieurs fautes d'impression dans cette
adresse_; _il y manque deux_ MONSIEUR, _trois_ MOT _et deux_ IL. Il est
essentiel de remarquer, qu'un mot fminin, employ matriellement,
devient masculin. En voici un exemple pris dans Duvivier; _Rencontre_,
_toujours_ FMININ _en quelque sens qu'on l'emploie_, _tait autrefois_
MASCULIN.

NOMS PROPRES. Les _noms propres_ ne prennent jamais la marque du
pluriel: _l'Espagne a vu natre les deux_ SENEQUE;--_les_ CORNEILLE _et
les_ RACINE _ont illustr la scne franaise_; except quand ils sont
employs comme noms communs, c.--d., pour dsigner des individus
semblables  ceux dont on emprunte le nom: _la France a eu ses_ CSARS
_et ses_ POMPES.

NON PLUS QUE. Quand deux sujets sont unis par _non plus que_, le verbe
s'accorde avec le premier sujet: _la fortune, non plus que les
dignits_, _n'_ASSURE _le bonheur_.

NOUS. Quelquefois l'on emploie le pronom _nous_ au lieu de _je_; alors
l'adjectif et le participe en rapport avec _nous_, se mettent au
singulier; CONVAINCU _comme nous le sommes de notre insuffisance_, et
non pas, CONVAINCUS _comme nous le sommes_...

NOUVEAU employ comme adverbe est invariable: _des enfans_ NOUVEAU
_ns_. Il ne s'emploie jamais adverbialement avec un substantif fminin;
ainsi ne dites pas, _une fille_ NOUVEAU _ne_, mais, _une fille
nouvellement ne_.

NU. L'adjectif _nu_ ne s'accorde que lorsqu'il suit le substantif;
_tte_ NUE,--_pieds_ NUS. Lorsqu'il prcde le substantif il est
invariable; NU _tte_,--NU _pieds_.

NUIRE. _Je nuis_, _tu nuis_, _je nuisais_, _je nuisis_, _je nuirai_, _je
nuirais_, _nuis_, _que je nuise_, _que je nuisisse_, _nuisant_, _nui_.
Le participe _nui_, ainsi que le participe _s'entre-nui_ est invariable:
_ils se sont nui_;--_elles se sont entre-nui_.

NUL. L'adjectif _nul_, signifiant _pas un_, rejette la marque du
pluriel; _nulle proposition_;  moins qu'il n'accompagne un substantif
qui n'a pas de singulier, comme _pleurs_, _anctres_; ou qui ou pluriel
a un autre sens qu'au singulier, comme _troupes_, _gages_: _nuls
pleurs_,--_nulles troupes_.

Avec _nul_ on supprime _pas_ et _point_.

NUMRO, FOLIO, RECTO, DUO, etc. Les mots emprunts du latin ne prennent
pas d's au pluriel; _factum_ est except; on dit des _factums_.


OBIR. Quoique verbe neutre, _obir_ a un passif: _je veux_ TRE OBI.

OBLIGER dans le sens _d'imposer l'obligation de_, prend __ ou _de_ au
choix de l'oreille: _la religion nous oblige_  _secourir_, ou, DE
_secourir nos semblables_.

Dans le sens de _rendre service_, ou employ au passif, il prend _de_,
et jamais __: _vous m'obligerez_ DE _m'accompagner_;--_nous sommes
obligs_ D'_obir aux lois_.

_tre oblig_ ne se dit point des _choses_: cette locution, _le mrite
est_ OBLIG _d'tre modeste_, est donc vicieuse: dites, _le mrite_ DOIT
TRE _modeste_.

OBSERVER accompagn d'un rgime indirect de personne, doit tre prcd
du verbe _faire_. Ainsi dites; _je vous_ FAIS _observer que_..:--_il
nous_ FIT _observer que_..:--_je_ FERAI _observer  l'assemble que_..
et non pas, _je vous observe que_.._il nous observa que_.._j'observerai
 l'assemble que_...

Il rsulte de l que l'on ne peut pas dire; _faire une observation 
quelqu'un_; il faut dire: FAIRE _faire une observation  quelqu'un_.

OCCUPER (s'). On dit s'_occuper _ et s'_occuper de_: le premier se met
avec les verbes, le second avec les substantifs: _il s'occupe_  _me
faire avoir une place_;--_il s'occupe_ DE _mon affaire_.

OEIL-DE-BOEUF. Au pluriel, _oeils-de-boeuf_: il en est ainsi
d'_oeil-de-bouc_,--d'_oeil-de-chat_,--d'_oeil-de-chvre_,
--d'_oeil-de-christ_,--d'_oeil-de-perdrix_,--d'_oeil-de-soleil_.

On dit; YEUX _du frommage_:--YEUX _du pain_.

OFFRIR devant l'infinitif prend _de_, et _s'offrir_ prend __; _il
offre_ DE _vous accompagner_:--_il s'offre_  _vous accompagner_.

OINDRE, _j'oins, tu oins, il oint, nous oignons, vous oignez, ils
oignent, j'oignais, j'oignis, j'ai oint, j'oindrai, j'oindrais, oins,
oignons, oignez, que j'oigne, que nous oignons, que j'oignisse, oignant,
oint, ointe._

Ainsi se conjugue _joindre_.

ON. Quoique masculin et singulier de sa nature, le pronom _on_ devient
_fminin_ quand il s'applique spcialement  une personne du sexe: et
_pluriel_ lorsque le sens indique videmment qu'il dsigne plusieurs
personnes. Alors l'adjectif et le participe qui se rapportent  _on_
prennent la marque du fminin et du pluriel: _quand on est_ MRE _on
n'est pas toujours_ MATRESSE _de son temps_:--_quand on s'estime
mutuellement_, _on n'est pas heureux d'tre_ SPARS.

Au lieu de _on_, il faut employer _l'on_, pour viter certaines
consonnances choquantes qui ont lieu principalement aprs _et_, _si_,
_ou_:--_et_ L'_on veut_;--_si l'on dit_:--_ou_ L'_on verra_.

Cependant on doit faire usage de _on_ devant _le_, _la_, _les_, _lui_
pour viter la rptition dsagrable de l'articulation _l_:--et dire,
_et on le veut_,--_si on le dit_,--_ou on le verra_, et non pas, _et_
L'_on le veut_,--_si_ L'_on le dit_,--_ou_ L'_on le verra_.

Au commencement d'une phrase, il faut prfrer _on_  _l'on_, parce
qu'alors il n'y a pas de mauvaise consonnance  viter.

ONZE se prononce avec aspiration: _le_ ONZE _de Juillet_:--_de_ ONZE
_enfans il n'en reste que trois_:--_vous tes_ ONZE;--_sur les_ ONZE
_heures_:--_ils taient_ ONZE: prononcez, _vous te onze_:--_sur l onze
heures_:--_ils t onze_.

ONZIME _adjectif_. On prononce ce mot avec ou sans aspiration, 
volont: LE _onzime ou_ L'_onzime de Juillet_:--LA _onzime ou_
L'_onzime page_.

Mais dans _onzime_ substantif l'_o_ est toujours aspir; ainsi l'on ne
fait pas sentir l'_n_ ni l'_s_ dans cas phrases:--_il est hritier pour_
UN _onzime_:--_pour trois onzimes_.

ORGUE est _masculin_ au singulier, et _fminin_ au pluriel:--_un_ BEL
_orgue_:--_de_ BELLES _orgues_.

OU. Quand deux ou plusieurs sujets sont unis par la conjonction _ou_, le
verbe s'accorde avec le dernier sujet:--_la faiblesse_ OU
_l'inexprience nous_ FAIT _commettre bien des fautes_:  moins que les
mots unis par _ou_ ne soient de diffrentes personnes: alors le verbe se
met au pluriel, et s'accorde avec la personne qui a la priorit: _vous
ou moi_ PARLERONS, et mieux NOUS PARLERONS:--_vous ou votre frre_
PARLEREZ, et mieux, VOUS PARLEREZ.

OUBLIER DE, dsigne un manque de mmoire:--_j'ai oubli_ DE _vous
crire_. _Oublier _ marque un manque d'usage: _il oublie_  _danser_--
_dessiner_.

OUR n'est gure usit qu'au prtrit dfini, _j'ouis_, _il ouit_: au
prsent du subj., _que j'ousse_, _qu'il out_:  l'infinitif, _our_;
au participe pass, _ou_, _oue_; et aux temps composs.


PATRE. _Je pais_, _tu pais_, _il pait_, _nous paissons_, _vous
paissez_, _ils paissent_, _je paissais_, point de prt. dfini, _je
patrai_, _je patrais_, _paissons_, _paissez_, _que je paisse_, point
d'imparf. du subj., _paissant_, _pu_. Ce dernier mot ne s'emploie que
dans cette phrase familire; _il a pu et repu_.

_Repatre_, qui se conjugue de mme, a un prtrit dfini;--_je repus_.

PLE, _Ple_, signifie qui est faible de coloris: _blme_, qui est
trs-ple; _livide_, qui est plomb et tach de noir; _hve_ qui est
dfigur par le dcharnement: _blafard_ qui est ple jusqu'
l'affadissement.

PQUE substantif fminin: fte annuelle des Juifs en mmoire de leur
sortie d'gypte.

_Pque_ ou _Pques_ substantif masculin, singulier: fte des
chrtiens:--_Pques est pass_.

_Pques_ subst. fm. pluriel; communion pascale; _faire ses Pques_.

_Pques-fleuries_, le Dimanche des Rameaux.

PARDONNER veut un rgime direct des choses; _pardonnez quelques vers
faibles_; et non,  _quelques vers faibles_; et un rgime indirect de
personnes: _pardonnez_  _vos enfans_, et non _pardonnez vos enfans_.

PARLER, (se) Le participe pass de _se parler_ est toujours invariable,
parce que _se parler_ n'a pas de rgime direct: _ils se sont_
PARL:--_elles se sont_ PARL.

PARMI. _Entre_ se dit de deux objets: _entre Rome et Carthage_: _parmi_
se dit d'un plus grand nombre, et veut aprs lui, ou un pluriel: _parmi
les hommes_; ou un collectif: _parmi la foule_.

PARTICIPE PRSENT. Il est toujours termin en _ant_, et ne prend ni
genre ni nombre: _un homme_ LISANT:--_des hommes_ LISANT:--_une femme_
LISANT:--_des femmes_ LISANT.

On dit, _des hommes obligeans_:--_une femme surprenante_. Mais ces mots,
_obligeans_, _surprenante_, ne sont point des participes prsens: ce
sont des adjectifs _verbaux_, qui s'accordent avec les substantifs
auxquels ils se rapportent.

Pour distinguer les adjectifs verbaux des participes prsens, il faut
voir si ces mots ont un rgime. Lorsqu'ils ont un rgime, ce sont des
participes. Lorsqu'ils n'ont point de rgime, ils sont adjectifs: _cette
femme est douce_, _affable_, PRVENANT _tout le monde_:--_cette femme
est douce_, _affable_, PRVENANTE. Dans la premire phrase le mot
_prvenant_ est un participe, parce qu'il est suivi du rgime _tout le
monde_: dans la seconde il est adjectif, parce qu'il n'a point de
rgime.

Cette rgle pour distinguer les adjectifs verbaux des participes prsens
souffre quelques rares exceptions.

PARTICIPE PASS des verbes rflchis. Ce participe s'accorde avec le
rgime direct lorsque ce rgime est avant le participe: _cette femme
s'est_ PROPOSE _pour modle  ses enfans_: _propose_ est au fminin et
au singulier, parce qu'il est prcd de son rgime direct le pronom
_se_ qui se rapporte  _femme_: c'est comme s'il y avait,--_cette femme
a propos elle_.

Mais si le rgime direct est aprs le participe, le participe est
invariable: _ma soeur s'est_ COUP _le doigt_. _Coup_ ici est
invariable parce que le rgime direct _doigt_, est aprs le participe:
et le pronom _se_ n'est que le rgime indirect, puisque c'est comme s'il
y avait, _ma soeur a coup le doigt  elle_.

PARTICIPE PASS suivi d'un verbe  l'infinitif. Quand le _participe
pass_ est suivi d'un verbe  l'infinitif, il faut examiner avec
attention si le rgime qui prcde le participe est rgime de ce
participe, ou rgime de l'infinitif qui suit le participe.

S'il est rgime du participe pass, ce participe doit s'accorder avec
lui: _voil les enfans_ QUE _j'ai_ ENTENDUS _lire_. _Que_ est ici rgime
du participe _entendus_, et non de l'infinitif _lire_.

Mais si le rgime qui prcde le participe pass, est celui du verbe 
l'infinitif, le participe pass demeure invariable: _voil les livres_
QUE _vous avez_ PARU _dsirer_: le rgime _que_ appartient au second
verbe.

On reconnat que le rgime qui prcde le participe pass, est le rgime
de ce participe, lorsqu'on peut mettre ce rgime immdiatement aprs le
participe, et changer l'infinitif qui suit en participe prsent; ou bien
en un imparfait prcd du pronom relatif _qui_: cela est vident dans
l'exemple ci-dessus: _voil les enfans_ QUE _j'ai_ ENTENDUS _lire_: on
peut dire, _j'ai entendu les enfans_ LISANT, ou QUI LISAIENT.

Lorsque ce changement ne peut se faire, il faut en conclure que le
rgime qui prcde le participe, est le rgime du verbe qui suit le
participe.

PARTICIPE PASS entre deux _que_. Lorsque le _participe pass_ se trouve
entre deux _que_, le rgime direct, c.--d., le premier _que_ appartient
toujours au second verbe, et par consquent le participe est toujours
invariable: _voil les livres_ QUE _l'on a_ VOULU _que je lusse_:--_les
peines_ QUE _j'ai_ PRVU _que cette affaire vous donnerait_.

PARTICIPE PASS du verbe rflchi, form d'un verbe neutre. Ce participe
est toujours invariable, parce que son verbe n'ayant pas de rgime
direct, ne peut en tre prcd: _elles se sont_ NUI:--_ils se sont_
PARL:--_elles se sont_ SUCCD.

Les verbes rflchis ainsi forms d'un verbe neutre, sont au nombre de
neuf, savoir; _se plaire_, _se dplaire_, _se complaire_, _se rire_, _se
sourire_, _se parler_, _se succder_, _se nuire_, _s'entre-nuire_.

Le participe pass _fait_, suivi d'un infinitif, est toujours
invariable: _la maison_ que j'ai FAIT btir:--_les habits que j'ai_ FAIT
_faire_.

Beaucoup de grammairiens veulent que le participe _laiss_ suive la mme
rgle, et que l'on crive: _la femme que j'ai_ LAISS _passer_. D'autres
veulent que ce mot suive la rgle gnrale, et que l'on crive: _la
femme que j'ai_ LAISSE _passer_.

PARTICIPE PASS joint au verbe _avoir_ prcd du mot _en_. Ce participe
est invariable,  moins qu'il ne soit prcd d'un autre rgime direct:
_vous avez plus de richesses que je ne vous_ EN _ai_ DONN, et non pas
DONNES:--_il m'a promis plus de services qu'il ne m'_EN _a_ RENDU, et
non pas RENDUS.

Les participes _donn_ et _rendu_ sont invariables ici parce que le mot
_en_ est un pronom relatif qui signifie _de cela_, et qui par consquent
reprsente un rgime indirect.

Mais le participe est variable s'il est prcd d'un autre pronom qui en
soit le rgime direct: _j'ai crit  mon frre, et voici la rponse_ QUE
_j'_EN _ai_ REUE. _Reue_ est au fminin et au singulier, parce qu'il
est prcd de son rgime direct, le relatif _que_ pronom qui se
rapporte  _rponse_. Le pronom EN est rgime indirect et signifie _de
mon frre_.

PARTICIPE PASS joint au verbe _avoir_ prcd du mot _le_. Ce participe
ne varie point, lorsque le relatif _le_ se rapporte  un _adjectif_:
ainsi l'on crira: _votre soeur n'est pas aussi instruite que je l'avais_
PENS, parce que le pronom _le_ se rapporte  l'adjectif _instruite_.

Mais le participe varie, quand le mot _le_ se rapporte  un
_substantif_, comme dans cette phrase: _ma soeur est toujours la mme que
je l'ai_ CONNUE.

PARTICIPE PASS des verbes impersonnels _il a fait_, _il y a eu_. Ce
participe demeure invariable: ainsi on dit, _les chaleurs qu'il a_ FAIT;
et non pas, _qu'il a_ FAITES:--_la disette qu'il y a_ EU _pendant
l'hiver dernier_; et non pas, _qu'il y a_ EUE.

On crit galement sans accord: IL EST ARRIV _de grands
malheurs_:--_quels changemens en_ EST-IL RSULT? parce que c'est une
rgle sans exception, que le participe conjugu avec _tre_ (except
dans les verbes rflchis, o il est pour _avoir_) s'accorde toujours
avec son sujet: or le sujet de, _est arriv_;--_est rsulte_, c'est
_il_ reprsentant _ceci_, mot invariable, mot neutre, qui ne saurait
exercer aucune influence sur le participe.

Il faut aussi crire sans accord: IL S'EST RASSEMBL _une foule de gens
arms_:--IL S'EST GLISS _une faute dans votre copie_:--IL S'EST TROUV
_dix personnes chez moi_.

PARTICIPE PASS des verbes neutres. Le verbe neutre n'ayant pas de
rgime direct, son participe pass demeure invariable: _les sommes que
ce procs m'a_ COUT:--_les pistoles que ce cheval a_ VALU:--_les jours
que j'ai_ VCU.

Cependant lorsque _valoir_ signifie _procurer_, _faire obtenir_, il est
actif, et alors son participe pass doit s'accorder avec le rgime
direct qui le prcde: _les honneurs que m'a_ VALUS _mon habit_. Il en
est ainsi du participe pass de _couter_, lorsque ce verbe signifie
_causer_, _exiger_: _les peines que cette affaire m'a_ COUTES.

PARTICIPER , c'est avoir part  quelque chose,  quelque action:
_participer_ AUX _faveurs du Prince_. _Participer de_, c'est tenir de la
nature de quelque chose: _l'enthousiasme de cet auteur participe_ DE _la
folie_.

PASS INDFINI et DFINI. Il ne faut pas confondre le _pass indfini_
avec le _pass dfini_. Le pass indfini s'emploie indiffremment pour
un temps pass, soit qu'il en reste encore une partie  couler ou non:
J'AI REU _une lettre l'anne dernire_,--_le mois pass_,--_la semaine
dernire_,--_hier_:--J'AI REU _une lettre cette anne_,--_ce
mois_,--_cette semaine_,--_aujourd'hui_.

Le pass dfini ne se dit au contraire que d'un temps compltement
coul, et loign au moins d'un jour de l'instant o l'on parle: ainsi
l'on ne dira pas; JE REUS _une lettre cette anne_,--_ce mois_,--_cette
semaine_,--_aujourd'hui_, parce que l'on est encore dans le temps dont
il s'agit.

PASSIF. Les verbes passifs demandent pour rgimes les prpositions _de_
et _par_: _de_, quand ils expriment un sentiment, une passion, en un mot
un mouvement de l'me: _par_, lorsqu'ils signifient une action 
laquelle l'esprit ou le corps a seul part: _l'honnte homme est estim_
DE _tout le monde_;--_une grande partie de la terre a t conquise_ PAR
_les Romains_.

Cependant au lieu de la prposition _de_, l'usage permet d'employer
_par_ pour viter plusieurs _de_: _votre conduite a t approuve_
D'_une commune voix_, PAR _toutes les personnes sages et claires_.

PATATE, _plante du genre des liserons_. POMME DE TERRE, _plante du genre
des solanums_. Ces dfinitions sont du Dict. de l'Acadmie, dit. de
1835, et elles s'accordent avec celles que les naturalistes donnent de
ces plantes. C'est donc une grave erreur que de dsigner notre _pomme de
terre_ par le terme _patate_, plante que nous ne possdons pas, et qui
ne vient gure qu'entre les deux Tropiques.

PAYEMENT, PAIEMENT, PAIMENT. Ce mot, quoique crit de trois diffrentes
manires, se prononce _p-ment_.

PAYER. Ce verbe, et tous ceux qui sont termins au participe prsent par
_yant_, comme _bgayer_, _bayer_, _employer_, _renvoyer_, _aboyer_,
_essayer_, _ployer_, _appuyer_, etc., prennent un _y_ et un _i_  la
premire et  la seconde personne du pluriel de l'imparfait de
l'indicatif, et du prsent du subj. _Je paie, tu paies, il paie, nous
payons, vous payez, ils paient,_ (prononcez _je p_, _tu p_, _il p_,
et  la troisime personne du pluriel, _ils p_) _je payais, tu payais,
il payait, nous payions, vous payiez, ils payaient, je payai, tu payas,
il paya, nous paymes, vous paytes, ils payrent, je paierai, tu
paieras, il paiera, nous paierons, vous paierez, ils paieront,_
(prononcez, _je p-e-rai_, _tu p-e-ras_, _il p-e-ra_, etc.) _je
paierais, tu paierais, il paierait, nous paierions, vous paieriez, ils
paieraient,_ (prononcez _je p-e-rais_, _tu p-e-rais_, _nous
p-e-rions_, etc.) _paie_, (prononcez _p_,) _payons, payez, que je
paie, que tu paies, qu'il paie, que nous payions, que vous payiez,
qu'ils paient,_ (prononcez, _que je p_, _que tu p_, _qu'il p_,
_qu'ils p_) _que je payasse, que tu payasses, qu'il payt, que nous
payassions, que vous payassiez, qu'ils payassent, payant, pay, paye._

Les verbes _croire_, _voir_, _fuir_, _asseoir_, etc., ayant leur
participe prsent termin en _yant_, font aussi  l'imparfait de
l'indicatif et au prsent du subjonctif, _nous croyions_, _vous
croyiez_; _que nous croyions_, _que vous croyiez_, etc.

Quelques personnes, contrairement aux rgles de la prononciation, font
entendre l'_l_ mouille, ou l'_y_, aux trois personnes du singulier, et
 la troisime personne du pluriel du prsent du subjonctif des verbes
dont le participe prsent est termin en _yant_. Ainsi elles prononcent,
_que je pghe_, (du verbe payer) _que tu pghes_, _qu'il pghe_, _qu'ils
pghe_, au lieu de, _que je p_, _que tu p_, _qu'il p_, _qu'ils
p_:---- _que j'ghe_, (du verbe avoir) _que tu ghes_, _qu'il ghe_,
_qu'ils ghe_, au lieu de, _que j'_, _que tu _, _qu'il _, _qu'ils
_:---- _que je croghe_, (du verbe croire) _que tu croghes_, _qu'il
croghe_, _qu'ils croghe_, au lieu de, _que je croa_, _que tu croa_,
_qu'il croa_, _qu'ils croa_.

Ces exemples prouvent combien l'instituteur doit faire d'efforts pour
rompre de bonne heure dans ses lves l'habitude de cette prononciation
vicieuse.

PEMINA, que le vulgaire nomme _pinbina_, est l'obier du Canada. Le
peuple appelle aussi _pinbina_ son fruit: c'est  tort, parce que la
baie que porte le _pmina_, n'a pas de nom en franais.

PENNY est le mot anglais, et _denier_ le mot franais qui reprsentent
le terme latin _denarius_, quoiqu'ils expriment des monnaies de valeurs
trs-diffrentes. Pourquoi donc employer le mot anglais _penny_, lorsque
le franais fournit un quivalent? D'ailleurs _penny_ fait _pence_ au
pluriel, et puis les fractions du _penny_ se nomment _farthings_:
nouvelles difficults donc pour ceux qui ne savent pas l'anglais; et
nouvelle raison par consquent de rejeter ces mots trangers, pour s'en
tenir aux termes faciles et corrects de _denier_;--_demi-denier_;
--_quart de denier_, etc.

Il n'en est pas ainsi du mot _shilling_, dont l'emploi est ncessit par
l'absence d'un terme franais qui lui corresponde.

Le mot anglais _dollar_, monnaie des tats-Unis, se trouve dans quelques
dictionnaires modernes: et _Boiste_ admet _pound_, mot anglais pour
_livre sterling_.

PRIODE est masculin quand il marque le plus haut point, o une chose
puisse arriver: _il est au plus_ HAUT _priode de sa gloire_; ou quand
il signifie un espace de temps: _dans un_ COURT _priode_:--_dans le_
DERNIER _priode de sa vie_: il est fminin dans ses autres acceptions:
LA _priode lunaire_:--LA _priode julienne_.

PRIR. En parlant de personnes qui n'existent plus, on dirait, _elles_
SONT _pries_, parce qu'alors la pense est occupe de l'tat des
personnes qui n'existent plus. Mais si l'on voulait dsigner l'poque o
elles ont cess d'exister, ou la manire dont elles ont perdu la vie, il
faudrait se servir de l'auxiliaire _avoir_, et dire, _elles_ ONT _pri
en 1840_:--_elles_ ONT _pri dans un naufrage_.

Le mme principe est applicable au verbe _chouer_. _Le vaisseau_ A
_chou sur la cte_;--_le vaisseau que montait mon ami_ EST _chou_.
V. AUXILIAIRES.

PERSONNE _pronom indfini_, a un sens vague, s'emploie sans article et
sans adjectif dterminatif, et signifie aucune personne, qui que ce
soit: il est toujours du masculin et du singulier: PERSONNE _n'est assez
sot pour le croire_;--_il n'y a_ PERSONNE _qui ne soit fch_.

_Personne substantif_ a un sens dtermin; il est accompagn de
l'article, ou d'un adjectif dterminatif, et est fminin: _quelle est la
personne assez_ SOTTE _pour le croire?_--_il n'y a pas_ UNE _personne
qui n'en soit_ FACHE.

PERSES. On doit appeler _Perses_ les anciens habitans de la Perse, et
_Persans_ ceux d'aujourd'hui.

PERSUADER. La grammaire permet d'crire,--_les modernes se sont_
PERSUADS _qu'ils surpassaient les anciens_--et--_les modernes se sont_
PERSUAD _qu'ils surpassaient les anciens_. La raison en est qu'avec le
verbe _se persuader_, le pronom _se_ peut tre galement rgime direct,
ou rgime indirect du verbe: en effet, on dit _persuader quelqu'un_, et
_persuader_  _quelqu'un_.

PEU, suivi d'un pronom relatif, veut le verbe qui suit au subjonctif:
_il y a peu d'hommes, qui_ SACHENT _supporter l'adversit_.

_Un petit peu_ est une faute grossire: dites simplement, _un peu_.

_Pour le peu que_ est un barbarisme, il faut dire, _pour peu que_.

PEUR. La locution conjonctive, _de peur que_, veut toujours _ne_ devant
le verbe suivant: _de peur qu'il_ NE _vienne_.

_Avoir peur_ exige galement _ne_ devant _le_ verbe qui suit: _j'ai peur
qu'il_ NE _vous trompe_:  moins qu'_avoir peur_ ne soit accompagn
d'une ngation; ou ne soit employ interrogativement: dans ces deux cas
on supprime ne: _je n'ai pas peur qu'il vous trompe?_

PEUT-TRE employ avec le verbe _pouvoir_ forme un plonasme ridicule:
ne dites pas: _peut-tre il pourra venir_, mais, _peut-tre il viendra_.

PIRE, adjectif comparatif, se joint toujours  un substantif, et
s'accorde avec lui. _De deux maux il faut viter le_ PIRE:--_les_ PIRES
_des ennemis ce sont les flatteurs_.

_Pire_, suivi de _que_, veut _ne_ devant le verbe qui suit: _ce vin est
pire que je_ NE _le pensais_:  moins que cet adjectif n'accompagne un
verbe ngatif, ou ne soit employ interrogativement: _ce vin n'est pas
pire que je le pensais_:--_ce vin est-il pire que vous le pensiez?_

PIS est l'oppos de _mieux_, et se dit pour _plus mal_. Il ne se joint
pas  des substantifs masculins ou fminins, mais seulement  des noms,
o  des pronoms indtermins, comme dans cette phrase, _rien n'est_ PIS
_qu'une mauvaise langue_.

_Pis_ est quelquefois substantif: _le_ PIS _de l'affaire est que_...

_Pis_ est aussi adverbe comparatif: DE PIS _en_ PIS,--_de mal en_
PIS,--_tant_ PIS.

Le peuple dit abusivement _de_ PIRE _en_ PIRE,--_de mal en_
PIRE,--_tant_ PIRE.

PLAINDRE. _Se plaindre de ce que_, suppose un sujet de plainte: _il se
plaint_ DE CE QUE _vous l'avez tromp_.

_Se plaindre que_ ne suppose pas lieu  la plainte: _il a tort de se
plaindre_ QUE _vous l'ayez tromp_.

Le participe pass de _se plaindre_ s'accorde toujours avec le second
pronom: _ils se sont_ PLAINTS _de vous_:--_elle s'est plainte de votre
conduite_: except lorsque _se plaindre_ signifie _se refuser_, cas dans
lequel le second pronom cesse d'tre rgime direct, _elle s'est_ PLAINT
_le boire et le manger_.

PLAIRE. Ce _qui plait_ est ce qui est agrable: ce _qu'il plait_ est ce
que l'on veut: _les incenss sacrifient leurs intrts  ce_ QUI _leur_
PLAIT:--_les gens d'un caractre opinitre ne veulent faire que ce_
QU'IL _leur_ PLAIT.

On doit rpondre  quelqu'un qui offre quelque chose, _ce_ QU'IL _vous
plara_, et non pas, _ce_ QUI _vous plara_.

Le participe pass de _plaire_ est toujours invariable:--_ils nous ont_
PLU:--_ils se sont_ PLU _rciproquement_:--_ils se sont_ PLU _ me
contrarier_:--_elles se sont_ PLU _ la campagne_.

PLAISIR (il y a). Cette locution prend __ devant une consonne, et _de_
devant une voyelle. _Il y a plaisir_  _l'entendre chanter_:--_il y a
plaisir_ D'_avoir affaire  un homme si loyal_.

PLONASME. Le plonasme est autoris lorsqu'il ajoute  la phrase plus
d'nergie et de grce; mais souvent il est un vice  viter. Voici
quelques phrases dans lesquelles le plonasme est vicieux.
_S'entr'gorger les uns les autres_: les mots _les uns les autres_ sont
superflus:--_plaintes rciproques de part et d'autre_: _de part et
d'autre_ sont redondans: _discours rempli de beaucoup de citations_:
_beaucoup_ est inutile.--_ Mons. N, Prtre, Cur de N_;--_ Mons. N,
Prtre, Vicaire de N_:--_Je_, _soussign, Prtre, Cur de N_. Le mot
_prtre_ dans ces phrases est superflu:--_une heure de temps_:
retranchez _de temps_:--_ainsi donc vous avez tort_; l'un des deux
termes _ainsi_ et _donc_ est redondant:--_les ennemis reculent en
arrire_: on ne recule pas en avant; _en arrire_ est donc superflu; _un
brillant clat_: _brillant_ est superflu, car tout clat est
_brillant_:--_un cadavre inanim_; certes il n'y a pas de cadavre
_anim_:--_il fut forc malgr lui d'y consentir_; supprimez _malgr
lui_:--_il faut s'entr'aider mutuellement_; le dernier mot de cette
phrase n'ajoute rien au sens:--_un petit peu_; retranchez
_petit_:--_dpchez-vous vite_; _vite_ est superflu:--_tempte
orageuse_; retranchez _orageuse_:--_voyons voir_; rptition
barbare:--_je vais aller le chercher_, dites _je vais le
chercher_:--_pour faire fuir les ennemis on n'aurait seulement qu' se
montrer_; _seulement_ est superflu:--_je vais dner, et puis ensuite je
me rendrai chez vous_; _puis_ signifie _ensuite_, il faut donc
retrancher l'un ou l'autre:--_rellement vrai_; langage ridicule:--_au
jour d'aujourd'hui_; _jour_ est de trop:--_hmorragie de sang_:
retranchez _de sang_, puisque le mot _hmorragie_ signifie par lui-mme
_perte de sang_:--_il est impossible qu'on puisse russir_; dites, _il
est impossible de russir_:--_il est impossible de pouvoir_; otez _de
pouvoir_:--_je suis bien parfaitement_, ou _trs-parfaitement votre
humble serviteur_; les mots _bien_ et _trs_, joints  _parfaitement_,
sont redondans, parce qu'on ne peut rien ajouter  ce qui est
parfait:--_un des modles les plus parfaits_ est une faute, retranchez
_les plus_. Quelques grammairiens souffrent dans la conversation
familire ces expressions, _montez en haut_;--_descendez en bas_;--_je
veux unir ces deux prairies ensemble_.

PLIER, c'est mettre en plusieurs doubles: _plier du linge_;--_plier une
lettre_.

PLOYER. _Je ploie, tu ploies, il ploie, nous ployons, vous ployez, ils
ploient, je ployais, nous ployions, vous ployiez, ils ployaient, je
ployai, je ploierai, je ploierais, ploie, ployons, ployez, que je ploie,
que nous ployions, qu'ils ploient, que je ployasse, ployant, ploy,
ploye._

_Ployer_, c'est courber, faire flchir: _ployer une branche d'arbre_.

PLUPART. Le substantif _plupart_ tant un collectif partitif, veut que
le verbe et les autres correspondans, comme adjectifs, participes et
pronoms s'accordent avec le substantif exprim, ou sous-entendu aprs
_la plupart_: _la plupart du monde_ PENSE,--_la plupart des snateurs_
TAIENT MCONTENS _et_ FATIGUS _de la guerre_;--_la plupart_ TAIENT
_d'avis que_...

Dans le premier exemple l'accord a lieu avec _monde_, dans le second
avec _snateurs_, et dans le troisime avec le mot _snateurs_
sous-entendu; c'est comme s'il y avait, _la plupart des snateurs
taient d'avis que_...

PLUS. Le superlatif _le plus_, _la plus_, _les plus_, veut aprs lui le
subjonctif: _les mouvemens des plantes sont les plus rguliers que
nous_ CONNAISSIONS.

Avant les adverbes _plus_, _mieux_, _moins_, on emploie _le_, _la_,
_les_, pour exprimer une comparaison: _cette dame ne pleurait pas,
quoiqu'elle ft_ LA PLUS _afflige_, c.--d., la dame plus afflige que
les autres.

Au contraire on emploie simplement _le_ pour marquer une qualit porte
au plus haut degr, sans aucune ide de comparaison avec d'autres
objets: _cette dame ne pleure pas alors mme qu'elle est_ LE PLUS
_afflige_:--_il s'est baign dans l'endroit o les eaux sont_ LE MOINS
_rapides_.

Dira-t-on, _les opinions_ LES PLUS ou LE PLUS _gnralement suivies_?

La rponse dpend de l'intention de celui qui parle.

S'il s'agit d'opinions considres en elles-mmes, et sans comparaison,
on dira LE PLUS _gnralement suivies_.

Si au contraire, vous avez en vue d'autres opinions moins suivies, et
que vous vouliez indiquer une comparaison, vous direz LES PLUS
_gnralement suivies_.

Lorsque le terme de comparaison plac aprs _plus_ exprime une ide de
mesure, de quantit, cet adverbe doit tre suivi de la prposition _de_,
et non de _que_: _il est plus_ D'_ demi mort_:--_mon argent est plus_
D'_ moiti dpens_.

PLUS TT, PLUTT. Il ne faut confondre ces deux mots. _Plus tt_,
locution adverbiale, est l'oppos de _plus tard_: _plutt_, adverbe,
marque une prfrence. _Plutt mourir que de trahir ma foi._

POINT. Pas nonce simplement la ngation: _point_ l'exprime avec
beaucoup plus de force: _il n'a_ PAS _d'esprit ce qu'il faut pour cette
place_:--_c'est un homme qui n'a_ POINT _d'esprit_.

Il n'en est pas de mme quand on interroge: si ma question est
accompagne de doute, je dirai; _n'avez-vous point t l?_ mais si je
suis persuad, je dirai par manire de reproche: _n'avez-vous pas t
l?_

PORTE. Les mots composs qui suivent ne prennent point d'_s_ au pluriel:
_porte-guille_, _porte-baguette_, _porte-balle_, _porte-chape_,
_porte-collet_, _porte-crayon_, _porte-croix_, _porte-crosse_,
_porte-dieu_, _porte-drapeau_, _porte-enseigne_, _porte-tendard_,
_porte-lanterne_, _porte-malheur_, _porte-manteau_, _porte-mousqueton_,
_porte-respect_, _porte-verge_, etc. V. SUBSTANTIFS COMPOSS.

POUPE, jouet d'enfant. On substitue souvent  ce mot celui de _catin_.
Le mot _catin_, quoique dsign par quelques auteurs comme synonyme de
_poupe_, sonne mal aux oreilles dlicates, au point qu'il n'est plus
prononc en ce sens dans la bonne socit, et que le Dict. de
l'Acadmie, dit. de 1834, ne lui donne d'autre signification que celle
de _femme de mauvaises moeurs_.

POURVOIR. Pass dfini, _je pourvus_: futur, _je pourvoirai_;
conditionel, _je pourvoirais_: imparfait du subj. _que je pourvusse_. Le
reste sur _voir_.

POUVOIR. _Je puis_ est plus usit que _je peux_. On ne dit pas
_peux-je_? mais _puis-je_? Avec _pouvoir_ on peut supprimer _pas_ et
_point_; _je ne puis_:--_il ne peut sortir_:--il en est de mme des
verbes _cesser_, _oser_, et _savoir_.

PRENDRE GARDE QUE veut _ne_ devant le verbe suivant: _prenez garde
qu'on_ NE _vous trompe_: except quand il est employ interrogativement,
ou avec une ngation.

PRPOSITIONS. Les prpositions __, _de_, _en_, se rptent toujours
avant chaque rgime: _il dut la vie_  _la clmence_, _et_  _la
magnanimit du vainqueur_:--_il est doux_ DE _servir_, _et_ DE
_contribuer  sa gloire_.

Les autres prpositions, surtout celles qui n'ont qu'une syllabe, se
rptent quand les rgimes n'offrent aucune ressemblance de
signification. DANS _la paix et_ DANS _la guerre_:--PAR _la force et_
PAR _l'adresse_.

Au contraire elles ne se rptent pas quand les rgimes sont des
expressions synonymes: DANS _la mollesse et l'oisivet_:--PAR _la force
et la violence_:-- TRAVERS _les dangers et les obstacles_.

PRS, veut aprs lui la proposition _de_: _prs_ DES
_montagnes_;--_prs_ DU _chteau_, except dans le style familier;
_prs le march_.

_Prs de_ indique aussi le temps et le nombre: _il est_ PRS DE _deux
heures_;--_il y a_ PRS DE _vingt ans_. Ne dites pas: _il est_ PROCHE
_de deux heures_:--_il y a_ PROCHE _de vingt ans_.

PRESQUE. L'_e_ final de _presque_ s'lide seulement dans _presqu'le_;
ainsi crivez sans lision, _ouvrage_ PRESQUE _achev_:--_habit_ PRESQUE
_us_.

PRT  adjectif, signifie dispos : _prt_  _partir_:--_ils sont
prts_  _commencer_. _Prs de_ prposition, signifie sur le point de:
_le soleil est prs_ DE _se coucher_.

PRVALOIR se conjugue sur _valoir_, except au prsent du subjonctif, o
il fait, _que je prvale_, _que tu prvales_, _qu'il prvale_, _que nous
prvalions_, _que vous prvaliez_, _qu'ils prvalent_.

PRIER. Imparf. de l'ind. _nous priions_, _vous priiez_, _ils priaient_:
prsent du subjonctif, _que nous priions_, _que vous priiez_.

_Prier_ DE _dner_ se dit d'une invitation accidentelle: _Prier_ 
_dner_ d'une invitation prmdite.

PRONOMS RELATIFS. Les pronoms relatifs _qui_, _que_, _lequel_,
_laquelle_, _dont_, _o_, veulent le subjonctif aprs eux, quand ils ont
pour antcdent un nom employ dans une phrase qui marque le doute, le
dsir, l'interrogation ou le commandement; et l'indicatif, lorsque la
phrase exprime quelque chose de positif.

    _Pronoms relatifs
    avec l'indicatif._

Je connais quelqu'un qui POURRA vous rendre ce service:--voil un livre
que vous POURREZ consulter au besoin:--prtez-moi ce livre dont vous
n'AVEZ pas besoin:--ne quittez pas une place o vous TES commodment,
et d'o vous ENTENDEZ bien.

    _Les mmes pronoms
    avec le subjonctif._

Connaissez-vous quelqu'un qui PUISSE me rendre ce service?--donnez-moi
un livre que je PUISSE consulter au besoin;--prtez-moi un livre dont
vous n'AYEZ pas besoin:--choisissez une place o vous SOYEZ commodment,
et d'o vous ENTENDIEZ bien.

_Auquel_, _ laquelle_, sont d'un usage trs-ordinaire, et presque
toujours indispensable quand il est question de _choses_: _le jardin_
AUQUEL _je donne mes soins_:--_les sciences_ AUXQUELLES _je m'applique_.

Mais si l'on parle de _personnes_, on est libre d'employer _ qui_, ou
_auquel_, _ laquelle_: _Dieu_  QUI, ou AUQUEL _nous devons rapporter
toutes nos actions_.

Quand ce sont des prpositions autres que _de_ et __, qui rgissent le
pronom relatif, l'on peut employer indiffremment _qui_ ou _lequel_, si
l'on parle de _personnes_, et dire; _cherchons  flchir le Juge_ DEVANT
QUI, OU DEVANT LEQUEL _nous devons paratre un jour_:--_on s'ennuie
toujours avec ceux_ AVEC QUI, ou AVEC LESQUELS _il n'est pas permis de
s'ennuyer_.

Mais si l'on parle de _choses_, l'on doit se servir de _lequel_,
_laquelle_: _l'opinion_ CONTRE LAQUELLE _je me dclare_.

_Qui_ s'emploierait cependant dans les cas o les choses seraient
_personnifies_: _rochers_  QUI _je me plains_:--_la gloire_  QUI _je
me suis dvou_.

PRONONCIATION. La prononciation de la conversation diffre de celle de
la dclamation, et de la lecture, en ce qu'elle souffre une infinit
d'hiatus, pourvu qu'ils ne soient pas trop rudes. L'usage est tellement
prononc  cet gard, qu'il serait d'un pdant de ne pas s'y conformer.
Ainsi dans la conversation, _foltrer et rire_:--_aimer  jouer_, se
prononcent, _foltr et rire_:--_aim  jouer_. En gnral l'_s_ finale
des verbes ne se prononce point devant une voyelle: ainsi, _tu aimes 
rire_:--_tu joues avec prudence_, se prononcent, _tu aime  rire_:--_tu
joue avec prudence_.

L'articulation vicieuse de la diphthongue _oi_, si frquente chez nous,
doit attirer l'attention srieuse de l'instituteur; ou plutt,
devons-nous dire, sa conscience est greve  cet gard, d'une immense
responsabilit envers ses lves et la socit.

En discutant la prononciation de cette diphthongue, Gatel, dans la
prface de son dictionnaire, p. XII (dit. de 1813) dit:

     Quant  la diphthongue _oi_...je n'ignore pas que l'usage lui
     donne chez nous...une susceptibilit de plusieurs nuances, pour
     ceux du moins qui...ont les organes extrmement souples et
     dlicats. C'est tantt le son d'_oe_, ou plutt
     d'_o_;...tantt celui d'_oa_...tantt celui d'_oua_...mais ces
     nuances m'ont paru en gnral si lgres, si difficiles 
     saisir...que...j'ai jug plus convenable...de dsigner
     toujours...la prononciation d'_oi_ par _oa_, en prenant la
     seule prcaution d'affecter l'_a_ de l'accent circonflexe,
     suivant que le son en devait tre plus ou moins fortement
     appuy.

Duvivier, dans son article des diphthongues, dit que le son le plus
naturel de la diphthongue _oi_,

     est celui que l'on suit en grec, o l'on fait entendre l'_o_
     et l'_i_, comme dans _voi-elle_, _roi-aume_ (_voa-elle_,
     _roa-aume_) mais, dit-il, elle a encore d'autres sons qu'il
     est difficile de reprsenter par crit.

Outre Gatel dj cit, Nol et Chapsal dans leur dictionnaire, et
Rolland dans son vocabulaire, dsignent toujours la prononciation de la
diphthongue _oi_ par _oa_, ou _oua_. Suivant eux, _voir_, _boire_,
_croire_, _moi_, _toi_, _droit_, etc., se prononcent, _voar_, _boar_,
_croar_, _moa_, _toa_, _droa_.

Il faut donc viter de donner le son de l'__ ouvert  la diphthongue
_oi_, et se garder de prononcer, _vo-re_, _bo-re_, _cro-re_, _mo-_,
_to-_, _dro-_, etc.

Le Dictionnaire de l'Acadmie, et la plupart des grammairiens modernes
donnent,  quelques nuances prs, la mme rgle pour la prononciation de
la diphthongue _oi_.

Le son de la voyelle _a_, comme le son de quelques autres voyelles, peut
tre _aigu_ ou _grave_: il est aigu dans _patte_, _natte_ et grave dans
_hte_, _pte_. On conoit, facilement que le son grave doit tre plus
fort, plus rempli que le son aigu: mais on doit viter de prononcer
l'_a_ comme les anglais le prononcent dans LAW (loi): et les allemands
dans JA (oui) avec une effrayante ouverture de bouche. La douceur,
l'harmonie de la langue franaise, ne peut souffrir la rudesse de tels
sons.

L'Acadmie vient  l'appui de cette rgle de la prononciation de la
voyelle _a_.

     Le son de l'_a_, en franais, est le mme dans tous les mots:
     il ne diffre que par sa dure, et par des nuances peu
     sensibles. Il est long ou bref: long dans _pte_, _grce_; bref
     dans _glace_, _trace_. _Dict._ de _l'Ac. dit. de 1832_.

Les autres voyelles susceptibles de devenir graves, sont _e_, _u_, _o_:
_tempte_, _jene_, _cte_.

PROPORTIONNEL _adjectif_, et PROPORTIONNELLEMENT _adverbe_, termes de
mathmatiques, sont employe quand il s'agit de quantits en lignes, en
nombres ou en grandeurs, qui sont en proportion. _Rduire_
PROPORTIONNELLEMENT _un grand plan  un petit_.

Dans les autres cas, o il est question de proportion entre une chose et
une autre chose, on se sert du participe _proportionn_, et de l'adverbe
_proportionnment_: _le remde est_ PROPORTIONN _au mal_:--_il n'a pas
t rcompens_ PROPORTIONNEMENT _ son mrite_.

PROPRE , dsigne une vocation, ou une destination encore imparfaite.
_Propre pour_, marque une capacit acquise: un homme _propre _ la
guerre, pourra tre un jour un gurier: un homme _propre pour_ la
guerre, a ce qu'il faut pour l'tre maintenant.

PUISQUE. L'_e_ de _puisque_ ne s'lide que devant _il_, _ils_, _elle_,
_elles_, _on_, _un_, _une_: mme observation pour le mot _quoique_.


QUATRE-VINGTS prend la marque du pluriel: _quatre-vingts hommes_:
except quand il est suivi d'un autre adjectif de nombre:
_quatre-vingt-dix hommes_. Il est galement invariable quand il s'agit
de la date: _l'an mil huit cent quatre_-VINGT.

QUELQUE s'crit de trois manires:

1. suivi d'un verbe il se met en deux mots, _quel que_, et alors _quel_
adjectif s'accorde au genre et en nombre avec le sujet du verbe: QUELS
QUE _soient les humains_.

2. suivi d'un substantif il s'crit en un mot, _quelque_, et s'accorde
en nombre avec ce substantif: QUELQUES _raisons que vous puissiez me
donner_.

3. suivi d'un qualificatif, soit adjectif, soit participe, soit
adverbe, _quelque_ s'crit galement en un mot: mais alors il est
adverbe, et consquemment reste invariable: QUELQUE _puissans qu'ils
soient_:--QUELQUE _considrs que nous soyons_:--QUELQUE _adroitement
qu'ils s'y prennent_.

L'_e_ finale de _quelque_ s'lide seulement devant _un_, _une_, _autre_,
_il_, _elle_, _elles_: _quelqu'un_,--_quelqu'une_,--_quelqu'autre_,
--_quelqu'il soit_,--_quelle qu'elle soit_.

QUELQUE CHOSE. Quand _quelque chose_ signifie une certaine chose, il est
substantif masculin. _J'ai vu quelque chose de_ BEAU. Il est substantif
fminin lorsqu'il veut dire, quelque soit la chose. _Quelque chose que
je lui ai_ DITE.

QUTER. C'est abusivement qu'on emploie ce mot pour signifier _mendier_.
_Quter_, c'est faire une collecte pour les pauvres, pour les objets de
confrries, pour les tablissemens religieux, etc. _Mendier_ c'est
demander l'aumne.

Mme remarque pour _quteur_ qu'on fait synonyme de _mendiant_.

_Quteux_ pour _mendiant_ est doublement barbare.

QUI prend le nombre et la personne de son antcdent, et les communique
au verbe dont il est le sujet. Consquemment on dira: _moi qui_ AI
_parl_:--_toi qui_ AS _parl_:--_lui_ ou _elle qui_ A _parl_:--_nous
qui_ AVONS _parl_:--_vous qui_ AVEZ _parl_:--_ils_, ou _elles qui_ ONT
_parl_.

On doit donc aussi dire, _si c'tait moi qui_ VOULUSSE--_si c'tait vous
qui_ VOULUSSIEZ--_si c'tait lui qui_ VOULUT, et non pas, _si c'tait
moi qui_ VOULUT:--_si c'tait vous qui_ VOULUT, etc.

On dira, _vous parlez comme un homme_ QUI ENTEND _la matire_, et non
pas, QUI ENTENDEZ _la matire_:--_vous parlez comme des hommes_ QUI S'Y
CONNAISSENT, et non pas, QUI VOUS Y CONNAISSEZ:--_tu tais le seul qui_
PUT _me ddommager_: parce que dans ces phrases, le relatif _qui_
reprsente le substantif qui le prcde immdiatement: et en effet,
c'est comme si l'on disait; _vous parlez comme un homme_, LEQUEL HOMME
_entend la matire_, etc. et puis ce substantif, que l'on est cens
rpter aprs _lequel_, tant rellement le sujet, communique au verbe
le genre, le nombre et la personne.

Lorsque le relatif _qui_ est prcd d'un adjectif, c'est au pronom qui
est plac auparavant que se rapporte ce relatif: en consquence il faut
dire; _nous sommes ici_ PLUSIEURS _qui nous_ SOUVENONS _des
succs_....--_c'est vous_ SEULS _qui vous_ CHARGEZ _de cette
responsabilit_:--_nous tions_ DEUX _qui_ TIONS _du mme avis_.
Observez que l'on dirait: _nous tions_ DEUX _juges qui_ TAIENT _du
mme avis_, et non pas, _qui_ TIONS _du mme avis_,  cause du
substantif _juges_ qui est l'antcdent de _qui_.

QUI, QUE. On doit viter la multiplicit de ces pronoms, surtout quand
ils sont interrogatifs. La grammaire ne les condamne pas absolument,
mais l'oreille en est offense. Ainsi au lieu de: QUI _est-ce_ QUI _a
fait cela_?--QU'_est-ce_ QUE _c'est_ QUE _cela_?--QU'_est-ce_ QUE _tu
as_? dites: QUI _a fait cela_?--QU'_est-ce_ QUE _cela_?--QU'_as tu_?

QUICONQUE devient fminin quand il dsigne spcialement une femme:
_quiconque est bonne mre est_ ADORE _de ses enfans_.

QUOIQUE, en un mot, signifie _bien que_; QUOIQUE _vous soyez instruit_,
_soyez modeste_: en deux mots, il veut dire, _quelque chose que_: QUOI
QUE _vous lui disiez_, _il ne vous coutera pas_.

L'_e_ de _quoique_ ne s'lide que devant _il_, _elle_, _ils_, _elles_,
_ou_, _un_, _une_.


R. Dans la lecture, dans le discours soutenu, et dans les vers, _r_
finale des infinitifs en _er_ est nulle devant une consonne ou une _h_
aspire: mais suivie d'une voyelle ou d'une _h_ muette, elle se fait
entendre.

Dans la conversation _r_ est une lettre muette  la fin des infinitifs,
mme devant une voyelle: _aimer  boire_,--_parler et chanter_, se
prononcent _aim  boire_,--_parl et chant_.

RAILLERIE. _Entendre raillerie_, c'est bien prendre la raillerie.
_Entendre_ LA _raillerie_, c'est avoir le talent de railler.

RAPPELER, (se) veut un rgime direct; ne dites pas, _je me rappelle_ DE
_cette personne_:--_je me rappelle_ DE _cette chose_:--_je_ _m'_EN
_rappelle_: dites, _je me rappelle cette personne_:--_je me rappelle
cette chose_:--_je me le rappelle_.

On met cependant la prposition _de_ devant l'infinitif: dans ce cas
_de_ n'est qu'un mot euphonique, et l'infinitif n'en est pas moins le
rgime direct: _je me rappelle_ D'_avoir vu_.

RAPPORT. _Avoir rapport _ exprime une ide de relation, de liaison:
_les effets ont rapport_ AUX _causes_. _Avoir rapport avec_ marque une
ide d'analogie, de ressemblance: _nos plus belles tragdies ont
beaucoup de rapport_ AVEC _celles des Grecs_.

RAVOIR ne se dit qu' l'infinitif.

RGIMES, (deux). Quand un verbe a deux rgimes, l'un est simple et
l'autre est compos: alors il faut toujours placer le rgime simple le
plus prs possible du verbe: _apportez-moi-la_,--_dites-moi-le_,
seraient donc des fautes, parce que _moi_ est rgime compos, et _le_,
_la_, rgimes simples; il faut dire, _apportez-la-moi_,
--_dites-le-moi_,--_donnez le-lui_,--_chantez-la-nous_, etc.

RGIME PRONOM. Toutes les fois qu'un verbe actif est suivi d'un
infinitif, on doit employer _le_, _la_ _les_, devant ce verbe actif, si
l'infinitif n'est pas rgime direct: car alors il faut que le pronom
soit rgime direct, puisqu'un verbe actif exige un rgime de cette
nature: mais on doit employer _lui_, _leur_, quand l'infinitif est le
rgime direct du verbe actif, un verbe actif ne pouvant pas avoir deux
rgimes directs.

On doit donc dire en parlant d'un homme, _je_ L'_ai vu faire bien des
sottises_, et non pas, _je_ LUI _ai vu faire bien des sottises_: et en
parlant des animaux; _c'est la brutalit qui_ LEUR _fait suivre les
mouvemens de leur colre_: et non pas: _c'est la brutalit qui_ LES
_fait suivre_, etc.

Dans la premire phrase le pronom LE (_cet homme_) est le rgime direct
de _voir_ et non pas de l'infinitif _faire_; c'est comme s'il y avait,
_j'ai vu cet homme faisant bien des sottises_.

Dans la seconde phrase _suivre_ est le rgime direct de _faire_, et
_leur_ (aux animaux) le rgime indirect; c'est comme si l'on disait;
_c'est la brutalit qui fait suivre aux animaux les mouvemens de leur
colre_.

On ne doit pas dire, _l'ide_ LES _a pris d'aller  la campagne_: mais,
_l'ide_ LEUR _a pris_, etc. Ici le verbe est pris neutralement, et ne
saurait avoir de rgime direct.

Il y a une grande diffrence entre, _je_ LUI _ai vu donner un soufflet_,
et, _je_ L'_ai vu donner un soufflet_,--entre, _les offres de service
que je_ LEUR _ai vu faire_, et, _les offres de service que je_ LES _ai
vus faire_:--entre, _les liqueurs que je_ LEUR _ai vu verser_, et, _les
liqueurs que je_ LES _ai vus verser_. Cette diffrence est telle, qu'en
confondant les deux rgimes l'on exprimerait positivement le contraire
de ce que l'on voudrait faire entendre.

RFORMATION, RFORME. La _rformation_ est l'action de rformer; la
rforme en est l'effet.

RSOUDRE. _Je rsous_, _tu rsous_, _il rsout_, _nous rsolvons_, _vous
rsolvez_, _ils rsolvent_, _je rsolvais_, _je rsolus_, _je
rsoudrai_, _je rsoudrais_, _rsous_, _rsolvons_, _rsolves_, _que je
rsolve_, _que nous rsolvions_, _que vous rsolviez_, _que je
rsolusse_, _rsolvant_: il a deux participes passs, _rsolu_ et
_rsous_: ce dernier n'a point de fminin.

Lorsqu'il est question de dterminer une chose douteuse, on se sert de
_rsolu_: _ce jeune homme a_ RSOLU _de changer de conduite_. En parlant
des choses qui se convertissent en d'autres, on se sert de _rsous_; _le
soleil a_ RSOUS _le brouillard en pluie_.

Quant _rsoudre_ est actif, il rgit _de_ avant l'infinitif, _on a
rsolu_ D'_agir sans plus tarder_: employ passivement il prend __ ou
_de_ devant l'infinitif: _je suis rsolu_  _partir_, ou DE _partir_.
Quand rsoudre est rflchi, il rgit __; _je me suis rsolu_ 
_demander une retraite_.

RESPECT. On dit galement _resp_ ou _respeck_. Quand aux mots _aspect_
et _circonspect_, il faut prononcer _aspeck_ et _circonspeck_. Cependant
Boiste prononce _assepekte_.

RESTE. _Au reste_ se dit des choses dont on a dj parl, et sur
lesquelles il reste quelque chose  dire; _voil l'opinion de Bernard_:
AU RESTE _je vous en crirai_.

_Du reste_ s'emploie quand ce qui suit n'est pas dans le mme genre que
ce qui _prcde_; _il est bizarre, emport_, DU RESTE _brave homme_.

RSULTER n'est usit qu' l'infinitif et aux troisimes personnes du
singulier. Il prend _avoir_ et _tre_.

RUNIR, lorsqu'il signifie, _possder en mme temps_, ne doit jamais
tre suivie des prpositions __ ou _avec_; ne dites donc pas, _Turenne
runissait la prudence_  _la hardiesse_, ni, AVEC _la hardiesse_:
dites, _Turenne runissait la prudence_ ET _la hardiesse_. En matire de
Fief et d'autres choses semblables, on dit, _runir _.--_Runir un
grand Fief_  _la Couronne_.

Le verbe _unir_ rejette la prposition _avec_, et veut __. _Turenne
unissait la prudence_  _la hardiesse_.

RVER , c'est rflchir profondment; _il rve_  _une affaire_. _Rver
de_, c'est faire un songe: _j'ai rv_ DE _vous_:--_j'ai rv_ DE
_combats_.

REVERS INATTENDU. On prononce _rever inattendu_.

RIRE. Le participe _ri_ est invariable: _ils se sont_ RI,--_elles se
sont_ RI _de mes menaces_.

ROSBIF, du mot anglais _roast-beef_, signifie boeuf rti.

ROYAL. On disait autrefois, _des lettres royaux_,--_des ordonnance
royaux_: la raison a fait justice de cette bizarre irrgularit:
aujourd'hui l'on dit, _lettres royales_, _ordonnances royales_.


S. L'_s finale_ se fait entendre dans les mots _anus_, _alos_, _as_,
_atlas_, _blocus_, _calus_, _foetus_, _iris_, _mas_, _moeurs_,
_prospectus_, _lapis_, _laps_, _en sus_, _locatis_, _vis_, _vasistas_,
et dans les mots purement trangers, tels que _bibus_, _chorus_,
_agnus_, _gratis_, _Crsus_, _Dlos_, _Rubens_, _Valens_, (prononcez,
_rubinze valinze_) _Bacchus_, _Pallas_, etc.

Exceptions. L'_s_ ne sonne pas dans _Mathias_, _Thomas_, _Judas_.

Quand le pronom _y_, ou le pronom _en_, suit immdiatement la seconde
personne singulire de l'impratif termin par un _e_ muet, il faut,
pour viter un hiatus, y ajouter une _s_ euphonique, et crire,
_donnes-en_;--_portes-y_;--_aies-en_;--_travailles-y_.

Mais si le mot _en_, au lieu d'tre un pronom, est une prposition,
alors on ne fait point usage de la lettre euphonique _s_; et l'on crit,
_admire en France_...et non pas, _admires en France_.

On ne fait pas sonner l'_s_ dans cette phrase du discours familier, _sur
les une heure_.

L'impratif _va_, suivi des pronoms _y_, _en_, prend aussi une _s_:
_vaS-y-voir_;--_vaS-en demander_; mais on ne doit pas dire, _vaS en
Angleterre_, mais, _va en Angleterre_, parce que _en_ est ici
prposition.

SAILLIR, (verbe neutre et dfectif) dans le sens de _jaillir_, ne se dit
que des liquides: il n'est d'usage, suivant du Duvivier, qu'aux
troisime personnes, et  l'infinitif, et se conjugue sur _finir_. _Il
saillit_, _ils saillissent_, _il saillissait_, _ils saillissaient_, _il
saillit_, _ils saillirent_, _il saillira_, _ils sailliront_, _il
saillirait_, _ils sailliraient_, _qu'il saillisse_, _qu'ils
saillissent_, _qu'il saillt_, _qu'ils saillissent_.

SAILLIR, terme d'architecture, signifie s'avancer en dehors comme un
balcon, une corniche. En ce sens il se conjugue diffremment du verbe
_saillir_ de l'article qui prcde, et ne s'emploie qu' l'infinitif, et
 la troisime personne des temps suivans; _il saille_, _ils saillent_,
_il saillait_, _ils saillaient_, _il saillera_, _ils sailleront_, _il
saillerait_, _ils sailleraient_, _qu'il saille_, _qu'ils saillent_,
_qu'il saillt_, _qu'ils saillissent_.

SANS QUE n'est jamais, suivi de _ne_: dites, _sans qu'il vienne_, et
non, _sans qu'il_ NE _vienne_.

SAVOIR est le seul verbe qui se mette au subjonctif, sans tre sous la
dpendance d'un autre mot qui le prcde; mais alors il doit tre
accompagn d'une ngation: _je ne_ SACHE _rien de nouveau_.

SECOND veille une ide d'ordre, et _deuxime_ une ide de srie. Ne
dites pas; _le_ DEUXIME, _mais_, _le_ SECOND _tome_ d'un ouvrage qui
n'a que deux tomes. Si l'ouvrage a plusieurs tomes, dites, _le_ DEUXIME
et non _le_ SECOND _tome_.

SEMBLER. Le verbe impersonnel, _il semble_, veut le subjonctif: _il
semble qu'il vous_ CRAIGNE: except quand il est accompagn d'un rgime
indirect de personne; _il_ ME _semble qu'il vous_ CRAINT.

SEMI ne s'emploie qu'avec certains mots, et reste toujours invariable;
_une_ SEMI-_fte_:--_des_ SEMI-_tons_:--_des fleurs_ SEMI-DOUBLES.

S'EN ALLER. Le pronom _en_ de _s'en aller_, doit toujours, dans les
temps composs, prcder immdiatement le verbe _tre_. Dites, _nous
nous_ EN _sommes alls_: et non pas, _nous nous sommes_ EN _alls_.

Il ne faut pas dire; _je m'_EN _vais commencer cette lettre_:--_je_
_m'_EN _vais lui crire_: mais, _je vais commencer cette lettre_:--_je
vais lui crire_.

SENS (ville). Prononcez, _San-ce_.

SEOIR, pour signifier _tre assis_, ne se dit plus qu'aux participes,
_sant_, _sis_, _sise_: et pour signifier _tre convenable_, ne se dit
qu'au participe prsent, qu'on crit alors _seyant_, et aux troisimes
personnes, _il sied_, _ils sient_, _il seyait_, _ils seyaient_, _il
sira_, _ils siront_, _il sirait_, _ils siraient_. Il est inusit aux
temps composs.

_Messeoir_ se conjugue comme _seoir_, _et s'_emploie aux mmes temps.

SI. On ne doit pas dire, _il tait_ SI _en peine_:--SI _en colre_:
mais, _il tait_ SI FORT _en peine_...SI FORT _en colre_.

SOFA, CANAP. L'Acadmie dit qu'on confond souvent les _canaps_ avec
les _sofas_. _Sofa_, ou _sopha_, est un lit de repos qui sert de sige.
_Canap_ est un long sige  dossier, qui sert quelquefois, mais
rarement, de lit de repos. La plupart des longs siges, qui parent nos
salons, sont des _canaps_, et c'est une faute de les dsigner par le
terme _sofa_. _Divan_ est un canap oriental, sans dossier.

SOI. Le pronom personnel _soi_ se dit des personnes et des choses. Quand
il se dit des personnes, ce ne peut tre que dans les propositions
gnrales, ou avec des noms collectifs ou indfinis, comme _on_,
_chacun_, _personne_, _quiconque_, etc. _On doit rarement parler de_
SOI;--_chacun est content de_ SOI;--_quiconque n'aime que_ SOI, _est
indigne de vivre_;--_ne vivre que pour_ SOI, _c'est tre dj mort_.

Lorsque l'antcdent prsente un sens dtermin, ce n'est plus _soi_
qu'il faut employer, c'est _lui_, _elle_, _lui-mme_, _elle-mme_: _cet
homme rapporte tout _ LUI,--_cette femme ne parle que d'_ELLE-MME.

Cependant, pour viter une quivoque, les crivains emploient _soi_,
quoique l'antcdent offre un sens dtermin. _Ce jeune homme, en
remplissant les volonts de son pre, travaille pour_ SOI. Si au lieu de
_pour_ SOI, l'on disait _pour_ LUI, il y aurait une quivoque; on ne
saurait si LUI reprsente le pre ou le fils.

Lorsqu'il est question de _choses_, on peut indiffremment employer le
pronom _soi_, ou le pronom _lui_, _elle_. _L'aimant attire le fer _
SOI, ou __ LUI;--_un bienfait porte sa rcompense avec_ SOI, ou _avec_
LUI,--_la vertu est aimable de_ SOI, ou _d'_ELLE-MME.

_Soi_ tant toujours du nombre singulier, ne peut jamais se rapporter 
un pluriel, lorsqu'il s'agit de _personnes_; mais s'il est question de
_choses_, les avis sont partags. L'Acadmie et Th. Corneille rejettent
cette phrase, _ces choses sont indiffrentes de_ SOI, tandis qu'ils
admettent celle-ci, _de_ SOI _ces choses sont indiffrentes_.

SON, SA, SES, LEUR, LEURS, quand il s'agit de choses, se remplacent par
l'article et le pronom _en_, lorsque ceux-ci peuvent entrer dans la
phrase sans nuire au sens. Ainsi, an lieu de dire en parlant d'une
maison, SON _extrieur est agrable_; en parlant d'une ville, _j'aime_
SES _environs_; et en parlant d'arbres, LEURS _fruits sont excellens_;
l'on dira: L'_extrieur_ EN _est agrable_,--_j'_EN _aime_ LES
_environs_,--LES _fruits_ EN _sont excellens_.

Mais on dira avec _son_, _sa_, _ses_, _leur_, _leurs_; _le Saint-Laurent
a_ SA _source au del du Lac Suprieur_,--_les sciences ont_ LEURS
_difficults_; parce que le sens ne permet pas de remplacer _son_,
_sa_, _ses_, etc., par l'article et le pronom _en_.

SORTIR, pour signifier _obtenir_, _avoir_, est un terme de palais, usit
seulement  la troisime personne, et  quelques-uns de ses temps; _il
sortit_, _ils sortissent_, _il sortissait_, _qu'il sortisse_,
_sortissant_, _sorti_, _sortie_. Pour les temps composs, on se sert
d'_avoir_: _ce jugement_ A _sorti son plein et entier effet_.

SOU. On n'crit plus, comme autrefois, _sol_.

SOUFFRIR prend __ ou _de_ devant l'infinitif: _je souffre_  _le voir_,
ou DE _le voir dans cet tat_.

SOUVENIR (faire). C'est une faute de dire: _afin de_ LEUR _faire
souvenir_:--_je_ LUI _ai fait souvenir_: dites, _afin de_ LES _faire
souvenir_:--_je_ L'_ai fait souvenir_.

_Souvenir_ s'emploie en parlant de choses rcentes; _ressouvenir_ en
parlant de choses passes depuis longtemps.

SUBSTANTIFS. L'usage veut que certains substantifs, ayant la mme
inflexion et le mme genre, servent  dsigner les deux sexes; tels
sont, _auteur_, _docteur_, _gnral_, _gomtre_, _graveur_, _mdecin_,
_orateur_, _philosophe_, _pote_, _sculpteur_, _soldat_, _tmoin_,
_peintre_, _traducteur_, etc.

Quand les substantifs _enfant_, _esclave_, _dpositaire_, etc.,
reprsentent une personne du sexe, l'article et l'adjectif doivent tre
mis au fminin. UNE _enfant_ PIEUSE;--UNE _esclave_ BLANCHE;--UNE
_dpositaire_ PRUDENTE.

SUBSTANTIFS COMPOSS (l'orthographe des).

_Premire rgle_. Quand un substantif compos est form d'un substantif
et d'un adjectif, ils prennent l'un et l'autre la marque du pluriel:
_une basse-taille_, _des basses-tailles_:--_un plain-chant_, _des
plains-chants_: except, _des blanc-seings_, _des terre-pleins_, _des
chevau-lgers_, _des grand'-mres_, _des grand'-messes_.

_Remarque._ Quand il entre dans un substantif compos un mot, qui ne
s'emploie plus isolment, comme dans _pic-griche_, _loup-garou_,
_gomme-gutte_, etc., ce mot joue le rle d'un adjectif, et consquemment
prend la marque du pluriel: _des pics griches_, _des loups-garous_,
_des gommes-guttes_.

_Deuxime rgle._ Quand un substantif compos est form de deux
substantifs, placs immdiatement l'un aprs l'autre, ils prennent tous
les deux la marque du pluriel: un _chef-lieu_, des _chefs-lieux_, un
_chien-loup_, des _chiens-loups_, un _chou-fleur_, des _choux-fleurs_:
except, un _bec-figues_, des _bec-figues_, un _appui-main_, des
_appuis-main_, un _Htel-Dieu_, des _Htels-Dieu_, un _brche-dents_,
des _brche-dents_.

_Troisime rgle._ Quand un substantif compos est form de deux
substantifs unis par une prposition, c'est le premier substantif qui
prend la marque du pluriel: un _ciel-de-lit_, des _ciels-de-lit_: un
_chef-d'oeuvre_, des _chefs-d'oeuvre_: except, des _coq--l'ne_, des
_pied--terre_, des _tte--tte_.

_Quatrime rgle._ Quand un substantif compos est form d'un substantif
joint  un verbe, ou  une prposition, ou  un adverbe, le substantif
seul prend le signe du pluriel, si toutefois il y a pluralit dans
l'ide. Ainsi l'on crira avec une _s_ au pluriel, des _contre-coups_,
des _avant-coureurs_, des _arrire-saisons_. Mais on crira sans mettre
une _s_ au pluriel, parce qu'il y a unit dans l'ide, des _serre-tte_,
des _rveille-matin_ (horloges), des _contre-poison_. Enfin on crira
avec une _s_, tant au singulier qu'au pluriel, parce qu'il y a toujours
pluralit dans l'ide, les mots _essuie-mains_, _cure-dents_,
_porte-clefs_. V. TIRE-BALLE, PORTE.

_Cinquime rgle._ Quand un substantif compos ne renferme que des mots
invariables de leur nature, comme _verbe_, _prposition_, _adverbe_,
aucune de ces parties ne prend la marque du pluriel: des _pour-boire_,
des _passe partout_.

SUCCDER. Le participe _succd_ est invariable: _ils nous ont_
SUCCD,--_ils se sont_ SUCCD.

SULLY. Les _ll_ de ce nom propre sont mouilles.

SUPPLER. _Suppler une chose_, et _suppler_  _une chose_, ont des
sens trs-diffrens. _Suppler une chose_, c'est remplacer ce qui
manque, en fournissant une chose de la mme nature. _Ce sac doit tre de
mille francs_: _s'il y a cent francs de moins, je_ LES _supplerai_.

_Suppler_  _une chose_ c'est remplacer cette chose par une autre chose
qui en tient lieu: _la valeur supple_ AU _nombre_.

Avec un nom ou pronom de _personne_, qui lui sert de rgime, _suppler_
ne prend jamais la prposition __. Ainsi dites _suppler quelqu'un_, et
non pas, _suppler_  _quelqu'un_:--_s'il ne vient pas je_ LE
_supplerai_, et non pas, _je_ LUI _supplerai_.

SUPPOS s'accorde lorsqu'il suit le substantif: _ces faits_ SUPPOSS: il
est invariable quand il le prcde: SUPPOS _ces faits_.

SURSEOIR. _Je sursois, tu sursois, il sursoit, nous sursoyons, vous
sursoyez, ils sursoient, je sursoyais, nous sursoyions, vous sursoyiez,
ils sursoyaient, je sursis, nous sursmes, je surseoirai, nous
surseoirons, je surseoirais, nous surseoirions, surseois, sursoyons, que
je surseoie, que nous sursoyions, que je sursisse, que nous sursissions,
sursoyant, sursis, sursise._

_Surseoir_, verbe actif, signifie suspendre: _on a sursis la
dlibration_: on dit aussi neutralement: _surseoir au jugement d'une
affaire_.

SYNONYME. Aprs deux substantifs synonymes, employs comme sujets, le
verbe s'accorde avec le dernier: _son courage_, _son intrpidit_
TONNE _les plus braves_. L'adjectif suit la mme rgle: _une douceur_,
_une affabilit_ CHARMANTE.


T.  quelques rares exceptions prs, le _t_ final se prononce seulement
devant une voyelle ou une _h_ muette. C'est donc une faute, mme grave,
que de le faire sonner dans _juillet_, _beset_, _calumet_, _Nicolet_,
ainsi que dans les noms d'hommes, _Bossuet_, _Croiset_, etc.: prononcez,
_juill_, _bes_, _calum_, _Nicol_, _Bossu_, _Crois_.

Dans _avant-hier_ le _t_ se fait sentir faiblement: mais il ne peut tre
prononc, sans blesser l'oreille, dans les locutions, _un got
horrible_,--_un tort incroyable_,--_un instinct heureux_, etc.: et si le
mot suivi d'une voyelle, a un _r_ devant le _t_ final, comme dans _il
part aujourd'hui_,--_il court  bride abattue_,--_il s'endort 
l'ombre_, l'usage le plus commun est de ne pas faire sonner le _t_.

Le _t_ final se fait toujours entendre dans _abject_, _contact_, _fat_
(_fat_ n'a point de fminin), _suspect_, _granit_, etc.

L'adverbe _net_ se prononce indiffremment _n_ ou _nette_: mais le _t_
de l'adjectif _net_ est muet au masculin.

Duvivier dit:

     La plupart des crivains modernes forment le pluriel des
     substantifs qui sont termins par _ant_, ou par _ent_, en
     ajoutant un _s_ et en supprimant le _t_ final dans les
     polysyllabes: mais ils le conservent dans les monosyllabes.

     Toutefois cette suppression n'est pas galement adopte; et en
     effet _Regnier_, _Desmarais_, MM. de _Port-Royal_.... beaucoup
     de grammairiens modernes.... et un grand nombre
     d'imprimeurs.... conservent le _t_ final.... mais....
     l'Acadmie a adopt cette suppression....

Les mmes remarques sont applicables  la suppression du _t_ au pluriel
des adjectifs termins par _ant_ et par _ent_.

TCHER. _Je tcherai que vous soyez content_, est un solcisme, parceque
_tcher_ n'est jamais suivi de la conjonction _que_.

_Tcher_ prend __ devant l'infinitif, quand il signifie _songer _,
_viser _: _il tche_  _m'embarrasser_,-- _me nuire_: et _de_ quand il
exprime les efforts que l'on fait pour parvenir  une fin: _il tche_
D'_avancer_.

TAMBOUR. _Battre_ DU _tambour_, c'est jouer du tambour; _battre_ LE
_tambour_, c'est donner un signal par le tambour.

TARDER prend galement __ ou _de_ devant l'infinitif: _tarder_ , OU
_tarder_ DE _venir_.

TMOIN plac au commencement d'un membre de phrase, est pris
adverbialement: TMOIN _les victoires de nos armes_.

TERMES DE MARINE. L'emploi abusif de termes de marine, imports au pays
par les premiers colons et navigateurs,  fait  la langue une plaie,
qu'il n'est pas facile de fermer. Le mal, comme une pidmie, des
dernier rangs de la socit, s'est communiqu aux premiers: et souvent
l'ducation la plus soigne est une faible barrire contre l'emploi, 
rebours du sens commun, des termes, _virer_, _amarrer_, _larguer_,
_greiller_ (grer), _embarquer_, _dbarquer_, _revirer de bord_,
_amarre_, _borde_, etc., etc.

Les Instituteurs ne peuvent trop svir contre l'abus que nous signalons
ici.

TERMES PARASITES. Il faut viter avec un soin extrme les _mots
favoris_, les _termes bizarres_, qui inondent nos discours, et nous
rendent importuns, ridicules et sont souvent le flau de la socit,
sans que nous nous en appercevions. Rien d'ailleurs ne dcle plus une
ducation vulgaire.

galement on doit viter les tours suranns, les expressions ignobles,
qui ne peuvent que fatiguer les personnes qui coutent: tels que, _tirer
les vers du nez_; _vous pouvez m'en croire_;--_par dessus le
march_;--_je vous remercie bien des fois_;--_au bout du compte_; _ce
n'est pas l'embarras_; _sourd comme un pot_; etc.

Le jeune ge doit tre prmuni contre ces dfauts, dont l'habitude se
corrige difficilement.

TIRANT est un _cordon_ qui sert  ouvrir et fermer une bourse, un
ridicule: c'est un _cuir_, un _ruban_ pour boucler des souliers, monter
des bottes, attacher des papiers, etc. On ne doit pas employer dans ces
sens les termes _attache_, _ganse_, et encore moins le mot anglais
_strap_.

TIRE-BALLE ne prend pas d'_s_ au pluriel; non plus que les mots suivans;
_tire-bouchon_, _tire-bourre_, _tire-bouton_, _tire-clou_, _tire-pied_,
etc.: _tire-botte_ s'crit au pluriel avec une _s_. V. SUBSTANTIFS
COMPOSS.

TITRES _d'honneur_. Le mot _Rvrend_ est un titre qui appartient
exclusivement aux _Prlats_, aux _Religieux_ et aux _Religieuses_: et
par consquent, c'est une erreur grave que de le donner aux membres de
notre clerg canadien, qui est _sculier_. Cette erreur nous vient des
anglais, qui qualifient tous leurs ministres de _Rvrends_. Mais
quelque soit l'usage des Anglais  cet gard, nous ne pouvons donner au
mot franais _Rvrend_, une extension qu'il n'a pas, une acception qui
lui est trangre.

C'est encore par un abus de langage, que l'on attribue  nos
ecclsiastiques la qualification de _Messire_. Ce titre d'honneur se
donnait ci-devant en France et au Canada dans les actes, (mais seulement
dans les actes,) _aux nobles et aux personnes distingues par quelque
haute dignit_, tant parmi les lacs, que parmi les gens d'glise: _fut
prsent Haut et Puissant Seigneur_ MESSIRE _Pierre Sguier_,
_Chevalier_, etc.

_Rvrend Messire_ est une expression doublement incorrecte.

Il est  regretter que le titre d'_Abb_, que l'on donne invariablement
en France aux ecclsiastiques sculiers, ne soit presque plus usit
chez nous.

Les titres, _Monsieur_ et _Madame_ doivent tre supprims, quand on
prend en crivant, une autre qualification. Ainsi un _Chevalier_ ne doit
pas crire, _Monsieur le Chevalier de N. a l'honneur de prvenir
Monsieur le Colonel_: un Cur, _Monsieur le Cur de N., prie Monsieur le
Marguillier en charge_: une Baronne, _Madame la Baronne de N. a
l'honneur de prsenter ses respectueux hommages _: un Juge, _Monsieur
le Juge N. prsente son compliment  Monsieur le Procureur_.

Il faut crire, _Le Chevalier de N. a l'honneur_ etc.--_Le Cur de N._,
etc. _La Baronne_, etc. etc.

Lorsqu'il n'y a pas d'autre qualification, on emploie dans les billets
et sur les cartes de visite, les termes _Monsieur_, _Madame_,
_Mademoiselle_.

Le nom d'un individu crit sur la porte de sa demeure, ne doit pas tre
prcd du mot _Monsieur_. Mais s'il s'agit d'une personne du sexe
fminin, il convient d'crire, _Madame N._--_Mademoiselle N._

TOMBER _par terre_, se dit d'une chose qui touchait  la terre avant sa
chute: _tomber  terre_, d'une chose qui tant leve au-dessus de
terre, tombe d'en haut. Ainsi un homme qui tombe en marchant dans la
rue, _tombe_ PAR _terre_, et non  _terre_: un couvreur qui tombe d'un
toit, _tombe_  _terre_ et non PAR _terre_.

TOSTE sub. mas. (de l'anglais _toast_) signifie la proposition de boire
 la sant de quelqu'un; au souvenir d'un vnement, etc.

C'est  tort que l'on emploie le mot anglais _toast_, pour signifier
_tranche de pain rtie_. _Rtie_ est en franais le correspondant de
_toast_: et si la rtie est recouverte de beurre, l'on dit, _une rtie
au beurre_.

TOUCHER et PINCER, employs pour exprimer l'action de jouer des
instrumens, sont actifs, et doivent consquemment avoir un rgime
direct: d'o il suit qu'il faut dire, _toucher l'orgue_, _le
fort-piano_: _pincer la guitarre_, _la harpe_: et non pas, _toucher_ DE
_l'orgue_, DU _fort-piano_: _pincer_ DE LA _guitarre_, DE LA _harpe_.

TOUT. Quand _tout_ est adverbe il signifie _tout--fait_, _quelque_, et
reste invariable: TOUT _aimable qu'est la vertu_,--TOUT _spirituels
qu'ils sont_,--_elle est_ TOUT _tonne_. _Exception._ _Tout_, quoique
adverbe, varie quand l'adjectif, ou le participe qui suit, est fminin,
et commence par une consonne, ou une _h_ aspir: _elle est_ TOUTE
_stupfaite_,--TOUTE _hardie qu'elle est_.--TOUTES _spirituelles
qu'elles sont_.

_Tout._ Quand l'adjectif _tout_ est joint  un nom de ville, il prend le
genre masculin, quoique le nom de ville soit fminin: non que dans ce
cas on le considre comme adverbe, mais parce que l'on sous-entend le
mot _peuple_. On dira donc, TOUT _Rome le sait_,--TOUT _Florence en est
convaincu_: c'est--dire, _tout le peuple de Rome_..._tout le peuple de
Florence_....

Mais joint  un nom de province, de royaume, de paroisse, _tout_ prend
le genre de ce nom. TOUTE _l'Italie_,--TOUTE _la paroisse_.

TOUT--COUP signifie soudainement: _il disparut_ TOUT--COUP.
_Tout-d'un-coup_ veut dire, tout d'une fois; _il s'est ruin_ TOUT-D'UN
COUP.

TOUT DE SUITE, phrase adverbiale, signifie _incontinent_, _sur l'heure_.
Il ne faut pas la confondre avec _de suite_, autre phrase adverbiale qui
signifie _l'un aprs l'autre, sans interruption_.--_ces livres ne sont
pas_ DE SUITE.

TRAIRE. _Je trais_, _tu trais_, _il trait_, _nous trayons_, _vous
trayez_, _ils traient_, _je trayais_, _tu trayais_, _il trayait_, _nous
trayions_, _vous trayiez_, _ils trayaient_; point de pass dfini, _je
trairai_, _je trairais_, _trais_, _trayons_, _trayez_, _que je traie_,
_que tu traies_, _qu'il traie_, _que nous trayions_, _qu'ils traient_,
point d'imparfait du subj. _trayant_, _trait_, _traite_.

TRAIT D'UNION ou TIRET. Il sert  marquer la liaison qui existe entre
deux ou plusieurs mots. On l'emploie,

1. entre le verbe et les pronoms, _je_, _moi_, _nous_, _tu_, _vous_,
_il_, _ils_, _elle_, _elles_, _le_, _la_, _les_, _lui_, _leur_, _y_,
_en_, _ce_, _on_, quand ces pronoms sont placs aprs le verbe, dont ils
sont le sujet, ou le rgime: _irai-je?_--_viens-tu?_--_donnait-on?_
--_laisse-moi_;--_allez-y_; --_portes-en_; etc. S'il y a deux noms, on
emploie deux traits d'union: _laisse-le-moi_,--_donne-les-leur_.

2. avant ou aprs _ci_ et _l_, accompagnant un substantif, un pronom,
une prposition, un adverbe, avec lesquels ils sont unis d'une manire
insparable: _celui-ci_,--_celui-l_,--_l-dessus_,--_l-haut_, etc.

3. pour lier _trs_ au mot qui suit: _trs-sagement_,--_trs-riche_.

4. pour unir le dernier terme d'un nombre au terme prcdent, quand le
dernier terme passe _un_, et ne dpasse pas dix: _dix-huit_;
--_trente-cinq_;--_deux cent dix-neuf_, mais on dirait sans trait
d'union: _vingt et un_:--_cinquante et un_: le dernier terme tant _un_:
et _cent quinze_;--_deux cent vingt_; le dernier terme dpassant _dix_.
Cependant _quatre-vingts_ prend toujours le trait d'union:
_quatre-vingts chevaux_:--_quatre-vingt dix hommes_.

5. pour lier deux ou plusieurs mots qui, par le sens, n'en font qu'un,
_Marc-Aurle_,--_chef-lieu_;--_s'entre-choquer_, _Jean-Jacques_,
_Jean-Baptiste_.

6. pour indiquer le changement d'interlocuteur: il remplace alors les
_dit-il_, _reprit-il_, _rpondit-il_.

7. pour marquer une suspension dans le discours.

8. pour lier le mot, dont une partie se trouve  la fin d'une ligne, et
l'autre au commencement de la ligne suivante.

TRAITER. On dit indiffremment, _traiter une matire_,--_une question_:
ou, _traiter_ D'_une matire_,--D'_une question_:  moins qu'on ne
spcifie la matire, la question: alors il faut _de_:--_dans son
ouvrage, il traite_ DES _plantes_, DES _mtaux_.

TRAVERSER _le pont_, pour exprimer l'action de le parcourir dans sa
longueur, n'est pas correct: il faut dire, _passer le pont_.

TRMA. Le trma est un double point () qu'on met sur une des voyelles
_e_, _i_, _u_, pour la faire prononcer sparment de celle qui prcde:
_naf_, _Sal_, _cigu_. L'emploi du trma est une faute quand on peut
le remplacer par un accent: ainsi au lieu de _posie_, _Clo_, crivez,
_posie_, _Clo_.

TRS. L'usage ne permet gure de mettre _trs_ devant les participes.
Dans ces cas l'on emploie _beaucoup_, _fort_, etc., et au lieu de dire
_cet homme est_ TRS-_aim_; _cette place est_ TRS-_menace par
l'ennemi_, l'on dit, _cet homme est_ FORT _aim_,--_cette place est_
FORT _menace_, etc.

On peut cependant se servir de _trs_ avec certains participes employs
comme adjectifs verbaux: _il est_ TRS-_occup_,--_il est_
TRS-_humili_.

_Trs_ ne doit pas tre employ dans une proposition ngative, Ne dites
pas, _il n'est pas_ TRS-_sage_;--_il n'est pas_ TRS-_occup_: dites,
_il n'est pas_ FORT _sage_,--_il n'est pas_ FORT _occup_. L'adverbe
modifie un verbe, un adjectif et un autre adverbe, mais jamais un
substantif. On doit donc viter les locutions suivantes si communes et
si vicieuses: _J'ai_ TRS-_faim_:--_il a_ BIEN _soif_:--_il est parti_
TRS-_matin_:--_il fait_ TRS-_chaud_:--_j'ai_ EXTRMEMENT _froid_:--_il
ne fait pas_ BIEN _froid_. Il faut dite: _J'ai une trs_-GRANDE
_faim_:--_il a une bien_ GRANDE _soif_:--_il est parti de trs_-GRAND
_matin_:--_il fait_ GRAND _chaud_:--_j'ai un_ TRS-GRAND _froid_:--_il
ne fait pas un bien_ GRAND _froid_.

TROIS-RIVIRES, (en latin _Trifluvium_) nom compos, est substantif
masculin du nombre singulier: il est masculin parceque les noms de ville
en gnral sont masculins,  moins qu'ils ne drivent d'un fminin
latin: et quoiqu'il porte la marque du pluriel, il est au singulier,
parce que le nom propre n'tant qu'un nom qui distingue une chose des
autres choses, ne peut tre susceptible de l'ide accessoire de
pluralit.

_Trois-Rivires_ tant un nom propre, ne peut, d'aprs la rgle
gnrale, tre accompagn de l'article _les_. Il est vrai que cette
rgle souffre quelques exceptions, comme, _Le Hvre_, _Le Puy_, _La
Rochelle_. Il est encore vrai que, jusqu' ces derniers temps, on a
toujours crit _Trois-Rivires_ avec l'article: mais les crivains
rcens, d'accord avec la raison, travaillent  corriger cette vieille
erreur indique d'ailleurs suffisamment par le terme latin _Trifluvium_.

Des observations qui prcdent il rsulte que l'on doit dire, _Je vais_
 _Trois-Rivires_:--_il demeure_  _Trois-Rivires_:--_Trois-Rivires_
EST BTI _sur le fleuve St. Laurent_, et non pas, _je vais_ AUX
_Trois-Rivires_:--_il demeure_ AUX _Trois-Rivires_:--LES
_Trois-Rivires_ SONT BTIES _sur le fleuve St. Laurent_.

_Trois-Pistoles_, _Trois-Saumons_, noms de paroisses, suivent la mme
rgle.


UN. Lvisac pense que le mot _un_ devant une voyelle, doit tre prononc
comme _une_, et que l'on doit dire _une-imbcile_,--_une hrtique_.
D'autres grammairiens veulent que l'on prononce _un-nimbcile_,
--_un-nhrtique_.

UN DE. Au lieu de _un de_, il faut employer _l'un de_, quand _un_ est
prcd d'un substantif ou d'un pronom, et suivi d'un nombre prcis:
_Ducis l'un_ DES _quarante de l'Acadmie_.

Mais on dira avec _un de_,--_Henri IV est_ UN DES _meilleurs princes,
qui aient rgn sur la France_,--UN DES _quarante de l'Acadmie est de
mon avis_; parce que dans la premire phrase, _un_ prcd par le
substantif _Henri_, n'est pas suivi d'un nombre: et que dans le second,
_un_ suivi par le nombre _quarante_, n'est pas prcd par un substantif
ou un pronom.

UNIQUE veut aprs lui le subjonctif: _c'est l'unique service que vous_
PUISSIEZ _me rendre_.


VACANCES au pluriel, se dit des tudes publiques: _vacations_ au
pluriel, de la cessation des sances des gens de justice.

VAINCRE. _Je vaincs_, _tu vaincs_, _il vainc_, _nous vainquons_, _vous
vainquez_, _ils vainquent_, _je vainquais_, _je vainquis_, _je
vaincrai_, _je vaincrais_, _vaincs_, _vainquons_, _vainquez_, _que je
vainque_, _que je vainquisse_, _vaincant_, _vaincu_, _vaincue_.

Le prsent de l'indicatif n'est gure usit au singulier, non plus que
_vaincs_, seconde personne du singulier de l'impratif.

VALOIR. _Je vaux_, _nous valons_, _ils valent_, _je valais_, _je valus_,
_je vaudrai_, _je vaudrais_: pas d'impratif, _que je vaille_, _que nous
valions_, _que je valusse_, _valant_, _valu_, _value_.

Le participe _valu_ s'accorde seulement lorsque le verbe _valoir_
signifie _procurer_, _rapporter_, et que le rgime direct prcde le
participe: _que d'loges ne lui a pas_ VALUS _sa conduite noble et
gnreuse_! c.--d. _procurs_; le participe, comme l'on voit, s'accorde
ici avec le rgime direct _que_, qui est devant.

VENIMEUX se dit des animaux: _le scorpion est un animal_ VENIMEUX:
_vnneux_ des vgtaux; _la cigu est une plante vnneuse_.

VPRES, MATINES. Dites, _aller_  _vpres_,-- _matines_: _rciter
vpres_,--_matines_: et non pas, _aller_ AUX _vpres_,--AUX _matine_:
_rciter_ LES _vpres_,--LES _matines_: attendu que _vpres_ et
_matines_ tant pris _indterminment_ dans ces phrases, on doit
supprimer l'article.

Mais si ces noms taient pris _dterminment_, comme dans ces locutions,
_aller_ AUX _vpres de la paroisse de St. Roch_;--_rciter_ LES _matines
de Nol_, l'on ne pourrait omettre l'article.

VERBES. Quelques grammairiens modernes ont substitu aux anciens titres
de certains verbes de nouvelles dnominations, qu'il convient
d'indiquer. Pour _actif_ ils disent _transitif_: pour _neutre_,
--_intransitifs_: pour _impersonnel_,--_unipersonnel_: et enfin
_rflchi_ est remplac par le terme _pronominal_ ou _rciproque_.

Les mmes grammairiens disent _complment_ pour _rgime_.

VTIR. _Je vts, tu vts, il vt_ (ce singulier est peu usit) _nous
vtons, je vtais, je vtis, je vtirai, je vtirais, vts, vtons,
vtez, que je vte, que je vtisse, vtant, vtu, vtue_.

VIANDE, chair des animaux terrestres et des oiseaux dont on se nourrit.
En ce sens on dit que l'on ne mange point de _viande_ en carme.

_Viande_ se dit quelquefois de la chair des poissons: _le saumon n'est
pas une_ VIANDE _de malade_.

On appelle viandes de carme, _la morue_, _le hareng_, _le saumon_, etc.
V. CHAIR.

VIEIL. Au lieu de _vieux_, on se sert de _vieil_ devant un substantif
qui commence par une voyelle, ou une _h_ non aspire: cependant on est
toujours libre d'employer le mot _vieux_.

VILLES. En gnral les noms de _ville_ sont masculins, except quand ils
drivent d'un fminin latin. Lorsque le genre est incertain, l'on doit
faire prcder le nom du mot _ville_.

Quand on personnifie une ville, l'on en met ordinairement le nom au
fminin: _malheureuse Tyr, dans quelles mains es-tu tombe_.

VINGT ET UN. On dit _vingt et un_, _trente et un_, etc. Mais la
conjonction est omise dans _vingt-deux_, _vingt-trois_, etc.,
_trente-deux_, _trente-trois_, etc. Il s'en suit que les locutions
_trente un soldats_,--_l'an mil huit cent quarante un_, sont vicieuses.

L'usage veut que l'on dise, _soixante et dix_, _soixante et onze_, etc.

VIS--VIS ne doit pas s'employer dans le sens de _envers_, _ l'gard
de_. Ne dites donc pas, _sa conduite_ VIS--VIS _de ses bienfaiteurs est
fort rprhensible_: dites, ENVERS _ses bienfaiteurs_, etc., ou, 
L'GARD _de ses bienfaiteurs_, etc.

Aprs _vis--vis_, on met _de_, except dans le style familier;
_vis--vis la rue_;--_vis--vis mes croises_.

VIVRE rgit _de_ et non pas _du_: _je vis_ DE _bonne viande_,--DE _bonne
soupe_,--_vivre_ DE _lgumes_.

VOLUME. TOME. _Volume_ est un livre reli ou broch. Tome est un volume
qui fait partie d'un ouvrage; Le _volume_ peut contenir plusieurs
_tomes_: et le _tome_ peut faire plusieurs volumes.

Quelquefois _tome_ signifie simplement _volume_.

VOUS. Lorsqu'on parle  des suprieurs, ou  des dames, les convenances
du langage exigent que l'on se serve _quelquefois_ de la troisime
personne au lieu de la seconde. Ainsi au lieu de, _Monsieur, voulez-vous
me permettre?_ dites, _Monsieur voudrait-il me permettre._--_Madame,
pourriez-vous me faire la grce?_ dites, _Madame pourrait-elle me faire
la grce?_


Y, adverbe de lieu avec l'impratif. Le pronom _moi_ se met toujours
aprs l'_y_. _Envoyez-y_ MOI,--_menez-y_ MOI,--_attendez-y_-MOI,--_tu
vas au muse_, _menes-y_ MOI,--_tu vas en voiture_, _donnes-y_ MOI _une
place_.

Les pronoms _nous_ et _les_ se mettent au contraire avant l'_y_.
_Envoyez_-NOUS-_y_--_attendez_-NOUS-_y_,--_tu vas au muse_,
_mne_-LES-_y_,--_tu vas en voiture_, _donne_-NOUS-_y_ _une place_.

_M'y_ ne peut tre plac aprs le verbe. Ne dites pas; _Vous allez 
Qubec_, _menez_-M'_y_: dites,..._menez-y_-MOI. Mais il se place
trs-bien devant: _Je vais  Trois-Rivires_, _voulez-vous_ M'_y_
_accompagner_?


Z, prend le son propre d'_s_, mme avant une consonne, dans _Metz_,
_Rodez_, _Suez_, _Alvarez_, _Cortez_, _Snez_, _Usez_; mais il ne sonne
pas dans _Sez_. Les deux z dans le mot _Abruzze_ se prononcent comme
deux _s_, _Abrusse_.

ZPHYR, ZPHYRE. Le premier se dit d'un vent doux et agrable: le second
du mme vent considr comme divinit de la fable.


FIN




RECUEIL

DE

LOCUTIONS VICIEUSES.


. C'est une faute grossire que de dire, _la fille_  _Madame une
telle_,--_le cheval_  _Mons. un tel_. Dites, _la fille_ DE _Madame une
telle_,--_le cheval_ DE _Mons. un tel_. _Venez_  _bonne heure_, est
aussi une expression vicieuse: dites, _venez_ DE _bonne heure_.

ABAT _de neige_, _abat de pluie_ sont des barbarismes, de mme que,
_chute de neige_,--_chute de pluie_.

ABIMER. _J'ai abm mon chapeau_,--_ma robe_; dites, _j'ai gt mon
chapeau_,--_ma robe_.

ADONNER (s') est un des mots de la langue dont on fait le plus frquent
abus, et par fois le plus ridicule emploi. Ainsi l'on dit, _il s'est_
ADONN _ entrer chez moi, au moment o le feu a clat_; pour, _il est
entr par hasard chez moi au moment_ etc.:--_il s'est_ ADONN _que votre
frre et moi nous sommes arrivs le mme jour  Trois-Rivires_; pour,
_votre frre et moi nous sommes arrivs par hasard le mme jour 
Trois-Rivires_;--_ce Monsieur s'est_ ADONN _ Kingston  l'ouverture
du Parlement_, pour, _ce Monsieur s'est trouv par hasard  Kingston, 
l'ouverture_ etc.

Mais on dit, en parlant de chemin, _passez chez moi quand votre chemin
s'_ADONNERA: et en termes de marine, que _le vent_ ADONNE, pour
signifier qu'il est favorable.

AMBRE, pour dsigner l'allure d'un cheval, est une faute: dites
_amble_,--_aller l'amble_.

AMONT, terme de batellier, qui signifie, en remontant la rivire: _pays
d'_AMONT,--_ce bateau arrive d'_AMONT.

On voit par l combien sont rprhensibles les expressions, AMONT _le
coteau_,--AMONT _le Cap aux Diamans_, etc.

_Amont_ est oppos  _aval_. On dit, _vent d'_AVAL,--_navire venant en_
AVAL,--_bateau amarr en_ AVAL _du pont_,--_en_ AMONT _du pont_,--_en_
AMONT _et en_ AVAL _de la ville de Qubec_.

ANIMAUX. Souvent on dsigne par ce mot les bestiaux et autres
quadrupdes domestiques: et l'on dit, _mener les_ ANIMAUX _au
paturage_,--_soigner les_ ANIMAUX,--_ces_ ANIMAUX _sont fort gras_, etc.
Ce langage est incorrect, parce que le terme animal est gnrique, et
comprend par consquent tous les tres anims et sensibles de la nature.

_Bestiaux_ ou BTAIL ne se dit gure que pour dsigner les _boeufs_, les
_vaches_, les _moutons_, les _chvres_. Quant aux _chevaux_, aux _nes_,
aux _cochons_, aux _chiens_ etc., il faut les spcialiser par leurs
noms.

On dit _animaux domestiques_ par opposition aux _animaux sauvages_.

ANVALER pour signifier _avaler_, n'est pas franais.

APRS. _La clef est_ APRS _la serrure_: dites,  _la serrure_.

APPROPRIER. C'est une faute grossire de dire, APPROPRIER _une chambre_,
_un meuble_, pour signifier, NETTOYER _une chambre_, _un meuble_.

 RAISON DE signifie _ proportion_; et ne peut tre par consquent
employ pour _ cause de_, qui a une toute autre acceptation. Au lieu
donc de, _il a abandonn cette entreprise_  RAISON _des obstacles qu'il
y a rencontres_, _il faut_... CAUSE DES _obstacles_...

ARGENT n'a point de pluriel: c'est donc une faute de dire, _envoyer des_
ARGENS _ quelqu'un_;--_placer des_ ARGENS _ intrt_: dites, _envoyer
de l'argent_, ou mieux _des fonds  quelqu'un_,--_placer de l'argent_,
ou _des fonds  intrt_.

_De la_ BONNE _argent_,--_de l'argent_ BLANCHE, sont des solcismes
rvoltans.

ATTELER _un cheval sur une voiture_,--_mettre les chevaux sur le
carosse_, sont des locutions qui blessant le sens commun: dites,
_atteler un cheval_  _une voiture_,--_atteler les chevaux_ AU
_carosse_.

ATTENDRE. Le peuple dit _attendre_ pour _entendre_: de l les
expressions choquantes, _j'ai_ ATTENDU _la messe_,--_cet homme
n'_ATTEND _pas raison_, etc.

AVEC. _Venez_ AVECQUE _moi_: mauvaise prononciation: dites, _venez_ AV
_moi_. Le _c_ dans ce mot ne sonne que devant une voyelle.


BALANCE, BALANCINE pour signifier _balanoire_, ne sont pas franais.

_Une_ planche appuye par le milieu, et sur les extrmits de laquelle
des enfans placs en contre-poids, s'lvent et s'abaissent
alternativement, s'appelle galement _bascule_ et _balanoire_.

_Escarpolette_ est une balanoire, dont le sige est suspendue par des
cordes ou par des brins de bois.

Si la machine sur laquelle on se balance est construite de manire que
le mouvement soit circulaire et horisontal, elle se nomme aussi
_balanoire_.

_Brandilloire_ est synonyme de _balanoire_.

BALANCER _quelqu'un_, c'est imprimer un mouvement  la balanoire, o
est la personne, sans y tre plac soi-mme.

_Se balancer_, c'est aller soi-mme sur la balanoire; ainsi quand deux
ou plusieurs personnes veulent aller se balancer, elles doivent dire,
_allons_ NOUS _balancer_, et non pas, _allons balancer_.

BAND. On a francis  tort ce mot anglais, et l'on dit, _la_ BANDE _de
musique de tel rgiment_: dites, _le_ CORPS _de musique_... ou
simplement, _la musique de tel rgiment_.

BARBOT. C'est ainsi que le peuple appelle l'_escarbot_, insecte de la
famille des coloptres.

BARRER _une porte_, c'est la fermer avec une barre. Si la porte est
munie d'une serrure seulement, il serait ridicule de dire, BARREZ _la
porte_.

BATTURES, BORDAGES, employs pour signifier les glaces qui s'accumulent
pendant l'hiver sur le bord des rivires, sont des barbarismes. On ne
doit donc pas dire, _les_ BORDAGES _tiennent encore_,--_les_ BATTURES
_sont parties_.

_Embarquement_ et _dbarquement_ sont encore des termes impropres,
lorsqu'on leur fait signifier l'endroit o, en hiver, l'on passe de la
rive sur la glace d'une rivire, et _vice vers_.

BELLE, EN BELLE. Ces mots sont employs par le peuple pour signifier
_facilit_, _occasion favorable_, et il en rsulte des locutions
tout--fait ridicules; comme, _vous avez_ EN BELLE, pour, _vous avez la_
FACILIT:--_si vous trouvez votre_ BELLE, pour, _si vous trouvez une_
OCCASION FAVORABLE, etc.

BERDAS, BERDASSERIE, de mme que, _berdasser_, _berdasseur_,
_berdasseuse_, sont des mots bas et rvoltans.

BEURRE est une tranche de pain recouverte de beurre. L'expression
BEURRE _de confitures_ choque le bon sens: dites, TARTINE _de
confitures_.

On dit aussi, _tartine de beurre_,--_de miel_, etc.

BOITE pour signifier le son, l'avoine, les lgumes, etc., qu'on dlaie
avec de l'eau ou du lait pour les bestiaux, n'est pas franais.

BOMBARDE. Le peuple nomme ainsi, mais improprement, le petit instrument
en mtal, dont on tire du son, en le plaant entre les dents, et en en
frappant la languette avec le doigt. Cet instrument s'appelle _trompe_,
et plus ordinairement _guimbarde_.

BOTTE. _Tomber en botte_, en parlant d'un tonneau, d'une cuve, etc.,
dont les douves et les cercles se sparent, est un solcisme.

Les tonneliers, suivant Trvoux, disent, _tomber en javelle_.

Le peuple dit aussi, mais improprement, _cet homme tombe en botte_, pour
dsigner le dprissement rapide de sa sant, ou de sa fortune.

BOUCANE, terme impropre qu'on emploie comme synonyme de _fume_.

BOUCANER signifie scher des comestibles  la fume, et aller  la
chasse des boeufs sauvages: ne dites pas, _la chemine_ BOUCANE,--_le
pole_ BOUCANE: dites, _la chemine fume_, etc.

BOUILLIR. Le vulgaire dit abusivement _bouillir_ pour _fermenter_, comme
dans cette phrase, _la bierre n'a pas encore_ BOUILLI, pour, _n'a pas
encore_ FERMENT.

BOUQUET. Le peuple confond les termes, _bouquet_ et _fleur_: il dit,
_semer des_ BOUQUETS; et  l'aspect des fleurs d'un parterre, _voil de
beaux_ BOUQUETS.

_Bouquet_ n'est pas une fleur: il est un assemblage de fleurs lies
ensemble.

BOUT. _Un_ BOUT _de temps_,--_un long_ BOUT _de temps_,--_un petit_ BOUT
_de temps_, sont des locutions basses et vulgaires.

BRASSE CORPS. _Prendre  brasse corps_: populaire: dites
_-bras-le-corps_.

BRETON. Ce nom appartenait jadis aux habitans de la Grande Bretagne: ils
ont cess de le porter depuis l'invasion de l'Angleterre par les Saxons:
et par consquent il ne peut plus tre employ comme synonyme
d'_anglais_.

Les seuls habitants de la Bretagne, ci-devant province de la France,
portent aujourd'hui le nom de _Bretons_.

BRIN est une faute dans les expressions suivantes, _un petit_ BRIN _de
pain_,--_un petit_ BRIN _de lait_,--_il n'a mang qu'un petit_
BRIN,--_il tombe quelques_ BRINS _de pluie_, etc.

On dit cependant, _un_ BRIN _d'estime_,--_un_ BRIN _d'amiti_,--_un
petit_ BRIN _d'esprance_.

BROYER, Au lieu de _broyer_, pour signifier briser le lin, le chanvre;
et de _broie_, l'instrument pour broyer, nos paysans disent abusivement,
_brayer_, _braye_.

BUT. Ne dites pas, _j'ai rempli mon_ BUT, mais, _j'ai atteint mon_ BUT.

BUTIN est tout ce qu'on enlve  l'ennemi. Dans le langage du peuple ce
mot signifie, _meubles_, _marchandises_, _comestibles_, toutes sortes
d'effets en un mot: et de l une multitude innombrable de locutions
ignobles, dont voici quelques chantillons. Un huitrier dit, _j'ai vendu
tout mon_ BUTIN: un acheteur qui n'a pas achev de faire ses amplettes,
_j'ai encore du_ BUTIN _ acheter_: celui-ci,  l'aspect de beaux
meubles s'crie, _voil de beau_ BUTIN: celui-l,  la vue d'un voleur
qui enlve ses volailles, _au voleur!_ _qui emporte mon_ BUTIN: cet
autre, en parlant d'un tailleur qui a gt son habit, _il a gt mon_
BUTIN. Quel pitoyable langage!


CADRE. On emploie abusivement ce mot pour signifier _image_, _estampe_,
etc.: et l'on dit, _voil un beau_ CADRE:--_quel est le prix de ce_
CADRE? pour, _voil une belle_ ESTAMPE:--_quel est le prix de cette_
IMAGE?

_Cadre_ n'est que la bordure de bois, de bronze, etc., dans laquelle on
enchsse un tableau, une estampe, etc.

CAILLE pour signifier tachet de blanc et de noir, en parlant des
bestiaux, etc., n'est pas franais.

CAJEU, CAGE. En parlant de pices de bois lies ensemble, que l'on
transporte  flot sur une rivire, gardez-vous de dire, CAJEU, CAGE.
_Cajeu_ n'est pas franais, non plus que _cage_ dans le sens qu'on lui
prte ici. Dites, _train_, _radeau_, _train de bois_, etc.

_Drame_ employ dans le sens de _radeau_ est galement un barbarisme.

CALER, terme de marine, est employ improprement par le peuple pour
signifier enfoncer dans la boue,--dans l'eau,--couler  fond.

_Caler un foss_, pour, _creuser un foss_ est aussi une locution
vicieuse.

CANOT. Outre le canot fait d'corce, ou d'un tronc d'arbre, une autre
petite embarcation, destine pour l'ordinaire, au service des vaisseaux,
se nomme _canot_. Dsigner ce canot par le mot _chaloupe_, est une faute
grave. _Chaloupe_, que les Anglais nomment _long-boat_, est une
embarcation plus grande que le canot, et porte quelquefois le nom de
_grand canot_.

CASSOT pour signifier un petit vaisseau d'_corce_, ou de _bois_, n'est
pas franais.

CASTALOGNE est une couverture de lit de laine trs-fine, et c'est une
faute d'employer ce mot pour dsigner les petits tapis d'un travail
grossier, dont on couvre un plancher, et c'est une autre faute de
prononcer _ca-ta-logne_.

C'EST-IL employ pour _est-ce_? est un solcisme. vitez donc les
expressions populaires, C'EST-IL _moi qui ai fait cela_?--C'EST-IL _lui
qui a parl_?--C'EST-IL _bon, cela_?

CHAMPLURE pour signifier _robinet_, est un barbarisme. Dites,
_chantepleure_.

Dans quelques dpartemens de la France on appelle _chantepleure_ le
robinet d'un tonneau de vin ou de cidre.

CHANDELLE. Ne dites pas, TUEZ _la chandelle_,--TUEZ _le feu_: dites,
TEIGNEZ _la chandelle_,--TEIGNEZ _le feu_.

_Enterrer le feu_ est aussi une faute; dites, _couvrir le feu_.

CHANGER. C'est une faute grossire que de dire, CHANGEZ-VOUS,--_allez_
VOUS CHANGER: dites, _changez votre linge_,--_allez changer vos habits_.

CHARGE. _La charge d'un vaisseau_ n'est pas franais. Dites, _le
chargement_ ou _la cargaison d'un vaisseau_.

CHIFFON _de pain_, pour signifier un gros morceau de pain, est une
expression vicieuse; il faut dire _guignon_, _ou bribe de pain_.

CIRE, ou CIRAGE, est la composition luisante que l'on tend sur les
chaussures en cuir. L'emploi du mot anglais _black-ball_ est
insupportable; galement on doit repousser le terme _noir  souliers_.

_Frottez mes souliers_,--_mes bottes_: expressions ridicules; on doit
dire, _cirez mes souliers_,--_mes bottes_, quand on veut les faire
enduire de cire; et, _dcrottez mes souliers_,--_mes bottes_, lorsqu'on
en veut faire ter la boue.

CLAIRER (du verbe anglais _to clear_) n'est pas franais. Ainsi ne dites
pas, _j'ai_ CLAIR _5OO dans mon anne_;--_il a_ CLAIR _ la douane_:
dites, _j'ai fait un gain net de 500 dans mon anne_:--_il a eu sa
dcharge de la douane_.

CLENCHE, suivant Boiste, signifie _loquet de porte_: mais _clencher_
n'est pas franais: consquemment l'on ne doit pas dire, _on clenche 
la porte_, etc.

COEUR, CHOEUR se prononcent _keur_. Gardez-vous de dire avec le peuple,
_qu-eur_.

COFFEE. Il est du dernier ridicule d'aller chercher le mot anglais
_coffee_, que l'on prononce comme les anglais, _ku-f_ tandis que nous
avons le terme franais _caf_, dont l'_a_ est aigu, et que l'on doit
par consquent prononcer _caf-_.

COUETTE pour signifier, cheveux de la nuque nous, n'est pas franais.

COLLREUX-EUSE, dites, _colre_.

COLLATION est fminin. _J'ai mang du fruit _ MON _collation_,--_il a
fait un_ BON _collation_, sont des sollcismes insupportables.

COLLECTER (du verbe anglais _to collect_) est un barbarisme. Il ne faut
donc pas dire, COLLECTER _des dettes_,--_des souscriptions_; mais,
RECUEILLIR _des dettes_, _des souscriptions_.

COLLECTEUR. Ce mot se dit seulement de celui qui est charg de percevoir
les taxes, les impositions; mais non de celui qui recueille des
souscriptions, des dettes, etc.

CONDUITE n'est pas synonyme d'_conomie_: et c'est une faute grossire
que de dire, _cet homme a beaucoup de_ CONDUITE, pour signifier qu'il
est fort entendu en conomie.

CORDEAU est une petite corde pour aligner: et c'est  tort qu'on
l'emploie au pluriel comme synonyme des _rnes_ ou _guides_, que l'on
attache  la bride d'un cheval attel  une voiture.

CORDON, employ pour signifier une mesure de bois de chauffage, n'est
pas franais.

_Cordon d'aube_ est une faute: dites, _ceinture d'aube_.

COTON employ pour designer une tige sans feuilles; un pi de bl d'Inde
dpouill de ses grains; la souche d'un choux; etc., est une faute
grossire.

COTE QUI COTE. Dites, _cote_ QUE _cote_.

CRACKER. Rejettez ce mot vulgaire anglais, par lequel on dsigne une
sorte de petit biscuit dur et cassant; et dites en franais _biscotin_.

CRAQU. _Le mur est_ CRAQU,--_le verre est_ CRAQU, sont des
expressions incorrectes: dites, _le mur est fendu, ou crevass_;--_le
verre est fl_.

CRI-CRI est le grillon domestique: il ne doit pas tre confondu avec le
_criquet_, habitant des champs, qui est une autre espce de grillon.

CROCHET et TAQUET sont des instrumens recourbs pour tenir quelque
chose. On ne doit pas confondre ces mots avec _verrou_, qui est une
fermeture de porte d'une autre forme.

CROUSTILLANT-TE, ne se trouve dans aucun dictionnaire. Consquemment
l'on ne doit pas dite: _ptisserie_ CROUSTILLANTE:--_comptes_
CROUSTILLANS: mais, _ptisserie croquante_;--_comptes croustilleux_.

CUSTODE. Au lieu de _tabernacle_, le peuple dit _custode_, pour dsigner
l'ouvrage fait en forme de petit temple pour renfermer le saint ciboire.
_Custode_ n'est qu'une couverture du ciboire.


DALLE. L'emploi de ce mot, pour dsigner le petit canal qui conduit
l'eau  la roue d'un moulin, est une faute: AUGE est le vrai terme.

DCESSER n'est pas franais. _Il ne_ DCESSE _de parler_; dites, _il ne
cesse de parler_.

DFONCER _une porte_, est un solcisme: dites, _enfoncer une porte_.

DGRADER, terme de marine, signifie _dgrer et abandonner un vaisseau_.
_Navire_ DGRAD signifie aussi un _navire arrt, ou loign de sa
route par la violence des vents_.

C'est contrairement aux rgles de la langue que l'on emploie le mot
_dgrader_ en parlant des voyages par terre. Ainsi l'on dit, _nous avons
t_ DGRADS _par le mauvais temps_: pour, _nous avons t arrts en
chemin par le mauvais temps_;--_j'ai_ DGRAD _mon compagnon de voyage_;
pour, _j'ai devanc mon compagnon de voyage_, etc.

DGRAS. _tre au dgras_, qui se dit de quelqu'un devenu infirme et
incapable d'agir; ou de quelque chose qui est us et hors de service,
n'est pas franais.

DMANCHER, qui veut dire, ter la manche  un instrument, est employ
abusivement pour signifier dmonter un instrument compos de plusieurs
pices, dfaire un ouvrage, dtruire, dmettre, disloquer, etc., comme
dans ces phrases: _cet ouvrage est mal fait, il faut le_ DMANCHER:--_il
faut_ DMANCHER _cette lunette d'approche, pour en nettoyer les
verres_:--_il s'est_ DMANCH _une paule_.

Mais on dit, _cette affaire se_ DMANCHE, pour signifier qu'elle va mal.

DEMI-ARD ou DEMIARD, dans le langage vulgaire, signifie une mesure de
liquide, de la demi-contenance d'une chopine.

_Demi-ard_ ne se trouve pas dans les dictionnaires; et par quel terme le
remplacer?--Par celui de _demi-chopine_ ou de _demi-setier_ sans doute,
puisque la _chopine_ et le _setier_ sont une mme mesure.

DEPUIS. Ne dites pas, DEPUIS _Qubec jusqu' Montral il y a 60
lieues_;--DEPUIS _ici jusque-l_: dites, DE _Qubec  Montral_
etc.--D'_ici jusque-l_.

DTEINDRE. Ne dites pas, _ce drap_ DTEINT, mais SE _dteint_.

DIFFICILE. C'est une faute de dire, _ces livres sont_ DIFFICILES _ se
procurer_: il faut, _il est difficile  se procurer ces livres_.

DINDON est un substantif masculin qui signifie _coq-d'Inde_. _Dinde_ est
la _poule-d'Inde_, et fminin par consquent: _voil_ UN BEAU
_dinde_,--_j'ai mang_ DU _dinde_, sont donc des solcismes: dites,
_voil_ UNE BELLE _dinde_:--_j'ai mang_ DE LA _dinde_.

On dit au moral, _voil un grand dindon_ (niais) et non pas, _voil un
grand dinde_.


BAROUI. Terme de marine, qui se dit d'un navire dont le bordage est
dessch par le soleil. Ce mot n'a point d'autre acception, et par
consquent les expressions, _ce seau est_ BAROUI,--_cette cuve est_
BAROUIE, ne valent rien.

ECCLESIASTIQUE. Terme qui dsigne tout membre du clerg, qu'il soit ou
non _prtre_. C'est donc  tort que l'on applique ce mot aux seuls
aspirans, qui n'ont pas reu l'ordre de la prtrise.

LEVEZ _les yeux au ciel_; phrase vicieuse: dites, _levez les yeux au
ciel_.

EMBARQUEMENT. DBARQUEMENT. ABORDAGE. Le peuple emploie ces mots pour
signifier un lieu propre pour embarquer et dbarquer. Il faut dire,
EMBARCADRE.

EMBARQUER, S'EMBARQUER, DBARQUER, pour signifier, monter en voiture,
descendre de voiture, en parlant de voitures de terre, ne seraient que
des expressions ridicules, si elles fussent restes dans les derniers
rangs de la socit: mais que ces locutions ignobles aient gagn nos
salons respectables, c'est un vrai scandale. _Monsieur est_ DBARQU _du
carosse_,--_Madame est_ EMBARQUE _dans la calche_,--_je m'_EMBARQUERAI
_dans mon traneau_. Quel pitoyable langage!

MIGRATION est l'action d'migrer. Il est l'oppos d'IMMIGRATION, qui
signifie l'tablissement d'trangers dans un pays.

EMMANCHER, (prononcez _an-manch_, et non pas _a-manch_) signifie
mettre un manche. On voit par l combien ce mot est employ abusivement
dans ces phrases, _cet artiste a mal_ EMMANCH _ma lunette
d'approche_,--_l'ouvrier a_ EMMANCH _le tuyau du pole_, etc.

Cependant le verbe rflchi, _s'emmancher_, s'emploie figurment pour
signifier _s'arranger_, _s'ajuster_;--_cela ne_ S'EMMANCHE _pas ainsi_.

EN QUELQUE PART, locution ridicule: _il est all_ EN QUELQUE PART:
retranchez EN.

ENCANTER, ou, _mettre sur le_ CAN, sont des expressions barbares que
l'on doit remplacer par l'adverbe _de champ_, qui signifie pos
horisontalement sur le ct le plus troit. Ainsi placer une brique _de
champ_, c'est la placer sur la face la plus troite: mettre des solives
_de champ_, c'est les poser sur la partie la moins large.

ENGRENER; _Laisser_ ENGRENER _le mal_, pour signifier _laisser augmenter
la maladie_, est un solcisme.

ESCOUSSE veut dire course pour mieux sauter. On confond souvent ce mot
avec _fois_, et l'on dit, _essayez encore une_ ESCOUSSE, pour, _essayez
encore une_ FOIS:--_ une autre_ ESCOUSSE _je serai plus heureux_, pour,
_une autre_ FOIS _je serai plus heureux_.

TANCHE pour signifier qui ne coule pas, n'est pas franais. _Un baril_
TANCHE,--_un navire_ TANCHE, sont donc des locutions vicieuses.

Ce qui suit se lit dans le Dict. de Trvoux.

     On dit d'un vaisseau qui ne prend point eau, qu'il est
     _tanch_: on dit aussi que les soufflets d'un orgue sont bien
     _tanchs_, lorsque le vent ne se perd pas.

EXAMEN. On prononce _examne_ et _examin_. Cette dernire prononciation
est prfrable.


FARD. On dsigne souvent par le mot _fard_ les viandes et herbes haches
mince pour mettre dans la volaille, etc. C'est une faute; il faut dire
_farce_.

FER. C'est abusivement qu'on nomme _marchands de fer_, ceux qui exercent
la profession de _taillandier_ et de _ferronnier_.

FIREMENT. C'est peu connatre la valeur de ce mot que de l'employer
comme suit; _cet homme est_ FIREMENT _laid_ (trs-laid); _cet enfant
est_ FIREMENT _gauche_ (trs-gauche), etc.

FIXEMENT. Prononcez _fixce-ment_, et non pas _fix--ment_.

FLAU, instrument pour battre les grains, se prononce _fl-_ et non pas
_fl_.

FORT est souvent, mais abusivement, employ pour village, bourg,
bourgade: _allons au_ FORT _de Varennes_.

L'existence jadis de forts btis par les premiers colons du pays, pour
se mettre  l'abri des incursions des indignes, a donn lieu  cette
locution vicieuse.

FOURRIRE est le lieu o l'on enferme les chevaux, le btail saisis: on
dit, _mettre en fourrire_, _tre en fourrire_.

_Enclos public_ pour signifier _fourrire_, est une faute grossire.

FRACHE. _Prendre la_ FRACHE est un barbarisme; dites, _prendre le_
FRAIS.

FRICASSER _des coups  quelqu'un_,--_fricasser son camp_,--_je m'en
fricasse_, sont des expressions si basses que la plume refuse presque de
les tracer.

FRICOT, terme bas et populaire, que ne profrent jamais les personnes
d'ducation.

FRINGALE, mot vulgaire employ pour signifier faim pressante, n'est pas
dans les dictionnaires.


GAUSSER, pour signifier couper menu du bois, ou autre chose, comme font
les enfans pour s'amuser, n'est pas franais.

GENRE de certains substantifs. Les erreurs populaires relativement au
genre de certains substantifs, doivent tre vites avec une attention,
toute particulire. Quoi de plus rvoltant que les expressions,
_l'angelus est_-ELLE SONNE?--UNE _apptit_ DVORANTE:--CETTE _ouvrage
est trs_-BELLE: _on donne de_ FORTES _gages  ce domestique_, etc.

GERMAGE: barbarisme, dont nos paysans se servent pour exprimer l'tat
des grains qui, aprs avoir t scis et mis en javelle, ont germ sur
le sillon.

GINGUER, TRE EN GINGUE: expressions barbares pour signifier faire des
gambades, en parlant des quadrupdes, et mme des personnes.

GOUTTIRE est un canal pour les eaux de pluie des toits: c'est  tort
que l'on emploie comme synonymes de _gouttire_ les termes _dalle_ et
_dallot_, qui signifient, le premier, _canal de pompe_, ou, _tablettes
de pierres dures_, _dont on revt les trottoirs_, _les terrasses_, etc.:
le second, _canal pour l'coulement des eaux d'un navire_.

Le mot _gouttire_ est,  son tour, employ improprement employ pour
signifier, _petite fente_ ou _trou_ dans un toit, une vote, etc., par
lequel les eaux suintent.

GRAINS _de pluie_, faute grossire: dites, _gouttes de pluie_.

GRER, que le peuple prononce _grayer_, signifie _quipper un vaisseau_.
Les locutions suivantes prouvent jusqu' quel point le vulgaire abuse du
mot _grer_. _C'est un homme bien_ GRAY _en chevaux_:--_je me_ GRAYE
_pour aller  la chasse_,--_vous n'tes pas_ GRAY _pour loger tant de
monde_, etc.

GROCERY. Rejettez ce mot anglais, et dites _picerie_. D'ailleurs la
prononciation du mot _grocery_ donne lieu  une quivoque, en ce que
l'on croit entendre le mot franais _grosserie_, qui signifie commerce
en gros, ou gros ouvrages de taillandiers.

Groseille d'aprs le Dict. de l'Acad. est une espce de _petit
fruit..qui vient par grappes. Il y a groseille rouge et blanche._

_Groseille  maquerau ou groseille verte_, d'aprs la mme autorit, est
un _fruit vert ou rougetre, plus gros que les groseilles ordinaires,
qui vient sur un arbrisseau pineux_.

Ces descriptions de la groseille s'accordent avec celles des
naturalistes.

Quant au mot _gadelle_, par lequel nous dsignons d'ordinaire la
groseille  grappes, il ne se trouve ni dans le Dict. de l'Acad. ni dans
celui de l'Hist. Nat. de Valmont-Bomare. Boiste dit que _gadelle_ est
une espce de _groseille_: et on lit dans le Dict. d'Hist. Nat. par une
socit de savans, que _gadelle est le nom que portent les groseilles
dans la ci-devant province du Perche_ en France.

De ces observations il rsulte, que c'est une erreur de nommer
_gadelle_, le fruit  grappes, dont il est question.

GUELLARD prononcez _gheu-lar_ et non pas, _gu-el-lar_. Celle dernire
prononciation est vicieuse, et elle doit tre evite galement dans les
mots suivants.

    Gueule,     _prononcez_  gheule.
    Gueule,       ----      gheu-l.
    Gueuler,       ----      gheu-l.
    Gueules,       ----      gheule.
    Gueulette,     ----      gheu-lette.
    Gueusaille,    ----      gheu-saille.
    Gueusailler,   ----      gheu-sail-l.
    Gueusant,      ----      gheu-san.
    Gueuse,        ----      gheuse.
    Gueuser,       ----      gheus.
    Gueuserie,     ----      gheu-se-ri.
    Gueux,         ----      gheu.
    Dgueuler,     ----      d-gheu-l.


HONTEUX. L'_h_ de ce mot est aspir. Qu'il est pnible d'entendre dire
_c-tonteux_,--_il -tonteux_, pour, _c'est-honteux_,--_il est-honteux_!


ICI. Ne dites pas, _ces jours-ici_,--_ces livres-ici_: ce sont des
fautes: il faut dire, _ces jours-ci_,--_ces livres-ci_, etc.

IL N'A QU' _pleuvoir_; _Paul n'a qu' tomber_; solcismes; dites, _s'il
vient  pleuvoir_,--_si Paul vient  tomber_, ou, _s'il pleut_,--_si
Paul tombe_.

ILS employ pour ELLES, est un solcisme rvoltant. Quel pitoyable
langage que celui qui suit! _O sont ces Demoiselles? ont-_ILS _oubli
l'invitation  dner chez notre tante?--non, Monsieur,_ ILS _ne l'ont
pas oubli;_ ILS _sont au jardin, et vous y attendent._

Les mmes remarques s'appliquent  _eux_ et  _eux-autres_, qu'on
emploie frquemment pour _elles_.

IMPERTINENCE. _Donner des impertinences  quelqu'un_, est une locution
barbare.

INFLAMMATION. Gardez-vous de prononcer avec le peuple AN-_fl-m-tion_:
dites, _in-flamme-mace-i-on_.

INGNIEUR. C'est une erreur de dsigner par ce terme celui qui dirige
les machines d'un moulin  vapeur; d'un bateau--vapeur, etc.:
_machiniste_ est le mot propre.

INVECTIVER _quelqu'un_, n'est pas franais: il faut dire, _invectiver
contre quelqu'un_.


JOLIMENT. On fait quelquefois un trange abus de ce mot; comme quand on
dit, _cet homme est_ JOLIMENT _laid_:--_il fait_ JOLIMENT _froid_.


LARD. _Lard sal_, _lard frais_, _manger du lard_; expressions barbares;
dites, _porc sal_, _porc frais_, _manger du porc_.

_Lard_ est la graisse ferme qui est entre le cuir et la chair du porc,
de la baleine, etc.

_Porchet_ pour _jeune porc_ n'est pas franais.

LARGUER. On emploie souvent, mais abusivement, ce terme de marine, pour
signifier, lcher prise, laisser aller, dtendre, etc.

LENDEMAIN. _Du jour au lendemain_ est une locution incorrecte: dites
d'un jour  l'autre: ou, de la veille au lendemain.

LETTRE MOULE est une lettre imprime: c'est aussi une criture  la
main qui imite l'imprim. Dans ce dernier sens on dit, _criture en_
LETTRES MOULES:--_crire un compliment en_ LETTRES MOULES: et non pas
_criture_ IMPRIME:--IMPRIMER _un compliment_.

LOCUTIONS LATINES. Les locutions latines, _exempli grati_--_verbi
grati_,--_id est_,--_anno Domini_,--_ante meridiem_,--_post
meridiem_,--_junior_, _senior_, etc. n'ayant pas t incorpores  la
langue, doivent tre rejettes.

LONGUE-VUE employ pour signifier _lunette d'approche_, ou _lunette 
longue vue_, est un solcisme.

LORSQUE. Faites sonner l'_s_ de ce mot: mais garder-vous de faire
entendre trois syllabes en prononant _lor-se-que_.


MACONNE n'est pas un substantif. C'est une erreur trs-commune
d'employer ce moi pour _maonnage_, qui est le travail du maon: et pour
_maonnerie_, qui est l'ouvrage achev.

MAL. _J'ai mal _ MA _jambe_,...__ MON _bras_: dites, _j'ai mal _ LA
_jambe_,...AU _bras_.

MAL COMPLAISANT. Dites, PEU _complaisant_. Les locutions _mal appris_,
_mal duqu_ sont incorrectes; il faut dire _mal lev_.

MANCHONNIER. Dites, _foureur_, car _manchonnier_ ne se trouve pas dans
les dictionnaires.

MARBRE. _Bille_ est le nom de la petite boule de marbre, qui sert de
jouet aux enfans. Il faut donc dire, _jouer aux_ BILLES, et non pas,
_jouer aux_ MARBRES.

MARIER (se). On ne se marie pas AVEC quelqu'un, mais  quelqu'un.

La locution, _Mons. N. a mari Mlle N._ pour signifier _a pous Mlle
N._, est rvoltante.

MGARD. Le vrai mot, est _mgarde_: ainsi ne dites pas, _j'ai fait cela
par_ MGARD, mais..._par_ MGARDE.

MEILLEUR. _Au_ MEILLEUR _de mon jugement_,--_au_ MEILLEUR _de ma
connaissance_,--_Monsieur vous offre ses_ MEILLEURS _complimens_,
--_Madame vous prsente ses_ MEILLEURS _respects_, sont des anglicismes
que la langue franaise repousse.

MENOIRES, TRAVAIL, pour dsigner les deux pices de bois d'un traneau,
entre lesquelles le cheval est attel, sont des barbarismes. Dites
_limonire_.

_Limon_ est l'une des branches de la _limonire_, et ne doit pas tre
confondu _avec timon_, qui est la longue pice d'un chariot ou d'un
carrosse, des deux cts de laquelle on attelle les chevaux.

MENTHE se prononce _mante_. Gardez-vous de dire avec le vulgaire, _une
dcoction de_ MINTHE,--_je bois de la_ MINTHE,--_la_ MINTHE _est un
fbrifuge_, etc. Cette prononciation est insupportable.

MER n'est pas synonyme de _vague_. Ne dites pas, _il fut emport par
une_ MER: dites, _il fut emport par une lame_, _par une vague_, ou _par
un coup de mer_.

MIDI, MINUIT n'ont point de pluriel. _Je sors tous les_ MIDIS;--_je
m'veille tous les_ MINUITS, sont donc des locutions incorrectes: dites,
_je sors tous les jours _ MIDI:--_je m'veille toujours _ MINUIT.

MITOUCHE (sainte). Dites, _sainte_ NITOUCHE,--_faire la sainte_
NITOUCHE.

MOINDREMENT ne se trouve dans aucun dictionnaire.

MOUILLER. _Il_ MOUILLE,--_il va_ MOUILLER, pour, _il pleut_,--_il va
pleuvoir_, sont des fautes grossires.

MOYENNANT QUE n'est pas franais: dites, _pourvu que_.


NAVIRE. C'est une erreur de dsigner par ce mot les seuls vaisseaux 
trois mts. _Navire_ signifie en gnral, _btiment de mer_: et l'on
dit, _un navire  trois mts_,--_ deux mts_.

NEIGE. _Chute de neige_,--_abat de neige_,--_borde de neige_, sont des
solcismes; aussi bien que ces autres expressions, en parlant de neige:
_il poudre_,--_il fait une grosse poudrerie_, etc.


ORDRE. _J'ai_ ORDRE _de vous notifier_; dites, _j'ai_ REU _ordre_,....

ORGE est fminin, except dans ces mots, _orge mond_,--_orge perl_.

_Orge mondaine_ est une faute grossire.

OUBLIE est une sorte de ptisserie, et c'est une faute d'employer ce mot
pour signifier _pain  cacheter_.

OUSSE _qu'il est?_ expression barbare: dites, _o est-il?_

OUVREZ. Quand on frappe  votre porte, dites, _entrez_, et non pas
_ouvrez_.


PAGAIE est le terme propre pour dsigner la rame dont les Indiens se
servent pour faire aller leurs pirogues et canots d'corce. _Aviron_
pris dans ce sens est une faute, parce que _aviron_ est une sorte de
rame de batelier.

PAGAYEUR, celui qui tire  la pagaie.

PAGE de clture. Le mot _page_ n'est pas franais.

PAIRE _de vache_, faute grossire: dites, _Pis de vache_, PIS _de
brebis_, PIS _de truie_.

Considr comme bon  manger, _pis_ prend le nom de _ttine_. _Manger
d'une ttine_.

PARAPET. On dsigne souvent par ce mot le chemin lev, pratiqu le long
des rues, des ponts, etc., pour les gens  pied. C'est une faute:
_trottoir_ est le terme propre.

PARCE QUE, conjonction, se prononce en deux syllabes, et non en trois.

PARFAIT. _Il chante au_ PARFAIT,--_cela va au_ PARFAIT.--Dites, _il
chante parfaitement_,--_cela va parfaitement_.

PAR RAPPORT QUE, employ pour _parce que_, ou _par la raison que_, est
une locution vicieuse. Il ne faut donc pas dire: _je ne puis encore
rpondre  votre question_ PAR RAPPORT QUE _je n'ai pas eu le temps de
l'examiner  fond_:--dites.._parce que_, ou, _par la raison que je n'ai
pas eu le temps_, etc.

PAS MAL est une expression incorrecte, lorsqu'elle est employe pour
signifier une certaine abondance, une quantit ou un nombre passable,
comme dans ces locutions: _il pleut_ PAS MAL,--_il y avait_ PAS MAL _de
monde  l'assemble_:--_il reste_ PAS MAL _de vin dans cette
caraffe_,--_son discours a t_ PAS MAL _long_.

_Pas gure_ est un barbarisme.

PASS, contraction ridicule des mots _pas_ et _assez_. _Je n'ai_ PASS,
(pas assez) _d'argent pour faire cette emplette_.

PELLETER, qu'on emploie pour signifier, jetter quelque chose avec une
pelle, n'est pas franais. On doit donc viter les expressions: PELLETER
_la neige_,--PELLERER _la terre_, etc. Mais on dit, _pelle_, _pellere_
ou _pellete de neige_,--_de terre_, etc.

PELOTE. _Jeu de_ PELOTE;--_jouer  la_ PELOTE, sont des expressions
vicieuses: dites: _jeu de_ PAUME,--_jouer  la_ PAUME.

C'est avec une _balle_, et non avec une _pelote_, qu'on joue  la paume.

Mais on dit, _se battre  coups de pelotes de neige_..._de boules de
neige_.

Le verbe neutre _peloter_, signifie, jouer  la paume, sans faire de
partie rgle.

PICOTE, PICOTE-VOLANTE, sont des barbarismes. Il faut, VARIOLE,
VARICELLE: ou PETITE-VROLE, PETITE-VROLE VOLANTE.

Mais on dit, _picot_ pour signifier _marqu de petite vrole_.

PIEDS. _Il a ses souliers_ DANS _ses pieds_;--_il a ses bas_ DANS _ses
jambes_: dites, _il a ses souliers_ AUX _pieds_..._ses bas_ AUX
_jambes_.

PLANCHE. La table peinte en noir pour crire, tracer des figures, etc.,
dans les coles, se nomme TABLEAU et non pas PLANCHE.

PLANCON. On dsigne ainsi une longue et forte pice de bois carrie:
c'est une faute: _planon_ est une branche de saule, ou d'un autre
arbre, qui vient de bouture.

POCHETE. _Une_ POCHETE _de bl_:--_une_ POCHETE _de sel_, sont des
barbarismes: dites,--_une_ POCHE ou _un_ SAC _de bl_:--_une_ POCHE ou
_un_ SAC _de sel_.

POIGNE. C'est  tort que l'on emploie ce mot pour dsigner les _anses_
qui servent  porter un coffre, une casette, une malle. _Portant_ est le
mot propre.

_Poigne de serrure_ est aussi une faute: dites, _bouton de serrure_.

On dit cependant _poigne d'une pe_.

POIS CHICHE est une sorte de gros pois. Le peuple dit _pois_ CHIQUES: et
il emploie cette expression pour dsigner de mauvais pois.

PORTANT, participe du verbe _porter_, ne doit pas tre employ comme
adjectif verbal. Il ne faut donc pas dire, _je suis bien_
PORTANT,--_elle est bien_ PORTANTE: mais, _je me porte bien_,--_elle se
porte bien_.

PRENDRE _du froid_,--_un rhume_, sont des anglicismes que l'on doit
viter: il faut dire, _attraper_ ou _gagner du froid_, _un rhume_, _la
fivre_, _une maladie_.

PRT. Au lieu de _prt_ et _prte_, le peuple emploie souvent les mots
_par_ et _pare_. Del des expressions pitoyables, telles
que,--_tes-vous_ PAR _ commencer_?--_cette Dame est-elle_ PARE _
partir_? etc.

PROMETTRE. _Je vous_ PROMETS _qu'il est arriv_; expression vicieuse,
qui doit tre remplace par, _je vous_ ASSURE _qu'il est arriv_.

PROMOUVOIR (qui n'est gure employ qu' l'infinitif et aux temps
composs) signifie _avancer  quelque dignit_: il se dit
principalement d'un ordre, d'une dignit ecclsiastique. PROMOUVOIR _les
intrts de quelqu'un_;--PROMOUVOIR _la prosprit du pays_; etc., sont
donc des barbarismes.


QUASIMENT: dites, _quasi_, _presque_.

QU'EST-CE QUE T'AS?--T'AS _mal agi_;--QU'EST-CE _qui appelle_? sont des
expressions barbares.

QUEUE. Prononcez, _keu_ et non pas _qu-eu_:--_la queue de votre
robe_;--_Pacha  trois queues_: dites, _la_ KEU _de votre robe_:--_Pacha
 trois_ KEU.


RAIDE n'est jamais substantif. Il faut donc viter l'expression
vulgaire, _avoir son_ RAIDE __, comme dans cette phrase, _il a eu tout
son_ RAIDE _ soulever ce fardeau_.

RAISONS. Ne dites pas, _avoir des_ RAISONS avec quelqu'un: mais, _avoir
dispute_, ou _querelle avec quelqu'un_.

RAMANCHER, RAMANCHEUR, mots barbares, dont l'emploi est frquent. Ou dit
RAMANCHER pour _remboter_:--RAMANCHEUR pour _rebouteur_:--RAMANCHER
_une affaire_ pour, _raccommoder une affaire_: RAMANCHER _un
instrument_, pour, _remettre un manche  un instrument_, etc.

RANCUNEUX, EUSE, n'est pas franais: dites, _rancunier_, _re_.

RASE, pour signifier _radoire_ ou _racloire_ n'est pas franais.

RASER _le grain_, pour signifier, passer la racloire par dessus la
mesure de grain, est une double faute de langage; d'abord parceque
_raser_ est employ ici improprement pour _rader_ ou _racler_; et
ensuite parce qu'on ne racle pas le grain, mais bien la mesure du grain.
Il faut donc pour parler correctement, dire, _rader_ ou _racler la
mesure du grain_, _du sel_, etc.

Quelques grammairiens emploient les mots _rader_ et _radoire_ seulement
pour la mesure du sel, et _racler_ et _racloire_ pour celle des grains.

On dit, _acheter_ et _vendre  mesure rase_.

RFRENCE est un mot anglais, qu'on emploie abusivement pour _renvoi_,
en parlant, d'un signe, qui dans un livre renvoie  un pareil signe hors
du texte.

C'est galement une faute grave d'employer le verbe actif _rfrer_,
dans le sens de _renvoyer  une autorit_, etc.

REFROIDIR. FROIDIR, FROID. vitez de prononcer _refraidir_, _fraidir_,
_fraid_; aussi bien que de dire, _il fait frette_, pour, _il fait froa_.

REMERCIER POUR. TRE OBLIG POUR. _Je vous_ REMERCIERAI POUR _du
pain_:--_je vous serai_ OBLIG POUR _de l'eau_, sont des anglicismes qui
doivent tre bannis de la bonne socit: dites, _je vous prie de me
passer le pain_,..._de me donner l'eau_.

RSOLU. C'est une faute de dire qu'un homme est RSOLU, pour signifier
qu'il est _gros_, _robuste_, etc.

RESTER, pour signifier, faire sa demeure, n'est pas franais. Ainsi au
lieu de, _o_ RESTEZ-_vous_? dites, _o_ DEMEUREZ-_vous_?

Ne dites pas, _ce cheval est_ REST; mais, _ce cheval est_ RENDU.

REVOLIN, terme de marine, est l'action du vent qui rflchit d'une voile
 l'autre. Le vulgaire emploie improprement ce mot pour RESSAC, qui est
le retour des vagues vers le large, aprs qu'elles ont frapp violemment
un obstacle.

RIEN. Ce mot est employ abusivement dans plusieurs locutions. Ainsi
l'on dit, _un morceau de_ RIEN, pour _un trs-petit morceau_:--_une
maison de_ RIEN, pour _une maison de trs-peu de valeur_, etc.

RONDIN est bien un gros bton; mais il signifie aussi un morceau de bois
de chauffage qui est rond. Ainsi une grosse buche ronde est un _rondin_.
C'est donc une erreur de n'employer ce mot que pour dsigner le menu
bois rond de chauffage.

RUETTE, pour _petite rue_, n'est pas franais: dites, _ruelle_.


SALOPER, pour _salir_, ne se trouve pas dans les dictionnaires.

SALOPERIE. Le peuple donne souvent  ce mot des significations qui lui
sont trangres, comme dans ces phrases: _il s'est vendu beaucoup de_
SALOPERIES _ cet encan_, pour _il s'est vendu beaucoup d'_EFFETS DE PEU
DE VALEUR _ cet encan_:--_je ne lui dois plus qu'une_ SALOPERIE, pour,
_je ne lui dois plus qu'une_ TRS-MODIQUE SOMME D'ARGENT, etc.

SAINT-CAJETAN. Il n'y a point de saint de ce nom. crivez, SAINT-GATAN.

SARABANDE. _Donner la sarabande  quelqu'un_, pour signifier,
_gourmander quelqu'un_, est une locution vicieuse.

SAUVAGESSE ne se trouve dans aucun dictionnaire. Dites avec l'Acadmie,
_un sauvage_; _une sauvage_.

SAVOIR. _On fait  savoir_, est une locution ridicule. Retranchez l'__:
ou mieux, retranchez cet absurde prambule, et noncez simplement
l'objet de la publication.

SOBRIQUETS. vitez ces phrases vulgaires et incorrectes; _donner des
noms_; _appeler des noms_, et dites, _donner des sobriquets_,--_donner
des surnoms_.

SOLEIL. _Il fait_ SOLEIL, est une locution vicieuse. Il faut dire, _il
fait_ DU _soleil_, comme on dit, _il fait_ DE LA _pluie_; DU _vent_; DE
LA _neige_.

SOLIDIT. Quoiqu'on dise, _un homme solide_, on ne dit pas, _la_
SOLIDIT _d'un homme_: mais bien la _solidit_ de son esprit,--de son
caractre,--de ses principes.

SOMME. Cette phrase, _dormir un somme_, pche contre la grammaire, parce
que _dormir_, verbe neutre, n'a point de rgime: dites, _faire un_
SOMME.

SORTIR. Ne dites pas, SORTEZ _cet homme de la maison_:--SORTEZ _ce
cheval de l'curie_: dites, _faites sortir cet homme_,...._faites sortir
ce cheval_,....

STEAM-BOAT. Ce mot dur et tranger, qui ne se trouve gure que dans le
Dict. de Boiste, est devenu tellement  la mode chez nous, qu'il semble
qu'on ait oubli que nous avons en franais son quivalent,
_bateau--vapeur_,--_navire--vapeur_,--_btiment--vapeur_. Si le
nologisme est un mal nuisible  une langue, l'emploi de mots purement
trangers, hors une ncessit urgente, est un abus intolrable.

SUD. Prononcez _sude_, et non pas _u_.

SUI, POURSUI, mots employs abusivement pour les participes passs
SUIVI, POURSUIVI.

SUPPORTER, dans le sens _d'aider_, _d'appuyer de son influence_, comme
dans cette phrase, _je_ SUPPORTERAI _mon ami N aux prochaines
lections_, est un anglicisme que l'on doit repousser.

SUR. Ne dites pas, _les cheveux me dressrent_ SUR _la tte_: _mais_, 
_la tte_.


TASSER se dit des choses, et non des personnes. L'expression, _nous
sommes_ TASSS _ici_, est donc incorrecte. Il faut dire, _nous sommes_
TRS-PRESSS _ici_; ou mieux, _nous sommes_ ENTASSS _ici_.

TIRER signifie quelquefois faire le portrait de quelqu'un: TIRER _un
homme au naturel_:--_il s'est fait_ TIRER _par un excellent
peintre_:--_on l'a_ TIR _en cire_.

Mais, TIRER _un portrait_:--_faire_ TIRER _son portrait_, sont des
locutions absurdes.

TOURTIRE. Le peuple dit, TOURTIRE _ la viande_:--TOURTIRE _aux
pommes_, au lieu de, TOURTE _ la viande_:--TOURTE _aux pommes_.
_Tourtire_ est l'ustensile qui sert  faire cuire des _tourtes_.

TOURTRE (qu'on crit et qu'on prononce abusivement _tourte_) est un
terme de cuisine qui signifie, _tourterelle bonne  manger_. C'est donc
une erreur grave que de dsigner par ce mot le _pigeon sauvage_, ou le
_pigeon de passage_, qui nous visite rgulirement chaque t, et que
les naturalistes nomment _palumbus migratorius_.

TRAIN. _tre en_ TRAIN, pour signifier, _tre ivre_, ou _tre 
demi-ivre_, est un solcisme. _tre mal en train_, est galement une
expression incorrecte.

TRANERIES, qu'on emploie pour signifier les effets dplacs, carts
et pars, n'est pas franais.

Mais le verbe _traner_ est usit en ce sens, et l'on dit, _les livres_
TRANENT, etc.

TRAMONTADE. Dites _tramontane_, _perdre la tramontane_.

TRANSVIDER n'est pas franais: _transvaser_ l'est.

TROT. Gardez-vous de dire avec le peuple, _trotte_,--_aller le trotte_:
prononcez _tr_,--_aller le tr_.


USURIER-RE pour signifier une personne qui use beaucoup ses habits,
n'est pas franais.


VALEUR. _C'est de valeur_, pour signifier, _c'est malheureux_, _c'est
fcheux_, est un non-sens ridicule.

VIZ. Abrviation ridicule du mot latin _videlicet_, dont les anglais se
servent pour signifier _c'est  savoir_. Ce mot n'est point franais.

VOIX de Centaure est une faute grave: dites, _voix de Stentor_, et
prononcez _Stan-tor_.

VOYAGE _de bois_,--_de pierre_,--_de foin_ sont des barbarismes. Il faut
dire _charge_, _charrete_, ou _voie de bois_,--_de pierre_,--_de foin_.

On appelle _voie d'eau_ les deux seaux d'eau que porte un homme.

Quelquefois le terme _voyage_ est employ pour signifier les alles et
venus, que l'on fait pour transporter des faix, comme dans cette phrase,
_ce chartier a fait trente_ VOYAGES _pour transporter cette pierre_. Il
faut se garder de conclurre de l que l'on puisse dire; _voil trente_
VOYAGES _de pierre que ce chartier a transports_: dites, _voil trente
voies de pierre_....




PRONONCIATION FIGURE.

DE PLUSIEURS MOTS

QUI PEUVENT EMBARRASSER

LES JEUNES LVES.


    Abbaye,            _prononcez_,      a-b-i.
    Abruzze,              ----           ab-russe.
    Abject,               ----           ab-jecte.
    Agnat,                ----           agh-na.
    Aiguade,              ----           -gade.
    Aiguail,          _mouillez l'l_,    -gail.
    Aiguayer,             ----           -gh-i-er.
    Aiguire,             ----           -ghi-re.
    Aiguire,            ----           -ghi--r.
    Aiguillade,       _mouil. les ll_,   -gu-i-llade.
    Aiguillon,       _mouillez les ll_,  -gu-i-llon.
    Aiguillonner,     _mouil. les ll_,   -gu-i-llo-n.
    Aiguiser,             ----           -gu-i-s.
    Aix,                  ----           aisse.
    Aix-La-Chapelle       ----           aisse-La-Chapelle.
    Aoriste,              ----           -rste.
    Aot,                 ----           ou.
    Appendice,            ----           ap-pin-dice.
    Arc-boutant,          ----           ar-boutan.
    Arcs-boutans          ----           ar-boutan.
    Arc-bouter,           ----           ar-bouter.
    Arc-doubleau,         ----           ar-dou-bl,
    Arcs-doubleaux,       ----           ar-dou-bl.
    Archologie,          ----           ar-k-o-logie.
    Archologue,          ----           ar-k-o-logue.
    Archtype,            ----           ar-k-type.
    Aspect,               ----           as-pek.
    Aucun,                ----           -kun.
    Aucune,               ----           -kune.
    Auxerre,              ----           -cre.
    Auxerrois,            ----           -c-ro-a.
    Avril,                ----           _mouillez l'l_.

    Babil,                ----           _mouillez l'l_.
    Balai,                ----           ba-l.
    Bastonnade,           ----           basse-ton-nade.
    Beset,                ----           be-z.
    Boeufs,               ----           beu.
    Bourg,                ----           bour.
    Bruxelles,            ----           bru-celle.

    Cadix,                ----           ca-dice.
    Cep,                  ----           c ou cpe,
    Cataplasme,           ----           ca-ta-plasse-me.
    Cerf,                 ----           cer.
    Ceylan,               ----           c-y-lan.
    Cheptel,              ----           ch-tel.
    Chiromancie,          ----           ki-ro-man-cie.
    Cil,                  ----           _mouillez l'l_.
    Circonspect,          ----           cir-con-spek.
    Cognation,            ----           kogh-na-tion.
    Consanguin,           ----           con-san-ghin.
    Consanguinit,        ----           con-san-gu-i-ni-t.
                                     ou, con-san-ghi-ni-t.
    Curaao,              ----           cura-.
    Coquin,               ----           ko-kin.
    Czar,                 ----           kzar.
    Czarine,              ----           kza-rine.
    Czarowitz,            ----       kza-ro-vitz.

    Distinct,             ----           dis-tink.
    District,             ----           dis-trik.

    den,                 ----           e-denne.
    Emmancher,            ----           an-man-ch.
    Enchiridion,          ----           an-ki-ridion.
    Enorgueillir,     _mouil. les ll_,   a-nor-gheu-llir.
    Ennoblir,             ----           an-no-blir.
    quarrir,             ----           -ka-rir.
    quarrissage,         ----           -ka-ris-sage.
    quarrissement,       ----           -ka-rissement.
    quarrisseur,         ----           -ka-risseur.
    quarrissoir,         ----           -ka-ris-so-ar.
    quateur,             ----           -kou-a-teur.
    quatorial,           ----           -kou-a-torial.
    questre,             ----           -ku-s-tre.
    quiangle,            ----           -ku-i-angle.
    quidiffrent,        ----           -ku-i-diffrent.
    quidistant,          ----           -ku-i-distant.
    quilatral,          ----           -ku-i-latral.
    quilatre,           ----           -ku-i-latre.
    quilboquet,          ----           -kil-boquet.
    quimultiple,         ----           -ku-multiple.
    quipollence,         ----           -ki-pollance.
    quiponderance,       ----           -ku-i-pondrance.
    quitation,           ----           -ku-i-tation.
    Est (_Orient_),       ----           este.

    Faon,                 ----           fan.
    Fat,                  ----           fatte.
    Faubourg,             ----           fau-bour.
    Fenil,                ----           _mouillez l'l_.
    Gentilhomme,      _mouillez l'l_,    gen-ti-l-ome.
    Gentilshommes,        ----           gen-ti-zome.
    Geolage,              ----           jo-lage.
    Geole,                ----           jole.
    Geolier,              ----           jo-li-er.
    Georges,              ----           jorge.
    Gisent, (_ils_)       ----           gisse.
    Gluten,               ----           glu-tenne.

    Hennir,               ----           han-nir.
    Hymen,                ----           hy-menne.
                                     ou, hy-min.

    Ign,                 ----           igh-n.
    Impregnation,         ----           in-pregh-nation.
    Impregner,            ----           _mouillez le gn_.
    Incognito,            ----           _mouillez le gn_.
    Indemniser,           ----           in-deme-niser.
                                     ou, in-dame-niser.
    Inexpugnable,         ----           in-ex-pugh-nable.
    Inextinguible,        ----           in-ex-tin-gu-i-ble.
    Ingrdient,           ----           ingrdi-an.

    Juillet,        _mouillez les ll_,   jui-ll.

    Lacs, (_piges_),     ----           l.
    Laon,                 ----           lan.
    Lingual,              ----           lin-gou-al.

    Madrid,               ----           ma-dri.
    Mas, (_bl d'inde_), ----           ma-ice.
    Malesherbe,           ----           mal-zerbe.
    Mamluk,               ----           mame-louk.
    Mrinos,              ----           mri-noce.
    Mezzo-termine,        ----           med-zo-termine.
    Mezzo-tinto,          ----           med-zo-tinto.
    Michel-Ange,          ----           mi-kel-ange.
    Munich,               ----           mu-nik.
    Mil, (_grain_),       ----           _mouillez l'l_.

    Nerf, (_au sing._)    ----           nerffe.
    Nerfs, (_au plur._)   ----           ner.
    Nord-Est,             ----           nor-deste.
    Nord-Ouest,           ----           nor-dou-este.
    Norwege,              ----           nor-vge.

    Orang-Outan,          ----           oran-gou-tan.
    Orchestre,            ----           or-kes-tre.
    Os,                   ----           .
    Ouest,                ----           ou-este.
    Ours,                 ----           ource.

    Paon,                 ----           pan.
    Pril,                ----           _mouillez l'l._
    Porc,                 ----           por.
    Pouding,              ----           pou-dingue.
    Prtrit,             ----           prt-ri.
                                     ou, prt-ritte.
    Progn,               ----           progh-n.
    Punch,                ----           ponche.

    Quadrat,              ----           ka-dra.
    Quadrille,            ----           kou-a-drille.
    Quaker, ou
    Quacre,               ----           kou-a-cre.
    Quasimodo,            ----           ka-si-modo.
    Quartz,               ----           kou-art-ce.
    Quartzeux,            ----           kou-art-zeux.
    Quaternaire,          ----           kou-a-ternaire.
    Quaterne,             ----           kou-a-terne.
    Quatern,             ----           kou-a-tern.
    Quatriennal,          ----           ka-triennal.
    Quercy,               ----           ker-ci.
    Qurimonie,           ----           ku--ri-monie.
    Questeur,             ----           ku-es-teur.
    Questure,             ----           ku-es-ture.
    Quidam,               ----           ki-dan.
    Quidane,              ----           ki-danne.
    Quitisme,            ----           ki--tisme.
    Quinconce,            ----           kin-conce.
    Quinquennal,          ----           ku-in-ku-ennal.
    Quintuple,            ----           ku-in-tuple.

    Radoub,               ----           ra-doube.
    Rdempteur,           ----           r-damp-teur.
    Regnard, (_le pote_) ----           re-nard.
    Regnaud,              ----           re-n.
    Regnicole,            ----           regh-ni-cole.
    Respect,              ----           res-p,
                                     ou, respek.
    Roide,                ----           raide.
    Roideur,              ----           rai-deur,
                                     ou, roa-deur.
    Rhrumb,               ----           rombe.

    Sane,                ----           sne.
    Sens, (_ville_,)      ----           sance.
    Serf,                 ----           serffe.
    Squelle,             ----           s-kelle.
    Squestrer,           ----           s-kes-tr.
    Signet,               ----           si-n.
    Sloop,                ----           sloupe.
    Solemnel,             ----           so-la-nel.
    Stagnation,           ----           stagh-na-tion.
    Stentor,              ----           stan-tor.
    Strasbourg,           ----           stras-bour.
    Sud,                  ----           sude.
    Suspect,              ----           sus-pecte.

    Tandis que,           ----           tan-di que.
    Taon,                 ----           ton.
    Transir,              ----           tran-cir.
    Trot,                 ----           tr.

    Valens, (_empereur_), ----           va-linze.
    Vermicelle,           ----           ver-mite-chelle.
    Violoncelle,          ----           vi-o-lonte-chelle.

    Wahabis,              ----           oua-a-bice.
    Wallon,               ----           val-lon.
    Walse,                ----           valse.
    Walser,               ----           val-s.
    Westphalie,           ----           vesse-fa-li.
    Whig,                 ----           ou-ighe.
    Whisky,               ----           ou-is-ki.
    Wilna,                ----           vil-na.
    Wolga,                ----           vol-ga.
    Wolverenne,           ----           vol-ver-enne.
    Wurtemberg,           ----           vur-tin-berg.

    Yacht,                ----           i-aque.




MOTS

BARBARES ET DNATURS,

USITS CHEZ LE PEUPLE,

AVEC LE CORRIG.


     l'touffe,       _dites_,     l'tuve.
    Abryer,               ----      couvrir.
    Ambiber,              ----      imbiber.
    Anflmtion,          ----      inflammation.
    Apertement,           ----      videmment.
    Arche,               ----      arte.
    Arridelles,           ----      ridelles.
    Arsena,               ----      arsenal.
    Aujord'hui,           ----      aujourd'hui.

    Bagoulard,            ----      bavard.
    Bagouler,             ----      bavarder.
    Balier,               ----      balayer.
    Baliures,             ----      balayures.
    Belsamine,            ----      balsamine.
    Bre,                 ----      bereau.
    Blague,               ----      blaque.
    Boulvari,             ----      bourvari.
    Brouillasse, (_il_,)  ----      bruine, (_il_).
    Brousquailier,        ----      brusquer.

    Cabrouet,             ----      cabriolet.
    Causette,             ----      causeri.
    Cahottement,          ----      cahotage.
    Calimaon,            ----      limaon.
    Calonier,             ----      canonier.
    Canneon,             ----      caleon.
    Castonade,            ----      cassonade.
    Chevreu,              ----      chevreuil.
    Cit de temps,        ----      beaucoup de temps.
    Clairt,              ----      clart.
    Colreux,             ----      colre.
    Colidor,              ----      corridor.
    Cont,                ----      en mme temps que.
    Coprer,              ----      cooprer.
    Corporance,           ----      corpulence.
    Cranque,              ----      crampe.
    Crasserie,            ----      ladrerie.

    Dsabiyer,            ----      dcouvrir.
    Dsole,               ----      dsolation.
    Dsoublier,           ----      oublier.

    bouriffl            ----      bouriff.
    charpe,              ----      charde.
    coeurer,             ----      faire soulever le coeur.
    copeau,              ----      copeau.
    cosse _de lgume_,   ----      cosse.
    croc,                ----      accroc.
    cureu,               ----      cureuil.
    Embrouillamini,       ----      brouillamini.
    grandir,             ----      agrandir.
    mouv                ----      mu.
    mouver               ----      mouvoir.
    Envlimer,             ----      envenimer.
    patienter,           ----      impatienter.
    plan,                ----      perlan.
    Errhes,               ----      arrhes.
    Esclopp,             ----      clopp.
    Espadron,             ----      espadon.
    Esquilancie,          ----      esquinancie.
    Estatue,              ----      statue.

    Falbana,              ----      falbala.
    Fani,                 ----      fenil.
    Fil d'arrchal,       ----      fil d'archal.
    Fil d'alton,          ----      fil de laiton.

    Ganif,                ----      canif.
    Gigier,               ----      gsier.
    Gonce,                ----      gauche.
    Goule,                ----      gueule.
    Gouleron,             ----      goulot.
    Gouailler,            ----      railler.

    Les celles,           ----      celles.
    Les ceux,             ----      ceux.
    Lumro,               ----      numro.

    Mais que,             ----      ds que.
    Matraux,             ----      matriaux.
    Mauvaiset,           ----      mchancet.
    Merlesse,             ----      merle.

    Naveau,               ----      navet.

    Ostiner,              ----      obstiner.

    Pacan,                ----      paysan.
    Pacanner,             ----
    Pain enchant,        ----      pain  cacheter.
    Pans d'oreilles,      ----      pendans d'oreilles.
    Pass,                ----      pas assez.
    Picotte,              ----      petite-vrole.
    Picotte volante,      ----      varicelle ou petite-vrole volante.
    Pimbina,              ----      pmina.
    Plumat,               ----      plumeau.
    Pogne,                ----      poignet.
    Poigner,              ----      empoigner.
    Pommes calvilles,     ----      pommes calvines.
    Porichinelle,         ----      polichinelle.
    Poumonique,           ----      pulmonique.
    Pousailler,           ----      pousser.

    Quasiment,            ----      quasi.
    Quek chose,           ----      quelque chose.

    Raboudinage,
    Rabondiner,
    Rachever,             ----      achever.
    Racoin,               ----      recoin.
    Radouer,              ----      radouber.
    Regoulade,
    Rancuneux,            ----      rancunier.
    Raplisser,            ----      rapetisser.
    Respir,               ----      respiration.
    Ressaurer,            ----      scher.
    Routi,                ----      rti.
    Routir,               ----      rtir.

    Salop,                ----      malpropre.
    Sapinage,
    Savater,              ----      saveter.
    Secoupe,              ----      seucoupe.
    Siau,                 ----      seau. (_o._)
    Solitude,             ----      solidit.
    Sorcilge,            ----      sortilge.
    Soubriquet,           ----      sobriquet.
    Soupoudrer,           ----      saupoudrer.
    Surir,                ----      s'aigrir.

    Tairir,               ----      tarir.
    Tap de monde,        ----      beaucoup de monde.
    Ttire,              ----      tire.
    Tral de monde,       ----      beaucoup de monde.
    Trmue,               ----      trmie.
    Tricoller,            ----      chancelier.
    Turbenthine,          ----      trbenthine.




ERRATA


Page. Ligne.

8,--7, Biffez les mots suivans; _quand il est suivi des mots y-en_:
_vas-y voir_: _vas en chercher_. _On dit va-t-en_;--et  leur place
crivez;--quand il est suivi du pronom relatif _y_: _vas y_. Mais si
aprs l'_y_ il suit un _verbe_, l'Acadmie veut que l'on supprime l'_s_.
_Va y mettre ordre._

Page. Ligne.

128,--6, Biffez tous les mots depuis _trs ne peut_ jusqu' _trs grand
matin_, et  leur place crivez:

L'adverbe modifie un verbe, un adjectif et un autre adverbe, mais jamais
un substantif. On doit donc viter les locutions suivantes si communes
et si vicieuses: _J'ai_ TRS-_faim_:--_il a_ BIEN _soif_:--_il est
parti_ TRS-_matin_:--_il fait_ TRS-_chaud_:--_j'ai_ EXTRMEMENT
_froid_:--_il ne fait pas_ BIEN _froid_. Il faut dite: _J'ai une
trs_-GRANDE _faim_:--_il a une bien_ GRANDE _soif_:--_il est parti de
trs_-GRAND _matin_:--_il fait_ GRAND _chaud_:--_j'ai un_ TRS-GRAND
_froid_:--_il ne fait pas un bien_ GRAND _froid_.






End of the Project Gutenberg EBook of Manuel des difficults de la langue
franaise adap au jeune ge et suivi d'un Recueil de locutions vicieuses, by Thomas Maguire

*** END OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK MANUEL DES DIFFICULTS DE LA ***

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501(c)(3) educational corporation organized under the laws of the
state of Mississippi and granted tax exempt status by the Internal
Revenue Service.  The Foundation's EIN or federal tax identification
number is 64-6221541.  Its 501(c)(3) letter is posted at
http://pglaf.org/fundraising.  Contributions to the Project Gutenberg
Literary Archive Foundation are tax deductible to the full extent
permitted by U.S. federal laws and your state's laws.

The Foundation's principal office is located at 4557 Melan Dr. S.
Fairbanks, AK, 99712., but its volunteers and employees are scattered
throughout numerous locations.  Its business office is located at
809 North 1500 West, Salt Lake City, UT 84116, (801) 596-1887, email
business@pglaf.org.  Email contact links and up to date contact
information can be found at the Foundation's web site and official
page at http://pglaf.org

For additional contact information:
     Dr. Gregory B. Newby
     Chief Executive and Director
     gbnewby@pglaf.org


Section 4.  Information about Donations to the Project Gutenberg
Literary Archive Foundation

Project Gutenberg-tm depends upon and cannot survive without wide
spread public support and donations to carry out its mission of
increasing the number of public domain and licensed works that can be
freely distributed in machine readable form accessible by the widest
array of equipment including outdated equipment.  Many small donations
($1 to $5,000) are particularly important to maintaining tax exempt
status with the IRS.

The Foundation is committed to complying with the laws regulating
charities and charitable donations in all 50 states of the United
States.  Compliance requirements are not uniform and it takes a
considerable effort, much paperwork and many fees to meet and keep up
with these requirements.  We do not solicit donations in locations
where we have not received written confirmation of compliance.  To
SEND DONATIONS or determine the status of compliance for any
particular state visit http://pglaf.org

While we cannot and do not solicit contributions from states where we
have not met the solicitation requirements, we know of no prohibition
against accepting unsolicited donations from donors in such states who
approach us with offers to donate.

International donations are gratefully accepted, but we cannot make
any statements concerning tax treatment of donations received from
outside the United States.  U.S. laws alone swamp our small staff.

Please check the Project Gutenberg Web pages for current donation
methods and addresses.  Donations are accepted in a number of other
ways including including checks, online payments and credit card
donations.  To donate, please visit: http://pglaf.org/donate


Section 5.  General Information About Project Gutenberg-tm electronic
works.

Professor Michael S. Hart is the originator of the Project Gutenberg-tm
concept of a library of electronic works that could be freely shared
with anyone.  For thirty years, he produced and distributed Project
Gutenberg-tm eBooks with only a loose network of volunteer support.


Project Gutenberg-tm eBooks are often created from several printed
editions, all of which are confirmed as Public Domain in the U.S.
unless a copyright notice is included.  Thus, we do not necessarily
keep eBooks in compliance with any particular paper edition.


Most people start at our Web site which has the main PG search facility:

     http://www.gutenberg.net

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including how to make donations to the Project Gutenberg Literary
Archive Foundation, how to help produce our new eBooks, and how to
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